mardi 5 décembre 2023 - par Emile Mourey

Moïse à Gaza : la bataille de Rephidim

Extrait de mon ouvrage intitulé "Histoire de Bibracte, Dieu caché" écrit en 1986, dépôt légal : septembre 1995 n°51212 FF, chapitre 22 ...   

 A l'époque où le peuple d'Israël sortit d'Egypte, en 1445 avant JC, sous le règne du pharaon Thoutmôsis III, la situation était la suivante si l'on en croit les textes :
 Les Hébreux sont nombreux : 600 000 hommes sans compter les femmes et les enfants. Ils sont assez bien organisés en douze tribus de chacune 50 000 hommes en moyenne. Chaque tribu emmène avec elle du petit et du gros bétail et dans les gibecières pour sept jours de galettes azymes, sans parler des pétrins portables. Leur soulèvement leur a permis, non seulement de se constituer des trésors de guerre, mais aussi de s'armer en pillant les magasins égyptiens. L'effectif de la troupe armée, apte à la manœuvre, ne peut être, évidemment, qu'inférieur.

Il est écrit dans la Bible que pendant les quarante ans qu'ils passèrent dans le désert, les Hébreux durent se contenter de la manne du Seigneur. Question : dans le désert du Sinaï, entre le Golfe d'Aqaba et la mer Rouge ?... je doute... ou, plutôt, dans le désert de Sin, station de la voie côtière menant à Rephidim ?

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  Qui n'a pas dans son souvenir la merveilleuse histoire de ce peuple élu qui marchait dans le sable chaud, tenaillé par la soif et par la faim et sur lequel Dieu, dans sa divine providence, faisait tomber la manne miraculeuse et parfois même des cailles.


  Où est la vérité historique dans tout cela ? 
  600 000 hommes en train de cueillir avec minutie dans la rosée du matin ces minuscules graines que le hasard fait parfois fleurir sur quelques maigres arbustes du désert ? Des milliers de cailles venant atterrir dans les mains de 600 000 affamés ? Une population de cette importance en train de tourner en rond dans un désert pratiquement inhabité qui ne fait que 300 kilomètres du golfe de Suez à Bersabée, et cela pendant quarante ans ?
  Cette manne, hier comme aujourd'hui, c'est l'argent du fisc. Ce sont des contributions sous diverses formes. Nous nous expliquons. Tout dépend, en effet, du point de vue où l'on se place. Pour le contribuable, l'impôt qu'il paie est considéré, bien évidemment, comme un prélèvement ou un manque. Mais pour le fisc et pour le fonctionnaire civil ou militaire, c'est une manne sans laquelle ils ne pourraient vivre. Les 600 000 hommes de Moïse ne pouvaient survivre qu'en recevant cette manne. 

 A Rephidim, la Bible dit que le peuple avait soif et qu'il n'y avait pas d'eau à boire. Alors, on se mit à crier contre Moïse et même les Anciens d'Israël se mirent à douter. Les prêtres Moïse se tournèrent vers Yahwé : « Seigneur, s'écrièrent-ils, tu es témoin que ce peuple nhésiterait pas pour un peu à nous lapider. Faut-il vraiment que nous fassions encore quelque chose pour lui ? »

 Il est dans la logique de la guerre de voir le philistin Amaleq sortir de son pays (Gaza ?) à la tête de ses troupes et marcher contre les Hébreux. Il est écrit dans la Bible qu'Amaleq combattit Israël à Rephidim.

Yahwé avait dit à Moïse : « Va ! fais-toi suivre du peuple et des Anciens d'Israël. Prends ton bâton avec lequel tu as frappé les eaux du Nil. Dirige tes pas vers la région desséchée du Horeb (les pays de la mer Morte). Je me tiendrai sur le rocher qui domine (Massada), et toi, tu marcheras vers moi. Tu frapperas le rocher et aussitôt une source d'eau vive en jaillira. Tu feras approcher ton peuple et tout le monde pourra satisfaire sa soif. »

Dans cette bataille si importante pour l'avenir du peuple hébreu, Moïse, c'est-à-dire les prêtres Moïse, combattaient au centre, ceux d'Aaron et ceux de Hour combattaient à sa gauche et à sa droite. Yahwé était sur la hauteur avec Moïse, le bâton à la main. Josué combattait en tête. Le combat fut longtemps indécis. Il est écrit ceci : « Tant que Moïse levait les mains, Israël avait l'avantage, mais quand il les baissait, Amaleq reprenait le dessus.

