Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia
sur La doctrine Primakov : le baiser de Judas du Kremlin à l'Afrique
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@Eric F
Votre constat est d’une lucidité implacable et les chiffres vous donnent raison. L’idée que la colonisation a été le moteur de la richesse nationale est une vue de l’esprit. Si c’était le cas, la France et le Royaume-Uni seraient aujourd’hui des hégémons économiques sans égal, loin devant la Suisse ou le Luxembourg.
L’exemple de l’Algérie est à ce titre édifiant : sur le long terme, elle a coûté bien plus au contribuable français qu’elle n’a rapporté aux caisses de l’État. Maintenir une administration à bout de bras, bâtir des milliers de kilomètres de routes dans le Sahara et financer une présence militaire permanente était un fardeau financier colossal.
Ce sont effectivement des intérêts privés — les « profiteurs » que vous citez — qui ont capté les bénéfices, tandis que la collectivité nationale payait la facture de ce prestige impérial. La colonisation a été une opération de transfert de richesse publique vers des mains privées, au détriment du développement de la métropole elle-même. C’est l’un des plus grands paradoxes de notre histoire : nous nous sommes épuisés à entretenir un empire dont la rentabilité n’existait que dans les discours de propagande.
