vendredi 19 décembre 2025 - par Renaud Bouchard

La phase terminale de l’Union Européenne

L'UE est le vieux modèle soviétique servi à la sauce occidentale. Mais j'insiste, comme l'URSS, l'Union Européenne porte en elle les germes de sa propre perte. Hélas, quand elle va s'écrouler, car elle s'écroulera, elle laissera derrière elle une immense destruction et de gigantesques problèmes économiques et ethniques. Le vieux système soviétique n'était pas réformable, l'Union Européenne non plus. Mais il y a une alternative à être gouverné par ces deux douzaines de responsables auto-proclamés à Bruxelles, ça s'appelle l'indépendance.Vous n'êtes pas obligés d'accepter ce qu'ils ont planifié pour vous. Après tout, on ne vous a jamais demandé si vous vouliez les rejoindre.

"J'ai vécu dans votre futur et ça n'a pas marché."

Vladimir Boukovski (1942-2019) https://youtu.be/KHOuc12J4W4?t=14

L'Europe et la France vont très mal. Incapables de voir et admettre la réalité des faits (la guerre d'Ukraine est perdue) et refusant de s'inscrire dans un jeu politique, économique, financier, géopolitique qui devrait l'orienter vers une mission de paix et non de co-belligérance avec l'Ukraine, France et Europe, plus que jamais broyées par des intérêts qui leurs sont contraires, et de pseudo-alliances qui se retournent contre elles, en sont désormais réduites à se rigidifier jusqu'au craquement final qui a déjà commencé. Deux documents parmi d'autres, analyses particulièrement complémentaires et suffisamment intéressantes pour mériter une ample diffusion, montrent brièvement ce qu'il en est en s'inscrivant dans une concaténation d'événements dont la conclusion est inéluctable.

Mal conçu, imposé de force, le"modèle" européen actuel et sa déclinaison nuisible dans tous les domaines nationaux comme le montre le naufrage calculé de l'économie en général et agricole en particulier en France, l'explosion silencieuse d'une guerre ethnico-religieuse issue d'une immigration démentielle, la perte complète de repères civilisationnels, la crise économique reposant sur un modèle volontairement déséquilibré et irréformable, ne sont plus désormais qu'un thème moribond destiné à disparaître pour laisser place nette à quelque chose de viable.

Car une chose est sûre, certaine, inéluctable : il y aura rupture et changement.

Demeure toutefois la question qui s'impose de voir jusqu'à quand les formations parlementaires chaque jour plus illégitimes vont continuer à soutenir des formations politiques et de pseudo dirigeants devenus mortifères pour l'intérêt général et qu'une saine gestion de la vie politique devrait conduire à balayer de fond en comble sans aucun regret et sans état d'âme.

Impossible, dira-t-on.

Pourtant chacun sait, pour reprendre un propos bien connu, "qu'une simple étincelle peut mettre le feu à la plaine."

 

I- L'UE meurt plus vite avec l'Ukraine qu'avec le Frexit

 

Ce 16 décembre 2025 restera sans doute gravé dans les annales de l'histoire européenne non pas comme le jour où l'Union a sauvé l'Ukraine, mais comme le moment précis où elle a décidé de sacrifier ce qui lui restait de principes fondateurs — la liberté d'expression, la sécurité juridique, et la souveraineté nationale — sur l'autel d'une guerre qu'elle ne peut plus gagner, mais qu'elle s'interdit de perdre.

C'est ce qu'expose brillamment ci-après le chroniqueur Thibault de Varenne dans une analyse que nous citons in extenso pour ne rien perdre de sa clairvoyance et de son acuité.

https://www.lecourrierdesstrateges.fr/lue-meurt-plus-vite-avec-lukraine-quavec-le-frexit-par-thibault-de-varenne/?ref=le-courrier-des-strateges-newsletter

 

La machine bruxelloise, cette formidable créatrice de normes devenue une machine à broyer les réalités nationales, écrit Thibault de Varenne, est entrée dans une phase terminale de fuite en avant. Face à l'échec patent de sa stratégie militaire et économique contre la Russie, l'Union Européenne ne cherche plus à convaincre, ni même à vaincre sur le terrain ; elle cherche à punir. Punir l'ennemi extérieur, certes, avec une inefficacité qui confine au grotesque, mais surtout punir l'ennemi intérieur : le citoyen qui réfléchit, l'analyste qui dissèque, le Premier ministre qui doute.

Dans cette chronique, nous allons plonger dans les entrailles de ce naufrage annoncé. Nous décortiquerons la mécanique totalitaire qui conduit l'UE à sanctionner un citoyen suisse (Jacques Baud) pour ses écrits, l'acharnement thérapeutique des dix-neuf paquets de sanctions, le hold-up juridique sur les avoirs russes qui menace de ruiner la Belgique, et enfin, la résistance inattendue de Bart De Wever, l'homme qui a osé dire que le roi était nu.

I. L'affaire Jacques Baud : quand l'Europe criminalise l'intelligence

Certains silences sont des aveux. Le 15 décembre 2025, dans l'indifférence quasi générale des grandes chancelleries et des médias subventionnés, le Conseil de l'Union Européenne a franchi un Rubicon moral et juridique en inscrivant sur sa liste noire Jacques Baud, ancien colonel de l'armée suisse et analyste du renseignement stratégique.

Le délit d'analyse

Qui est Jacques Baud ? Pour ceux qui lisent encore des livres plutôt que des fils Twitter, il est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence sur le conflit ukrainien. Ancien membre du Service de renseignement stratégique suisse, il a servi l'OTAN sur le terrain, notamment en Ukraine après 2014, pour lutter contre la prolifération des armes légères. Il n'est ni un agent du FSB, ni un oligarque, ni un propagandiste rémunéré. C'est un technicien du renseignement, un homme qui a passé sa vie à lire des cartes et des rapports d'état-major.

Pourtant, la décision du Conseil (PESC) 2024/2643, amendée ce 15 décembre, le qualifie de « porte-parole de la propagande pro-russe ». Son crime ? Avoir diffusé des « théories du complot », notamment en « accusant l'Ukraine d'avoir orchestré sa propre invasion pour rejoindre l'OTAN ».

Analysons froidement cette accusation. L'Union Européenne sanctionne ici une thèse. Jacques Baud, dans ses travaux, soutient que l'intensification des bombardements sur le Donbass en février 2022, documentée par les rapports quotidiens de l'OSCE (qu'il cite abondamment), constituait une préparation d'offensive qui a précipité l'intervention russe. Que l'on adhère ou non à cette lecture des faits, elle relève du débat historique et géopolitique. Elle s'appuie sur des données. En la qualifiant de « désinformation » justifiant une mort civile et économique (gel des avoirs, interdiction de territoire), l'UE ne combat pas une menace : elle institue une vérité d'État.

L'extension totalitaire de la « menace hybride »

Cette sanction s'inscrit dans le cadre juridique nouveau et effrayant des « mesures restrictives eu égard aux activités de déstabilisation de la Russie », communément appelé régime « menaces hybrides ». Ce texte est un chef-d'œuvre de flou artistique juridique. Il permet de cibler quiconque « mine ou menace la stabilité, la sécurité ou l'indépendance » de l'Ukraine ou de l'UE.

Mais qu'est-ce qu'une « menace hybride » dans l'esprit de Bruxelles ? Jusqu'ici, cela désignait des cyberattaques, des sabotages d'infrastructures ou l'instrumentalisation de migrants. Avec l'inscription de Jacques Baud et de Xavier Moreau (autre analyste, certes plus engagé, mais dont le traitement relève de la même logique), la définition s'étend désormais à la production intellectuelle.

L'UE considère donc qu'un livre ou une interview sur une webradio constitue une menace équivalente à un sabotage de gazoduc. C'est la militarisation de la censure. En plaçant des intellectuels sur la même liste que le « 142e bataillon de guerre électronique » russe ou les agents du GRU, Bruxelles efface la distinction fondamentale en démocratie entre l'acte de guerre et l'expression d'une opinion dissidente.

 

L'extraterritorialité et le mépris de la souveraineté suisse

Le cas Baud soulève une autre question gravissime : celle de la souveraineté. Jacques Baud est un citoyen suisse résidant en Suisse. La Suisse n'est pas membre de l'Union Européenne. En quoi la Commission de Bruxelles est-elle compétente pour juger de la liberté d'expression d'un citoyen helvétique sur son propre sol ?

