Commentaire de Enki
sur Nier le réel : comment la post-vérité progresse
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@Francis
Parce-que vous avez oublié, mais les mots « comploteur » ou « conspirateur » étaient aussi fréquents que « chasse aux sorcières » ou « machination contre l’Etat ».
Je me souviens très bien de l’affaire du Rainbow Warrior et du feuilleton jusqu’à découverte des plongeurs qui ont fait sauter la coque du bateau : le mot « conspirateur » était récurrent dans les médias et à la tévé.
Quand Mitterrand a débauché les hauts fonctionnaires pour placer les siens après 1981, on parlait de « complot contre l’Etat », de « l’Etat PS », contre « l’Etat UDF » et plus tard de « l’Etat RPR », Chirac comploteur.
La cassette de Mery, c’était un complot.
En 1978, Chirac hospitalisé à cause d’un accident de voiture a publié un texte virulent contre Giscard, le pro européen et son « parti de l’étranger ». Les médias anti-Chirac ont appelé ça « le complot de Cochin ».
Sans compter les récurrents coups d’Etats africains : c’étaient des complots, les « conspirateurs » étaient nommés.
Bref, « conspirateur » était une invective courante. Si vous avez oublié, c’est bien parce que cela a été gommé consciencieusement de votre cerveau.
Les mots « complotisme », « conspirationnisme », « théorie du complot » n’existaient pas. Il a été introduit et fabriqué, on le sait, en France par le cercle de l’Oratoire, pour préserver la V.O. sur les attentats du 11/09 2001. Et les gens qui émettaient des idées farfelues, on les appelait des « soucoupistes », ou « idiots de village », ou « hurluberlus », ou « paranoïaques ».
Se méfier du pouvoir était une attitude normale, saine, journaliste. Maintenant, c’est « complotiste ». Et « extrême droite » au cas où ce premier qualificatif ne serait pas assez salissant.
