jeudi 8 janvier - par Le Tribunal de la Raison

Le paradoxe de la machine à café : qui sommes-nous vraiment ?

Quand vous achetez une machine à café neuve, elle n’a jamais fait couler la moindre goutte de café. Pourtant, personne ne douterait qu’il s’agisse bien d’une machine à café. Ce petit automatisme de notre pensée semble anodin, mais il cache en réalité une vérité logique vertigineuse : nous définissons les choses par ce qu'elles "sont" bien avant qu'elles ne fassent quoi que ce soit.

Mais sommes-nous prêts à appliquer cette même rigueur à nous-mêmes ?

Pour explorer ce paradoxe sans tomber dans le piège de l'émotion ou du préjugé, nous devons passer un contrat de rationalité. Le texte qui suit ne demande qu'une chose : que vous acceptiez de suivre la logique partout où elle vous mènera, même si le résultat bouscule vos certitudes les plus ancrées. Êtes-vous prêt à jouer le jeu ?

JPEG

Sur la nature de l'être et ses implications

Le raisonnement qui suit n'a de valeur que si l'on accepte une règle simple : toute proposition que vous jugerez vraie devra être acceptée avec ses conséquences logiques, même si celles-ci dérangent. Si vous refusez ce principe, il est préférable de ne pas poursuivre la lecture.


Commençons par établir quelques points de méthode qui, bien que simples, conditionnent la validité de toute démonstration rationnelle.

Premièrement, une conclusion découle nécessairement de ses prémisses. Si les prémisses sont vraies et le raisonnement valide, la conclusion s'impose indépendamment de nos préférences. Deuxièmement, refuser une conséquence ne rend pas une prémisse fausse. L'inconfort face à une conclusion n'est pas un argument contre sa validité logique. Troisièmement, une émotion, aussi légitime soit-elle, ne constitue pas en elle-même un argument logique. Quatrièmement, la cohérence entre nos principes et nos conclusions est une condition minimale de rationalité. Enfin, cinquièmement, si nous acceptons une définition ou un critère dans un cas, nous devons l'appliquer uniformément aux cas analogues, sauf à identifier une différence pertinente.

Ces principes ne préjugent d'aucune conclusion particulière. Ils établissent simplement le cadre dans lequel une discussion rationnelle peut avoir lieu.

Si vous acceptez ce qui précède, vous acceptez déjà le cadre logique dans lequel s'inscrit la démonstration suivante. Ce cadre ne préjuge pas de la conclusion ; il engage uniquement la méthode.


Le problème du potentiel

Un argument circule fréquemment dans les débats sur le statut du fœtus, que l'on peut appeler "l'argument du potentiel de vie". Cet argument tente de répondre à l'affirmation suivante : le statut biologique de l'être humain est à différencier du statut juridique et moral.

Cette différenciation repose sur l'idée que l'humain moral ne l'est que parce qu'il possède certains caractères propres. On présente entre autres la conscience, la viabilité, la capacité d'interaction avec la société. Le fœtus ne possédant pas encore ces caractères, il ne pourrait, selon cette idée, posséder les droits humains, à savoir entre autres le droit à la vie.

Face à cette position, le réflexe de certains qui n'y adhèrent pas est de défendre le fœtus au nom de sa future acquisition de ces caractères. On dira que le fœtus mérite protection parce qu'il deviendra un être conscient, rationnel, capable d'interaction sociale. Mais vous ferez immédiatement cette observation : cette défense, bien qu'animée de bonnes intentions, concède dans le même temps que le fœtus n'est pas encore humain. Elle reconnaît implicitement l'absence d'humanité actuelle. Et il est difficile de défendre le possible comme un acquis, de protéger ce qui n'est pas encore là.

