mardi 9 août - par Réflexions du Miroir

Faits divers entre Belges, une fois

Toujours dans l'esprit vacances et "L'été léger"...

J'ai demandé à Don Quichotte de me parler de sa ville : Verviers.

C'est une ville où je n'ai jamais mis les pieds.

Je connais très bien Bruxelles pour l'avoir traversé de long et en large à pieds, en jogging ou à vélo.

"Réflexions du Miroir" en parle souvent.

J'ai écrit des billets sur ses communes périphériques : SchaerbeekEvereMolenbeekAnderlechtSaint-Josse-ten NoodeBruxelles centre...

Quelques textes sur AnversGandMonsMalinesKnokkeLa HulpeHasseltBruges ont reçu quelques lignes..

Mais pas encore Verviers.

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- Bonjour Don Quichotte. La ville de Verviers est très différente de Bruxelles, non ?

- Je ne comprends pas sur quelle base factuelle tu affirmes que Verviers serait si différente de Bruxelles ??? 

- Je suis passé sur Wikipédia pour me rendre compte de ce que cette ville avait dans le ventre. Verviers (en wallon Vervî, en allemand vieilli Velwisch) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement en province de Liège, à l'extrémité est du sillon industriel. L'agglomération verviétoise urbaine compte environ 85.000 habitants et est la deuxième ville la plus peuplée de la province après Liège, ce qui en fait l'une des dix villes les plus importantes de la région wallonne. Il y a aussi le site de Verviers qui semble dire que la ville se modernise.

- Ta suggestion de consulter Wikipédia pour apprendre ce qui ou quoi est factuel à Verviers fait partie de l’illusion Wikipédia ! Donc j’ai consulté ce Wikipédia au sujet de Verviers… La seule information correspondant à la « réalité » est le nombre d’habitants et la liste des anciennes communes qui depuis, font partie de Verviers. 

Pour le reste il n’y a rien, vraiment rien comme trop souvent chez Wikipédia.

Il n’y a plus de cinéma depuis au moins 20 ou 30 ans alors qu'ils sont toujours repris par Wikipédia. Il n’y a plus de théâtre depuis au moins 10 ans. 

Les rues commerçantes mentionnées par Wikipédia, n’existent pratiquement plus depuis une vingtaine d’années. Ce sont des dépotoirs qui puent la pauvreté extrême. Sauf les rues du Brou et de l’Harmonie qui ont été rénovées, il y a environ 5 ans. Mais seuls 2 magasins « historiques » de qualités subsistent dans ses rues. Il fait sale, les vitrines sont désertes, les bancs en bois ont été retirés parce que certains passaient leur temps libre à les détruire. Les inondations ont malheureusement achevé la ville. Vraiment du grand n’importe quoi sur Wikipédia. La réalité n’est certainement pas l’image donnée par Wikipédia. 

Wikipédia est très utile pour apprendre si Montélimar est au Sud ou au Nord de Valence. Ou connaître l’année de la mort de Victor Hugo. Wikipédia mourra de sa belle mort à mon avis.

- Sur Wikipédia, on trouve toujours le passé, le présent et l'espérance d'un avenir donné pour exprimer une situation donnée à un moment donné. L'histoire, c'est en partie le rôle de Wiki en plus de chiffres qui sont parfois obsolètes dès qu'ils sont introduits sur Wiki. Seul site gratuit, il est mis à jour par les citoyens avec le risque d'introduction de fausses nouvelles ou de propagandes. C'est encore pire avec une encyclopédie papier puisqu'avant qu'elle ne paraisse, tout a changé depuis longtemps. Il faut parfois se limiter et se résigner à un style de couverture médiatique du style "untel a dit ceci", "untel a dit cela" au point d'en plaisanter. Le débat fait rage pour discuter et choisir la forme de la Terre, ronde ou plate. Aujourd'hui, écrire un article contradictoire, en passant au crible les affirmations, c'est prendre le risque de prendre du bois vert en s'attirant toutes les variantes houleuses venues de gauche et de droite au bord de l'explosion. Il n'y a plus aucun débat. Le débat est devenu un combat d'arrière-garde entre des acteurs qui ne se connaissent pas, dans lequel tous les coups sont permis pour influencer le plus perplexe, le plus hésitant et le plus déséquilibré. Il suffit pour cela de donner une formule à l'opinion de la galerie populiste et pour, secrètement, penser pouvoir s'accrocher à la sacro-sainte audience. C'est pour cela que je reste en retrait de la politique dans mes écrits en recherchant la seule originalité du propos et me foutant de l'audience comme de ma première chemise.  