 Comme les mains de Moïse s'alourdissaient, il s'appuya sur une pierre (ou plutôt sur un rocher, quel rocher ? Ce ne peut-être que Massada), tandis qu'Aaron et Hour s'efforçaient de lui tenir les mains en l'air. Moïse garda les mains levées jusqu'au coucher du soleil. Alors, le tranchant du glaive de Josué vainquit Amaleq et son peuple. » Pourquoi les prêtres “Moïse” maintinrent-ils leurs bras en l'air pendant toute la durée du combat ? Est-ce en signe d'anathème, ou d'appel vers Dieu ?

Yahwé dit à Moïse : « La main qui s'est levée contre le trône de Yahwé, la guerre de Yahwé sera contre cette main. Cette bataille, tu la relateras dans le Livre afin que Josué se rappelle que, ce jour-là, j'ai décidé d'effacer complètement de la surface de la terre la mémoire d'Amaleq. » 

 Pour le lecteur qui se pose des questions quant au langage complexe des textes bibliques, il y a cependant un problème, car si Amaleq a attaqué les Hébreux dans leur camp de Rephidim, si Josué a vaincu les Philistins sur ce champ de bataille, il semble bien qu'en réalité, la relation de la journée de combat ne puisse se comprendre qu'à condition d'étendre le front d'engagement bien au-delà de Rephidim. Il faut deviner que le front de bataille allait de Rephidim à l'aile gauche où se trouvait Aaron jusqu'à l'aile droite où se trouvaient des Hourrites avec lesquels Moïse s'était, apparemment, allié. Au centre et en arrière, se tenait Moïse sur la hauteur de Massada comme dans un P.C.. Voilà pourquoi la Bible dit que pendant toute la durée des combats, Aaron et Hour soutenaient, l'un le bras gauche de Moïse (l'aile gauche de la ligne de bataille), l'autre le bras droit (l'aile droite). Mais les Philistins n'ont pas pu s'emparer de Massada ; c'est en s'appuyant sur ce rocher que Moïse a finalement gagné la bataille, selon lui ; nous disons bien “selon Moïse”. Il fallait, en effet, faire venir la victoire non pas de Rephidim, mais de Massadacar c'était la montagne de Dieu.

 Telle pourrait être une meilleure traduction ! Mais aussitôt, on s'interroge : « Une bataille qui commence le matin et qui se termine le soir avec un front de quelque cent kilomètres, non, cela n'est pas possible. Il faut deviner que les scribes de Moïse ont relaté sous forme d'une bataille frontale une guerre d'une certaine durée de type plus ou moins subversif. En réalité, c'est Josué qui menait le combat avec ses soldats de l'ombre. »...

Que penser de cette histoire qui remonte au temps de l'Egypte ancienne ? 

Emile Mourey, 4 décembre 2023



32 réactions


  • sylviadandrieux 5 décembre 2023 17:59

    600 000 hommes sans compter les femmes et les enfants.

    600 000 hommes affamés. Sans toujours compter les femmes et les enfants.


  • Sirius Grincheux 6 décembre 2023 10:17

    « Que penser de cette histoire qui remonte au temps de l’Egypte ancienne ? »

    qu’il ne faut pas confondre mythologie et histoire

    on pourrait aussi imaginer que le ciel va nous tomber sur la tête


    • Emile Mourey Emile Mourey 6 décembre 2023 12:18

      @Grincheux

      Merci. Je me demande si les auteurs des votes négatifs que mon article a suscités avant vous sont des évangélistes. Voyez sur l’internet l’explication qu’en donnent les prêcheurs évangélistes noirs américains. Quant aux Gaulois, ils n’ont dit, en effet, à Alexandre, qu’ils n’avaient qu’une peur, que le ciel leur tombe sur la tête. 