La séduction d'une distinction

L'idée de la séparation du statut biologique et du statut moral est en soi séduisante. En effet, en philosophie, l'homme est bien défini comme un animal rationnel, et non par son seul ADN humain. Il paraît donc cohérent de séparer ces deux choses. Il devient ensuite facile de définir que les droits humains viennent avec le statut moral et non avec le statut biologique.

Pourtant, une subtilité critique rend ce jugement erroné.

Prenons un homme qui a une grave pathologie mentale, ce qui le rend inapte au jugement. Il n'est donc plus responsable de ses actes. Cet homme, appelé communément fou, n'est juridiquement pas responsable s'il commet un meurtre. Cet homme fou a perdu ce qui le différencie de l'animal : sa rationalité et ainsi sa capacité de jugement. Pourtant, il est toujours reconnu comme humain.

On dira qu'il a déjà exercé sont humanité, et qu'en raison de cela il peut être reconnu comme tel. Mais me diriez vous, lorsque j'achète un grille pain neuf, je sais que c'est un grille pain, et je l'achète comme tel, pourtant il n'a jamais accompli l'action qui le définit, en l'occurrence, griller du pain.

L'analogie de la machine à café

Pour mieux le comprendre, voici une analogie. Une machine à café se définit par sa capacité à faire du café. Lorsqu'on l'achète neuve, elle n'a jamais — on l'espère — fait de café. Elle n'a donc jamais exercé l'action qui lui permet de s'identifier comme telle. Pourtant, tout un chacun reconnaîtra en elle une machine à café. Et cela pour une raison bien précise.

Cette machine à café dispose de tous les éléments pour faire du café. En l'état, si on lui apporte de l'énergie et du café (en grains de préférence), elle pourra nous faire un café. Elle ne l'avait pourtant jamais démontré par l'accomplissement de sa définition.

Notons quelque chose d'essentiel. La machine à café ne peut faire du café que si elle est alimentée en électricité et en grains. On dira que ces éléments définissent ce qu'elle est. Mais vous ferez cette distinction cruciale : ces éléments sont nécessaires à son fonctionnement, mais pas à son être. La machine EST une machine à café parce qu'elle possède intrinsèquement le principe organisateur — la structure spécifiquement ordonnée vers la production de café.

On peut déduire ce que va produire la machine à café en observant les composants qui la constituent et comment ils sont agencés. On peut donc déduire par là ce qu'est cette machine, par la présence des éléments qui lui permettront d'accomplir sa définition.

L'électricité et les grains sont des conditions instrumentales : ils fournissent l'énergie et la matière, mais ne contiennent pas le programme qui détermine qu'il s'agira de café plutôt que de thé, ni comment ce café sera fait. Ce programme réside dans la machine elle-même, dans l'agencement de ses composants.

Ainsi, la machine EST ce qu'elle est avant et indépendamment de son fonctionnement actuel, précisément parce qu'elle possède en propre le principe d'organisation qui définit sa nature.

La question de la graine et du chêne

Cela amène un point très intéressant. Si l'on considère que l'être est l'organisation orientée vers la fonction qui définit l'être, alors une graine d'un chêne peut déjà être considérée comme étant le chêne.

On dira que cela pose un paradoxe insurmontable. On ne peut condamner un homme qui a volé un sachet de graines de la même manière que l'on condamne un homme qui a volé une centaine de chênes. Il apparaît alors que tout ce qu'on a énoncé auparavant n'était que pure affabulation et discours sophistique.

Mais vous ferez cette observation décisive : la subtilité se cache dans la notion de valeur.

La graine du chêne n'a pas la même valeur économique que le chêne adulte, tout comme la jeune pousse n'a pas la valeur du chêne bicentenaire. La différence qui réside entre ces différentes formes est de nature financière, marchande. Et le Code Noir de 1685 étant aboli, on ne peut pas appliquer de valeur à un être humain. On ne peut pas définir que l'homme de 40 ans qui travaille à plein temps mérite davantage de vivre que l'homme tétraplégique. Cela fait partie de notre humanité que de considérer cela.

