Commentaire de Renaud Bouchard
sur La phase terminale de l'Union Européenne
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
@mmbbb et Parrhesia
Bonjour et merci pour vos visites comme pour vos commentaires.
Salutation et remerciement que j’adresse aussi à tous ceux qui prendront connaissance des analyses des deux auteurs cités.
La faillite est commencée.
Un superbe exemple de capitalisme de connivence dans le cadre du financement d’une économie de guerre. Quand la corde soutient le pendu...Illustration de ce qui précède.
"Au terme d’un sommet prolongé, les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont validé un financement de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine sur les deux prochaines années. Faute d’un consensus sur l’usage des actifs russes gelés, les institutions européennes privilégient une émission de dette classique pour compenser le retrait financier des États-Unis.
Dans l’enceinte du bâtiment Europa à Bruxelles, les négociations se sont achevées à l’aube, marquant une étape charnière pour la diplomatie européenne. Pour la première fois depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et l’interruption de l’aide américaine, l’Union européenne se retrouve seule pour combler les besoins budgétaires de Kiev. Ce montant de 90 milliards d’euros témoigne d’une volonté de continuité, mais les modalités retenues révèlent une approche prudente, où la stabilité financière l’emporte sur l’audace géopolitique.
L’enjeu des discussions reposait sur une question complexe : la source du financement de la résistance ukrainienne. Depuis plusieurs mois, la Commission européenne et Berlin étudiaient la possibilité de saisir, ou d’utiliser comme garantie, les 210 milliards d’euros d’avoirs de la Banque centrale russe immobilisés au sein de l’Union. Ces fonds, principalement détenus par le dépositaire central de titres Euroclear en Belgique, apparaissaient comme une ressource stratégique pour financer la reconstruction sans solliciter davantage les contribuables européens.
Si Moscou ne verse aucune réparation…Les impératifs de sécurité juridique et bancaire ont freiné cette ambition. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, s’est fait le relais des autorités financières redoutant un risque systémique. Confisquer ces avoirs exposerait l’Union à des contentieux prolongés, Moscou réclamant déjà 230 milliards de dollars de dommages et intérêts, et risquerait de fragiliser l’euro en tant que monnaie de réserve internationale. En épargnant provisoirement ces actifs, geste salué par l’émissaire économique du Kremlin Kirill Dmitriev comme une décision de bon sens, l’Europe conserve ce levier pour d’éventuelles négociations futures tout en évitant une rupture majeure du droit de propriété.
Défense : la France a financé l’Ukraine à hauteur de 5,1 milliards d’euros
À défaut de mobiliser les capitaux russes, l’Union européenne a choisi de recourir à l’endettement. Les 90 milliards d’euros seront levés par la Commission européenne sur les marchés de capitaux, selon le mécanisme de l’emprunt commun déjà éprouvé lors de la crise sanitaire. Ce prêt à taux nul doit couvrir les deux tiers des besoins de financement ukrainiens pour 2026 et 2027, le complément étant attendu de partenaires tels que le Canada ou la Norvège. La structure financière de cet accord repose sur une clause spécifique : l’Ukraine n’entamera le remboursement que si elle obtient des réparations de guerre de la part de la Fédération de Russie. En pratique, l’Union européenne assume la garantie de cette dette. Si aucune réparation n’est versée par Moscou, la charge financière sera absorbée par les futurs budgets communautaires.
Lire la suite ci-après.