mercredi 7 octobre - par C’est Nabum

Va, que deviennent nos viennoiseries

 

La tradition fout le camp.

 

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Notre bon pays est parait-il une terre de gourmandise et de gastronomie. La chose ne saute guère aux yeux et aux gosiers quand on constate la multiplication des établissements que je qualifie de nourissoirs. Le vite, l'insipide, le mou, le pas assez cuit ou le trop cuit se taillent la part du lion pour des gorets qui s'en mettent plein la panse sans le moindre raffinement.

Si pour les gargotes, il n'est plus rien à espérer avec la nouvelle hégémonie du hamburger, de la frite, de la pizza et du plat décongelé à la va vite, les grosses boulangeries industrielles sont en train de tuer l'artisanat et la qualité du pain à la française. Il est vrai qu'il y a des supposés défenseurs du pain pour prétendre que la baguette constitue la quintessence de la gourmandise en oubliant notre bonne vieille miche qui savait se tenir quelques jours tout en craquant sous la dent. Plus la mie est blanche, plus elle est insipide.

Mais tout ceci n'est rien quand on se penche sur la bande des princes du petit déjeuner, ces viennoiseries qui se lancent dans la valse des étiquettes dans des établissements qui sont au four sans jamais passer par le moulin. Et à tout seigneur, les pires des déshonneurs, avec le croissant qui n'est pas toujours au beurre et qui défie les lois de la proportionnalité. Plus vous en achetez et moins salée sera la note sans que le goût soit au rendez-vous.

La mollesse est la règle tandis que sa structure tient plus du spongieux que de la pâte briochée. Et pourtant, il faut que presque partout on vous propose ce croissant indigne, sans saveur ni tenue qui fait la nique à l'autre vedette du petit déjeuner : celui qui crée une scission entre le Nord et le Sud, une querelle sur son nom alors que c'est sa qualité qui est chocolat. Qu'il soit chocolatine ou pain au chocolat, il ne tient pas la route tandis que son fourrage est d'une insigne médiocrité.

La brioche ne tire pas son épingle du jeu à moins que de vrais boulangers proposent des brioches à l'ancienne qui redonnent du rouge aux joues. Pour le reste, c'est la foire à la cellophane, à la production à la chaîne dans des établissements qui osent se prétendre Artisan boulanger. Le trempage de tout cette armada médiocre provoque le naufrage de la mie et la désertion de la croûte tandis que le café ne se remet pas de la pluie de miettes. Une véritable désolation.

C'est alors qu'on se rend compte que le quatrième mousquetaire manque à l'appel dans nombre d'estaminets. Le pain aux raisins brille par son absence. Quand par hasard, il figure au programme, il brille souvent par sa sécheresse et son insignifiance tout autant que la parcimonie avec laquelle les grains de raisins ont été semés dans une crème qui veut vous provoquer un ulcère à l'estomac. C'est souvent une prise de risque agrémentée d'un prix inversement proportionnel à la taille de la chose.

Fort heureusement, il y a de par ce pays de courageux professionnels qui résistent à l'injonction du fade, du médiocre et du mou. Il y a parmi cet arrière garde de la tradition française un boulanger qui résiste dans son petit village à tous ces néo-ruraux qui préfèrent se fournir au supermarché de la ville voisine plutôt que de goûter ce qui réjouit les papilles.

Si vous passez à Bou, il y a là, le plus onctueux, le plus crémeux, le moins écœurant des pains aux raisins. Vous allez vous en mettre plein la goule avec délectation, un plaisir gustatif que vous pensiez égaré dans les arcanes des souvenirs d'enfance. Vous en profiterez aussi pour acheter son pain dont un montagnard qui tient la route et la distance, qui vous laisse un souvenir en bouche et vous réconcilie avec le pain, loin de la baguette parisienne que le député qui n'est jamais venu dans ce village pourtant dans sa circonscription entend élever au rang de patrimoine de l'humanité.

Dépêchez-vous parce que cet artiste du pétrissage ne va pas tarder à fermer boutique, incapable qu'il est de retrouver un repreneur tant il est désormais très difficile de lutter contre les officines urbaines de la malbouffe. D'autres défenseurs de la qualité française se languissent eux-aussi de pouvoir transmettre leur pas de porte alors qu'ils y ont consacré leur vie professionnelle avec amour et passion pour un métier bien fait. Des valeurs passées de mode comme le sublime pain aux raisins de notre mitron de Bou.



23 réactions


  • juluch juluch 7 octobre 14:12

    Il reste encore des boulangeries qui proposent des viennoiseries de qualité faite main.

    https://www.vivreengrandorb.fr/bedarieux/chezvivienetrebecca/


  • Rinbeau Rinbeau 7 octobre 15:37

    Une baguette de pain blanc contient l’équivalent de 24 morceaux de sucre..