La jeune pousse est un chêne, le chêne bicentenaire en est un, et la graine en est un. Lorsqu'on voit le chêne dans chacun de ces états, on peut dire : "ça, c'est une graine de chêne ; ça, c'est une jeune pousse de chêne ; ça, c'est un vieux chêne". Car dans chacun de ces états, l'objet observé est organisé pour devenir un chêne. Il est organisé pour utiliser les éléments extérieurs afin de se développer dans la forme qui le définit.

Mais pourtant, on différencie bien la graine de l'arbre ; ils sont donc différents. On sait bien que la graine devient un arbre à un moment précis, lorsque le germe sort. Mais c'est là justement toute la nuance. La graine est devenue un arbre, mais elle était déjà un chêne. Elle n'est pas devenue un chêne au moment où est sorti son germe.

L'arbre est un des états du chêne, tout comme la graine est un état du chêne.

Mais alors, lorsque le chêne est mort et qu'on en fait une planche ? Ce n'est plus un chêne car il n'est plus organisé de manière à accomplir sa définition. Mais c'est DU chêne. C'est un matériau. La branche qui est tombée est du chêne, pas un chêne, et la branche sur l'arbre encore verte est elle-même du chêne, et non un chêne.

Application au cas humain

De même, un être humain est humain parce qu'il possède intrinsèquement le principe organisateur de l'humanité, tout comme la machine à café possède en elle le programme qui déterminera qu'elle produira du café dès qu'on lui fournira énergie et grains, ou qu'une graine possède la structure qui la fera devenir un chêne.

Le fœtus n'a peut-être pas encore manifesté les caractéristiques propres à l'humain — la rationalité, la conscience, l'interaction sociale — tout comme la machine à café n'a jamais fait de café et comme la graine n'a pas encore germé. On dira que ces absences de manifestation prouvent l'absence d'humanité. Mais vous constaterez que ces éléments extérieurs ne déterminent pas ce que sont ces êtres : ils ne sont que des conditions instrumentales, nécessaires pour le développement ou l'exercice de ce qui est déjà contenu en puissance.

La structure interne du fœtus, sa composition biologique et génétique, constitue le principe organisateur de ce qu'il est. Ce principe, tel que la machine contient le programme du café ou la graine contient le chêne, suffit à déterminer sa nature humaine. Il n'a pas besoin d'exercer ses facultés pour être humain : sa capacité future découle de ce qu'il est déjà intrinsèquement.

La potentialité du fœtus n'est donc pas un simple "possible" abstrait. Elle est déjà effective en puissance ; elle est constitutive de son être et non de son état accidentel.

Ainsi, tout comme l'on reconnaît immédiatement une machine à café comme telle avant qu'elle ait fonctionné, et une graine comme chêne avant qu'elle n'ait germé, on doit reconnaître que le fœtus est humain avant même d'exercer sa rationalité.

Ce qui définit son humanité n'est pas l'accomplissement actuel de ses fonctions, mais l'organisation interne qui le rend capable de les accomplir : le principe même de son développement, de sa maturation, de son action future. Supprimer ou nier cette humanité en raison de l'absence d'exercice de ces fonctions reviendrait à nier l'être en puissance, à confondre l'acte avec l'essence, la manifestation avec le principe.

En résumé, le fœtus, tout comme la machine à café et la graine de chêne, est pleinement ce qu'il est déjà, indépendamment des conditions extérieures et des actes encore non réalisés. Sa nature humaine est contenue en lui dès le départ, et les conditions instrumentales — nutrition, oxygène, environnement — ne font que permettre le déploiement d'une organisation déjà intrinsèquement orientée vers la réalisation des capacités caractéristiques de l'humain.

L'humanité du fœtus ne dépend donc ni de la conscience, ni de la rationalité actuelle : elle réside dans la structure interne qui ordonne son développement vers ces fonctions et qui le distingue ontologiquement de tout autre être ou objet.