L'UE applique ici une extraterritorialité agressive, calquée sur le modèle américain qu'elle prétendait jadis combattre. Elle dit à la Suisse : « Vos citoyens doivent penser comme nous, ou nous les traiterons comme des ennemis ». Berne, dans une tentative de sauver les apparences de sa neutralité (déjà bien écornée), a fait savoir via le SECO qu'elle ne reprendrait pas automatiquement cette sanction spécifique, n'ayant pas adhéré au régime « menaces hybrides ». Mais la réalité bancaire est tout autre : quel banquier suisse prendra le risque de garder les comptes d'un homme listé par Bruxelles, sachant que l'UE menace de couper l'accès au marché unique aux complices de la « désinformation » ? Jacques Baud est désormais un paria financier en Europe, condamné sans procès, sans débat contradictoire, pour délit d'opinion.

II. L'échec des sanctions : une fuite en avant bureaucratique

Si la répression contre les individus est le signe de la fébrilité idéologique, l'avalanche de sanctions économiques est la preuve de l'impuissance stratégique. Nous en sommes au dix-neuvième paquet. Le chiffre lui-même a quelque chose de pathétique, évoquant ces séries télévisées qui s'étirent en saisons inutiles faute de savoir conclure.

La mécanique de l'escalade : Du 1er au 19ème paquet

Faisons le point sur cet empilement législatif qui étouffe l'Europe plus qu'il n'étrangle la Russie. Depuis février 2022, l'UE a tout essayé.

● Les premiers paquets (1-5) visaient le secteur financier (SWIFT), la Banque Centrale, et les élites politiques. L'idée était de provoquer un effondrement immédiat du rouble et une panique bancaire. Le rouble s'est redressé en trois mois.

● Les paquets médians (6-11) se sont attaqués à l'énergie (embargo pétrolier, charbon) et aux technologies. L'objectif était d'assécher les revenus du Kremlin. Résultat ? La Russie a réorienté ses exportations vers l'Inde et la Chine, vendant son pétrole au-dessus du plafond du G7 grâce à une flotte fantôme que nous n'arrivons pas à contrôler.

● Les paquets récents (12-18) sont tombés dans le symbolique et le harcèlement : interdiction des diamants (qui tue Anvers plus que Alrosa), interdiction d'exporter des toilettes ou des machines à laver (soupçonnées de fournir des puces pour les missiles), et traque obsessionnelle du contournement.

Le 19ème paquet : le suicide énergétique final

Adopté formellement en octobre et renforcé en décembre 2025, ce 19ème paquet est l'aveu d'un échec cuisant. Que reste-t-il à sanctionner quand on a déjà tout interdit ? L'UE s'attaque désormais aux reliquats vitaux de sa propre économie.

La mesure phare est l'interdiction d'importation du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) russe. C'est une décision d'une stupidité économique rare. Après avoir perdu le gaz de pipeline bon marché (Nord Stream), l'Europe s'était tournée vers le GNL, y compris russe, pour éviter le black-out. En interdisant cette source, l'UE se livre pieds et poings liés aux fournisseurs américains et qataris, qui vendent leur gaz trois à quatre fois plus cher qu'en Russie.

Cette décision condamne l'industrie allemande et belge à une perte de compétitivité structurelle et définitive. L'aciérie, la chimie, le verre : tous ces secteurs énergivores sont poussés à la délocalisation, non pas par la guerre, mais par la réponse de Bruxelles à la guerre.

Le paquet s'attaque également à la « Flotte Fantôme » en sanctionnant 27 navires supplémentaires et des entités comme Eiger Shipping DMCC. C'est le mythe de Sisyphe : pour chaque navire sanctionné, la Russie en achète deux vieux tankers qui naviguent sous pavillon gabonais ou camerounais, sans assurance occidentale, augmentant le risque de marée noire sur nos côtes sans réduire d'un baril les exportations russes.

Enfin, l'UE étend l'interdiction des logiciels d'entreprise et des services cloud. On empêche SAP ou Oracle de vendre en Russie. Résultat ? La Russie développe ses propres solutions ou adopte des logiciels chinois, accélérant son découplage technologique et rendant tout retour en arrière impossible. Nous ne punissons pas la Russie, nous l'émancipons.

 III. Le "casse du siècle" : la question des avoirs russes et le piège belge

Mais le véritable cœur du réacteur, le sujet qui fait trembler les murs du 16 rue de la Loi à Bruxelles, ce n'est pas le gaz ou Jacques Baud. C'est l'argent. Le stock colossal d'avoirs russes gelés.

À la date du 16 décembre 2025, la situation est la suivante : environ 260 à 280 milliards d'euros d'actifs de la Banque Centrale de Russie sont immobilisés dans les pays du G7. Mais la répartition est tragiquement inégale. La Belgique, petit pays par la taille mais géant par la finance, détient via la chambre de compensation Euroclear environ 190 milliards d'euros de ces actifs. Les États-Unis ? À peine 4 ou 5 milliards.

https://www.ksat.com/business/2025/12/12/eu-set-to-lock-up-russias-frozen-assets-so-hungary-and-slovakia-cant-veto-their-use-for-ukraine/?ref=lecourrierdesstrateges.fr

La tentation du vol et la mécanique du « Prêt Réparations »

Washington et Londres, qui n'ont rien à perdre, poussent l'Europe à la faute. L'idée géniale du G7, reprise par la Commission von der Leyen, est de transformer ces actifs en machine de guerre pour l'Ukraine.

https://www.lecourrierdesstrateges.fr/la-france-cache-18-milliards-eu-davoirs-russes-a-lue-par-elise-rochefort/

Le coup d'État juridique de l'Article 122

C'est ici que l'UE viole ses propres traités. Normalement, les sanctions (PESC) doivent être renouvelées à l'unanimité tous les six mois. Cela donne un pouvoir de véto à chaque État, notamment à la Hongrie de Viktor Orbán, qui menace régulièrement de tout bloquer.

Pour contourner ce véto et garantir aux marchés financiers que l'argent sera gelé indéfiniment, la Commission a décidé d'utiliser l'Article 122 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union Européenne (TFUE). Cet article est conçu pour les « situations d'urgence » économique, comme une catastrophe naturelle ou une pénurie grave d'approvisionnement.

https://www.lecourrierdesstrateges.fr/avoirs-russes-le-dernier-carre-belge-face-a-la-spoliation-etatique-par-veerle-daens/

Ursula von der Leyen détourne cet article pour imposer le gel des avoirs à la majorité qualifiée, privant la Hongrie (et potentiellement la Belgique) de leur droit de véto. C'est un précédent gravissime. « Où est l'urgence ? » a demandé le Premier ministre belge au Parlement. « L'urgence est en Ukraine, mais l'Ukraine n'est pas dans l'UE ». En utilisant une clause de solidarité interne pour mener une politique étrangère offensive, la Commission détruit l'État de droit européen de l'intérieur.

La bombe à retardement judiciaire : Euroclear menacé de mort

Pourquoi la Belgique résiste-t-elle ? Parce qu'elle est assise sur une bombe atomique financière. Euroclear n'est pas une banque classique, c'est la clé de voûte du système financier international.

La Banque Centrale de Russie a déjà déposé plainte devant les tribunaux russes, réclamant l'intégralité de ses avoirs (plus de 200 milliards en incluant les intérêts).

https://www.dailysabah.com/business/economy/russia-seeks-230b-in-damages-from-euroclear-over-seized-assets?ref=lecourrierdesstrateges.fr

La justice russe condamnera inévitablement Euroclear. Une fois le jugement rendu, Moscou pourra chercher à saisir les actifs d'Euroclear partout dans le monde, dans toutes les juridictions "amies" ou neutres (Dubaï, Hong Kong, Chine, Brésil).

Or, Euroclear ne possède en fonds propres qu'environ 40 milliards d'euros. Une condamnation à 200 milliards signifie la faillite immédiate de l'institution. Et qui devra payer la note pour éviter un effondrement du système financier mondial ? L'État belge.

Le contribuable belge se retrouverait garant d'une dette équivalente à 30 ou 40 % de son PIB, simplement pour satisfaire les ambitions géopolitiques d'Ursula von der Leyen.

IV. La citadelle belge : Bart De Wever contre l'illusion européenne

Dans ce paysage de somnambules, une figure se dresse pour crier au fou : Bart De Wever, le Premier ministre belge. Leader de la N-VA (nationalistes flamands), conservateur et réaliste, il incarne aujourd'hui la résistance de la raison d'État face à l'idéologie supranationale.