    Vous achetez un sandwich pour le midi vous ingérez 13 morceaux de sucre !

    vous êtes amateur de café avec les viennoiseries de chez Marie Blachère.. Et vous aimez le sucre dedans..

    Vous aimez bien le p’tit gâteau à 16 h..

    Ha les p’tits bonbons Haribo.. Le où les chocolats..

    Tous les laitages bourrés d’aspartam et autres sucres ajoutés..

    Pour aller plus vite vous achetez des plats préparés où mangez Mac DO ;;

    Ha la petite glace dans le frigo..

    Vous aimez les bières.. MEME SANS ALCOOL.. 

    Vous aimez les alcools..

    Vous ne pratiquez que peu d’activité physique..

    Sachant que ce sont les glucides qui sont transformés en glucose pour fournir l’énergie dont nous avons besoin.. Tout le reste n’étant pas nécessaire..

    Je vous laisse faire par vous même le compte de morceaux de sucre que vous ingérez tous les jours..

    PS : ça risque de faire peur à certains !

     


    • C'est Nabum C’est Nabum 7 octobre 17:05

      @Rinbeau

      Mais qui va se sucrer sur la taxe sucre  ?


    • Rinbeau Rinbeau 7 octobre 17:30

      @C’est Nabum

       Tout le monde.. Puisque le sucre est une phénoménale addi(c)tion.. Sauf l’esclave ouvrier producteur et l’esclave gueux consommateur..


    • Rinbeau Rinbeau 7 octobre 17:51

      @Rinbeau

      cette loi est faites pour être contournée.. Pour les puissants.. Vous ne pensez tout de même pas que notre cher César en culotte courte ferait quoique se soit pour faire payer les gens de sa classe.. Vous êtes bonimenteur mais sur ce sujet il y a bien meilleur que vous.. Ils sont menteurs tout court !

       smiley


  • rogal 7 octobre 15:42

    Quant à leur forme, les croissants méritent-ils encore d’être appelés ainsi ?


  • ZenZoe ZenZoe 7 octobre 17:12

    On a au moins quelque chose en commun : pour moi aussi, le pain aux raisins est un petit miracle gastronomique. Dommage, Bou est un peu loin pour moi, bouh !


  • LeMerou 8 octobre 07:32

    @ C’est Nabum

    Bonjour,

    De la pub ? smiley

    Sans évoquer la malbouffe au global, restons sur la boulange.

    Le croissant, droit ou courbé, à bénéficié d’un décret instituant sa composition, quel aliment aujourd’hui n’a pas bénéficié de règles, de réglementations ou de normes protectrices du consommateur pour son bien, il faut standardiser.. Donc par cela fini ou presque la patte du boulanger, qui attirait plus de personnes que son homologue de quartier, cette dernière ouvrant la voie aux produits industriels, parfois de bon aloi.

    Saupoudrons aussi, un peu de valse des appellations et le tout est permis dans la plus parfaite légalité.

    Vient ensuite une conjonction de phénomène sociétaux, affectant petit à petit insidieusement la boulange, la situation géographique, qui est notable. Les centres villes coûtent fort cher, les rapaces immobiliers lorgnant sur l’âge des boulanger, puis les livraisons deviennent héroïques, perturbant la quiétude de la masse ou ses déplacements matinaux.

    La boulangerie de quartier ne devenant accessible qu’aux seuls marcheurs généralement aux cheveux blancs, car notons l’usage nouveau de faire marcher ou rouler les autres à votre place…

    N’oublions pas non plus, la protection sanitaire, l’aseptisation globale, de l’officine et autres fini le temps du pain de mémé avec le vieux torchon pendant sa levée, le boulanger, ou ses ouailles devant être aussi exempt de toute possibilité d’infecter son client, sa main ouvrière ne devant plus avoir de contact direct, combien d’épidémie Nationale avons nous eu par la seule faute des boulangers ?

    Evidemment, je n’ose évoquer les horaires de travail, en plus manuel, qui dans nos temps étranges ou la valeur travail est idéologiquement combattue, au profit d’un épanouissement, de temps disponible, etc, etc...

    Bref, le boulanger de ville, s’apparente désormais à un Chevalier défendant un château des terres saintes.

    Mais éloignons un peu des centres urbains, des villes, pour revenir dans des villages, ou la survie de la boulange est soumise à d’autres facteurs, le primordial étant la qualité du produit. Afin que l’acheteur ne se laisse point tenter par le diable commercial situé non loin, ou il est presque contraint qu’il est par sa bourse de se rendre. Un autre facteur est la présence à ses cotés, du fameux Bar-Tabac, Librairie, officine bancaire parfois et dépôt de pain pour le repos du boulanger.

