Commentaire de jakem
sur Pour une véritable responsabilité en prison : obligation de travail !
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@jakem
4 : Entre durcissement pénal et renforcement de l’éducatif, qu’est‑ce qui fonctionne réellement pour ces profils les plus lourds ? Et quelles mesures, au contraire, aggravent la situation ou renforcent la désocialisation ?
Francis Nachbar - Il ne faut pas seulement parler de sanctions : il faut aussi parler de prévention et d’aide aux mineurs vivant dans des conditions très difficiles.
La protection de l’enfance est au bord de l’asphyxie. Les rapports sur l’aide sociale à l’enfance sont catastrophiques.
La prévention ne peut plus être seulement la charge des départements : elle doit devenir une vraie priorité nationale.
Il manque des lieux d’accueil (CER, CESAS), des éducateurs, des pédopsychiatres.
Certains mineurs ont de vrais troubles de personnalité ou psychiatriques, mais il n’y a pas de pédopsychiatres. La famille et l’école doivent être remises au centre.
La justice pénale doit être refondée ( il propose qqs mesures ).
Patrick Hourdé - Le mieux, c’est le renforcement éducatif : redonner aux parents l’autorité parentale, aux instituteurs une délégation d’autorité. Le respect doit être réinstitué.
Un exemple : à Béziers, les policiers municipaux sont armés. La délinquance a diminué fortement, la ville est propre. Ce n’est pas les habitants qui ont changé : c’est l’autorité qui a été réinstituée. La parole circule : “attention, si vous faites ça, ça ne colle pas”. La délinquance baisse.
À Saint‑Denis, le maire désarme la police municipale : il la décrédibilise. Comment voulez-vous que les policiers soient respectés ? Le couteau ou l’arme à feu sont des symboles phalliques : des symboles de puissance. En désarmant les policiers, on les “castre”. Vingt policiers ont démissionné. Ce n’est pas en jouant à la place des parents que l’autorité revient. L’autorité, c’est l’autorité. La loi parentale doit être intransgressible. Et il faut donner les moyens aux gens.
Sébastien Tertrais - Les structures ne sont plus là. Même si les parents étaient placés face à leurs responsabilités, ils réussiraient à mobiliser des soutiens pour faire lever les mesures. J’ai vécu des situations où des équipes ont été prises en otage après un signalement pour enfance en danger. Le juge a cédé et a remis les enfants dans la famille malgré la gravité. On a laissé aller les choses depuis longtemps en ne prenant pas les bonnes décisions.
Ce qu’il faudrait faire : réunir tous les acteurs judiciaires et éducatifs, poser les choses clairement, reconnaître l’urgence. Il en va de la sécurité de l’État.
Les émeutes après le décès de Nahel ont montré la capacité de mobilisation de jeunes sans limites et sans cadre parental. Les trous dans la raquette : on écoute des gens qui ne connaissent pas le terrain. Ceux qui connaissent ne sont pas consultés. La majorité de la population sait que ça ne va pas. La minorité violente n’est pas majoritaire, mais elle a un pouvoir de nuisance énorme. Le gouvernement laisse trop d’importance à la rue et ne parle pas assez à la majorité silencieuse.
Quand on réunit les bonnes personnes — préfet, police, éducation, travailleurs sociaux expérimentés — on peut dénouer des situations terribles. Il faudrait un grand plan national d’information pour expliquer les enjeux, rassurer la majorité, et cesser de donner autant de place à une minorité qui pose problème.
