Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia
sur L'illusion de la guillotine : pourquoi la mort n'est pas une justice
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Bonjour @Enki,
Vous dissociez très bien la vengeance privée — la vendetta sans fin — de ce que vous décrivez comme une sorte de contrat social automatique : tu tues, tu sors du jeu, la société t’élimine.
C’est une vision théorique qui se tient, mais en pratique, la « règle du jeu » est grippée par la réalité du terrain. Contrairement à un algorithme, la justice est rendue par des hommes, avec des dossiers parfois mal ficelés, des pressions policières ou des erreurs d’interprétation. Quand la société se trompe et applique cette règle à un innocent — ce qui arrive régulièrement —, c’est le pacte social tout entier qui s’effondre, car l’État devient lui-même un meurtrier.
De plus, pour rétablir l’équilibre aux yeux de tous, a-t-on vraiment besoin de tuer ? Le contrat social peut tout à fait prévoir d’exclure définitivement le criminel en le plaçant hors d’état de nuire à perpétuité, sans que la société n’ait à violer son propre principe sacré : l’interdiction d’ôter la vie.
