Commentaire de Giuseppe di Bella di Santa Sofia
sur Le « bûcher des vanités » de Savonarole : l'enfer de la vertu à Florence
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@Gégène,
Vous touchez là au nœud du problème : la confusion entre foi et contrôle social. À mon sens, la croyance et la morale doivent relever d’un usage strictement personnel. Elles m’appartiennent, comme elles appartiennent à chacun, et n’ont pas à être imposées à la société.
Le parallèle avec Savonarole est d’ailleurs criant si l’on observe la nature de l’islam historique et politique. Contrairement au christianisme, l’islam ne s’est pas pensé uniquement comme une foi spirituelle, mais comme un système politique, social et juridique global (la charia). C’est un code qui ambitionne de régenter toute la vie de la cité, jusqu’aux aspects les plus intimes de l’existence de ses adeptes.
Si l’islam officiel est aujourd’hui beaucoup plus intolérant et figé que le christianisme, cela s’explique sans nul doute par un décalage historique : un peu plus de 600 ans séparent les naissances de ces deux religions. L’islam traverse, sous certaines formes, sa propre crise dogmatique et son moment de tentation théocratique, semblable à ce que l’Europe a pu connaître à l’époque de la Renaissance ou des guerres de religion.
Heureusement, les lignes bougent de l’intérieur. C’est un immense plaisir de constater qu’en Iran, malgré la férocité du régime, les jeunes femmes se réapproprient l’espace public les cheveux libres. Voir cette liberté se répandre dans les villes est une immense source de joie pour quiconque croit en l’émancipation des peuples face aux dogmes moraux.
