lundi 8 avril - par rosemar

Le vent, principe créateur... Botticelli, la naissance de Vénus...

 

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Muriel Alle a présenté à Nîmes une conférence passionnante intitulée Le vent, une poétique du souffle dans l'art contemporain.... 

Et pour évoquer, ce thème, elle remonte bien sûr aux origines...

 

Le vent, c'est d'abord, dès l'antiquité, le souffle des Dieux qui inspire les poètes... Le vent paraissait un phénomène si mystérieux aux Anciens qu'il ne pouvait être que d'essence divine. Le plus célèbre, Éole, maître des vents, fils de Poséidon, pouvait déclencher tempête ou ouragan.

Le vent n'est-il pas lié à l'imaginaire ? Le vent ne se voit pas, on n'en perçoit que les effets sur le paysage, sur nos autres sens, le toucher, l'ouie...

Le vent est à même de représenter l'inspiration poétique, la créativité, l'imagination de l'artiste.

Le vent, c'est ainsi un élément essentiel de l'Odyssée, le périple d'Ulysse : Ulysse peut se déplacer d'île en île grâce au vent...

Ainsi, ce souffle vital, divin et créateur est présent dans de nombreuses oeuvres, et particulièrement dans cette célèbre toile de Botticelli, La naissance de Vénus... un paradigme fondateur...

Voici l'analyse qu'en fait Muriel Alle :

"Vénus, déesse de l'Amour et de la beauté, du désir, immobile au centre de la toile, semble prendre la pose dans un déhanché qui fait songer à la statuaire grecque...

 

Son visage traduit une impassibilité comme beaucoup de visages féminins chez Botticelli.

 

Et tout autour, on perçoit des frissons : les chevelures traitées selon une ligne serpentine, les fleurs, les tissus très ondoyants, les vagues sur la mer, un rivage dentelé dans le fond de la toile.

 

Ce qui anime la Vénus, ce qui donne l'illusion de vie à ce corps vide de toute émotion, c'est l'ensemble de ces souffles qui passent sur la toile comme une immense caresse cosmogonique : le vent constitue bien le principe d'animation de la figure, la naissance de Vénus est conçue comme un processus temporel et la peinture explore le passage entre immobilité et mouvement, entre visible et invisible."

 

Magnifique tableau où l'on perçoit les souffles du vent dans tous les éléments du décor, dans les chevelures !

Magnifique allégorie du souffle créateur, de l'imagination de l'artiste qui crée le tableau !

Le peintre arrive à nous rendre sensible le souffle du vent... le souffle, c'est aussi la force vitale qui donne naissance à la vie.

Vénus, déesse de l'amour, devait donc naturellement être associée aux souffles créateurs du vent...

Muriel Alle analyse aussi cette thématique du vent, dans de nombreuses oeuvres contemporaines, où l'on voit s'exercer toute la créativité des artistes de notre époque : ce sera le sujet d'un prochain article...

 

A suivre...

 

 

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2019/03/le-vent-principe-createur.botticelli-la-naissance-de-venus.html

 



