Commentaire de Aristide
sur Pourquoi et comment justifier une régulation migratoire dans le but de faire baisser tensions et racisme
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L’angle d’analyse des raisons pour une mise en place d’une régulation de l’immigration sur la seule base des causes liées à ce que l’on peut nommer « la crainte de l’étranger » me semble incomplet pour comprendre la complexité de ce sujet.
Il ne s’agit pas de remettre en cause la réalité de ce phénomène, mais peut-être de ne pas se contenter de voir l’immigration de notre seul point de vue, celui consistant à réfléchir à comment mieux « absorber » ou « assimiler » ces populations.
Il est important de mettre en évidence des données objectives sur ce qu’est devenue l’immigration afin de savoir qui sont ces immigrés. L’INSEE indique que 52 % des immigrés en 2023 disposaient d’un diplôme de l’enseignement supérieur et parmi ceux là 28 % d’un diplôme Bac+2. Seulement 22 % sont sans diplôme. La vision de l’immigré destiné à travailler en usine, sur les chantiers et autres travaux subalternes est largement dépassée. Et cela va dans le sens de ce que nos dirigeants nomment l’immigration choisie. On peut se féliciter de cette chance que représentent toutes ces compétences pour notre société en déficit démographique.
Oui, mais voilà, ces immigrés viennent tous de pays où la vie est difficile, et c’est un euphémisme. Par contre ce qui est sûr est que toutes ces compétences manqueront immancablement dans leur pays.
Dans un précédent article, j’ai réagi à la question de ce problème démographique. Voilà ce que j’avais écrit :
Régler NOTRE « problème démographique », dixit Octave, par le pillage des ressources humaines des pays d’émigration n’est que le simple prolongement d’une marchandisation des forces vives de tous ces pays.
Le cas exemplaire des médecins algériens qui immigrent en France est symptomatique de notre duplicité. Plus de 1 200 médecins formés en Algérie émigrent chaque année, et cela augmente chaque an. Ces nouveaux médecins se rajoutent aux quelques 15 000 à 20 000 déjà présents. Médecins algériens qui représentent plus de 40 % des médecins d’origine étrangère en France. Cette immigration de masse des médecins se fait au détriment de l’Etat algérien qui a financé leur formation, mais aussi au détriment de la santé publique dans ce pays où le taux de médecins par habitant est très faible.Qui peut ignorer aussi les conséquences du déracinement de ces personnes ainsi que les problèmes liés à l’éloignement de leurs racines et de leur culture.
Mais voilà, il faut remplir les postes de nos hôpitaux publics de personnels compétents issus de l’immigration, notre système de formation en est incapable. Une escroquerie dissimulée sous des raisons humanitaires.
Pire, cela ne changera rien à notre système de formation car pour pallier le manque de places de formation dans nos universités pour de telles compétences, il suffira de continuer à importer de la main d’œuvre déjà formée et pas chère. Les NTIC et les secteurs à forte compétence sont victimes des mêmes carences. Pour d’autres secteurs de main-d’œuvre, cette immigration choisie permettra de continuer à payer à la fronde tous les travaux éreintants du bâtiment, des services à la personne, de la logistique, ....
Enfin, nous aurons réglé notre « problème démographique » et nous continuerons à piller ces pays. Hypocritement, nous leur verserons des aides au développement pour former des personnes que nous importerons sans complexe...
Peut-être donc ne faut-il pas analyser l’immigration que du seul point de vue de nos préoccupations mais prendre en compte les problèmes qui sont posés à tous les pays d’émigration par le pillage de leurs forces vives.
Dans notre histoire, nous avions mis en place l’esclavage, puis la colonisation, nous voilà à inventer l’immigration choisie. Choisie par qui ? Ne répondez pas ...