Face à cette conclusion

Si cette conclusion vous heurte, deux options seulement sont logiquement possibles.

Soit au moins une prémisse est fausse et doit être identifiée comme telle. Peut-être contestez-vous que l'être se définisse par son principe organisateur plutôt que par l'exercice actuel de ses fonctions. Peut-être rejetez-vous l'analogie entre la machine, la graine et le fœtus. Peut-être estimez-vous qu'il existe une différence ontologique pertinente entre ces cas, différence qui n'aurait pas été identifiée dans le raisonnement. Toute objection de ce type est rationnellement légitime et mérite discussion.

Soit le raisonnement est valide mais la conclusion est inconfortable. Dans ce second cas, l'inconfort n'invalide pas la conclusion. Il signale simplement une tension entre nos intuitions et les implications logiques de principes que nous acceptons par ailleurs.

Cette tension n'est pas un échec de la pensée. C'est au contraire le signe qu'une question difficile est posée avec rigueur.

Vous pouvez refuser d'adhérer à cette conclusion aujourd'hui, tout en reconnaissant que, si les prémisses sont vraies, elle s'impose logiquement. La suspension du jugement est une position rationnelle. Elle permet de continuer à examiner les prémisses, à affiner les définitions, à chercher les distinctions pertinentes qui pourraient invalider l'analogie.

On dira qu'il suffit de rejeter émotionnellement la conclusion pour s'en libérer. Mais vous constaterez que ce qui ne serait pas rationnel serait d'accepter que la machine à café est déjà une machine à café avant d'avoir fonctionné, d'accepter que la graine est déjà un chêne, d'accepter le principe de l'organisation interne comme critère de l'être — et de refuser soudainement ces mêmes principes lorsqu'ils conduisent à une conclusion dérangeante sur le statut du fœtus, sans identifier de différence ontologique pertinente.

La cohérence intellectuelle ne garantit pas la vérité. Mais l'incohérence garantit l'erreur.



22 réactions


  • sylvain sylvain 8 janvier 19:51

    Mais ce qui est inacceptable dans la mort d’un etre sensible, ce n’est pas la destruction d’une logique interne, ce sont les emotions que cela suscite, les volontes que cela nie.

    Ce qu’affirme la theorie du droit a l’avortement, c’est qu’on peut stopper le developpement de la logique interne d’un foetus parce qu’il n’y a pas de souffrance liee a cet acte, parce qu’il n’y a pas de volonte consciente liee au foetus. 

    C’est peut etre faux d’ailleurs, mais personne n’a jamais pu montrer le contraire. 


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 8 janvier 21:45

      @sylvain

      Si l’on suit rigoureusement votre raisonnement — fondé sur un utilitarisme poussé à l’extrême — alors on peut également justifier la suppression de toutes les personnes dans le coma, ou encore de certains handicapés, bref de tous ceux dont l’existence est perçue comme causant un tort aux autres membres de la société, dès lors que leur mise à mort n’entraîne aucune souffrance consciente de leur part.

      Ce que je défends ici est simple : la souffrance est un mal contingent, que l’on peut, au moins en principe, soulager ou soigner. La mort, en revanche, est une privation définitive. À ma connaissance — corrigez-moi si je me trompe — la mort, elle, ne se soigne pas.

      Dès lors, un raisonnement qui prétend justifier la mise à mort par la seule absence de souffrance ne tient pas : il confond l’absence de douleur avec l’absence d’atteinte morale. En ce sens, votre raisonnement est donc faux.


    • sylvain sylvain 9 janvier 11:18

      @Le Tribunal de la Raison
      Mon raisonnement est tout sauf utilitariste, sa seule base est l’emotion liee a la vie. Je pense que vouloir trancher par la logique cette question, en tracant une ligne bien nette entre le bien et le mal est une demarche extremiste en ce sens qu’elle rejette une tension du reel.

