lundi 15 avril - par rosemar

Et si on disait encore des fariboles !

Folies des fariboles ! Les fariboles nous entraînent dans l'univers des "chansons et fariboles", des propos légers et frivoles !

On peut alors faire des zigzags dans le monde du vocabulaire, se promener entre les mots, flirter avec eux, les frôler, s'en amuser...

Face au charivari actuel, face à ce tohu-bohu de bruits qui donnent des lourdeurs de tête : c'est, là, l'étymologie du mot charivari, on ne peut que "s'enlivrer" pour oublier la morosité ambiante : "s'enlivrer" ou s'enivrer de livres, de mots, de consonnes et de voyelles, de phrases éblouissantes !

Vive la folie du verbe !

Célébrons les hurluberlus du verbe, ceux qui inventent des mots, ceux qui imaginent de nouveaux univers, vive les timbrés du verbe qui torturent les phrases, les recomposent en de nouveaux assemblages. Célébrons Rabelais, Céline et tous les autres !

Il s'agit d'ambiancer la toile, de la rendre vivante, généreuse de mots, de trouvailles inédites : il s'agit de créer un tohu-bohu de vocabulaire, un charivari qui va renouveler le monde, le révéler sous un autre jour.

Buvons les mots jusqu'à la lie, buvons à tire-larigot, écoutons la musique des mots, leur flûte légère, leurs échos qui se répondent, les sonorités claires et éclatantes des mots.

Créons des harmonies, des hiatus, des rencontres de mots, des mots légers ou lourds de significations.

Enlivrons-nous, délivrons-nous des soucis du monde, redécouvrons les plaisirs de la lecture, en zigzaguant et en louvoyant entre les mots.

Redécouvrons les mots pour en inventer d'autres, mille dérivés, en utilisant des suffixes, des préfixes, des" faribolettes", "enfaribolons" la toile, tournons les pages où se déroulent les mots.

Allons autour des mots, pour les ambiancer, en retrouver le sens premier et originel.

Retrouvons un tohu-bohu, un chaos de vocabulaire, mêlons les mots, faisons un méli-mélo : un charivari de bulles, des entrelacs de bruits. Tressons et tricotons les mots : enluminons les !

Oublions nos lourdeurs de tête, pour nous eniver du tohu-bohu des mots !

Faisons des charivaris de mots, des cascades qui ruissellent, des cascadettes et des cascadelles, écoutons le timbre des sonorités, les "r" turbulents du charivari, les"u" tonitruants de l'hurluberlu, le"o" qui répond au "u" de tohu-bohu !

Ecoutons la folie des mots, et n'oublions pas, surtout, la richesse des onomatopées qui traduisent toutes sortes de bruits, d'émotions, mots expressifs, s'il en est.

La porte claque, les parleurs font blabla, le chat ronronne et nous apaise : on peut pousser alors un "ouf" de soulagement, souffler un peu, respirer une nouvelle ambiance.

Mais, le mot"ouf " désigne aussi le "fou" à l'envers et il entre dans certaines expressions familères : c'est un truc de ouf, une musique de ouf, forme moderne et populaire du superlatif.

Nous revoilà dans la folie et la polysémie des mots !

 
 Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-et-si-on-disait-encore-des-fariboles-123029300.html



5 réactions


  • rogal 15 avril 12:30

    Trois fois oui.

    Que vive notre langue ; et autrement que par les recommandations des commissions technocratiques !


  • Julien S 15 avril 12:56

     @ Rosemar

    .

    Et si on disait encore des fariboles !

    .

    « fariboles et billevesées » disait quelque part Darry Cowl. 

    Que faites-vous d’autre à longueur d’année ? 


  • Rime avec farandole. Je viens de revendre : Cent mille milliards de poème, c’est un livre animé de poésie combinatoire , Bien, il faut s’arracher de la noirceur du monde pour redonner leur lustre au mots et détourner le regard de méduse de maux. Quand c’est possible,...


  • Raymond75 15 avril 19:05

    Très beau texte, merci.

    Mais une remarque toutefois : « Célébrons Rabelais, Céline et tous les autres » ; Céline était peut être un grand écrivain, mais il était une pourriture humaine, et il n’a pas à être célébré :

    « Pour devenir collaborationniste, j’ai pas attendu que la Kommandantur pavoise au Crillon … On n’y pense pas assez à cette protection de la race blanche. C’est maintenant qu’il faut agir, parce que demain il sera trop tard. […] Doriot s’est comporté comme il l’a toujours fait. C’est un homme… il faut travailler, militer avec Doriot. […] Cette légion ( la L.V.F.) si calomniée, si critiquée, c’est la preuve de la vie. […] Moi, je vous le dis, la Légion, c’est très bien, c’est tout ce qu’il y a de bien »

    « C’est la présence des Allemands qu’est insupportable. Ils sont bien polis, bien convenables. Ils se tiennent comme des boys scouts. Pourtant on peut pas les piffer… Pourquoi je vous demande ? Ils ont humilié personne… Ils ont repoussé l’armée française qui ne demandait qu’à foutre le camp. Ah, si c’était une armée juive alors comment on l’adulerait »

    « Je veux les [les Juifs] égorger […] Lorsque Hitler a décidé de « purifier » Moabit à Berlin (leur quartier de la Villette), il fit surgir à l’improviste dans les réunions habituelles, dans les bistrots, des équipes de mitrailleuses et par salves, indistinctement, tuer tous les occupants ! […] Voilà la bonne méthode »

    Le style ne fait pas l’homme !


  • Jelena Jelena 15 avril 19:38

    Voila ce que c’est de rester vieille fille... Même pas 60 ans et déjà le cerveau qui part en vrille.


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