  • AmonBra AmonBra 6 décembre 2023 14:11

    Merci à l’auteur pour le partage.

    C’est avec le polymathe Ibn Khaldoun que commence l’Histoire, la sociologie et la démographie en tant que disciplines scientifiques.

    Toute chronique transcrite auparavant, surtout dans les mythologies religieuses et y compris dans les évangiles, est a prendre avec de longues, très longues pincettes.

    L’esclavage en Égypte, Moïse élevé par la famille royale, l’exode, Pharaon etc. Aucune trace dans les artefacts archéologiques, pourtant aussi riches que variés, de l’ancienne civilisation égyptienne malgré plus de deux siècles d’égyptologie !

    Tout comme les prétendus riches et puissants royaumes de David et Salomon, que les archéologues, y compris israéliens, ont cherché en vain durant des décennies, pour ne trouver que des traces de chefs de tribus cananéennes et des vestiges égyptiens, car la Palestine d’alors a été, entre autres conquérants, sous domination égyptienne.

    Au train où vont les évènements ces derniers temps, bientôt seuls les $ionnards messianiques croiront, pour le malheur des palestiniens, voire pour l’humanité, à ces contes pour adultes.

    Que penser de cette histoire ?

    Que c’est une belle histoire racontée par un militaire atypique à la retraite. . .


    • Emile Mourey Emile Mourey 6 décembre 2023 16:08

      @AmonBra

      Merci pour votre long commentaire. J’ai conservé un très bon souvenir du Maroc ou j’ai débuté ma carrière après son indépendance : Ouezanne, Rif, Fez, Meknès surtout ou, y étant en garnison, j’ai visité une ville pleine de vie et accueillante.
      Quant à mon article, je ne cherche que la réalité de l’Histoire dans ma logique militaire.


  • Emile Mourey Emile Mourey 6 décembre 2023 16:29

    600.000 hommes ? J’ai bien précisé « si l’on en croit les textes ». Quant à la réalité des faits, on en a la trace principalement dans des documents écrits. A nous de les interpréter. C’est ce que je propose dans mon article.


  • Emile Mourey Emile Mourey 6 décembre 2023 16:45

    Disons les choses clairement : la manne, c’est l’impôt, c’est le prélèvement sur les pays occupés ou conquis, bref le pillage. Pourquoi, à Rephidim, le peuple n’avait plus d’eau à boire ? De quelle eau s’agit-il ?


  • Gaspard des Montagnes Gaspard des Montagnes 6 décembre 2023 18:14

    Dans la mouise à Gaza ? C’est pas nouveau, Émile !!


    • Emile Mourey Emile Mourey 6 décembre 2023 19:22

      @Gaspard des Montagnes

      dans la mouise ? Il semble...

      Date de la sortie d’Egypte : 1445 avant JC
      Bocchoris, 714 avant JC
      Flavius Josèphe, 100 ans après JC
      Sauf erreur, nous sommes en 2023 après JC

      Merci pour votre commentaire.


  • Emile Mourey Emile Mourey 6 décembre 2023 18:38

    Lysimaque, l’auteur le plus contesté par Flavius Josèphe, donne une version simplifiée ; il écrit que sous le règne du pharaon Bocchoris, des épidémies de lèpre, de gale et d’autres maladies se répandirent chez les Juifs d’Egypte à la suite d’une disette. Ayant consulté l’oracle, Bocchoris donna l’ordre de lier les lépreux et les galeux entre des feuilles de plomb et de les jeter à la mer. Quant aux autres, il les fit transporter dans le désert pour qu’ils y périssent. Là, un certain Moïse se mit à leur tête et les conduisit jusqu’en Judée où ils fondèrent la ville de Hiérosolyma (Jérusalem).. Fl. Josèphe - Contre Apion, I, 304 à 311.