      Le fait est qu’on « debranche » certaines personnes sous assistance permannente, qui n’ont plus leur conscience et surtout dont les proches pensent qu’il n’y a plus d’espoir et que c’est mieux comme ca. On cesse aussi de soigner certains grands malades, toujours avec leur consentement. On donne meme la mort aujourd’hui, sur demande. La ligne rouge la dedans, celle qui apparait clairement dans tous ces cas, c’est celle de la volonte et de la souffrance. Le respect des forces de vie.

      A vous lire, on aurait presque l’impression que si par la logique on arrivait a « prouver » qu’il faut debrancher toutes les personnes dans le coma, alors il faudrait le faire dans la minute, par respect pour le raisonnement. Or, si il y a bien une chose qui n’a aucun interet quand vous etes face a la mort, au grand mystere, c’est bien le raisonnement. Mon pere est mort il y a peu, il n’a pas voulu se soigner, ni arreter de fumer son paquet de clope tous les jours. Je peux vous assurer qu’il n’y a absolument aucun interet a essayer de raisonner dans ce genre de situation, si ce n’est a posteriori, pour la beaute de la pensee. 


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 9 janvier 18:58

      @sylvain

      Vous affirmez que la logique serait ici inappropriée, et que seule l’émotion liée à la vie ferait sens. Mais vous continuez pourtant à invoquer des critères — souffrance, volonté, absence d’espoir — qui sont précisément des critères rationnels, même s’ils sont chargés d’affect.

      Il y a surtout une confusion centrale dans votre propos. Les situations que vous évoquez — refus de soins, arrêt de traitements, euthanasie sur demande — ont toutes un point commun décisif : l’existence d’une volonté du sujet concerné, actuelle ou antérieurement exprimée.

      C’est cette volonté qui fonde la légitimité morale de ces décisions. Or, elle est par définition absente dans le cas du fœtus. On ne peut donc pas invoquer les mêmes critères sans incohérence.

      Par ailleurs, dire que l’absence de souffrance suffit à justifier la mise à mort revient à confondre deux choses distinctes : soulager un mal et supprimer celui qui pourrait le subir. La souffrance est un état contingent ; la mort est une privation définitive. Ce n’est pas une thérapie.

      Enfin, invoquer l’émotion pour disqualifier le raisonnement ne permet pas d’éviter les conséquences des principes que l’on adopte. Dès lors que l’on accepte que la valeur d’une vie dépende de critères subjectifs — souffrance perçue, jugement des proches, absence d’espoir — on renonce à toute protection inconditionnelle et on accepte une hiérarchisation des existences.

      La raison n’est pas là pour nier la tragédie ni la douleur. Elle est là pour éviter que, sous couvert d’émotion légitime, nous adoptions des critères que nous refuserions d’assumer s’ils étaient appliqués de manière cohérente.


    • sylvain sylvain 10 janvier 13:42

      @Le Tribunal de la Raison
      Je ne dis pas que la logique n’a aucun interet, simplement qu’un resultat logique n’a d’interet dans ces questions que si il est en adequation avec le sens commun, la maniere de ressentir le probleme. 

      Si a la suite d’un raisonnement logique on concluait qu’il faut euthanasier tous les vieux qui souffrent, le raisonnement logique peut bien aller se faire mettre. 

      Chercher dans chaque decision l’ensemble des criteres universels qu’elle implique, c’est nier la singularite. C’est une obsession republicaine et legaliste, encore qu’il existe des lois d’exception. Si par exemple je decidais de mettre fin aux jours de mon pere qui souffre et qui en a marre, ca ne veut pas dire que je cherche un cadre logique qui permette de socialement définir toutes les attitudes legitimes face a ce genre de probleme. Et d’ailleurs, on generalise jusqu’ou ? 

