samedi 9 mars - par rosemar

Les couchers de soleil ont souvent inspiré les poètes romantiques...

Les couchers de soleil ont souvent inspiré les auteurs romantiques : symbole de déclin, de mélancolie, cette thématique est récurrente dans de nombreux poèmes du dix neuvième siècle.

Victor Hugo, dans un texte intitulé Rêverie, extrait du recueil Les Orientales, nous fait partager un de ces instants où le soleil bascule et s'évanouit, un moment où le rêve remplace la réalité, où l'on imagine des paysages différents, sources d'évasion et de mystères. L'orientalisme très présent dans ce poème est une ouverture vers le monde de l'imagination et du rêve...

Hugo nous fait percevoir toute la beauté de ce soleil couchant, et c'est l'occasion d'un appel à une inspiration nouvelle, différente, un rêve d'une ville orientale aux teintes d'or...

Le poème s'ouvre sur deux exclamations pleines de vie, par lesquelles le poète semble réclamer une solitude propice à la rêverie : "Oh ! Laissez-moi !" L'évocation qui suit nous montre toute la beauté du spectacle observé par Victor Hugo : un coucher de soleil où les couleurs se mêlent, en une harmonie de jaunes et de rouges :"l'astre géant rougit, le grand bois jaunissant dore... la colline... le soleil et la pluie ont rouillé la forêt".

Ces couleurs sont estompées et comme auréolées par un "cercle de brume", ce qui permet d'embellir, un peu plus, la toile.

La vision est colorée et grandiose, comme le suggèrent les adjectifs, dans les expressions : "l'astre géant, le grand bois".

La nature s'anime, grâce au procédé de personnification : les éléments du paysage sont sujets de verbe d'action et semblent, ainsi, participer à la composition du tableau...

La saison, l'automne, accentue encore l'impression mélancolique de ce coucher de soleil finissant, et le paysage devient le reflet de l'état d'âme du poète, empli de mélancolie : on sent une aspiration vers un autre monde rêvé, idéal.

Le rêve se développe, dans la deuxième strophe avec ces questions :"qui fera surgir, qui fera naître..." Et c'est un rêve d'Orient qui voit le jour, avec l'évocation flamboyante "d'une ville mauresque", entourée d'éclats : comparée à "une fusée" portant des flèches d'or, elle pourrait éclairer l'avenir du poète et transpercer le brouillard environnant.

L'obscurité du soir qui tombe s'oppose à la clarté éblouissante de cette ville surgie de l'imagination de l'écrivain... "L'ombre du corridor" contraste avec cette vision éclatante et dorée...

Mêlant des sonorités emplies de force à des sons pleins de douceur, le poète suggère, à la fois, la beauté éclatante de cette ville et l'apaisement que procure cette vision nouvelle : gutturale "r" et "c" alternent avec sifflantes "s" et chuintantes "ch" dans ces trois vers : " 

"Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !"

Cette ville entrevue dans un rêve pourra redonner une inspiration au poète, c'est du moins ce qu'il désire ardemment et ce que suggère l'emploi du subjonctif à valeur d'injonction et de souhait : "Qu'elle vienne, inspirer, ranimer... Mes chansons".

C'est bien un poète en mal d'inspiration qui s'exprime, ici, dans un texte lyrique, où l'on devine des sentiments de mélancolie : les chansons "rembrunies", comparées à "un ciel d'automne" nous parlent de cette tristesse.

Comme souvent dans la poésie romantique, le paysage devient le reflet de l'état d'âme de l'écrivain.

Le poète en appelle à cette rêverie pour lui insuffler une nouvelle façon d'écrire : il attend une vision emplie de rêve, d'espoir, de magie.

 Hugo nous laisse entrevoir tous les charmes de cette ville orientale : teintée de mystères avec ses "rumeurs étouffées", de richesses, avec "ses palais" aux "mille tours", empreinte de magie avec ses "fées", pleine de beauté, car elle se dessine "en dentelles" sur un horizon violet.