Bart de Wever, en bon libéral conservateur, a immédiatement identifié la faille tectonique de ce projet. La propriété privée, pierre angulaire de notre civilisation juridique et du capitalisme rhénan, ne peut être bafouée au gré des humeurs géopolitiques sans conséquences dévastatrices. Saisir ces avoirs sans belligérance officielle, c’est ouvrir la boîte de Pandore : qui fera encore confiance à l'Euro ? Qui déposera encore ses réserves à Bruxelles si elles peuvent être confisquées sur une décision politique ?

Mais au-delà du principe, c'est la méthode de De Wever qui force le respect. Il n'a pas hurlé à la lune. Il a posé une condition sine qua non, d'une logique implacable : la solidarité.

Le raisonnement est le suivant : si la Belgique accède à la demande européenne et viole le droit international, elle s'expose à des représailles juridiques et financières féroces de la part de Moscou. Euroclear pourrait être visé, déstabilisant tout le système financier belge. De Wever a donc mis l'Europe au pied du mur : "Vous voulez l'argent russe ? Très bien. Mais signez d'abord un traité de garantie stipulant que l'Union européenne couvrira solidairement l'intégralité des risques et des coûts juridiques que la Belgique devra supporter."

Le silence fut assourdissant. Ni Paris, ni Berlin, ni la Commission n'ont voulu signer un tel chèque en blanc. Face à cette hypocrisie collective — celle qui consiste à vouloir la guerre avec l'argent des autres tout en refusant d'en assumer les risques —, Bart de Wever a tiré la seule conclusion souveraine possible : le refus. Pas de garantie, pas de saisie.

C’est un acte de gouvernement. C’est la primauté de l’intérêt national (la stabilité financière de la Belgique) sur le diktat moralisateur de l’ordre occidental.

« La Russie ne perdra pas » : le crime de lèse-majesté

Bart De Wever a osé prononcer les mots interdits. Dans une série d'interventions médiatiques et parlementaires début décembre, il a brisé le tabou :

« Croire que la Russie est en train de perdre est un conte de fées, une illusion complète. La Russie ne perd pas. Et il n'est d'ailleurs même pas souhaitable qu'elle perde totalement, car l'instabilité dans une puissance nucléaire serait catastrophique. »

Cette déclaration a provoqué une onde de choc. À Bruxelles, dire que la Russie ne perd pas est assimilé à du défaitisme, voire à de la trahison. Pourtant, De Wever ne fait qu'énoncer une évidence militaire partagée par la plupart des généraux en privé : l'Ukraine manque d'hommes, manque d'obus, et perd du terrain chaque jour. Continuer à financer cette guerre avec de l'argent volé, sans stratégie de sortie, est une folie.

Le refus du suicide belge

Au-delà de l'analyse géopolitique, De Wever défend les intérêts vitaux de son royaume. Il refuse que la Belgique soit le seul pays à porter le risque de la saisie des avoirs russes.

Il a posé trois conditions sine qua non pour accepter le mécanisme européen :

1. Mutualisation totale des risques : si Euroclear est attaqué en justice et perd de l'argent, l'Union Européenne tout entière doit payer, pas seulement la Belgique. Il exige un mécanisme de solidarité « juridiquement contraignant, inconditionnel et irrévocable ».

2. Protection de la liquidité : la BCE doit garantir qu'Euroclear ne sera jamais à court de cash en cas de crise.

3. Partage du fardeau : Lls autres pays détenant des avoirs (comme la France ou l'Allemagne, même pour des montants moindres) doivent accepter les mêmes règles.

Face à ces demandes, les partenaires européens, Berlin et Paris en tête, font la sourde oreille. Ils veulent bien utiliser l'argent russe, mais ils refusent de partager le risque de la facture. Ils demandent à la Belgique de sauter dans le vide sans parachute, au nom de la « solidarité européenne ».

De Wever a été clair : « Je ne laisserai jamais la Belgique assumer seule les risques. Si une décision est prise que je juge manifestement illégale, je n'exclus aucune action, y compris judiciaire contre l'UE ».

V. Vers une purge politique ? L'UE va-t-elle sanctionner Bart De Wever ?

Nous arrivons ici au point de bascule prospectif de notre analyse. La question peut sembler provocatrice : l'UE oserait-elle sanctionner le chef de gouvernement d'un État membre fondateur, siège de ses propres institutions ?

(Question posée à M. J-N. Barrot : Bart de Wever va-t-il rejoindre la liste des dissidents-déviants-penseurs et analystes hors du cadre et de la Doxa officielle, tels que X. Moreau, J. Baud ?)

https://youtu.be/dSt0w_DqsIw?t=33

La réponse, hélas, n'est plus un « non » catégorique. La mécanique mise en place avec l'affaire Jacques Baud et le règlement sur les menaces hybrides crée un précédent redoutable.

Le Premier ministre belge coche toutes les cases de la « menace hybride »

Reprenons les critères utilisés pour sanctionner Jacques Baud :

1. « Porte-parole de la propagande russe » : en affirmant que la Russie ne perdra pas et que la saisie des avoirs est du « vol » (terme utilisé par le Kremlin), De Wever reprend objectivement, aux yeux de la Commission, les narratifs de Moscou.

2. « Menacer la stabilité de l'Ukraine » : en bloquant le « Prêt Réparations » vital pour le budget ukrainien de 2026, De Wever met en danger, factuellement, la capacité de résistance de Kiev.

3. « Activités de déstabilisation » : en menaçant l'unité européenne lors du sommet du 18 décembre, il affaiblit la position de l'UE sur la scène internationale.

Bien sûr, Bart De Wever bénéficie d'une immunité politique et diplomatique que n'a pas un ex-colonel suisse. On ne gèle pas les avoirs d'un Premier ministre en exercice du jour au lendemain. Mais l'UE dispose d'autres armes pour briser les récalcitrants.

Le précédent hongrois et l'arme de l'Article 7

Regardons ce qui arrive à Viktor Orbán ou Robert Fico. Ils sont diabolisés, isolés, et privés de fonds européens. Des procédures au titre de l'Article 7 TUE (risque de violation grave des valeurs de l'UE) sont brandies comme des épées de Damoclès.

Le retour de flamme pour les pantins de l'UE et leurs séides va être dramatique, y compris pour leurs populations enfermées dans l'ignorance ou le déni de réalité.

La Russie finit toujours par réclamer ce qui lui appartient.

18000 000 000 de Rb

La Banque Centrale de Russie gagnera avec le droit international version judiciaire, financière, systémique de la mondialisation.

Argent confié, erreur fatale, à des institutions que la Russie croyait fiables.

Lisez et écoutez cette vidéo. Tout y est

L'Europe peut commencer à trembler car la Russie reprendra son dû et ceci au détriment de ses pseudo-dirigeants.

Si la Belgique persiste dans son véto au sommet des 18-19 décembre, nous assisterons à une campagne de dénigrement orchestrée. On accusera la N-VA d'être le cheval de Troie de Poutine à l'Ouest. On utilisera la presse internationale pour peindre De Wever en extrémiste dangereux (ce que le Guardian et Politico ont déjà commencé à faire). On menacera peut-être de suspendre certains financements ou de remettre en cause le siège de certaines agences européennes en Belgique.

L'UE est entrée dans une logique de purge intérieure. Quiconque s'oppose à la marche vers la guerre totale est désormais suspect. Bart De Wever est le dernier rempart avant l'alignement total.

Abordons désormais le deuxième article annoncé supra.

 

II - Effondrement de l'UE et chronique d'une mort annoncée

 

Le mécanisme d'autodestruction est donc désormais lancé, comme le montre cet autre papier de l'excellent chroniqueur H16, intitulé Suicide européen : pourquoi tout pourrait s’effondrer d’ici 5 ans, en date de ce 17 décembre 2025

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https://h16free.com/2025/12/17/82900-suicide-europeen-pourquoi-tout-pourrait-seffondrer-dici-5-ans

 

Compte-tenu de la situation économique et géopolitique de l’Europe, écrit son auteur dans des propos que je soutiens pleinement, on peut raisonnablement estimer à 75% la probabilité que l’Union européenne disparaisse d’ici fin 2028, comme le fait Erik Dale dans un récent fil twitter.

 

Son raisonnement, qui tient la route, mérite d’être partagé. Peu importe ici qu’on aime ou pas cette Union, il s’agit ici d’une évaluation aussi lucide que possible, la seule qui permette de comprendre ce qui se passe et où l’on va.

