Commentaire de Le Tribunal de la Raison
sur Le paradoxe de la machine à café : qui sommes-nous vraiment ?


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Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 9 janvier 18:49

@Spartacus Lequidam

Vous opérez un déplacement décisif : vous refusez toute analyse ontologique ou morale, et vous ramenez implicitement la question de l’humain à un cadre économique, fondé sur l’usage, la valeur sociale et l’utilité.

Ce choix n’est pas anodin. Il engage immédiatement une hiérarchie entre les individus selon leur contribution, leur autonomie ou leur productivité.

Dans un tel cadre, il devient impossible de fonder rationnellement une égalité de principe entre les êtres humains. Toute tentative de protection inconditionnelle — des personnes lourdement handicapées, des malades incurables, des personnes très âgées ou dépendantes — devient soit arbitraire, soit incohérente avec les prémisses posées.

Autrement dit, votre position n’aboutit pas simplement à une différence de valeur des biens ou des objets, mais à une gradation de la valeur des vies humaines, fondée sur des critères contingents et révisables.

À l’inverse, le cadre que je défends — fondé sur l’organisation intrinsèque et non sur l’utilité — est précisément ce qui permet d’éviter cette dérive : il garantit que la dignité et la protection ne dépendent ni de l’état, ni de l’âge, ni des capacités actuelles.

Le risque n’est donc pas théorique. Il est structurel. Dès lors que l’on renonce à définir l’humain par ce qu’il est, pour le définir par ce qu’il fait ou par ce qu’il rapporte, on ouvre nécessairement la voie à une hiérarchisation des existences.

La question n’est pas de savoir si cette hiérarchisation est souhaitée, mais si elle est logiquement évitable une fois les prémisses acceptées.


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