  • Antenor Antenor 6 décembre 2023 19:10

    L’Exode remonte sans doute à un peu plus loin en arrière que Thoumosis III. La grande bataille de Megiddo qui a eu lieu sous son règne n’apparaît dans la Bible qu’au chapitre 5 du Livre des Juges. L’explosion du Santorin et la disparition des Hyksos en Egypte coïncident à la fin du règne d’Ahmosis. La bataille de Rephidim est probablement à placer sous le règne de son successeur Amenhotep I qui ne semble pas être intervenu en Canaan. Les textes bibliques doivent être analysés avec le même recul que ceux de la « mythologie » grecque. Ils ne sont ni à prendre au pied de la lettre ni à jeter aux oubliettes. Quant à la mystérieuse manne fournie nuitamment aux Hébreux, les pharaons thébains n’avaient sans doute pas que des amis en Basse-Egypte.


    • Emile Mourey Emile Mourey 6 décembre 2023 20:00

      @Antenor

      Je sais que le sujet est débattu. Dans la logique militaire, l’exode ne s’explique, à mon sens, que si elle suit les grands troubles qui ont secoué le pays. Ces révoltés ne sont pas partis les mains vides. N’étant ni historien, ni égyptologue, merci de nous dire ou en est le débat. 


  • Rinbeau Rinbeau 8 décembre 2023 19:49

    L’Archéologie réfute de plus en plus l’historicité de la bible pour n’en garder que son fondement théologique.

    Nous savons par exemple aujourd’hui que Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Egypte et les conduire vers la «  terre promise  » pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci… était aux mains des Egyptiens.

    En 70 après Massada il n’y a pas de dépeuplement de la population vivant en Judée à cette époque.

    Comme le christianisme la judaïté s’est rependue dans le monde petit à petit par conversion.


    https://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205


    • Emile Mourey Emile Mourey 9 décembre 2023 01:38

      @Rinbeau

      Bonjour. Il y a les textes et il y a les traces archéologiques qui peuvent les confirmer ou les modifier. Il y a aussi la logique, disons militaire ; j’en donne ici un exemple. Il est possible que les scribes aient raconté une lente émigration sous forme d’une bataille de courte durée plus valorisante. Question archéologie, c’est à l’endroit que j’indique dans la mer des roseaux qu’il faudrait retrouver, éventuellement, les traces des chars égyptiens tombés dans les embuscades des Hébreux ; également la trace de leurs campements successifs sur la voie côtière ???Pour en revenir à Gergovie et à Bibracte, il est très regrettable que MM Vincent Guichard et Matthieux Poux m’aient envoyé sur les roses quand j’ai essayé d’engager le dialogue avec eux.


  • Emile Mourey Emile Mourey 9 décembre 2023 12:48

  • Emile Mourey Emile Mourey 9 décembre 2023 16:00

    @Rinbeau

    Je viens de lire votre pièce jointe concernant les thèses de M.Shlomo Sand ; je rève ! Un repeuplement d’origine africaine ? et pendant ce temps, je perd mon temps à parler dans le vide sur les esséniens qui vivaient dans la mémoire de leur histoire et de leurs textes. Ce monde est devenu fou et n’importe qui écrit n’importe quoi. A suivre. 


  • Rinbeau Rinbeau 10 décembre 2023 08:55

    La plus ancienne bible Hébraïque du monde date du 10ème siècle. (moyen Age) !

    Prenant en considération les faussaires de toutes les époques, les copies de copies de copies de copies nécessaires pour que ces textes parviennent jusqu’au moyen Age, nous nous rendons compte que la bible hébraïque a pu être écrite et modifiée certainement à de multiples reprises à n’importe quelle époque !

    On ne peut qu’être très prudent avec tous les écrits historiques.. Et l’Archéologie moderne en Judée ne confirme pas l’historicité de cette région !


    • Antenor Antenor 10 décembre 2023 11:11

      @ Rinbeau et Emile

      Le travail de Shlomo Sand n’est pas dénué d’intérêt mais évoque surtout l’Antiquité tardive et le Moyen-âge. Je serais d’ailleurs curieux de savoir ce qu’il pense du cas des Aedui de Cabillo. La plus ancienne version connue de la Bible est la Septante grecque initiée au 3ème siècle avant J-C. Elle ne présente pas tellement de différences avec les version hébraïques ultérieures. Ce sont plutôt les conditions de transmission durant les périodes antérieures qui posent question.

