vendredi 9 février - par rosemar

Pour redécouvrir Victor Hugo...

 

JPEG Victor Hugo : un des auteurs les plus célèbres de notre littérature... on connaît ses romans, nombre de ses poèmes, mais que sait-on de l'homme, de cet écrivain si renommé ?

Agnès Sandras porte un regard nouveau sur cet auteur qui a été déjà décrit dans de nombreux ouvrages.

Dans son livre, Victor Hugo, Le forçat des Lettres, elle répond d'abord à un défi d'éditeur : quand on lui a proposé d'écrire sur Victor Hugo, elle a eu envie de relever le défi.

"Ce qui m'a intéressée, c'était ce que propose cette collection, une collection qui est un partenariat entre Perrin et la Bibliothèque nationale de France, elle a recours à toute l'iconographie que peut posséder la BNF, à tous les manuscrits, les photographies, etc. parce qu'il y a un fonds Hugo absolument somptueux.

C'était là le premier défi absolument génial : faire une biographie illustrée de Victor Hugo, ce qui n'avait jamais été fait jusqu'à ce jour.

Il existe un Victor Hugo que tout le monde ne connaît pas : c'est quelqu'un qui dessine, qui peint de manière fabuleuse... et je trouve que c'est équivalent à la force de ses romans, c'est vraiment un homme multi-facettes, capable de tout faire...

Comment un écrivain travaille ? On s'imagine souvent le romantique inspiré, en train de se balader et tous les poèmes lui arrivent, non ce n'est pas du tout comme ça.

Victor Hugo, c'est certes quelqu'un qui a beaucoup d'imagination, mais c'est aussi quelqu'un qui travaille ses poésies, ses romans. Quand il écrit des discours politiques, il prévoit jusqu'aux interruptions de la Chambre, et il prévoit jusqu'à ce qu'on va lui dire...

Ce qui m'a intéressée, c'est de montrer Victor Hugo en train de travailler... il travaille ses alexandrins, et en revanche, dans ses dessins, dans ses peintures, il se laisse totalement aller à son inspiration, aux matériaux qui lui tombent sous la main... ses peintures révèlent une part assez sombre, il faut dire que ses dessins sont pour la majorité des dessins d'exil.

Victor Hugo a été obligé de s'exiler en raison de son opposition à l'empereur Napoléon III, il pensait que ça durerait quelques années, en fait, ça a duré 20 ans !

Même si les îles de Jersey, de Guernesey sont fabuleuses, 20 ans loin de Paris, loin d'une partie de sa famille, loin de ses amis, c'est vraiment très compliqué et par conséquent, il y a une part tourmentée, une inspiration tourmentée.

C'est Hugo qui dessine la couverture de la pièce Les Burgraves, il a dessiné aussi pour les décors des pièces, il a des idées pour les décors, pour les costumes.

 

Victor Hugo, c'est aussi quelqu'un qui construit son image, il a absolument envie de passer à la postérité, c'est pour cela qu'il est le premier écrivain à léguer son fonds à la Bibliothèque Nationale de France, et les écrivains par la suite vont l'imiter.

Donc, il va construire sa maison de Guernesey de manière à ce que ce soit une pièce de théâtre... on rentre, c'est tout sombre en bas, ça ressemble à Notre Dame, on monte les étages et cela devient absolument fabuleux : c'est éclairé, c'est plein de lumières.

 

Il y a une autre facette de Victor Hugo : c'est quelqu'un qui ne donne pas toutes les clés de son inspiration et de son écriture. En fait, très peu de gens l'ont approché dans ce travail d'écriture.

Il y a peut-être son petit fils qui a un peu pu voir, Juliette, sa maîtresse, forcément à certains moments, mais pour les autres personnes, la porte est fermée, et on ne saura pas comment il écrit.

Juliette Drouet est absolument indispensable à son inspiration, elle meurt deux ans avant Victor Hugo, elle l'a accompagné pendant 50 ans, et à partir du moment où Juliette Drouet meurt, Victor Hugo n'écrit plus de choses nouvelles. Il va juste trier ses documents, ses manuscrits, il ne peut plus écrire.

