Commentaire de Le Tribunal de la Raison
sur Le paradoxe de la machine à café : qui sommes-nous vraiment ?
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@sylvain
Vous affirmez que la logique serait ici inappropriée, et que seule l’émotion liée à la vie ferait sens. Mais vous continuez pourtant à invoquer des critères — souffrance, volonté, absence d’espoir — qui sont précisément des critères rationnels, même s’ils sont chargés d’affect.
Il y a surtout une confusion centrale dans votre propos. Les situations que vous évoquez — refus de soins, arrêt de traitements, euthanasie sur demande — ont toutes un point commun décisif : l’existence d’une volonté du sujet concerné, actuelle ou antérieurement exprimée.
C’est cette volonté qui fonde la légitimité morale de ces décisions. Or, elle est par définition absente dans le cas du fœtus. On ne peut donc pas invoquer les mêmes critères sans incohérence.
Par ailleurs, dire que l’absence de souffrance suffit à justifier la mise à mort revient à confondre deux choses distinctes : soulager un mal et supprimer celui qui pourrait le subir. La souffrance est un état contingent ; la mort est une privation définitive. Ce n’est pas une thérapie.
Enfin, invoquer l’émotion pour disqualifier le raisonnement ne permet pas d’éviter les conséquences des principes que l’on adopte. Dès lors que l’on accepte que la valeur d’une vie dépende de critères subjectifs — souffrance perçue, jugement des proches, absence d’espoir — on renonce à toute protection inconditionnelle et on accepte une hiérarchisation des existences.
La raison n’est pas là pour nier la tragédie ni la douleur. Elle est là pour éviter que, sous couvert d’émotion légitime, nous adoptions des critères que nous refuserions d’assumer s’ils étaient appliqués de manière cohérente.