13 réactions


  • Étirév 8 avril 15:47

    La Science de Vénus
    La Grande Déesse Vénus, qui vint rétablir la Vérité après le déluge de Ram, le déluge du péché (en flamand Sond-vliet), fut considérée comme une Némésis vengeresse, et ce n’est que dans le Mystère qu’elle put rétablir l’enseignement de la Vérité.
    C’est de ce grand cataclysme moral que la symbolique a fait un déluge universel, quand on a tout caché sous des allégories.
    Ce soulèvement est devenu une grande inondation parce que, dans le symbolisme antique, on représentait l’Esprit de Vérité par le feu qui brille, par la torche qui éclaire, et l’erreur qui est son contraire par l’eau qui éteint le feu.
    Les Déesses cherchèrent donc à cacher leurs Ecritures pendant que les Femmes se réfugiaient sur les Hauts Lieux, émergeant ainsi de l’abîme, c’est-à-dire des plaines laissées aux hommes, où, dit la légende, ils se noyèrent, c’est-à-dire où ils perdirent la Vérité, se noyant dans l’erreur.
    La Femme émergeant de l’eau, surnageant à l’erreur que l’eau représente, se trouve dans toutes les mythologies.
    Aphrodite/Vénus, qu’on fait naître de l’écume de la mer, était dite Anadyomène, « l’Emergeante ». Elle flottait sur une conque marine.
    Aux Indes, Vishnou est appelée Djalaçaya (qui repose sur l’eau) ou Çankhabhrit (qui porte la conque). Elle est aussi surnommée Nârâyana ; on la montre dans une nacelle sur un fleuve, c’est une Déesse flottante.
    On la représente aussi montée sur un animal figuratif du flux, pour se sauver des eaux.
    C’est parce que la Femme divine émerge de l’eau du déluge, que tous ceux qui depuis ont prétendu apporter la vérité ont été représentés comme « sauvés des eaux » : tels sont Romulus, Cyrus, Œdipe. Le panier d’osier de Moïse, c’est la corbeille de roseaux dans laquelle le jeune Horus flotte au milieu des fleurs de lotus.
    Un des surnoms de Vénus est Uranie, parce que c’est elle qui fonde l’astronomie, c’est-à-dire qui fait une science bien ordonnée de la connaissance des lois du ciel et des mouvements des astres.
    Rappelons que chez les Grecs, la puissance cosmique était appelée Ouranos, d’où Uranie ; son nom vient de Varouna, un des noms hindous donnés à la même puissance et dont la racine var signifie couvrir.
    Elle étudie la nature et les effets de l’année solaire, elle partage la révolution annuelle du soleil en différentes sections ou saisons ; puis elle règle les mois d’après le cours de la lune.
    L’étude des couches terrestres lui a fait comprendre que notre monde a été créé en six temps, six fécondations solaires différentes dont les prêtres ignorants feront six jours.
    Son enseignement nous apprenait que tout ce qui se passe sur la terre à une cause cosmique, que tout dépend de l’action des astres, et que c’est dans les profondeurs de l’océan céleste qu’il faut aller chercher la cause de la plus légère brise qui souffle autour de nous : la terre y est étrangère.
    Livres de Femmes, Livres de Vérités


  • phan 8 avril 19:45
    Dans l’ardeur de la jeunesse, il fêta Priape avec Vénus. Avec le vent, le vieillard se sent lassé de Vénus.

    • rosemar rosemar 8 avril 22:47

      @phan

      Un peu de vent ou beaucoup :

      https://youtu.be/iWjtota81Xo


    • phan 9 avril 17:11

      @rosemar

      Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête
      De femme à cheveux bruns fortement pommadés
      D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,
      Avec des déficits assez mal ravaudés ;
      Puis le col gras et gris, les larges omoplates
      Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
      Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor ;
      La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;
      L’échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
      Horrible étrangement ; on remarque surtout
      Des singularités qu’il faut voir à la loupe...
      Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
      - Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
      Belle hideusement d’un ulcère à l’anus.
        Arthur Rimbaud - Cahiers de Douai - 1870

  • Julien S 8 avril 19:54

    Dire que j’ai vu le tableau aux Offices à douze ans... sans avoir lu Rosemar ! Aussi n’ai-je rien compris à part que c’était une super nana à poil. 


    • rosemar rosemar 8 avril 22:42

      @Julien S

      Merci à Muriel Alle qui a su expliciter ce tableau...


    • Armelle Armelle 9 avril 14:04

      @rosemar
      Bonjour,
      Muriel a « SU » ... Il aura surtout apporter un vent « poetique » à son étude plutôt qu’une véritable analyse objective. Je ne pense pas que Venus dans cette oeuvre incarne le désir, Rosemar !!! Elle cache l’interdit de façon drastique et présente une posture générale qui traduit la pudeur dans tte sa splendeur, et c’est normal ma foi vu qu’elle arrive sur terre (par le vent) en « nouveau né », et cette pudeur là, traduite en cette forme ne me semble pas susciter le désir, non ? Cette naïveté juvénile se voit même à tarvers sa façon maladroite de cacher sa poitrine !!! Alors je dirais plutôt ; objet de désir pour pédophiles !. Les oeuvres de Klimt ou Cabanel (pas le nôtre bien sûr) en revanche ne montraient que cela !!! Qu’en pensez-vous, puisque je suis dans la contradiction ?


    • Armelle Armelle 9 avril 15:14

      @Rosemar,
      Je me sens obligée de corriger ma phrase dans laquelle j’ai oublié le verbe ; ...aura surtout SU apporter...car en l’état, ça laisse une faute plutôt grossière !!! Même si le fond a toujours plus d’importance que la forme...mais c’est plus « joli » quand même !!!


    • rosemar rosemar 9 avril 17:38

      @Armelle

      Mais, enfin, le désir, l’amour n’empêchent pas la pudeur, tout de même...


  • OMAR 8 avril 20:02

    Ormar9

    .

    Allons c’est bien @rosemar

    qui gonfle un peu le sable

    pour nous passer le temps.

    J. Brel

    https://www.dailymotion.com/video/x33int 


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