 

Juliette Drouet lui écrit tous les jours, c'est lui qui l'exige et elle va avoir un oeil très affûté sur ses manuscrits, puisque c'est elle qui les copie tant qu'elle le peut. Juliette est de très bon conseil... c'est elle qui va lui dire quand ils sont à Jersey et Guernesey : " *Dis-donc tu avais commencé à écrire un livre qui s'appelait Les Misères, c'était vraiment bien, moi j'aimais bien Les Misères, pourquoi tu le continues pas ?"

Et ce sera évidemment Les fameux Misérables qui nous sont arrivés grâce à Juliette... c'est Juliette qui va convoyer les manuscrits entre la France et les îles Anglo-Normandes, parce qu'évidemment la police surveille Victor Hugo. Donc, nous devons énormément de choses à Juliette Drouet.

 

Avant l'exil, Hugo va dans les salons littéraires, il est à la cour, lors de son exil, quelques journalistes viennent le voir mais ils ne peuvent pas être très nombreux, bien entendu, car ils sont surveillés par la police impériale, dans la troisième partie de sa vie, Hugo est une star, puisque les journalistes vont essayer de guetter la moindre de ses apparitions et les gens aussi... Lorsque Victor Hugo va à la plage en Normandie, des gens viennent lui demander des autographes. Donc, c'est une vraie star...

Dans son enfance, tout n'a pas été linéaire pour lui, il a connu quelques vicissitudes avec des parents qui n'ont pas forcément été très présents pour lui. Il naît pendant les guerres napoléoniennes, de deux parents qui se déchirent, son père est général d'empire et le petit Victor Hugo va se retrouver sur les routes au fur et à mesure des dissensions entre ses parents, sa mère vient voir son père, repart avec les enfants, puis son père lui impose à Madrid de rester dans un collège pendant plusieurs mois.

Hugo a dû fabriquer quelque chose avec l'écrit, la lecture pour se sortir de cette situation compliquée pour un enfant.

On appelé Victor Hugo le grand-père de la France pour deux raisons, d'abord Hugo a écrit un recueil extrêmement attendrissant sur l'art d'être grand-père qui est consacré à ses petits-enfants, parce que son fils était mort et qu'il a dû s'occuper de l'éducation de ses petits-enfants. Et c'est un grand-père très laxiste avec ses petits-enfants, et c'est une révolution sociétale... c'est plus qu'un grand-père parce qu'à l'époque ils étaient sévères. Tandis que pour Victor Hugo, s'ils ont le doigt dans le pot de confiture, lui trouve cela ravissant...

Et cela va entraîner une révolution sociétale : on va considérer les petits enfants de manière différente grâce à Victor Hugo.

Victor Hugo est considéré comme celui qui a permis le legs de la République et cette naissance de la III ème République, c'est un choix pour les Républicains qui est très facile de se dire : qui on pourrait choisir comme figure tutélaire ? Eh bien, il y a ce vieux monsieur qui a 80 ans, qui se définit comme un grand-père et qui a travaillé à cela.

Si vous regardez les photographies, vous avez Victor Hugo qui s'est laissé pousser la barbe, qui s'est taillé les cheveux, c'est un charmant grand-père et il devient le grand-père de tout le monde..."

 

http://editions.bnf.fr/victor-hugo-0

https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/jeanne_fait_son_entree

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/poeme-du-jour-avec-la-comedie-francaise/jeanne-fait-son-entree-et-georges-et-jeanne-deux-poemes-de-victor-hugo-5891704

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2024/01/pour-redecouvrir-victor-hugo.html

 

Vidéos :

 



36 réactions


  • charlyposte charlyposte 9 février 16:40

    LOL smiley


  • S. Lampion S. Lampion 9 février 17:25

    après les clichés, les lieux communs et la platitude mièvre, Rosemar découvre l’adverbe « absolument » :

    "absolument somptueux."

    "absolument génial"

    puis « absolument envie »

    "Juliette Drouet est absolument indispensable "

    bon, et pis après, comme d’hab, on se farcit les superlatifs et qualificatifs inutiles : fabuleuses,

    on a même droit à une synthèse de ses tics : " cela devient absolument fabuleux : c’est éclairé, c’est plein de lumières."


    Rosemar, c’est absolument somptueux et fabuleusement génial, on ne s’en lasse pas : on se sent tout de suite intelligent quand on la lit.