 

(A l'instar de la même hypothèse désormais amplement vérifiée - c'est moi qui parle -, selon laquelle la guerre d'Ukraine était perdue avant même que d'avoir commencé, ce que la réalité des faits a amplement démontré et démontre quotidiennement).

 

Force est de constater que la France est en faillite, l’Allemagne en a assez de payer, la BCE est à court de munitions, le choc des droits de douane posés par Trump approche, et l’échiquier politique actuel, tant à droite qu’à gauche, bloque toute solution.

 

En attendant, la zone Euro est entrée à présent dans un compte à rebours de 3 à 5 ans vers une rupture dont on pourrait dresser le calendrier ainsi :

 

  • Entre maintenant et le premier trimestre 2026, on peut s’attendre à des déficits français de 6,5 à 7 % et des écarts croissants des taux d’emprunt (sur les bons d’État) par rapport à l’Allemagne supérieurs à 150 points de base. Inévitablement, la BCE va devoir recommencer discrètement à acheter des obligations.

  • À partir du printemps 2026, il n’est pas invraisemblable d’imaginer des élections anticipées en France qui entraîneront un chaos parlementaire total. Les rendements français des OAT à 10 ans testeront alors les 4 à 5 %.

  • L’été 2026 se pointe et avec lui, les droits de douane de Trump frappent de plein fouet (ce qui entraîne une perte de 1,5 % du PIB dans la zone euro). L’Allemagne, déjà fort mal en point, plonge en pleine récession. Sans mal, l’AfD devient le premier parti dans les Länder de l’Est.

  • L’automne 2026 n’amène rien de bon. Le bilan de la BCE affiche plus de 10 000 milliards d’euros de dettes ce qui pousse l’Allemagne à menacer de quitter l’Eurosystème ou de mettre en place une « comptabilité parallèle ». La révolte des États Membres du Nord de l’Europe devient publique.

  • Courant 2027, 2028 au plus tard, un week-end gris sans prétention, TARGET2 explose. Les banques d’Europe du Sud subissent un bank-run, imposant leur fermeture et le contrôle des capitaux par la BCE. L’euro se fracture en deux blocs (sud/nord) … ou disparaît devant les problèmes provoqués.

À ce point, l’Union européenne existe peut-être encore sur le papier, mais la monnaie unique, elle, a bien disparu. Les institutions européenne ont réussi l’exploit de transformer une union économique en pacte de suicide collectif.

 

Et c’est bien l’euro qui sera le détonateur qui fera exploser l’Union. Forçant 20 économies extrêmement différentes à partager une monnaie unique et un taux d’intérêt unique fixé par la "banque centrale", ce bricolage financier hardi ne pouvait pas durer indéfiniment.

 

Et l’euro, qui ne joue ici qu’un rôle de fusible, sera grillé par la France : avec 115% de dette, des déficits permanents supérieurs à 5 %, quatre Premiers ministres en 12 mois, elle a démontré être incapable de réduire ses dépenses sans provoquer des émeutes.

 

Or, si la BCE laisse la France faire défaut, c’est la crédibilité de l’euro qui s’effondre du jour au lendemain. Le domino suivant, l’Italie (dette réelle supérieure à 120 %) soit s’effondre à son tour, soit quitte précipitamment l’euro, les préparatifs actuels de Meloni, discrets mais malins avec ses « Buoni Ordinari del Tesoro », l’aidant dans cette manœuvre. Et si la BCE imprime de la monnaie pour les sauver, les épargnants allemands sont volés ce qui entraînera une mutinerie de la Bundesbank et une sortie du « bloc nord ». Sauver le Sud ruine le Nord, abandonner le Sud tue l’euro. L’Union a construit une machine où chaque solution est une catastrophe.

D’autres facteurs rendent la situation encore plus critique.

 

– En remplaçant le gaz russe bon marché par du GNL américain hors de prix, l’Europe a organisé sa propre désindustrialisation. L’Allemagne ne traverse pas une mauvaise passe, elle liquide son héritage industriel (chimie, acier) en temps réel. Cette désindustrialisation n’est pas un risque, elle a actuellement lieu, maintenant.

 

– Les directives et réglementations délirantes s’empilent. L’Union européenne ne produit plus de puissance, elle produit de la norme en échange d'(une bonne conscience : Green Deal et folie verte à tous les étages, AI Act castrateur, 1444 points « ESG » obligatoires… L’Europe réglemente ce qu’elle ne sait plus inventer et détruit son agriculture à coup d’interdictions et d’accords de libre-échange incohérents.

– La démographie s’effondre. Le continent se transforme en une gigantesque maison de retraite à ciel ouvert. Les cerveaux fuient vers les USA ou l’Asie, laissant derrière eux une population qui diminue de moitié tous les 40 ans. Une civilisation sans jeunesse est une civilisation sans avenir.

 

– L’immigration de masse incontrôlée a créé des fractures sociétales irréversibles et une insécurité endémique. Elle alimente une division politique violente entre les peuples qui la refusent (à l’Est) et les (pseudo) "élites" qui l’imposent (à l’Ouest), pavant la voie aux partis « populistes » partout en Europe : Vox en Espagne, AfD en Allemagne, RN en France, Chega au Portugal, PVV/FvD aux Pays-Bas, et Meloni au pouvoir en Italie.

 

– La seule réponse européenne coordonnée n'aura été, 'comme par hasard)… que la censure des réseaux, avec le DSA et les amendes infligées à E.Musk.

 

Quand le navire coule, l’orchestre ne joue plus, le capitaine interdit juste aux passagers de crier.

 

Le cercle vicieux est parfait : la paralysie politique nourrit la défiance des marchés, qui déclenchera la crise de l’Euro, qui provoquera l’explosion finale.

 

Corriger la situation nécessiterait – outre une prise de conscience très improbable au niveau des dirigeants européens – un arrêt franc des politiques vertes, une suppression de la législation devenue beaucoup trop touffue, un arrêt total de l’immigration et des expulsions massives en commençant par les éléments les plus dangereux (OQTF en France).

 

Malheureusement, tout comme en France où les réformes profondes ne seront envisagées que trop tard, la remise en cause de ces politiques suicidaires ne sera envisagée qu’une fois le constat d’échec impossible à camoufler malgré la censure et la propagande omniprésentes, les révolutions se déclenchant quand il est plus coûteux de maintenir le mensonge qu’admettre la vérité.

 

La seule échappatoire pour les dirigeants européens consiste à distraire les peuples. Et rien de tel qu’une guerre pour cela, vous ne trouvez pas ?

 

Note :
 



32 réactions


  • Parrhesia Parrhesia 19 décembre 2025 12:56

    Excellent article dont les deux premières lignes sont déterminantes !

    Dans leur entreprise d’hégémonie mondialiste, au lieu de faire le choix d’une démarche mesurée d’inspiration gaulliste privilégiant la neutralité et le progrès social, les tenants du capitalisme sauvage ont choisi les faucons Etats-Uniens et la puissance de l’argent comme bras-armé protecteur de leur folie egocentrique.

    Ce faisant, ils ont :

    1) Sacrifié l’Europe et particulièrement la France, ce qu’ils ont volontairement programmé dès le départ.

     2) Massacré le rêve humaniste de progrès sociétal planétaire qui avait été rendu possible par les progrès techniques et scientifiques parce cela heurte leur volonté narcissique de pouvoir absolu sur le commun des mortels.

    3) Programmé inconsciemment la décadence nord-américaine avant même que les Etats-Unis n’aient atteint l’apogée de leur puissance ce qu’ils ont fait car leur prétention mondialiste l’emporte finalement toujours sur leur intelligence intrinsèque.


  • mmbbb 19 décembre 2025 13:38

    Jacques Baud n est pas le seul, une chasse au sorcières semblent être la règle et les voix dissonantes ne sont plus acceptées .

    Eric Dénécé ;  sa mort a été officiellement classée ’ Suicide «  

    L UE a désormais sont comité de censure ; censure qui est l image des régimes autoritaires .

    Et notre » grand " ministre des affaires étrangères  ; Barrot ; démontre à lui seul la dégradation de la voix diplomatique française .

    Ursula V Leyen d un ton autoritaire a remis au mois de janvier , l accord du MERCOSUR , traité qui a été renégocié en catimini .

    Quant aux politiques , peu s élèvent contre cette dérive autoritaire de cette Europe .

    Macron joue épilogue de sa pièce de théâtre , Il semble comme Pétain au château de château de Sigmaringen , être à l écart et dont les décisions politiques sont le chant du cygne de son mandat .

