Commentaire de jakem
sur Responsabilité pénale des parents
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On peut faire un lien avec « Sa majesté des mouches » de Golding ...
Excellent article de C. Rojzman publié ds Causeur, que je transfère ici en intégralité ( en 6 ou 7 parties )
1 - << Louis n’était pas seulement un adolescent. Il était un enfant confié à l’Aide sociale à l’enfance, c’est-à-dire un enfant dont l’État avait officiellement accepté la responsabilité après que sa propre famille n’avait plus été en mesure de le protéger. Peu importe ici les dysfonctionnements désormais bien connus de cette institution, le découragement de nombreux éducateurs, les scandales autour de la prostitution, les décisions parfois incompréhensibles ou les insuffisances chroniques qu’aucun rapport ne parvient plus à dissimuler. Une chose demeure : lorsqu’un enfant entre à l’ASE, la puissance publique affirme qu’elle prend le relais. Elle promet qu’aucun enfant ne sera abandonné à la seule loi du destin. C’est cette promesse qui a achevé de se fracasser avec la mort de Louis.
On expliquera sans doute qu’il s’agit d’un fait divers particulièrement atroce, d’une violence parmi d’autres, d’une jeunesse en perte de repères ou d’un contexte social dégradé. Les mots changent à peine d’un drame à l’autre, comme si leur répétition devait tenir lieu d’analyse. Pourtant, ce qui s’est joué autour du corps de Louis dépasse infiniment le registre du fait divers. Ce qui apparaît ici n’est pas seulement une violence extrême ; c’est un mode de fabrication du groupe que les sociétés connaissent depuis toujours et qui ressurgit chaque fois que l’appartenance devient plus importante que la conscience.
