Commentaire de Luniterre
sur La mort annoncée du peuple français historique politisé
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@SilentArrow
Une très rare et bonne synthèse de l’évolution démographique et sociologique de la France de la part de cet auteur manifestement en progrès ici dans son travail de réflexion et d’analyse.
Abandonnant enfin quelques unes des formulations stéréotypées habituelles du pseudo-« marxisme » il fait donc un effort bien réel de synthèse dialectique et il a donc bien raison de le souligner.
Le sujet n’est donc pas uniquement ni même essentiellement la variation démographique quantitative mais celle de la composition sociologique de la population, ce qui impacte effectivement le devenir historique du pays.
Ce qui semble néanmoins complètement échapper à l’auteur c’est que le développement inéluctable de la robotisation et de l’automatisation réduit inexorablement la proportion du travail humain réellement productif encore nécessaire dans la société.
Et il lui échappe donc que même la réindustrialisation absolument nécessaire pour la reconquête de l’indépendance nationale de la France ne rebattera que très partiellement les cartes de la composition sociologique du pays, avec donc une prédominance toujours maintenue, même si réduite, du secteur tertiaire sur le secteur productif.
En réalité ce n’est donc pas la « sauvegarde du capitalisme » qui entraîne inéluctablement le chaos en France mais bien au contraire une volonté de la classe dominante de faire passer en force la mutation banco-centraliste dans notre pays, en accélérant, précisément, la liquidation de l’industrie et de l’agriculture nationales.
Les kollabos macronistes de la mondialisation banco-centraliste, et à vrai dire l’ensemble de la classe politique française, ne sont plus là que pour nous faire subir et avaler cette mutation sans que nous ne réagissions pour tenter de sauver le pays.
Et sauver le pays c’est essentiellement sauver, et au stade actuel, plutôt même, carrément restaurer, sa capacité à un développement économique endogène, dont l’une des bases essentielles, en France, on le voit bien ces jours-ci avec les luttes des agriculteurs, est la capacité à son autonomie alimentaire.
Mais pour ce qui concerne l’industrie, la robotisation et l’automatisation de la production sont un phénomène mondial, même si sa progression est inégale entre les différentes régions et pays du monde. L’augmentation de la dette publique et privée s’effectue également en fonction de cette progression et la classe dominante mondialiste est parfaitement consciente de ce phénomène et évolue elle-même en fonction.
Elle n’a donc aucune illusion sur la pérennité du capitalisme, et même beaucoup moins que la plupart des pseudos-« marxistes » qui rêvent encore de la « lutte finale » alors que le capitalisme réellement productif ne survit plus que marginalement et quasiment à l’état d’ectoplasme, seulement « animé » par le cycle de la dette et ses « retombées » dans l’économie dite encore « réelle », ce qui, par contre, échappe néanmoins encore totalement à l’auteur de l’article, malgré ses efforts de synthèse remarquables par rapport à la plupart des autres.
L’élément d’analye essentiel qui échappe donc encore à l’auteur c’est que la classe dominante entend rester dominante non pas en « sauvant » le capitalisme qu’elle sait très bien être moribond mais au contraire en maîtrisant la mutation des rapports de production sur la base de la dette banco-centralisée qui lui permet de conserver la maîtrise de l’appareil productif automatisé et robotisé.
Contrairement au fascisme pour lequel un « ordre nouveau » essentiellement corporatiste et fortement idéologisé était nécessaire, le banco-centralisme mondialisé s’accommode non seulement très bien du chaos, mais il s’appuie même essentiellement dessus pour apparaître lui-même simplement comme « l’ordre » formellement opposé au chaos, mais chaos qui est donc en réalité indispensable au banco-centralisme pour s’imposer lui-même comme un ordre « naturel » en apparence, alors que le chaos lui est de fait quasiment consubstantiel.
Macron et sa Macronie sont historiquement le parangon, le modèle archétypal de cette mutation, mais le reste de la classe politique française lui emboîte allègrement le pas, même si en faisant des mines pour se distinguer dans l’ordre de la succession de cette fonction de VRP et de Gauleiter du banco-centralisme en France.
Le totalitarisme fasciste se présentait comme « ordre nouveau » supposé garantir la pérennité et le développement d’un ordre social fixant une situation stable et sécurisée à toutes les catégories qui acceptaient de s’y soumettre, alors que le banco-centralisme, comme « nouvel ordre mondial » en voie de réalisation, ne trouve que la chaos permanent comme pseudo- « justification » à la soumission collective qu’il exige.
Luniterre