      Les exemples que je cite ne presupposent pas tous l’avis de la personne concernee. On arrete parfois les soins sur demande de la famille, sans consulter un patient qui n’est plus consultable 


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 10 janvier 13:58

      @sylvain

      «  Si, à la suite d’un raisonnement logique, on concluait qu’il faut euthanasier tous les vieux qui souffrent, le raisonnement logique peut bien aller se faire mettre.  »

      C’est justement ce que je vous dis : si l’application pleine et entière d’une logique issue d’un raisonnement n’est pas en adéquation avec le sens commun, c’est qu’il y a une faille dans ce raisonnement.

      Vous me parlez d’un droit de décider de supprimer la vie d’un individu si celui-ci n’en souffre pas, ou n’en est pas conscient. Je vous dis que cela peut pousser à des dérives. Vous niez la loi au profit du jugement individuel. Mais vous oubliez que le jugement des autres diffère du vôtre. Pour vous, la singularité sera d’arrêter les soins d’un patient qui n’est plus consultable ; pour un autre, la singularité sera de supprimer dans leur sommeil des personnes handicapées.

      Il vous faut entendre quelque chose : nous vivons en société, et la société est constituée de règles, pas de jugements singuliers au gré des envies des individus qui la composent. Ces règles sont réfléchies pour être logiques et rationnelles, afin qu’elles ne puissent être imposées de manière arbitraire et qu’elles ne soient pas contestables. Que vous le vouliez ou non, c’est un fait.

      Et l’une des premières règles de toute société est de respecter la vie humaine pour elle-même, pas pour son rendement pour la société ou pour l’individu qui la porte.

      Si vous voulez porter des exceptions à cette règle, elles doivent être logiquement solides, et l’exception ne doit pas entraîner de dérives. Si vous placez une exception arbitraire, au nom de la singularité comme vous dites, vous permettez aux autres d’en faire autant — ce qui n’est pas possible, car on tomberait alors dans une anarchie pure et simple, et non dans une société. Mais peut-être est-ce ce que vous voulez...


  • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 9 janvier 08:14

    Il n’y a aucune morale a checher. C’est juste une imcomptréhansion de la mobilité et la pensée utopique que tout est un jeu a somme nulle.

    Ta machine a café temps qu’elle n’a pas fait de café est qu’un statut social immateriel. Peut faire du café. C’est ni moral ni immoral.

    Quand elle est utilisée elle est devenue matérialiste. Elle definit par une nouvelle valeur celle d’une machine qui a change de statut social. Elle fait du café. C’est pas plus moral ou immoral.

    En découle une loi dite « loi de l’utilité marginale décroissante ».

    C’est l’idée que l’utilité que l’on retire d’un bien diminue à mesure que sa consommation augmente.


    Un ticket de loto vaut 2 € avant le tirage car il contient une promesse (le rêve de gagner).Une seconde après le tirage, s’il est perdant ou gagant il n’a plus la même valeur ni le même statut.

    La robe de mariée : Elle vaut 3 000 € le matin du mariage. Elle est portée quelques heures. Le lendemain, elle est en parfait état, mais sa valeur sur le marché de l’occasion tombe à 500 €.





    • Goldo Du Goldo Du 9 janvier 18:04

      @Spartacus Lequidam
      « imcomptréhansion »
      Pas facile un mot avec autant de syllabes...


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 9 janvier 18:49

      @Spartacus Lequidam

      Vous opérez un déplacement décisif : vous refusez toute analyse ontologique ou morale, et vous ramenez implicitement la question de l’humain à un cadre économique, fondé sur l’usage, la valeur sociale et l’utilité.

      Ce choix n’est pas anodin. Il engage immédiatement une hiérarchie entre les individus selon leur contribution, leur autonomie ou leur productivité.

      Dans un tel cadre, il devient impossible de fonder rationnellement une égalité de principe entre les êtres humains. Toute tentative de protection inconditionnelle — des personnes lourdement handicapées, des malades incurables, des personnes très âgées ou dépendantes — devient soit arbitraire, soit incohérente avec les prémisses posées.