    L élite a failli , l élite,  sa sécession avec le peuple , accompagnera l éclatement de l Europe .


  • mmbbb 19 décembre 2025 13:38

    Jacques Baud n est pas le seul, une chasse au sorcières semblent être la règle et les voix dissonantes ne sont plus acceptées .

    Eric Dénécé ;  sa mort a été officiellement classée ’ Suicide «  

    L UE a désormais sont comité de censure ; censure qui est l image des régimes autoritaires .

    Et notre » grand " ministre des affaires étrangères  ; Barrot ; démontre à lui seul la dégradation de la voix diplomatique française .

    Ursula V Leyen d un ton autoritaire a remis au mois de janvier , l accord du MERCOSUR , traité qui a été renégocié en catimini .

    Quant aux politiques , peu s élèvent contre cette dérive autoritaire de cette Europe .

    Macron joue épilogue de sa pièce de théâtre , Il semble comme Pétain au château de château de Sigmaringen , être à l écart et dont les décisions politiques sont le chant du cygne de son mandat .

    L élite a failli , l élite,  sa sécession avec le peuple , accompagnera l éclatement de l Europe .


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 19 décembre 2025 14:11

      @mmbbb et Parrhesia

      Bonjour et merci pour vos visites comme pour vos commentaires.
      Salutation et remerciement que j’adresse aussi à tous ceux qui prendront connaissance des analyses des deux auteurs cités.
      La faillite est commencée.

      Un superbe exemple de capitalisme de connivence dans le cadre du financement d’une économie de guerre. Quand la corde soutient le pendu...Illustration de ce qui précède.

      "Au terme d’un sommet prolongé, les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont validé un financement de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine sur les deux prochaines années. Faute d’un consensus sur l’usage des actifs russes gelés, les institutions européennes privilégient une émission de dette classique pour compenser le retrait financier des États-Unis.

      Dans l’enceinte du bâtiment Europa à Bruxelles, les négociations se sont achevées à l’aube, marquant une étape charnière pour la diplomatie européenne. Pour la première fois depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et l’interruption de l’aide américaine, l’Union européenne se retrouve seule pour combler les besoins budgétaires de Kiev. Ce montant de 90 milliards d’euros témoigne d’une volonté de continuité, mais les modalités retenues révèlent une approche prudente, où la stabilité financière l’emporte sur l’audace géopolitique.

      L’enjeu des discussions reposait sur une question complexe : la source du financement de la résistance ukrainienne. Depuis plusieurs mois, la Commission européenne et Berlin étudiaient la possibilité de saisir, ou d’utiliser comme garantie, les 210 milliards d’euros d’avoirs de la Banque centrale russe immobilisés au sein de l’Union. Ces fonds, principalement détenus par le dépositaire central de titres Euroclear en Belgique, apparaissaient comme une ressource stratégique pour financer la reconstruction sans solliciter davantage les contribuables européens.

      Si Moscou ne verse aucune réparation…

      Les impératifs de sécurité juridique et bancaire ont freiné cette ambition. Le Premier ministre belge, Bart De Wever, s’est fait le relais des autorités financières redoutant un risque systémique. Confisquer ces avoirs exposerait l’Union à des contentieux prolongés, Moscou réclamant déjà 230 milliards de dollars de dommages et intérêts, et risquerait de fragiliser l’euro en tant que monnaie de réserve internationale. En épargnant provisoirement ces actifs, geste salué par l’émissaire économique du Kremlin Kirill Dmitriev comme une décision de bon sens, l’Europe conserve ce levier pour d’éventuelles négociations futures tout en évitant une rupture majeure du droit de propriété.

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      À défaut de mobiliser les capitaux russes, l’Union européenne a choisi de recourir à l’endettement. Les 90 milliards d’euros seront levés par la Commission européenne sur les marchés de capitaux, selon le mécanisme de l’emprunt commun déjà éprouvé lors de la crise sanitaire. Ce prêt à taux nul doit couvrir les deux tiers des besoins de financement ukrainiens pour 2026 et 2027, le complément étant attendu de partenaires tels que le Canada ou la Norvège. La structure financière de cet accord repose sur une clause spécifique : l’Ukraine n’entamera le remboursement que si elle obtient des réparations de guerre de la part de la Fédération de Russie. En pratique, l’Union européenne assume la garantie de cette dette. Si aucune réparation n’est versée par Moscou, la charge financière sera absorbée par les futurs budgets communautaires.

      Lire la suite ci-après.

  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 19 décembre 2025 14:11

    @ mbb et Parrhesia

    Suite :

    Chaque État membre défend ses intérêts

    L’unité européenne a néanmoins montré des signes de fragilisation lors de la conclusion de l’accord. Si le texte a été adopté formellement à vingt-sept, sa mise en œuvre opérationnelle ne reposera que sur vingt-quatre États membres. La Hongrie, la Slovaquie et, de manière plus inédite, la République tchèque, ont activé leur option de retrait pour ne pas participer à la garantie du prêt. Le positionnement d’Andrej Babis en République tchèque modifie l’équilibre politique en Europe centrale, transformant un soutien autrefois sans faille en une zone de friction. Bien qu’Emmanuel Macron ait tempéré ces défections en rappelant les flexibilités habituelles de l’Union, ce manque d’unanimité budgétaire envoie un signal de lassitude structurelle à Moscou.

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    Ce sommet constituait également une première épreuve pour le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz. Arrivé avec une volonté de réaffirmer le leadership de l’Allemagne et une ligne de fermeté, son bilan apparaît nuancé. S’il a soutenu le message de soutien à Kiev, il a dû composer avec l’abandon de la saisie des actifs russes, une option qu’il défendait initialement, tout en constatant les blocages persistants sur d’autres dossiers commerciaux. Cette session a illustré la difficulté de forger un consensus au sein d’un Conseil européen où les intérêts souverains l’emportent souvent sur la puissance économique d’un seul État.

    D’abord les industries de défense

    Le versement de ces fonds est assorti de conditions strictes. Bruxelles exige que ces ressources irriguent en priorité les industries de défense, tant ukrainiennes qu’européennes, afin de renforcer la base industrielle et technologique de défense du continent. Ce choix favorise indirectement les grands donneurs d’ordres du secteur. Parallèlement, la lutte contre la corruption demeure une exigence centrale. La traçabilité de ces 90 milliards d’euros représentera un défi majeur pour l’administration de Volodymyr Zelensky et une condition nécessaire pour maintenir l’adhésion des opinions publiques européennes.

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    En marge des accords financiers, les perspectives diplomatiques commencent à évoluer. Emmanuel Macron a évoqué la possibilité de reprendre, à terme, le dialogue avec Vladimir Poutine. Cette approche suggère que l’assurance d’une stabilité budgétaire de deux ans pour l’Ukraine est perçue comme un préalable pour négocier en position de force. Toutefois, en liant son destin financier à l’issue d’un conflit dont la résolution reste incertaine, l’Union européenne fait du contribuable européen un acteur engagé, dont la signature financière dépend désormais de l’évolution de la situation sur le terrain."

    Source : https://www.latribune.fr/article/economie/international/50748252414623/l-union-europeenne-acte-un-pret-de-90-milliards-d-euros-pour-l-ukraine-sans-les-avoirs-russes?utm_source=rlt-selli&utm_medium=newsletter&utm_campaign=la-tribune-12h-20251219&M_BT=18845072987



    • mmbbb 21 décembre 2025 11:40

      @Renaud Bouchard  en complement des propos de V Boiskoswki est que le système de l URSS etait établi sur le mensonge .


      L Europe c est le même principe et :

      Nous savons qu’ils mentent. Ils savent qu’ils mentent. Ils savent que nous savons qu’ils mentent. Nous savons qu’ils savent que nous savons qu’ils mentent. Et, pourtant, ils persistent à mentir..

      Soljenitsyne.


      et ce systeme qui tient sur le mensonge ne pourra pas perdurer ..


      et exemple de mensonge ; lorsque le General Mandon promu par Macron ( on peut lui reconnaître de ne pas cracher dans la main de son maitre ) affirme qu il faut être prêt a sacrifier nos enfants , magnifique analyse puisque notre pays est en dépression démographique , Et au retour de la guerre apres une saignée comme en 14 18 , il ne restera que des « vieux « 


      Et pourquoi cette Europe n attaque t elle pas par exemple l essayiste américain J Mearsheimer parce que Trump ne le tolérerait pas .

      et ce professeur estime que la défaite de l Ukraine est inéluctable .

