Commentaire de Antoine Vielliard
sur La problématique intergénérationnelle : ne pas se tromper de cible
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Il est bien évident que l’appelation « jeunes » et « vieux » est simpliste. C’est une généralisation un peu hâtive. Mais dans tout raisonnement il y a cette part d’apriori qui permet d’apréhender la complexité du monde pour pouvoir raisonner.
Mais pourtant sur le fond vous ne répondez à aucune des accusations.
Je rencontrais récemment une femme qui aura 60 ans dans 6 mois et qui venait de se renseigner sur sa retraite. Elle venait d’apprendre le montant honteusement dérisoire de sa retraite. Je partageais avec compassion son angoisse. Mais pourtant je l’interrogeais sur sa réponsabilité : pourquoi ne pas se préoccuper de sa retraite alors que le trou du système des retraites fait la unes des journaux depuis 1988 ? Pourquoi calculer sa retraite seulement 6 mois plus tôt ? enfin je l’informais qu’aussi choquante que soit la réforme fillon elle ne permettait toujours pas d’assurer le financement des retraites des plus jeunes. Elle part alors dans un grand éclat de rire : « c’est vrai vous vous n’allez vraiment rien avoir » ! ce qui vraisemblablement ne la préoccupait pas.
Le montant des dettes publiques et engagement correspond à 80000 euros par famille. Tout celà alors que l’Etat réduit au maximum toutes les dépenses d’investissements. ce déficit est le fait de dépenses courantes. Pour donner une image familière, c’est un peu comme si vos parents avait contracté un emprunt immobilier de 80 000 euros auprès d’une banque, étaient partis en vacances, puis reviennent en vous demandant de rembourser l’emprunt. Qui dans ces conditions adresserait encore la parole à ses parents ? C’est pourtant chiffres à l’appui la situation qui nous est léguée au niveau national. On peut accuser la mondialisation ou tout autre facteur extérieur. On peut aussi discuter de qui est jeune ou qui est vieux mais celà n’exhonère en rien de vos responsabilités. De nombreux autres pays européens ne sont pas dans cette situation honteuse.
Mais le pire n’est pas tant la situation financière catastrophique. Le pire c’est que vous ne nous laissez même pas gérer notre avenir nous mêmes :où sont les Lindsay owen Jones, les PPDA, les Giscards et Fabius d’aujourd’hui : des jeunes de quarante ans à qui ont confierait des responsabilités ? Non, la France ne fait pas confiance à sa jeunesse : les jeunes c’est sympathiques mais pas très fiables.
Vous nous avez réduit à l’esclavage du chômage, du remboursement des dettes, de l’absence de retraite.. et vous nous dites, qui est jeunes ? qui est vieux ? et ne nous en voulez pas c’est la faute à la mondialisation ! Je trouve ce raisonnement complètement fallacieux.
Amicalement,
Antoine Vielliard