    • amiaplacidus amiaplacidus 9 février 17:37

      @S. Lampion

      On regrette vivement que Flaubert soit décédé, il aurait pu donner des leçons de stylistique à Rosemar.

      Quoique, même un Flaubert n’est pas tenu à l’impossible.
      .
      Je ne sais pas si mon style est bon ou mauvais. Mais, j’ai une excuse : je ne suis pas prof de français, même pas un littéraire.


    • rosemar rosemar 9 février 17:58

      @amiaplacidus

      Je fais que reproduire les propos de celle qui a écrit ce livre sur Hugo : c’est du style parlé, sans recherche de style...


    • amiaplacidus amiaplacidus 9 février 18:10

      @rosemar

      Rappelez-moi, comment appelle-t-on le fait de signer un texte dont on n’est pas l’auteur ?

      Ah oui, cela me revient, du plagiat.


    • rosemar rosemar 9 février 18:18

      @amiaplacidus

      Les guillemets, vous connaissez ? Et avez-vous lu l’introduction de l’article ?


    • rosemar rosemar 9 février 19:18

      @amiaplacidus

      Il faut apprendre à lire...


    • rosemar rosemar 9 février 22:31

      @rosemar

      je corrige : je ne fais que reproduire...


  • amiaplacidus amiaplacidus 9 février 17:30

    « Le plus grand poète français ? Victor Hugo, hélas. »

    André Gide


  • sophie 9 février 18:38

    Victor Hugo pour les nuls en 19 lignes, il mérite eu moins 5 articles....


  • LeMerou 9 février 19:33

    @Rosemar

    Bonsoir

    « 20 ans loin de Paris »

     smiley Pardonnez moi, mais ce n’est pas mortel, plutôt bénéfique même.


  • pasglop 9 février 19:34

    Victor reviens, le taux de natalité est en berne !


  • Géronimo howakhan Géronimo howakhan 10 février 05:28

     THIS WORLD IS JUST AND ONLY WHAT WE HAVE BECOME AND ARE.
    This is not at all a discovery as such, millennia ago as in The lament of Hermes to Asclepius, some 4500 years ago, it is too mentioned « as such » somehow.
    For my own life at the present time it is a re discovery and during such 4500 years nothing deep in us has changed..we still try to run away from life because to be born means to die..this is an effect of something else deeper hidden in us..
    Why say we ? because the global intention comes first, what say the crooks at the top ? the sum of all egotistic intentions gives the global..
    The shadow does not create anything at all, but just sort of pale copy and paste the little it perceives of the real light and uses it the other way round , The Pale Horse..
    We, human are , of course, the ultimate origin of human disaster.
    The so called free will, which I question for myself is part of it, somehow.
    People somehow rejecting all sort of Ultimate Origin, say that it is the fault of the Ultimate Origin !!
    It is only a snowball effect of choices when the crooks we created and allowed to be so at the top say : this is the nature of things..

    and of course at the practical levels we all created that by simply not cooperating with equity , of course this is not the root cause, it is too an effect of something very wrong in our brain-mind, after we deliberately took a very wrong mental turn , very well shown in Adam and Eve text, which, as an hermetic text, has many levels of understanding, the one thought, the intellect, the logic, science etc can eventually understand is of no interest at all.

    At no point we consider it to be what it is, which is a fact.
    SO THE MAN-MADE DISASTER MUST GO ON ? I Indeed for now yes, IT IS A CHOICE...our global choice..
    And inside us ,the origin of mankind disaster, for millennia ,is in the totalitarism of one process over our entire psyche.
    This is preventing all our other capacities, which are not turned on at birth whatever the reasons are, to turn themselves on when the time for that has come.
    There is not human awakening at all so far, some, me , you, them, are just starting to realize the horror we cretaed or support in any possible ways ....nothing more, simply because now it cannot be hidden anymore.
    One must start somewhere, this is where we are..only looking for scapegoats so far and just realizing that perhaps something is very wrong, but it stops there.
    Not me say we all, ..when our main choice of competition, which eliminates so is war and all of it, competition between us, is only producing what it must, and can, nothing else !! indeed nothing less and nothing more..
    As long as we search for vengeance we , the self proclaimed good people are doomed as well as the top crooks. are !

    Neverthless all idsas it must be so is fine, well, according to our choices..

    me is never wrong....