Hugo, dans ce poème, parvient à nous faire partager son rêve oriental : la dernière vision nous transporte dans un univers proche de celui des Mille et une nuits, fait de mystères et d'harmonie.

Solitude, mélancolie, magie et beauté de l'Orient... Hugo nous transmet, avec lyrisme, émotion et sensibilité, ses sentiments et ses rêves d'évasion...

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2016/03/les-couchers-de-soleil-ont-souvent-inspire-les-auteurs-romantiques.html

 

Le poème :

 

Rêverie

Oh ! laissez-moi ! c'est l'heure où l'horizon qui fume
Cache un front inégal sous un cercle de brume,
L'heure où l'astre géant rougit et disparaît.


Le grand bois jaunissant dore seul la colline.
On dirait qu'en ces jours où l'automne décline,
Le soleil et la pluie ont rouillé la forêt.

Oh ! qui fera surgir soudain, qui fera naître,
Là-bas, - tandis que seul je rêve à la fenêtre
Et que l'ombre s'amasse au fond du corridor, -
Quelque ville mauresque, éclatante, inouïe,
Qui, comme la fusée en gerbe épanouie,
Déchire ce brouillard avec ses flèches d'or !

Qu'elle vienne inspirer, ranimer, ô génies,
Mes chansons, comme un ciel d'automne rembrunies,
Et jeter dans mes yeux son magique reflet,
Et longtemps, s'éteignant en rumeurs étouffées,
Avec les mille tours de ses palais de fées,
Brumeuse, denteler l'horizon violet !



42 réactions


  • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus 9 mars 14:26

    Tu

    Refoule l’

    Objectivité

    Litteraire

    .

    .

    Divinement

    Encensé

    .

    .

    Dans la

    Redaction d’

    Agoravox ....

    Moderne ,

    Entropie !!!!!!

    .

    TRoll de DRame


    • rosemar rosemar 9 mars 15:12

      @Cyrus

      Vive la subjectivité ! Dans le domaine littéraire, elle est inévitable et c’est bien !


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus 9 mars 16:46

      @rosemar

      Je prefere la multiplicité des avis .... fondement même de toute démocratie .
       La ballade des pendu =>https://www.youtube.com/watch?v=iEP8-QvhwXM

      Je vous remonte quand même la note par respect de VH très grand auteur ...parmi les autre .


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus 9 mars 16:47

      @Cyrus
      les autre +s = les autres sorry my dear


    • rosemar rosemar 9 mars 17:14

      @Cyrus

      Bon, ce serait bien aussi de mettre les accents...


    • rosemar rosemar 9 mars 17:16

      @Cyrus

      Allez, vous appréciez Villon ? Voici un de ses poèmes les plus connus...

      http://rosemar.over-blog.com/article-ballade-au-moyen-age-111817395.html

      mis en musique par Brassens.


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus 9 mars 17:35

      @rosemar

      Bon, ce serait bien aussi de mettre les accents...
      > c’est vrai , mais il aurais fallu une équation différentielle ... 
      Allez, vous appréciez Villon ? Voici un de ses poèmes les plus connus...
      >J’ aime bien le lien que vous faite avec pierre de Ronsard , cela me semble pertinent ...au moins autant que je suis impertinent. smiley

       


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus 9 mars 19:17

      @Cyrus
      Note au(x) moinseur(s) ,
      un petit mot de critique ou d’ appui plutôt que d’ insulte
      est toujours bien venu , même mal orthographié.
      Voter dans l’ ombre est bien trop facile .


    • Paul Leleu 9 mars 23:09

      @Cyrus

      « Je prefere la multiplicité des avis .... fondement même de toute démocratie » ...

      sauf votre respect, je ne vois absolument pas ce que vient faire la démocratie en art !!!! la démocratie est un truc de philsophe ou éventuellement de commerçant... certainement pas un truc de poète... à chacun son domaine !!!! Que les philosophes s’occupent de philosophie.

      Par nature la philosophie est incompétente en art.