      Autrement dit, votre position n’aboutit pas simplement à une différence de valeur des biens ou des objets, mais à une gradation de la valeur des vies humaines, fondée sur des critères contingents et révisables.

      À l’inverse, le cadre que je défends — fondé sur l’organisation intrinsèque et non sur l’utilité — est précisément ce qui permet d’éviter cette dérive : il garantit que la dignité et la protection ne dépendent ni de l’état, ni de l’âge, ni des capacités actuelles.

      Le risque n’est donc pas théorique. Il est structurel. Dès lors que l’on renonce à définir l’humain par ce qu’il est, pour le définir par ce qu’il fait ou par ce qu’il rapporte, on ouvre nécessairement la voie à une hiérarchisation des existences.

      La question n’est pas de savoir si cette hiérarchisation est souhaitée, mais si elle est logiquement évitable une fois les prémisses acceptées.


  • Jean Keim Jean Keim 9 janvier 08:38

    Je doute d’une part qu’un homme préhistorique (re)connaisse une cafetière électrique, celle-ci ne figurant pas dans ses savoirs mémorisés ; d’autre part, pour les mêmes raisons, des signes de certaines peintures rupestres nous sont inconnus.

    Tout part d’une flagrance qui retentit comme un slogan : la pensée ne peut produire que cela qu’elle connaît.


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 9 janvier 18:51

      @Jean Keim

      Vous soulevez une question de reconnaissance et de connaissance, non une question d’être.

      Qu’un homme préhistorique ne puisse pas identifier une cafetière électrique ne dit rien de ce qu’est cette cafetière, mais uniquement des limites de ses schèmes cognitifs et culturels.

      L’argument ne porte pas sur la capacité d’un sujet à reconnaître un objet, mais sur le fait que l’objet possède en lui-même un principe d’organisation orienté vers une fonction déterminée, indépendamment de toute reconnaissance.

      Confondre l’être d’une chose avec la possibilité qu’un sujet la pense revient à soutenir que ce qui n’est pas encore connu n’est pas encore déterminé — thèse idéaliste forte, qui impliquerait que les dinosaures, les virus ou les structures physiques n’existaient pas avant d’être conceptualisés.

      La pensée ne produit pas l’être ; elle le découvre. Et c’est précisément cette distinction qui fonde l’analogie utilisée.


    • Jean Keim Jean Keim 10 janvier 09:06

      @Le Tribunal de la Raison

      Vous n’êtes pas simple...

      Imaginons qu’une faille spatiotemporelle dépose une cafetière dans la caverne de l’homme préhistorique, néanmoins pour aller chasser, il ne choisira pas la cafetière mais la hache en silex...

      Je vais me répéter : « Tout part d’une flagrance qui retentit comme un slogan : la pensée ne peut produire que cela qu’elle connaît. »

      Cela s’applique notamment à une analogie, ainsi qu’à toute dialectique ou analyse même un tantinet spécieuse.


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 10 janvier 09:31

      @Jean Keim

      Que l’homme préhistorique choisisse la hache plutôt que la cafetière ne dit toujours rien de ce qu’est la cafetière, mais seulement de ce qui lui est utile dans sa situation.

      L’analogie ne porte pas sur le choix instrumental d’un sujet, mais sur la nature de l’objet. La cafetière demeure structurée pour faire du café, même si personne ne sait s’en servir.

      Dire que « la pensée ne peut produire que ce qu’elle connaît » est une thèse sur nos limites cognitives, pas sur l’être des choses. L’inconnu n’est pas indéterminé : il est seulement non reconnu.

      Autrement, il faudrait soutenir que ce qui n’est pas compris n’existe pas encore en tant que tel — ce qui revient à faire dépendre l’être du regard humain.


