Il changeait la vie...
Un bel hymne au travail humain, à l'amour du travail bien fait, à la patience, un bel hommage aux héros ordinaires, à leur générosité, leur engagement : on le doit à Jean-Jacques Goldman avec cette chanson : Il changeait la vie...
Trois exemples sont évoqués et développés, d'abord "un cordonnier" : l'emploi de l'article indéfini vient souligner le fait qu'il s'agit d'une personne anonyme, ordinaire.
Le poète insiste d'ailleurs sur la banalité de ce cordonnier : "sans rien d'particulier", et il nous le montre à l'ouvrage :
"Qui faisait des souliers si jolis, si légers
Que nos vies semblaient un peu moins lourdes à porter"
On voit ce cordonnier appliqué à sa tâche : le verbe "faire" à l'imparfait à valeur de durée souligne son application. Le résultat de son labeur est à la fois esthétique et pratique : "des souliers si jolis, si légers".
Et son travail est si utile ! Ce travailleur manuel se met au service des gens, de la vie en général...
Le refrain vient souligner tout un amour du travail bien fait :
"Il y mettait du temps, du talent et du cœur
Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures"
Le rythme ternaire a valeur d'insistance... et l'imparfait nous montre un engagement total de l'artisan.
Et ainsi son travail a le pouvoir de "changer la vie" ! Alors que certains se perdent en "beaux discours, des grandes théories", lui agit pour le bien et le bonheur des autres et il en arrive à "changer la vie" ! Et ce changement n'est pas le fait de puissants, d'hommes politiques, mais de gens simples qui donnent de l'espoir...
Voilà un bel éloge du métier laborieux de l'artisan !
Le deuxième exemple développé est celui d' "un professeur, un simple professeur" qui privilégie le "savoir" présenté comme "un grand trésor".
Voici un magnifique éloge de l'émancipation par le savoir ! Un moyen pour "tous les moins que rien" de "s'en sortir". Et le savoir est présenté comme un "droit" qui doit être accessible à "chacun".
A une époque où le savoir est souvent méprisé, il est bon de rappeler que c'est bien la culture qui rassemble et réunit un peuple, c'est la culture qui nourrit les hommes, leur offre des sujets de réflexion, qui les libère.
C'est la culture qui permet à chacun de s'épanouir et de progresser.
Dans une société où l'argent est roi, la culture semble perdre, hélas, toute valeur.
Et la chanson de Goldman nous rappelle ainsi toute l'importance de la culture... Le refrain reprend alors l'idée du travail bien fait qui permet de "changer la vie".
Le troisième exemple est celui "d'un petit bonhomme, rien qu’un tout petit bonhomme
Malhabile et rêveur, un peu loupé en somme...". Les termes utilisés sont plutôt péjoratifs : "petit, malhabile, un peu loupé." Il se sent même "inutile, banni des autres hommes", si bien qu'on le voit "pleurer sur son saxophone", et on devine alors qu'il s'agit d'un musicien...
Il se sert de sa souffrance, de ses larmes et douleurs pour composer et lui aussi "changer la vie".
La mélodie tourbillonnante nous fait entendre le bonheur que répandent tous ces héros du quotidien évoqués dans la chanson, ces gens que, le plus souvent, on ne voit pas et que parfois on méprise... Ce sont les gens les plus modestes qui ont cette capacité de changer la vie et d'apporter du réconfort aux autres...
Voilà un magnifique message empli d'humanité...
Les paroles :
https://www.paroles.net/jean-jacques-goldman/paroles-il-changeait-la-vie
Le blog :
https://rosemar.over-blog.com/2026/03/il-changeait-la-vie.html
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