Commentaire de Decouz
sur IRAN : la fin d'une impunité
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Important aussi de mettre en liaison avec la vision shiite du pouvoir :
Dans le chiisme duodécimain (majoritaire en Iran), les croyants reconnaissent une lignée de douze imams, descendants du prophète Mahomet. Le dernier, Muhammad al-Mahdi, appelé l’« imam caché », aurait disparu au IXᵉ siècle et reviendra à la fin des temps pour rétablir la justice. Pendant son absence, aucun pouvoir politique n’est considéré comme parfaitement légitime.
Traditionnellement, beaucoup de religieux chiites pensaient donc que les clercs ne devaient pas gouverner directement, mais seulement guider la société sur le plan religieux. Ruhollah Khomeini a développé une interprétation différente : la théorie du Velayat-e Faqih (« gouvernement du juriste-théologien »). Selon lui, en attendant le retour de l’imam caché, un grand religieux doit diriger l’État pour appliquer la loi islamique et protéger la communauté. Dans ce système, il existe des élections (président, parlement), mais les institutions religieuses contrôlent les candidats et les grandes décisions. Le régime considère que les libertés doivent exister dans le cadre de l’islam et de la révolution, tandis que l’opposition politique forte ou les critiques du système peuvent être réprimées.
Ainsi, la politique iranienne est profondément liée à cette conception chiite : le pouvoir est exercé par des religieux au nom de la communauté et en attendant le retour de l’imam caché.