      En cherchant à la bonne période, les archéologues ont trouvé des traces de l’Iliade et pourtant le texte homérique a été transmis à l’oral pendant des siècles. Ce qui signifie que même si une bonne partie du récit biblique a également été conservé à l’oral durant une longue période, cela n’empêche pas que les évènements qu’il narre soient relativement exacts. Le texte de l’Exode fait écho à deux évènements historiques majeurs : la fin des Hyksos et l’explosion du Santorin.

      Tentons une synthèse en croisant les sources :

      La dix-septième dynastie égyptienne, originaire de Thèbes, entre en conflit avec les Hyksos venus du Levant et qui dominent une bonne partie de la Basse-Egypte. Il s’agit du premier pharaon de l’Exode qui n’a pas connu Joseph. Moïse nait à cette période. D’après Manéthon (Contre-Apion), il était prêtre à Héliopolis et s’appelait Osarseph. Les causes diffèrent selon Manéthon et l’Exode mais Moïse est exilé.

      Durant cette longue période, un nouveau pharaon apparaît. La vie devient de plus en plus dure pour les Hébreux. Il s’agit d’Ahmosis, premier roi de la dix-huitième dynastie. Chute d’Avaris, siège de Sharuen. C’en est fini de la puissance hyksos. Mais « Dieu » entend la souffrance d’Israel. Il fait monter Moïse à l’Horeb et lui montre un buisson ardent. Beaucoup pensent que ce buisson ardent est le panache du Santorin entré en éruption.

      Or, un texte appelé « Stèle de la Tempête » et daté précisément du règne d’Ahmosis évoque un phénomène météorologique hors du commun. Les fameuses plaies d’Egypte trouveraient également leur explication dans cette éruption d’une intensité exceptionnelle. Moïse retourne en Egypte et menace le Pharaon.

      Un autre témoignage majeur de l’époque est le tombeau du soldat Ahmes, fils d’Abana à El Kab où est résumé l’essentiel de sa carrière. Le dernier évènement militaire du règne d’Ahmosis est la révolte d’un certain Tetian. Chez Chaeramon (Contre-Apion) Moïse s’appelle Tisithen. Evidemment à El Kab Pharaon est vainqueur, sauf qu’il n’apparait plus dès le paragraphe suivant.


    • Rinbeau Rinbeau 10 décembre 2023 13:06

      @Antenor

      Attention la septante grecque tire sa datation par des analogies de compositions à de multiples autres textes datant du moyen Age et dont on nous dit que celui-ci daterait du 3ème siècle av JC où du 1er siècle avant JC ! Mais aucun originaux de ces époques ne nous sont parvenus puisque les encres utilisées s’effacent de toute manière au bout de quelques siècles seulement.. Beaucoup de livres datant du moyen Age (12 et 13ème voire 14ème siècle) sont systématiquement restaurés à cause de cela ! 
      Aucune datation scientifique n’a été effectuée et je suis certains que nous trouverions des résultats moyenâgeux..  


    • Rinbeau Rinbeau 10 décembre 2023 14:10

      @Antenor

      En cherchant à la bonne période, les archéologues ont trouvé des traces de l’Iliade

      Que penser de cette représentation de l’Illiade et l’odyssée datant du moyen Age conservée à la BNF dont la scène est complètement moyenâgeuse ( créneaux armures vêtements etc..) 
      A comparer avec une représentation de 1830 un peu plus bas de l’iconographie antique telle qu’on se l’imagine aujourd’hui..
      Ma fille qui est Archéologue me disait il y a peu, décidément tous les témoignages que nous possédons des temps anciens sont moyenâgeux en fait..


    • Antenor Antenor 16 décembre 2023 18:32

      @Rinbeau

      Le texte de César qui nous est parvenu est une copie de copie. Le récit de La Guerre des Gaules devrait donc systématiquement se plier aux interprétations que font les archéologues des vestiges découverts qui eux sont des témoignages directs ?

