Commentaire de marcel thiriet
sur Faut-il craindre les nanotechnologies ?
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Les nanotechnologies, c’est un sujet que très peu de physiciens maîtrisent vraiment pour l’instant. En faire une vulgarisation relève de la quasi-impossibilité, tout comme la théorie des quanta ou celle , plus récente, des cordes, car il faut des connaissances théoriques et mathématiques trés pointues ; l’intuition est toujours en défaut sur ce type de problèmes. C’est dire qu’il faut être trés modeste et réservé sur ces questions.
Cependant, faire la différence nécessaire entre recherche fondamentale, applications possibles et choix sociétaux(politiques,économiques,médicaux, militaires) est à la portée de tout esprit ouvert.Il n’y a pas à condamner la recherche fondamentale, ce serait une absurdité. Par contre,il est possible de remettre en question certaines recherches d’application au service de projets discutables.C’est même une obligation citoyenne, pour qui a le souci de l’avenir (proche !)
Or ,si on voit bien l’intérêt des nanotech en médecine, par ex.,on entrevoit déjà les applications potentiellelent perverses qui peuvent en être faites,entres autres, en matière de traçabilité des individus à des fins commerciales, policières, politiques, etc...
Le problème est donc moins simple que ce certains pensent. Ni enthousiasme enfantin, ni diabolisation.Science et technique sont neutres en elles-mêmes. Le débat nécessaire se situe à un autre niveau et une nécessaire critique des FINALITES s’impose .Les techniques ne sont que des MOYENS . Comment saura-t-on les utiliser ?En fonction de quelle image de l’homme ? Pour quel type de société ? An nom de quelles valeurs morales ?
C’est pourquoi j’estime qu’il est urgent de créer une sorte de comité des « sages », ou de vigilance, pluridisciplinaire ,où participent aussi des élus , des autorités morales...pour suivre de très près les démarches d’applications ,pour en tester l’intérêt ou la nocivité, et émettre des avis aux responsables directs ou indirects. Mais cette vigilance devrait s’inscrire dans un cadre élargi à l’Europe dans un premier temps.
Voilà quelques remarques de bon sens , parfois déjà exprimées plus haut, qui devraient créer une certaine unanimité de principe. Pour la réalisation, c’est une autre histoire...Il n’y a que le pouvoir politique qui puisse prendre l’initiative, sous la pression des citoyens et des associations.Encore faut-il des institutions qui fonctionnent correctement.