    Haut lieu de perdition, décrié, ridiculisé dans les dialogues par l’ignorance de ses acteurs. Le savoir, la culture, l’intelligence même, est l’apanage unique des villes. Achetez son pain, puis aller prendre un petit noir et dialoguer avec ceux que l’on connaît est d’une banalité affligeante, le contact direct devenant presque malsain. Toutefois, notons que dans les périodes de transhumance, l’urbain en général si prompt à critiquer, à railler, s’étale aux terrasses comme sur son balcon qu’il na pas.

    Pour conclure, il reste des héros toujours vaillants, de jeunes boulangers sont fabriqués aussi, l’amour de l’art étant chevillé au corps, les plus hardis, trouvant leur place loin des fours de réchauffages. L’institution, le métier est quand même en danger, faut y prendre garde.

    Et puis des générations ont été élevées à l’industriel, leur descendance aussi, l’estomac ne supportant plus grand-chose n’est ce pas là le plus grand danger ?


    • C'est Nabum C’est Nabum 8 octobre 07:47

      @LeMerou

      Pourquoi penser à la pub quand je fais un simple clin d’œil à un ami sans répercutions sur son chiffre d’affaire

      La forme et le fond en somme, tout était décidé par décret 


    • ZenZoe ZenZoe 8 octobre 09:48

      @LeMerou
      Tout votre post est génial ! Et juste ! Et bien écrit !


  • ETTORE ETTORE 8 octobre 11:59

    @LeMerou
    Tout votre post est génial ! Et juste ! Et bien écrit !


    ITOU !

    Je rajouterai que....

    • Le goût initial à disparu...... !
    • Que la « forme » initiale à disparu...... !
    • Que l’odeur initiale de la boulange, a disparu.... !

    Il n’y a plus que le prix, et les conséquence sanitaires de ces disparitions, remplacées par des adjuvents, qui eux..... Apparaissent de plus en plus !


  • LeMerou 9 octobre 08:15

    Rien à voir avec nos viennoiserie quoique.

    Sécheresse « spectaculaire » n’ayons pas peur des mots.

    Quid non pas de la qualité de nos produits laitiers mais de leur saveur ?

    La bestiole génératrice de gaz à effet de serre, mangeant normalement de l’herbe bien verte, grasse à souhait, produit un lait bourré de saveur, (honte à ceux qui le consomme allégé ou sans rien...)

    Il y a le beurre d’été et celui d’hiver, la bestiole étant nourrie au foin..et divers compléments...comme si depuis son apparition sur terre elle en avait besoin. Pour les fromages cela sera itou.

    Quand au blé ? 

    Alors une viennoiserie, avec un blé de sécheresse et un lait de canicule.. Le boulanger devra faire d’énormes efforts, pour tenter de reproduire la viennoiserie d’antan.


  • ricoxy ricoxy 11 octobre 14:52

     

    C’est pourtant facile d’avoir de bons croissants. Un ami pâtissier m’a appris comment faire : prenez de la pâte feuilletée, vous étalez un peu de beurre dessus pour donner du moelleux, vous la découpez en triangles, vous roulez le triangle et rabattez légèrement les extrémité, et hop !, vous passez au four. Résultat garanti : c’est meilleur et moins cher qu’à la grande surface du coin, voire que chez le boulanger de l’autre coin.

     


    • C'est Nabum C’est Nabum 11 octobre 16:45

      @ricoxy

      Faire sa pâte feuilletée est un sacré tour de main et même plusieurs tours sans commettre d’impairs ...

      Message codé 


    • ricoxy ricoxy 11 octobre 17:07

       
      @C’est Nabum
       
      « Faire sa pâte feuilletée est un sacré tour de main  » — c’est pourquoi je l’achète toute faite, en l’améliorant un peu. 


    • C'est Nabum C’est Nabum 11 octobre 18:04

      @ricoxy

      Nous faisons tous ainsi 


    • mmbbb 11 octobre 18:05

      @C’est Nabum la pâte feuilletée n est pas si difficile à faire ; Il faut observer le temps de la détrempe et avoir quelques astuces . l impair est une faute dans le nombre de tours .

      En revanche la brioche , la pousse est plus délicate .. ! Un respect du temps de pousse et de la temperature .

      En ville les boulangeries ne vendent que des viennoiseries fabriquées en usine .

      La physiologie du goût change en ce pays , et Brillat Savarin serait surpris .

      Et dans un autre domaine , la grande restauration , Blanc , Bocuse ont perdu une étoile , une cuisine jugée trop traditionnelle .

      Et lors d un reportage sur France 5 , salon de l agriculture , en coulisse des produits sont jugés à l aveugle . In fine ce sont les produits les plus standardisés qui sont retenus .

      Un changement rapide , 1 génération ou plus a transforme la culture gastronomique .

      En Italie , en revanche , on peut encore bien manger des produits fait maison et a des prix corrects 


    • C'est Nabum C’est Nabum 11 octobre 18:54

      @mmbbb

      Rassurez-vous je ne cesse de préparer tous mes produits 


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