Commentaire de Hector
sur Il changeait la vie...
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
GESTUELLE
J’aime le geste simple exercé sans façon
Celui du menuisier, du pécheur, du maçon
Précis, formel, unique, sans aucun arbitrage
L’ouvrier est le maître, car sans lui, point d’ouvrage.
Un geste appris cent fois et cent fois reproduit
Précis, sériel, unique, inlassable apprenti
Chaque jour voit son lot de neuves connaissances
Il n’est jamais fini, le geste, pour l’aisance.
Et l’outil court, façonne qui prolonge la main
Et l’œil juge, apprécie et corrige au besoin
Il n’est aucun des sens qui ne soit concernés
Tout concourt au succès, car tout se veut parfait.
L’œuvre est dans la façon ; À définir l’ouvrage
L’ouvrier prend le temps et montre son courage
Les heures ne comptent plus, seul est le résultat
Qui viendra couronner son effort en l’état.
Quelle patience il lui faut pour reproduire sans fin
Cent fois le même geste produit comme un refrain
Et quelle abnégation est celle de sa vie
Rien ne doit compter plus que l’ouvrage accompli.
Et tout a une fin aussi bien qu’un début
L’œuvre réalisée atteint soudain son but
Et chacun se voulant satisfait du travail
Acquiesce volontiers sans voir la moindre faille.
Sois fier, lève la tête et même le menton
Toi le bel artisan qui vit de ta passion
Et ne cède jamais à la facilité
Tu te dois à l’épreuve et au travail bien fait.
Philippe Lavannes