      Et Trump a humilié Macron et Von Leyen .

      Et lorsque l on lit la presse dite officielle en l occurrence le FIG , il est a note la réaction positive des commentateurs qui ne se laissent pas embrumer l esprit par la propagande .

      Et Luc Ferry a une réaction salutaire .

      Mais paradoxalement ce media « dit alternatif »  expose des articles de la propagande officielle et sans analyse profonde dont les auteurs font prévaloir leurs sentiments au détriment de la réalité historique .

      et la palme d or revient a cette prof émerite « ROSEMAR »  , Le propos récurrent adressé a ses élèves et la plèbe est le manque de culture générale , elle fait fit de l histoire particulière de l Ukraine et de l histoire contemporaine , Une bécasse de premier ordre qui ne retranscrit que du LCI ,

      L historien de « renom » Di BELLA qui est si dogmatique qu il refuse de lire les rapports d officiers militaire tel Benoit PARE , mandate lui aussi par l OSCE .

      Ce grand historien refuse d admettre l ingérence occidentale a KIEV, ce fut le debut de la fin de la révolution de la place de MAIDAN et aucune enquête sur les commanditaires du massacre éponyme ,,

      Et FERGUS qui exprime son« anti poutisnisme »  primaire et se dérobe , Il n admet pas que l Europe garant des accords de Minsk II a failli . Il a renverse la charge de la preuve , c est la Russie qui n a pas respecte les dits accords ,


      Et en bons élèves ces auteurs entonnent , la Russie a annexé la CRIMEE russophile et exit la probélmatique de la base de Sébastopol ,

      Apres ce réglement , les médias « alternatifs » dont AGORAVOX , ne sont pas la garantie d une analyse respectueuse .


      Et ce média est souvent consternant , Vous l êtes d eux qui apporte un contrepoint dans vos analyses argumentées Je ne veux pas paraître tel un thuriféraire mais vous sauvez ce média de cette médiocrité ,



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 19 décembre 2025 14:17

    Aux Lecteurs

    Pitoyables réactions d’un pouvoir aux abois.

    Faire peur ou tenter de faire taire tous ceux qui ont annoncé la défaite OTANO/Ukrainienne.

    On ne lutte pas contre la réalité des faits.

    Du colonel Baud à Xavier Moreau :

    https://youtu.be/YyjPmeZIA0k?t=36


  • jjwaDal jjwaDal 19 décembre 2025 17:37

    l y a une telle médiocrité dans le niveau actuel des dirigeants européens, dans l’irresponsabilité de la superstructure bureaucratique européenne et un tel déni de réalité collectif, que même les appels à la raison et à la mise en perspective historiques de nos erreurs de jugements est inaudible.
    Vouloir nous préparer à une guerre que nous ne pourrons jamais gagner contre la Russie est non seulement un suicide économique, mais c’est la voie royale pour aboutir à une nouvelle guerre catastrophique en Europe qui irait bien au delà du conflit ukrainiens.
    Des américains qui connaissent mieux l’histoire européenne des dernières décennies que nos dirigeants eux-mêmes nous avertissent pourtant que le suicide collectif est notre trajectoire, mais il faudra probablement tomber au fond du trou qu’ils creusent pour nous relever.


    • Mustik 20 décembre 2025 00:49

      @jjwaDal

      Il me semble possible que le Pouvoir avance l’idée d’un conflit majeur dans le seul but de garder la main sur le peuple. Ça peut n’être qu’un simulacre...
      J’imagine mal le Kremlin faire machine arrière devant la triplette « F, D, UK »...


    • Eric F Eric F 20 décembre 2025 11:42

      @jjwaDal
      D’après les responsables militaires, on se prépare non à déclencher une guerre, mais à disposer d’une « dissuasion conventionnelle » nettement plus solide pour empêcher qu’un des pays de l’UE soit attaqué, ne pouvant plus se fier au parapluie américain. 
      Les alarmes sur une attaque russe à l’Est en 2030 fait partie de la « communication » pour persuader la population d’accepter les « sacrifices » nécessaires pour financer du réarmement. Ce qui s’ajoute aux sacrifices à consentir pour la transition écologique, la solidarité avec le reste du monde, et -le vraiment incontournable- équilibre budgétaire. Des années de vaches maigres.


    • jjwaDal jjwaDal 20 décembre 2025 15:45

      @Eric F
      Les mêmes responsables qui n’ont pas vu venir la guerre en Ukraine, qui n’ont pas prévu que pour la Russie c’était le « tout pour le tout » après les multiples tromperies occidentales et les promesses non tenues (rappelées par Jeffrey Sachs dans sa lettre ouverte à Merz). Donc il n’y a plus d’OTAN et depuis quand ? Il y a un gouffre entre la prise en charge de la défense européenne par les USA pour l’essentiel et une redistribution de la charge d’assurer celle-ci, mais l’article 5 est appelé à durer.
      Par ailleurs la dissuasion nucléaire française n’est pas en carton pâte. Plus fondamentalement la Russie n’a ni l’intention, ni les moyens humains et militaires pour attaquer l’OTAN qui regroupe aujourd’hui la quasi totalité de ses voisins, mais pire encore on chercherait en vain la motivation pour prendre un risque pareil pour la nation russe.
      Nous piquer notre montagne de dettes ? Allons donc…
      Autour de moi tout le monde semble avoir compris pourquoi les russes sont en Ukraine et pas ailleurs. Nous ne serons jamais en sécurité si nous pérennisons un ennemi à nos frontières pour des décennies, pour l’avoir créé et entretenu par aveuglement et idéologie.
      Nos militaires semblent avoir oublié que l’OTAN avait un but unique qui était sur le papier d’apporter une défense collective en cas d’attaque d’un pays membre. Je n’ai aucun souvenir que la Serbie ait attaqué un membre de l’OTAN pour mériter une riposte musclé, ni le souvenir d’un Etat appelé « Kosovo » avant cette intervention. Serait-ce la Russie qui a attaqué la Serbie et a créé le « Kosovo » en modifiant les frontières existantes entre Etats ?
      Nos dirigeants devraient apprendre leur histoire, cesser de se prendre pour ce qu’ils ne sont pas et faire la paix avec un puissant voisin en discutant d’une architecture de sécurité mutuellement acceptable. La Russie ne demandait que ça depuis le début.
      Arrêter de claquer notre argent dans ces foutaises aussi. Quand on se prépare à favoriser le tourisme planétaire de produits alimentaires que nous produisons en excès sur place, pas la peine de faire des serments d’éco responsabilité. Une grande partie de nos biens de consommation sont fabriqués en Chine avec des centrales à charbon, alors la « transition écologique » n’est qu’un fantasme de plus à l’intention des crédules.


  • placide21 19 décembre 2025 20:12

    Autre analyse de la manoeuvre de Trump pour couler l’UE : https://www.voltairenet.org/article223411.html


  • Rémy Rémy 19 décembre 2025 23:15
    L’UE meurt plus vite avec l’Ukraine qu’avec le Frexit


    Absolument, mais mieux encore, elle ne survivra pas à la Bérézina et à la ruine de l’euro...Qui sème le vent récolte la tempête !

    Et la censure n’y changera rien, ils ne font que révéler leur hideux vrai visage un peu plus chaque jour.


  • Mustik 20 décembre 2025 00:42

    Je préconise le dernier ouvrage de Christian Saint-Étienne :

    « TRUMP et nous » Chez Odile Jacob.
    la présentation qu’il en a faite sur CNews est particulièrement engageante du fait de ses révélations.

    Avoir mis la Commission européenne en situation d’abus de pouvoirs est une opération scélérate de nos 3 derniers chefs d’État... Ce qui revient à mettre la démocratie sous l’éteignoir !


  • Les tracteurs bloquent les routes.

    Depuis peu les engins des entreprises du bâtiment et des travaux publics sont venu en renfort.

    Mais la presse et médias mainstreams informent et déforment la réalité. 

    On nous présente la FNSEA comme acteur majeur du syndicalisme paysan alors que c’est faux... 

    La fédération des transporteurs manque à l’appel !


