Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia
sur La doctrine Primakov : le baiser de Judas du Kremlin à l'Afrique
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@Eric F
Votre analyse rejoint une forme de réalisme patriotique qui refuse de sacrifier l’économie nationale sur l’autel d’une nostalgie impériale. C’est un pavé dans la mare, mais les chiffres sont têtus : entretenir ces « confettis » pour afficher la deuxième surface maritime mondiale flatte l’orgueil dans les sommets internationaux, mais pèse lourdement sur le budget de l’État.
Comme vous le soulignez, l’argument des escales techniques est devenu obsolète avec la propulsion moderne. Aujourd’hui, nous finançons des infrastructures, des services publics et une présence militaire à l’autre bout du monde pour des territoires qui, pour beaucoup, sont en déficit structurel chronique. Est-ce de la stratégie ou de la figuration ?
La question mérite d’être posée sans tabou : à quoi bon posséder des millions de kilomètres carrés d’océan si nous n’avons ni les moyens de les surveiller efficacement, ni de les exploiter de manière rentable ? Ce « prestige » ressemble de plus en plus à une illusion de puissance que la France s’offre à crédit, tandis que les enjeux réels de souveraineté se déplacent ailleurs. Reconnaître que ces reliquats coloniaux sont un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre n’est pas un manque de patriotisme, c’est au contraire vouloir une France plus forte, car plus concentrée sur ses forces vitales.