      C’est un peu comme si vous demandiez à un ingénieur qui fabrique un avion, d’être « démocratique » dans ses choix mathématiques... !!!

      je crois que l’idéologie démocratique développée par les philosophes ne doit pas quitter le domaine de la philosophie, et éventuellement de la politique. Mais alors, partout ailleurs, c’est une véritable catastrophe !!!


    • rosemar rosemar 9 mars 23:40

      @Paul Leleu

      Mais Cyrus s’amuse : il a un esprit potache... !


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus (TRoll de DRame) 10 mars 00:18

      @rosemar

      Pas seulement rosemar ...Mais pourquoi faire de la vie un parcours de tristesse .
      Le plus dur étant de concilier l’ utile a l’ agréable , les droits et les devoirs .
      Tout passe si vite .

      « Si je pouvais t’offrir le bleu secret du ciel,
      Brodé de lumière d’or et de reflets d’argent,
      Le mystérieux secret, le secret éternel,
      De la vie et du jour, de la nuit et du temps,
      Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
      Mais moi qui suis pauvre et n’ai que mes rêves,
      Sous tes pas je les ai déroulés.
      Marche doucement car tu marches sur mes rêves. »

      Ca rend mieux dans la version anglaise , mais ici on parle français (si on y arrive ).


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus (TRoll de DRame) 10 mars 00:28

      @Paul Leleu

      Ce qui fait la richesse de l’ art , c’ est aussi la multiplicité des formes que peuvent nous inspirer les muses .

      Démocratie est certainement un mauvais mots vous l’ avez très justement noté surtout si elle tourne a « l’ effet de masse » renforçant l’ incompétence .
      (je ne parlerais pas non plus de plébiscite)

      Il y a quelque chose d’ élitiste/négatif a se vouloir a toute force de l’ aristocratie. .

       .


    • Sozenz 10 mars 10:23

      @rosemar

       perso , je dirais aussi de ne pas confordre non VH ( je pense qu’ il voulait dire victor hugo ) et Francois villon .

       qu ’ il a confondu le dernier jour d un condamné à mort avec la ballade des pendus .

       sinon je suis totalement d’accord avec vous concernant la subjectivité dans le domaine littéraire ; nous ne sommes pas dans le registre scientifique mais bel et bien dans le traitement de« l âme et des émotions » ( qui est purement subjectif )


    • Paul Leleu 10 mars 11:30

      @Cyrus (TRoll de DRame)

      « Il y a quelque chose d’ élitiste/négatif a se vouloir a toute force de l’ aristocratie ».

      Certes oui... mais je ne vois pas ce qu’il y a de mal à être élitiste... et d’ailleurs, qui détermine ce qui est élitiste ou non ? Comme disait l’autre, « la pornographie c’est l’érotisme des autres »... est-ce que ça ne s’applique pas aussi à l’élitisme ? Et qu’est-ce que l’inverse de l’élitisme ? Le populisme ? L’art devrait donc être populiste ? Pourquoi ?

      et puis ... « artiso » veut dire « les meilleurs »... l’art n’est-il pas, par excellence, un domaine de la quête artistocratique ? (même si ce n’est pas politiquement correct).

      les créateurs ont souvent été très mal vus, et beaucoup de grands classiques continuent de choquer les masses...

      Réciproquement, les masses s’enchantent de spectacles qui ne plaisent définitivement pas à tout le monde...

      Plutôt que de céder à l’illusion d’une « communauté générale », ne vaut-il pas mieux reconnaitre parfois des divergences irréconiliables ?

      Je ne dis pas ça dans un sentiment agressif... mais au contraire de paix...


    • rosemar rosemar 10 mars 21:33

      @Cyrus (TRoll de DRame)

      MERCI pour le joli poème : vous êtes anglais ?


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus (TRoll de DRame) 10 mars 21:40

      @rosemar

      A force de tirer le premier on pourrais le croire ...
      Mais puisque je pensait vous reconnaitre dans une prof de français qui vous ressemblait un peut .Et qui eu le courage d’ essayer de nous intéresser un peut , vous auriez pu vous rendre compte que non .
       