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 20 décembre 2025 14:05

      @SPQR-audacieux complotiste-Monde de menteurs
      ...et ce « Pouvoir » en complète débine ne trouvera rien de mieux que d’organiser des « pénuries » de carburant pour « conditionner » une population inquiète.
      Pour autant, et c’est là une réédition de La Grande Peur (non pas tant des Bien-Pensants) que celle de dirigeants complètement hors sol, la crainte profonde est celle d’une version modernisée d’un nouveau type de Jacquerie, avatar de Gilets Jaunes et de détresse du Pays Profond qui a parfaitement compris que l’Etat était devenu d’autant plus un ennemi qu’il est pieds et poings liés face à l’exécution de directives européennes qu’il applique en tentant de passer en force.
      Mais voilà : le plan ne se déroule pas comme prévu.

      Bien à vous,
      RB


  • Eric F Eric F 20 décembre 2025 10:21

    A l’origine la construction européenne visait plutôt un modèle façon états unis d’Europe, et elle a effectivement dérivé en technocratie réglementariste à la soviétique, moins le volontarisme économique.

    Les élargissements ont conduit à un conglomérat hétérogène, la concurrence interne a remplacé la synergie et coopération de l’époque de l’Europe des 6, 9, voire 12. 

    Et on assiste aujourd’hui au paradoxe que les vassaux européens sont devenus plus atlantistes que le suzerain américain, qui a accentué sa guerre économique. 

    Tous les vents et courants nous sont désormais contraires, économiques, géopolitiques, civilisationnels, démographiques. Et on s’arcboute sur la poursuite ruineuse et meurtrière d’une guerre perdue.


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 20 décembre 2025 13:57

      @Eric F
      Bonjour Eic et merci pour votre commentaire.
      Effectivement (je vous cite) :

      Les élargissements ont conduit à un conglomérat hétérogène, la concurrence interne a remplacé la synergie et coopération de l’époque de l’Europe des 6, 9, voire 12. 

      Et on assiste aujourd’hui au paradoxe que les vassaux européens sont devenus plus atlantistes que le suzerain américain, qui a accentué sa guerre économique. 

      Tous les vents et courants nous sont désormais contraires, économiques, géopolitiques, civilisationnels, démographiques. Et on s’arcboute sur la poursuite ruineuse et meurtrière d’une guerre perdue.

      /Le tout accompagné d’une intégration à marche forcée de l’Ukraine dont toute l’économie naufragée n’aura pour résultat que de couler une UE (ce qu’il en reste) déjà plus que fragile.

      Bien à vous,

      RB


  • BRUNO BRUNO 20 décembre 2025 14:01

    Paix et prospérité, le « deux mamelles » de l’UE nous avait on chanté sur tous les tons...

    Ruine : cf le rapport Dragghi,pourtant un orthodoxe de la religion néo-libérale , soigneusement enterré par von der layette.

    Paix ? au fait sur quelle compétence souveraine transférée est fondée la stratégie guerrière européenne portée essentiellement par l’Allemagne ? 

    « Chronique d’une mort annoncée » ? Qui peut encore empêcher la catastrophe


  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 20 décembre 2025 14:25

    Bonjour Bruno et merci aussi bien pour votre visite que pour votre contribution.

    « Chronique d’une mort annoncée » ? Qui peut encore empêcher la catastrophe ?

    Hé bien des gens tels que vous, tels que nous qui, ayant une vue précise de l’étendue des errements de dirigeants en roue libre, pouvons encore enrayer le processus mortifère mis en place en faveur de l’Ukraine, par exemple.

    Voyez ce qu’il vient de se produire avec la tentative de vol des avoirs russes.

    Voyez encore ce qu’il risque fort de se produire lorsque certains pays européens vont finir par comprendre l’inanité comme la folie du montage financier préexistant au « prêt de 90 milliards € pour tenter de sauver l’Ukraine, cet »horizon devenu indépassable« mais dont les USA ne se soucient plus guère.

    Comme chacun sait, »le papier ne refuse pas l’encre", mais il est fort possible -heureusement -, que la réalité des faits et quelques accrocs imprévus viennent imprimer quelques correctifs violents à des délires politico-financiers.

    https://youtu.be/HzRF2622m9A?t=3


    Bien à vous,

    RB



    • Zolko Zolko 20 décembre 2025 16:06

      @Renaud Bouchard

      Qui peut encore empêcher la catastrophe ? Hé bien des gens tels que vous, tels que nous qui, ayant une vue précise de l’étendue des errements de dirigeants en roue libre, pouvons encore enrayer le processus mortifère

       
      par quelle méthode ? Avez-vous lu l’article que je viens d’écrire qui propose, justement, un telle méthode : Comment prendre le pouvoir ?

    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 20 décembre 2025 17:21

      @Zolko
      Bonjour et merci pour votre contribution. J’ai bien évidemment lu votre article.

        Ghandi et l’Inde, écrivez-vous, (je vous cite) ont montré que l’on pouvait renverser un régime par la démonstration pacifique.

        Effectivement. De même pour la Hongrie avec Viktor Orbán en 1989 : ils ont viré l’occupant Soviétique et ont renversé le régime sans verser une goutte de sang ! Je ne sais plus qui a dit que la plume est plus forte que le glaive, mais je pense qu’il avait raison. Si l’on prône la violence, personne ne vous suivra, alors c’est voué à l’échec. C’est ce que veut le régime. Il faut donc éviter de devenir l’idiot utile de vos ennemis. 

        /Certes. Mais si les opérations précitées ont pu être menées avec succès, cela tenait au fait que la situation était en réalité devenue intenable et ingérable : l’époque du Raj britannique comme celle de l’Union soviétique étaient révolues et les pouvoirs politiques qui les animaient avaient compris que les circonstances avaient changé.

        Votre énoncé est bon. J’ai moi aussi une certaine expérience du conflit. Pour abonder dans votre sens, en la matière, la règle est très simple : face à un adversaire déterminé et bien équipé, la seule issue est de pouvoir l’écraser. Si une telle chose demeure impossible, il faut alors faire preuve d’intelligence, éviter de se faire tuer et laisser faire les événements, lesquels s’enchaînent avec une efficacité remarquable en profitant des erreurs successives, de plus en plus marquées d’un adversaire incapable de se réformer, prêt à tout et animé du seul « désir de durer ». A l’heure actuelle, l’immense navire a de l’eau dans les cales. Les chaudières s’éteignent les unes après les autres. La barre est bloquée. Il ne peut plus gouverner. L’équipage est en train de fuir et laisse capitaine et officiers faire n’importe quoi sur la passerelle. Tout cela se terminera par un naufrage sous une nuit sans lune .La vidéo que vous citez fort opportunément est intéressante mais suscite aussi un commentaire de la part d’un lecteur : "
        Hansdu17  • Il y a 2 semaines :" 20 minutes de vidéo pour nous expliquer que l’armée ne sert à rien et que c’est la faute des français si celle-ci ne lui vient pas en aide. En tant qu’ancien militaire, je fulmine !" dit le commentateur.

        Le fait est que les armées sont compliquées à cerner. C’est un milieu que je connais bien. Elles font face à une situation complexe de prise de conscience de choix géopolitiques et géostratégiques qui leurs sont étrangers. Il n’est qu’à voir les « orientations » dessinées par les différents CEMA . L’époque du « trace ton sillage sans faire de vagues » est terminée. La conclusion est très simple : il va falloir choisir très vite un camp et se réarmer d’une manière ou d’une autre pour ne pas être éliminé. Aujourd’hui le Pouvoir politique est devenu incapable de faire face à une situation devenue quadruplement intenable : 1-Une partie de la population, le monde agricole, qui refuse de disparaître.2-Une immigration et une islamisation dont personne ne veut traiter les métastases qui se répandent dans tout le pays.3-La montée en puissance d’une narco-criminalité qui se répand dans toutes les strates de la société.4-Une paupérisation devenue visible dont les victimes sont prêtes à choisir n’importe laquelle des « issues de secours » qui lui seront proposées pourvu que cela soit autre chose.

        Pour le reste, il n’est pas exclu que les craquements structurels ne viennent précipiter les changements et brouiller les prévisions. L’analyse que D. Trump vient de livrer au Grand Public de sa vision d’un monde d’où l’Europe et la France actuelles sont réduites à la portion congrue offre une feuille de route remarquable pour susciter des réformes de survie.