  • Fergus Fergus 10 février 09:39

    Bonjour, rosemar

    Et pas un mot sur les meubles  assez délirants  que construisait Hugo.

    Pas un mot non plus sur les  non moins délirantes séances de spiritisme auxquelles il s’adonnait.

    Cela dit, je suis un grand admirateur d’Hugo littérateur. Du moins de ses romans car, à de rares exceptions près, sa poésie me paraît trop souvent ampoulée, ce qui ne l’a pas empêché de produire quelques textes magnifiques que je prends plaisir à relire de temps à autre. Quant à son théâtre, je le connais mal.

    Un admirateur également de l’homme politique qui, loin de s’enfermer dans le confort intellectuel de ses certitudes, a su faire évoluer sa pensée et son engagement pour aller toujours plus dans le sens de l’humanisme après avoir initialement servi avec zèle a cause de la monarchie.

    C’est avec un très grand intérêt que j’ai visité sa maison de la Place des Vosges ainsi qu’Hauteville House à Guernesey


    • rosemar rosemar 10 février 11:02

      @Fergus

      Agnès Sandras évoque ces séances de spiritisme dans la vidéo n° 3 à 3 minutes 23 secondes...


    • Fergus Fergus 10 février 11:11

      @ rosemar

      OK. Merci
      Un mot sur les dessins d’Hugo. Comme vous, je les trouve d’une très grande force expressive, et cela le plus souvent en quelques traits de crayon ou de fusain


  • Brunehaut 10 février 10:48

    Victor Hugo incarne aussi un humanisme que d’aucuns ont dénoncé comme naïf. Les délinquants ne sont pas tous des malheureux excusables a priori : la pègre, la vraie, existe, sans compter les criminels sans pitié ni aucune conscience morale. Ce versant sombre de l’humanité, il l’a ignoré. 

    Suffit-il réellement, comme il l’a affirmé, d’ouvrir des écoles pour vider les prisons ? 


    • Fergus Fergus 10 février 11:10

      Bonjour, Brunehaut

      « Ce versant sombre de l’humanité, il l’a ignoré »
      Non, c’est faux. Relisez L’homme qui rit ou Les misérables (bande Patron-Minette), entre autres.

      « Suffit-il réellement, comme il l’a affirmé, d’ouvrir des écoles pour vider les prisons ? »
      Non, cela ne suffit pas. Mais le fait que des personnes éduquées et, de ce fait, capables de s’insérer dans la société en exerçant des métiers, sont moins inclines à entrer dans la délinquance et la criminalité pour s’assurer des moyens de subsistance ! 
       


  • Brunehaut 10 février 11:26

    Pourtant, des hommes qui ont fait, au Goulag, l’expérience de la radicalité du Mal lui reprochent sa foi rédemptrice dans l’humain et la conception d’une justice de l’auteur qui en découle ( avec la mort de Badinter, le débat est d’actualité ).

    Pour l’école, je suis bien d’accord. Mais tout dépend des contenus de l’enseignement ...


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 février 13:18

    Hugo me fait toujours plus aimer Balzac.


  • xana 10 février 15:11

    La prose de rosemar sur Hugo me rappelle ce que disait Cyrano : « J’ai cru voir sur une rose monter une limace »


    • Fergus Fergus 10 février 16:16

      Bonjour, xana

      Critiquer la prose des autres n’a de valeur que si l’on prend le risque d’exposer la sienne à la critique !
      Où sont vos articles ???


  • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 12 février 23:35

    On appelé Victor Hugo le grand-père

    => On appelait... est plus conforme aux règles en vigueur dans les lycées.

    Vous nous avez habitué à mieux. D’ailleurs le « On » à lui seul est une erreur de style de même que les multiples « il y a ».

    Mais sur le fond ma critique sera encore plus sévère. Peut-on parler de la vie de Victor Hugo sans évoquer son parcours politique qui l’amène à passer radicalement de la droite à la gauche ? Il a appelé à la répression contre certaines manifestations des « misérables » avant de se tourner résolument en leur faveur.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 13 février 14:40

      @Jean Dugenêt
      J’ai peut être fait des erreurs parce que votre texte est difficile à lire. Des guillemets sont ouverts et se referment de temps en temps. Il est difficile de savoir où précisément. Nous percevons mal ce qui relève de votre production et ce qui n’est que des citations.


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