Commentaire de Étirév
sur Evangile de Jean : une interprétation essénienne ?
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C’est au milieu de la préoccupation générale du 1er siècle de notre ère qu’une femme s’éleva qui vint prêcher le retour à l’ancienne doctrine israélite et la restitution de la science antique.
Cette femme s’appelait Johana ; ses disciples s’intitulent eux-mêmes « Mandaïe de lohana ».
Les Mandaïtes sont ceux qui croient au « Manda de hayyé » (esprit de vie), littéralement connaissance de la vie.
On dit aussi « Chrétiens de saint Jean », depuis qu’on a masculinisé le nom de cette femme.
Mais, nous l’avons déjà dit, ils ne s’intitulaient pas Chrétiens, mais Christiens.
La doctrine de Johana a pris le nom de Sabéisme, comme celle des anciens Iraniens et comme celle des Ethiopiens dont cette secte va restaurer la morale.
Donc les premiers Christiens sont des Sabéens (mot dérivé de « sabba », baptistes).
Le nom de baptiste vient de ce que les hommes avaient l’habitude de se purifier tous les huit jours pour se présenter purs à la Déesse.
Dans la confusion des explications modernes, on nous dira que Johana représente le Feu sacré.
Sa fête, célébrée le 24 juin, le jour le plus long de l’année, est destinée à perpétuer la gloire de sa lumière spirituelle. C’est pour cela que, depuis deux mille ans, on allume les feux de la Saint-Jean.
C’est la grande fête du peuple, le grand jour, ou jour du Soleil.
Johana, comme une multitude de noms de femmes, vient de la racine Ana ou Hana.
Précédé de la lettre idéographique « Iod », il devient lo-hana. Ana est un nom Chaldéen qui signifie « Ciel » ou « lumière astrale ».
En roumain, Jeanne est encore Iana. Nous trouvons aussi Juana et Ivana, d’où Ivan. C’est le nom symbolique de la Femme.
La colombe qui représente le Saint-Esprit est appelée « Iona » en hébreu.
Et, parmi les surnoms donnés à Johana, nous en trouvons un qui rappelle ce principe de lumière spirituelle : c’est « Saint-Jean de Luz »
Le mot Yoni en sanscrit, d’où Yonijas, qui a la même racine, est porté par les partisans du Principe féminin.
Les apôtres de Johana avaient des Livres sacrés au nombre de quatre.
Le premier s’appelle le Divan et traite de la « chute des Anges » et de la création de l’homme.
Le second, nommé Sedra Ladam, est le livre d’Adam.
Le troisième, Sedra Yahya, est la révélation de saint Jean.
Le dernier, Cholastech, contient l’ensemble des cérémonies religieuses.
Nul doute à avoir : Johana est bien le fondateur d’une doctrine et l’instaurateur d’une religion, et cette religion, c’est le Christianisme primitif.
Or n’oublions pas que Jona, Johna ou Johana est un nom féminin dont on fera un masculin plus tard, Johannes. Du reste, la psychologie vient toujours à notre secours pour nous faire retrouver le sexe des auteurs.
Nous savons que les « Christiens » furent d’abord ridiculisés et outragés. L’accueil fait aux livres de Johana par les masculinistes va nous montrer qu’il s’agit bien ici d’une lutte de sexes.
Le mot Divan, qui sert de titre à son premier livre, est un mot resté dans les langues, mais il sert bien plus à désigner un siège allongé sur lequel on se couche qu’à désigner un livre sacré.
Ce mot « Divan », dérivé de Dêva (mot composé des mêmes lettres que le mot Véda, le livre Sacré de l’Inde, mais placées autrement) ou Diva (la Déesse), employé pour désigner le livre, est resté comme une ironie : la Dêva tombée, avilie, est devenue le Divan.
Autre exemple : Le Christos mystique, l’Être sacré, prend, dans la doctrine des premiers Chrétiens gnostiques, le nom de Sophia, la sagesse féminine. Or le mot Sophia eut le même sort que le mot Divan. Après avoir désigné la Femme dans sa suprême sagesse, il arriva à désigner le meuble sur lequel l’homme aimait à la voir étendue, le sopha (ou sofa). Et ceci s’appelle faire litière d’une doctrine.
Mais les femmes ne se laissaient pas attaquer sans répondre. On leur attribue l’idée de donner à ce meuble un autre nom : « canis pedes » (d’où canapé), chien à mes pieds (d’après Fabre d’Olivet, Les Vers dorés de Pythagore).
La psychologie, qui est la clef de l’histoire, nous donne encore bien des lumières sur la personne de Johana.
D’abord le silence fait de son temps sur sa personnalité. Le silence d’écrivains qui avaient vécu avec Jean, de son temps, est significatif.
Papias se sert de l’Apocalypse et ne cite pas Jean.
Polycarpe, qui utilise presque tous les livres du Nouveau Testament, ne cite pas une fois l’Évangile de Jean, lui, le disciple de Jean à en croire Irénée.
Remarquons, du reste, combien la question de l’auteur est partout, dans les Livres sacrés, la question discutée.
Il n’est pas un prophète dont la vie soit laissée au grand jour ; on sent partout la préoccupation du plagiat, du démarquage.
On ignore qui a écrit la Sagesse. On supprime Myriam (« Hathor ») et Daud (Précisons que le nom de « David », dont on a fait un « Roi », est la traduction du nom hébreu « Daud », nom féminin qui était celui de la dernière souveraine, Reine et Mère de Salomon, qui fut martyrisée à Jérusalem après y avoir régné 33 ans). Mais, si on supprime les auteurs, on garde les œuvres, qu’on met au nom d’un homme qui se déclare inspiré par Dieu.
Cependant, il dut exister un parti qui défendait Johana et voulait perpétuer sa mémoire, puisqu’on trouve de vieilles gravures du moyen âge qui représentent Jean sous les traits d’une femme. Dans une d’elles, il y a une inscription qui dit : « Quand vous vous rassemblerez, je serai au milieu de vous. »
Dans une autre se trouvent onze disciples réunis, la Vierge Marie est au milieu d’eux, elle tient le livre et les instruit.
Sabatier, dans un article qu’il consacre à Jean dans le Dictionnaire des Sciences religieuses de Lichtenberger, dit : « Il est digne de remarque que le nom de Jean ne revient dans les synoptiques qu’avec des reproches que les rédacteurs ne cherchent pas à atténuer par le souvenir de ce que le même apôtre serait devenu plus tard. Il y a là un singulier contraste avec l’image du disciple bien-aimé, qui se penche sur la poitrine de Jésus, reçoit ses confidences intimes, semble seul le comprendre quand tous les autres se méprennent, de ce disciple idéal enfin qui se cache et se dévoile en même temps dans le quatrième Évangile. Cependant, les Actes des Apôtres nous montrent Jean à côté de Pierre. Paul le rencontre encore à Jérusalem, et il nous confirme le rôle prééminent de Jean à cette époque dans la première communauté chrétienne. Il était le troisième membre du triumvirat apostolique. A partir de ce moment, il disparaît pour nous dans le nuage mystérieux de la tradition ecclésiastique, sous lequel il est bien difficile de le reconnaître et de constater son identité. »
Origines et Histoire du Christianisme
