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Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia sur L'illusion de la guillotine : pourquoi la mort n'est pas une justice - AgoraVox le média citoyen

Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia
sur L'illusion de la guillotine : pourquoi la mort n'est pas une justice


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Bonjour @tournesol,

C’est la question ultime, celle de la barbarie absolue.

Je comprends parfaitement que face aux crimes de masse des nazis, le réflexe d’élimination totale ait semblé la seule réponse possible à l’époque. Pourtant, la question de fond reste la même : Nuremberg était un tribunal d’exception, historique et indispensable pour juger et documenter la folie humaine, mais la peine de mort y a été appliquée.

Ma position n’est pas une question de courage, c’est une cohérence éthique : si l’on pose comme principe que l’État ne doit jamais s’approprier le droit de tuer de sang-froid un homme désarmé et sous contrôle, ce principe doit être absolu pour ne pas s’effondrer. Les criminels nazis méritaient d’être mis hors d’état de nuire pour le restant de leurs jours, emprisonnés face à leur conscience et à la mémoire de leurs actes, sans que la justice des démocraties n’ait besoin de reprendre à son compte l’outil de la mise à mort.

Lors du rétablissement de la monarchie au Cambodge, en 1993, une nouvelle Constitution avait été rédigée. De nombreuses personnes faisaient pression sur le roi Norodom Sihanouk, afin de rétablir la peine de mort, en particulier pour les criminels khmers rouges, responsablew de la mort de millions de personnes. Norodom Sihanouk avait déclaré que « Pol Pot et des acolytes méritaient mille fois la peine de mort » mais que, pour des raisons religieuses et personnelles, il ne souhaitait pas son rétablissement. Voici ce que l’article 32 de la Constitution du Cambodge (1993) mentionne : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité personnelle. La peine de mort ne doit en aucun cas exister ».


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