      Certains détails du récit de l’Exode pointent vers -1500 mais le texte est une copie de copie. Sur la base d’éléments discutables (le nom de Pi-Ramses et l’absence des Egyptiens dans le Livre des Juges), on cherche des traces archéologiques vers -1200 et on ne trouve rien. Qu’en conclure ?

      @ Emile

      Quand Héliopolis s’est réconciliée avec les Thébains, les Hébreux sont repassés sous le parapluie égyptien.

      Les « conquêtes » de Josué ne s’expliquent que dans le cadre plus large de celles de Thoutmosis I. Je me demande même si en envoyant les rescapés des Hyksos à la conquête de Canaan, Héliopolis n’a pas été tenté de se servir des lépreux comme « arme bactériologique anti-cananéenne ».

      Au sujet des Eduens : non seulement aedui c’est iudea à l’envers mais en plus cabillo est l’anagramme phonétique de iacob. Le problème est l’absence de textes quant à l’implantation judaïque en Gaule. C’est à se demander si ce ne sont pas des mercenaires gaulois revenus d’Orient qui ont développé d’eux-mêmes en Gaule une sorte de judaïsme « païen ». Un peu comme le mithraïsme à Rome.


    • Emile Mourey Emile Mourey 17 décembre 2023 01:32

      @Antenor

      Vous dites : Le problème est l’absence de textes quant à l’implantation judaïque en Gaule.
      Pas sûr ? La censure a dû passer par là. Les débuts de notre histoire civilisée ne s’expliquent, à l’évidence, que par une forte immigration cananéenne par le port de Chalon et non par des hommes incultes descendus du Morvan. Les témoignages sculptés ou peints sont là, mais aussi écrits...:6000 esséniens victimes de la répression d’Alexandre Jannée (cf Flavius Josèphe) sont accueillis en Gaule dans des villes déjà judaÏsées etc...Le protévangile de Jacques et ses variantes annonçant la naissance d’un sauveur a très certainement èté écrit dans la colonie juive de Chalon.
      Au Vème siècle avant J.C., Hérodote écrit qu’au-delà des colonnes d’Hercule - donc, en abordant la Gaule par la côte atlantique après avoir franchi le détroit de Gibraltar -, on trouve les Kinèsioi, qui sont, à l’Occident, le dernier peuple d’Europe. Tout de suite après eux - donc à l’est - se trouvent les Celtes (de Bibracte/Mont-Saint-Vincent et de Chalon/Nuria). Or Kinèsioï est un mot très proche de Kinneret, première capitale et plus ancienne ville du pays de Canaan située à l’extrémité sud du lac de Galilée. Déduction/hypothèse : une colonie cananéenne en Auvergne, à Gergovie au Crest, à quelques kilomètres au sud de Clermont... Une colonie cananéenne (celte) en Bourgogne, à Mont-Saint Vincent/Bibracte et Chalon... Deux cités avec forteresses qui dominent une Gaule naissante... bien avant l’arrivée des Romains.


    • Antenor Antenor 22 décembre 2023 21:37

      @ Emile

      Au IIème siècle avant J.C., Polybe évoque les Gaulois Ardyens au Nord de la Vallée du Rhône. Les Ardyens seraient donc devenus les Eduens vers la fin de ce siècle. Peut-être que Cabillo s’appelait auparavant Caballo. Les auteurs ultérieurs parlent parfois des Eduens pour les époques plus anciennes mais c’est un anachronisme. Un peu comme si on parlait des Français au lieu des Francs à l’époque mérovingienne.


    • Emile Mourey Emile Mourey 22 décembre 2023 22:26

      @Antenor

      Peut-être ou probablement.


  • Emile Mourey Emile Mourey 10 décembre 2023 16:19

    @Rinbeau et Antenor

    Vous dites : Nous savons par exemple aujourd’hui que Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Egypte et les conduire vers la «  terre promise  » pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci… était aux mains des Egyptiens.

    Le travail de Shlomo Sand n’est pas dénué d’intérêt.