      NB : Vous aviez bien sur reconnue YEATS 


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus (TRoll de DRame) 10 mars 21:47

      @Paul Leleu

      Non , l’ élitisme est un -isme comme un autre .
      L’ élite par contre est tout a fait respectable si elle continu a progresser chaque jour.

      Jolie anagramme entre aristo , et artiso , chercheriez vous a vous épanouir dans les joie contrôlé de la dyslexie ? 


  • Decouz 9 mars 15:13

    Hue !

    Go !


    • rosemar rosemar 9 mars 15:21

      @Decouz

      Vous n’aimez pas Hugo ?


    • Decouz 10 mars 13:32

      @rosemar

      Ce n’est pas que je n’aime pas, c’est que je préfère consacrer mon temps, limité, même si « j’avale » au moins 50 pages par jour pour les romans, à des auteurs moins connus, voire encore inconnus, non francophones ou francophones, moins scolaires.

      « L’éclair de l’immense, quelque chose qui resplendit et qui est brusquement surhumain, voilà le génie » a écrit Hugo.

      Plus de 100 pages rien qu’en catalogue à la BN !
      A 14 ans les trois chants du Déluge, à 15 ans une tragédie.
      « Les Burgraves », écrits en 6 semaines, « les Châtiments » en 6 mois.

      Lu dans « Le Genie et la Folie » de P.Brenot.


    • rosemar rosemar 10 mars 21:35

      @Decouz

      Un roman de Hugo à lire : L’homme qui rit...

      http://rosemar.over-blog.com/article-gwynplaine-l-homme-mutile-113089259.html


  • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus 9 mars 16:57

    @rosemar 

    Une autre version de ce même texte , bien plus prenante 

    et ou les « fote d’ or taux graf » sont anciennes règles oubliées.

    https://www.youtube.com/watch?v=Cdym4glN3WQ

    ...pour la diversité


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus 9 mars 17:38

      @Cyrus
      Auriez vous par hasard enseigné au château de peynier sous le nom de Mme P. , passionnée de kanoe kayak ?


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus 9 mars 18:00

      @Cyrus
      Si c’ est bien le cas , j’ en profiterais pour rendre hommage a Jacques Bodouin et a son personnage de philibert .

      Si ce n’ est pas le cas , ...tant pis c’ est fait quand même ... MDR smiley
       


    • rosemar rosemar 9 mars 19:52

      @Cyrus
      Quel potache !


    • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus (TRoll de DRame) 9 mars 21:08

      @rosemar
      Oui mais un potache , qui ne faisait jamais potiche au milieux de ses pastiches ...
      Bonne soirée (Anne-marie ?) Rosemar ...
      Meilleur souvenir de la seconde je la redoublerais bien encore une foi ...


  • Raymond75 9 mars 19:44

    Il y a assez longtemps déjà, j’avais fait un voyage à la Martinique, dont j’ai gardé un bon souvenir ; des gens sympathiques et de beaux paysages, et beaucoup de soleil.

    C’était la première fois que je mettais les pieds dans un pays proche de l’équateur, et quelle ne fut pas ma surprise, avec une certaine peur même, lorsque j’ai constaté que le soleil se couchait en 5 mn, comme si quelqu’un tournait un interrupteur. On passe du jour à la nuit noire instantanément ! Pas de coucher de soleil ...

    J’ai eu l’occasion de parler avec des ’métros’ en détachement de quelques mois, et tous me disaient que la seule chose qui leur manquait était un beau coucher de soleil.

    De retour en la métropole, j’ai pris la première occasion pour me précipiter sur la presqu’île de Crozon pour y admirer le soleil se coucher lentement sur l’Atlantique : quelle merveille !!!


  • phan 9 mars 20:00

    Je me couche avec les poules, je me lève au chant du coq et je ne suis ni poète ni romantique . Alors, une clochette au cou des bœufs de Victor Hugo, pffff !


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