        Bien à vous,

        Renaud Bouchard


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 20 décembre 2025 17:28

      @Zolko
      Permettez-moi de compléter ma réponse précédente avec ces deux liens qui renvoient à une analyse particulièrement intéressante.
      Bien à vous,
      Renaud Bouchard

      Le C5 de Trump, l’Europe, les BRICS-


      https://www.voltairenet.org/article223411.html


      https://www.voltairenet.org/article223309.html


  • jjwaDal jjwaDal 21 décembre 2025 12:02

    Le comportement de nos dirigeants était prévisible car jamais, aucun ne s’est donné la peine d’enfiler les chaussures des autres peuples pour se voir tels qu’on les voit de l’extérieur.
    L’Allemagne nazie et le Japon impérial font des millions de morts et l’armistice signée on s’allie à eux pour les reconstruire et les réarmer contre nos alliés qui ont permis la victoire lors de la seconde guerre mondiale.
    L’Europe a envahit la Russie à plusieurs reprises, pas le contraire, mais la menace est russe. Le Japon comme les européens ont agressé la Chine à de multiples reprises, mais c’est la Chine qui est une menace.
    Nous avons le droit de redécouper les frontières, de décapiter des Etats sur des prétextes fallacieux en les plongeant dans le chaos, nous avons le droit (le devoir même) d’adouber des massacres de masse (jusqu’au génocide) mais c’est un droit exclusif aux membres du club.
    Les dirigeants occidentaux ont pratiqué l’hypocrisie depuis toujours et on s’étonne de les voir continuer ? Ils sont incapables d’alimenter les deux colonnes et de voir les nuances de gris.
    Ils sont dans le bon camp quoi qu’ils fassent et quoi qu’il arrive. Donc tout leur est permis et nous allons le voir si la résistance des peuples et/ou d’autres Etats n’y met pas un frein.
    Les prétendues valeurs occidentales n’ont jamais été incarnée par nos dirigeants et ne sont qu’une façade. Les voir tomber enfin le masque va permettre aux autres de bien prendre conscience que l’Europe est une branche morte de l’histoire future de l’humanité et qu’il faut regarder ailleurs et faire autrement pour bâtir l’avenir.
    Cela promet un joli spectacle pour ceux qu’on a abreuvé de leçons sur les valeurs communes et la démocratie, quand ils nous verront sombrer dans la médiocrité et passer dans leur rétroviseur.


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 22 décembre 2025 12:50

      @jjwaDal
      Constat cruel et pourtant bien réel.
      Il y a déjà bien longtemps que pour beaucoup de gens les « européens » ne sont plus qu’un point éloigné dans le rétroviseur, pour reprendre votre image.
      Avec, si vous me le permettez, une nuance majeure, toutefois :
      La question des valeurs occidentales n’est pas pour autant évacuée car il demeure nombre de gens qui sont parfaitement conscients de ce que l’Europe représente comme extraordinaire construction historique et civilisationnelle.
      Imaginez simplement que nous soyons débarrassés de dirigeants félons, d’une immigration de blédards incultes et violents dont le logiciel mental est en retard de 14 siècles, d’une population aux mœurs aussi dévoyées que décadentes nourrie de « théories du genre », promouvant l’homosexualité comme horizon indépassable, de systèmes éducatifs dont l’inefficacité le dispute à l’ignorance intellectuelle, produisant des générations de crétins incultes nourris du pire que les réseaux sociaux puissent produire, et vous retrouverez une Europe, cultivée, riche, prospère, consciente de ses vraies valeurs civilisationnelles. Un coup d’œil suffit en visitant ce bout d’Occident pour voir partout ce que le Génie européen a produit, même si à deux reprises le tropisme vers le suicide a donné l’impression de prendre le pas.
      Non. Rien n’est définitif.
      Rien n’est joué.
      D’immenses forces demeurent en réserve, qui n’ont pas encore donné.
      Cordialement,
      Renaud Bouchard


  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 22 décembre 2025 00:26

    Article remarquable. Tout est dit. Et avec quelle verve !

    J’ajouterais deux idées dont une mienne et relativement ancienne, la part de la transformation du capitalisme traditionnel en turbo-capitalisme immatériel qui rend, pour le capitalisme, la nécessité de se débarrasser de l’industrie réelle moins rentable au profit de l’immatériel (que ce soit du logiciel ou du brevet), avec pour conséquence la nécessité de désindustrialiser, ce qui peut expliquer des mesure apparemment irrationnelles.

    L’autre est la renazification* de l’Occident, avec d’une part l’UE qui sous le joug de la Hyenne et de Merz, avec Macron en petit toutou obéissant (l’esprit de Vichy ?), renonce à la démocratie, et cherche, une fois de plus, à envahir la Russie, ou du moins à la détruire, et d’autre part un Trump qui s’il est moins anti-russe, cherche néanmoins à créer autour des USA une zone de contrôle total.

    Pour ces deux aspects, un acteur fondamental me paraît être le système « turbo-financier » avec notamment BlackRock en tête de proue.

    Quoiqu’il en soit, il est évident que l’UE est en train de sombrer, et cela assez rapidement.

    _

    * Si on lit des analyses d’Annie Lacroix-Riz, la dénazification n’aurait pas eu vraiment lieu.


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 22 décembre 2025 12:35

      @Jean-Paul Foscarvel
      Bonjour Jean-Paul et merci pour vos compliments bien mérités par les deux Auteurs précités.
      Mes commentaires ne sont qu’un précipité d’une analyse de faits devenus plus qu’incontestables, hélas !
      Je souscris à vos deux observations.
      -La désindustrialisation effectuée depuis quarante ans est une catastrophe dont l’accélération est devenue soudaine avec cette décision géopolitique particulièrement imbécile qui a conduit l’Europe a se couper de sources d’approvisionnement en énergie bon marché en privilégiant les Etats-Unis à la Russie.Le résultat ne s’est pas fait attendre avec la destruction immédiate de l’industrie allemande, laquelle, après avoir abandonné le modèle de Capitalisme Rhénan qui avait fait sa fortune, s’est enlisée et ruinée dans les marécages d’une économie financière construite sur du vent.
      -Renazification de l’Occident, avec d’une part l’UE qui sous le joug de la Hyène et de Merz, avec Macron en petit toutou obéissant (l’esprit de Vichy,effectivement, avec sa version actualisée du petit Lacombe Lucien obéissant à Black Rock), renonce à la démocratie, et cherche, une fois de plus, à envahir la Russie, ou du moins à la détruire, et d’autre part un Trump qui, s’il est moins anti-russe, cherche néanmoins à créer autour des USA une zone de contrôle total.
      Effectivement.
      Nous avons là tous les ingrédients d’une inféodation complète avec des acteurs politiques qui ne sont rien d’autre que des traîtres à la France et dont le destin  funeste comme celui que finissent toujours par rencontrer les traîtres à leur pays comme à leurs concitoyens  finira par les rattraper.
      Ce jour-là, il n’y aura ni états d’âme ni circonstances atténuantes.
      Cf. ci-après Annie Lacroix-Riz
      https://www.librairie-tropiques.fr/2019/09/annie-lacroix-riz-la-non-epuration-en-france-1943-1950.html

      Bien à vous et heureuses fêtes de Noël !
      Renaud Bouchard


  • jjwaDal jjwaDal 24 décembre 2025 11:20

    L’article est très juste dans son analyse, y compris dans le titre, car les USA sont sur la même pente mais ont bien plus de ressources pour se maintenir à flots encore un bon moment.
    Vous êtes bien plus optimiste que moi car quand j’entends Jeffrey Sachs dire que le Congrès américain est inaudible sous la présidence de Trump alors qu’il se torche avec les droits que lui octroie la Constitution et quand j’entends en Europe un membre allemand du parlement européen dire que la quasi totalité de ses collègues se contrefichent des sanctions prononcées contre des citoyens qui exercent leur droit d’expression sans violer aucune loi, en toute illégalité donc, il y a de quoi réfléchir et se soucier de cette tendance.
    Au demeurant c’est l’exécutif européen qui fait le droit européen qui pourrait évoluer pour rendre illégal des droits considérés comme fondamentaux jusqu’ici comme celui de porter en ligne la contradiction politique et le débat.
    Agoravox et d’autres médias alternatifs pourraient être débranchés demain comme RT l’a été.
    De part et d’autre de l’Atlantique on semble vouloir ignorer le droit interne et international pour préférer des tactiques relevant de la piraterie en général et de la mafia en particulier. Vu le rapport des forces en présence, c’est un exercice très dangereux au moins économiquement, car nos fournisseurs (en biens de consommation/production essentiels) pourraient s’en offusquer et pourraient arrêter de nous prêter l’argent qui nous fait vivre à crédit au simple nom de leurs intérêts, absence de gentillesse de leur part qui passerait bien sûr pour un geste hostile…


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