    Oui, tout cela n’est pas en contradiction. Mais force est de reconnaître que nous avons là dans cette Egypte ancienne une civilisation qui mérite qu’on essaie de la comprendre. Je ne suis pas égyptologue mais les textes sont là et s’expliquent à condition de faire un effort pour les déchiffrer dans le contexte et la logique de l’époque.

    Avant la pérégrination de Moïse, bien sur que le pays était habité, bénéficiant probablement du « parapluie » égyptien. Il n’y a rien d’invraisemblable ni de volontairement caché. Il y a bien eu une épidémie de lèpre en Egypte. Des prêtres d’Osiris ont bien été contaminés. Il y a bien eu troubles et soulèvement. Moïse étaient prêtres d’Osiris contaminés avant de prendre le nom de Moïse. Pourquoi les scribes hébreux l’auraient-ils spécifié s’il y avait honte à cela ? Je crois qu’Il est seulement dit que son visage brillait (?)quand il redescendait de la montagne après avoir reçu les tables de la Loi.

    Je serais curieux de savoir comment le mot a été traduit dans les textes qui ont suivi. Je crois me rappeler que dans une traduction française, son visage rayonnait. Dans les enluminures, son visage lance des rayons. En réalité, les scribes hébreux n’ont pas voulu le dire, le groupe de prêtres avait leurs visages couverts d’un voile, des visages déformés par la lèpre.


  • Emile Mourey Emile Mourey 10 décembre 2023 17:40

    @ Rinbeau et @Antenor

    Jamais, j’aurais écrit sur la Palestine, les Hébreux, Moïse etc... si je n’avais pas acheté un château de Taisey qui courait à la ruine. Et même, j’ai été assez fou pour acheter ensuite la tour voisine qu’un marchand de biens voulait vendre à un antiquaire... mauvaise affaire car il est clair que les maires que j’ai tenu informés de mes travaux de recherche les ont bien compris mais font l’omerta en espérant reprendre l’affaire à leur compte. La société est ainsi... la persistance à vouloir placer nos anciennes capitales gauloises sur de faux sites est un scandale absolu.

    Et pourtant : l’oppidum de Mont-Saint-Vincent que j’identifie à la véritable Bibracte ne reprend-il pas exactement l’enceinte de la ville de Troie ? Les tracés au sol de la tour de Taisey, des fossés de défense, encore visibles en partie, ne reproduisent-ils pas ceux de Sepphoris, l’ancienne capitale des Juifs ?

    Conformément à la loi, j’ai signalé la présence de vestiges dans les fossés encore visibles en espérant que des fouilles archéologiques y soient faites. J’ai expliqué la grande bataille des champs catalauniques en la localisant sur le site au pied de la tour. Et pendant ce temps-là, les archéologues se ridiculisent en redécouvrant Gergovie sur une position secondaire et une Bibracte sur un site boïen.


  • Emile Mourey Emile Mourey 27 décembre 2023 19:36

    @rinbeau et @ Antenor

    Exode, 17, 8-16 :

    08 Les Amalécites survinrent et attaquèrent Israël à Rephidim ...

    09 Moïse dit alors à Josué : « Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline...

    16 Et il dit : « Puisqu’une main s’est levée contre le trône du Seigneur, le Seigneur est en guerre contre Amalec, de génération en génération.  »

    Bible chrétienne avec commentaire : Moïse, figure de Jésus, Je rêve !


  • Emile Mourey Emile Mourey 27 décembre 2023 19:58

    @Rinbeau et @ Antenor

    Dans mon ouvrage « Dieu caché », je donne une version différente. Le problème vient d’une possible réécriture des textes qui nous sont parvenus, pour leur donner un sens orienté faisant apparaître Moïse, son nom, beaucoup plus tôt. A l’origine, les Hébreux étaient probablement des prêtres Hyksos.


  • Jean-Pierre Picandet 4 janvier 21:44

    Espérant vous lire encore souvent ici, nous vous adressons tous nos vœux de bonne santé et de bonne année pour 2024, Monsieur Mourey


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