    • Gollum Gollum 10 janvier 09:42

      @Le Tribunal de la Raison

      « la pensée ne peut produire que ce qu’elle connaît »

      C’est d’ailleurs une idiotie largement démentie par les faits, à savoir la progression continue des connaissances..

      Mais Keim pose cette idiotie pour bien assoir son idéologie propre, assez nébuleuse en fait, à savoir tout ce qu’on construit ne sert à rien. C’est un nihiliste.


  • ETTORE ETTORE 9 janvier 11:53

    Peut on dire, qu’un foetus, tout comme une marchine à café neuve, bénéficie de

    « l’historique évolutif » et qui à été totalement fonctionnel, jusqu’à sa mise en fonction ?

    Par la nature même, de ceux, et celles qui ont apporté la preuve, de la finalité de bon fonctionnement ?

    Le foetus, il eut fallu, se poser la question de son devenir « humain » lors du tout premier, et encore, sa mère porteuse, EST la preuve de son devenir, su !

    La machine à café, idem, car la multiplication de ces ustensiles, est passée par la trituration manuelle, à celle automatisée, et c’est bien, ce qui ancre cette certitude de fonctionnment, dans le questionnement illogique, de se demander pourquoi, on croit, avant d’utiliser.

    Vous nous auriez parlé, de notre présidiot actuel, le thème aurait été bien plus éclairant, sur ce que l’on aurait nomé, « la naïveté incrustée »


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 9 janvier 18:54

      @ETTORE

      L’argument de la reconnaissance par l’historique ne tient pas face au cas des inventions.

      Avant la première machine à café fonctionnelle, il n’existait ni historique, ni usage reconnu, ni savoir mémorisé permettant d’en attester la fonction. Pourtant, la machine était déjà ordonnée vers la production de café par sa seule structure.

      Si l’être d’une chose dépendait de sa reconnaissance ou de son historique, aucune invention n’aurait jamais pu fonctionner lors de sa première utilisation.

      L’historique permet de savoir, non de faire être. La fonction n’est pas produite par la croyance ni par l’expérience passée, mais par l’organisation interne de l’objet.

      C’est précisément ce principe que l’analogie mobilise.


    • pemile pemile 9 janvier 20:12

      @Le Tribunal de la Raison " Avant la première machine à café fonctionnelle, il n’existait ni historique, ni usage reconnu, ni savoir mémorisé permettant d’en attester la fonction. "

      Des centaines d’années d’infusion ou de décoctions, puis, il y a plus de 200 ans, la première cafetière à percolation gravitaire, puis quelques dizaines d’années plus tard, à pression (cafetière italienne) ?


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 9 janvier 20:21

      @pemile
      Oui, plein d’évolutions dans les machines à café, mais n’empêche qu’il y en a bien eu une première...


    • pemile pemile 9 janvier 22:06

      @Le Tribunal de la Raison

      Mais l’usage précéda la fonction


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 9 janvier 23:06

      @pemile
      L’usage ne peut précéder la fonction, car pour qu’il y ait usage, il faut un instrument pour faire l’usage, qui porte en lui la fonction. Mais si l’on considère l’usage comme le besoin, alors votre remarque prend toute sa légitimité et sa valeur.


    • pemile pemile 10 janvier 10:21

      @Le Tribunal de la Raison «  L’usage ne peut précéder la fonction »

      Si, des centaines d’années de consommation de café avant d’affiner progressivement les machines assurant cette fonction.


    • Le Tribunal de la Raison Le Tribunal de la Raison 10 janvier 10:40

      @pemile
      Je m’incline : vous avez effectivement raison, l’usage précède la fonction, et je m’excuse pour mon incompréhension initiale. Si l’usage guide la conception, il ne crée pas la fonction, mais permet sa réalisation. Ainsi, la machine à café porte dès sa conception le principe organisateur qui lui permet de faire du café.


Réagir



https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/