 Avec ce que tu réponds, je pourrais y ajouter de la musique de la Muette de Portici qui a été le signal de la révolution belge en 1830. Nous n'en sommes plus là. Je ne cherche pas à caricaturer. Je vis comme toi à la même époque mais avec une différence d'approche et d'appréciation en fonction de paramètres variés de concepts. Je n'ai pas l'habitude d'avoir une gueule aigrie en permanence, alors j'utilise l'humour caustique.

- Le nombre de nationalités différentes à Verviers est similaire à celui de Bruxelles. Quant aux autres réalités que nous les habitants de Verviers et sa région connaissons et connaissons est bien différente de la réalité Wikipédia. En lisant Wikipédia tu n’as absolument rien appris. Quant à moi j’ai appris que tout cela est bien inutile. Tu écris que Verviers se modernise. Il est vrai que suite aux inondations beaucoup d’argent est disponible pour réparer et encore réparer. 

Mais à Verviers comme partout ailleurs, il n’y a pas de travail pour la plupart des 120 nationalités. Il n’y a presque plus de travail pour les travailleurs manuels. Les écoles n’ont plus les moyens de former ni d’éduquer les jeunes qui devraient devenir les travailleurs de demain. Les usines ont été transférées vers des régions d'Asie, d'Afrique, de Russie, encore plus pauvres dirigées par des régimes très rudes. Le capitalisme adore les régimes qui mettent les travailleurs en condition les plus précaires possibles. Et soudain, quelle surprise, nos dirigeants économiques et politiques découvrent qu’ils sont devenus tributaires de ces régimes semi dictatoriaux. Pénuries en tous genres, médicaments non disponibles, gaz et pétrole, matériaux indispensables au nucléaire, presque tous les composants critiques nécessaires à l’assemblage des automobiles, etc… Cerise sur le gâteau, la voiture électrique est LA solution à 100.000€ mais dont les batteries et plus, sont fabriquées en Asie. C’est du grand n’importe quoi. Et pendant tout ce temps perdu les villes meurent. La violence est quotidienne. La pauvreté qui est son corollaire est omniprésente. Les USA nous ont montré tout ce qu’il ne faut pas faire en terme de communautarisation, en terme de transfert de nos unités de productions. Donc nous avons fait pareil, je suppose pour confirmer par l’absurde que ce n’est pas la solution. Ceux qui osent penser que tout est économique font preuve d’un amateurisme qui dépasse l’entendement. C’est peut-être de la stupidité mais j’espère que non, que l'on retourne au bon vieux 19ème siècle voulu par certains et je suis convaincu que oui. La ville est devenue le lieu de concentration de toutes ces conséquences désastreuses. La solution est le déménagement parce que vivre en société n’est pas ou plus économique. L’autre solution à l’américaine est d’autoriser le port des armes pour se défendre contre l’autre qui est différent, qui n’a plus de travail, qui doit survivre dans un monde de plus en plus communautaire. Mais tout cela tu ne veux pas le voir, ou tu fais semblant, parce que tes intérêts d’aujourd’hui ne te donnent plus le choix. L’histoire se répète lorsque l’on parle de l’environnement. Sujet que tu caricatures parce que c’est contraire à tes intérêts économiques d’aujourd’hui. Lorsque les magasins seront fermés pour cause de pénuries, ton argent ne servira pas à grand-chose sachant que l’environnement n’a pas de frontières. Sans eau potable, c’est la mort, ta mort assurée et la mienne également bien évidement. S’imaginer que la solution à tout cela est la technologie est une vision purement idéologique qui a le gros avantage immédiat que cette excuse est suffisante et nécessaire pour attendre et donc ne rien faire ou pas grand chose ni aujourd’hui et ni demain. La gestion de la situation géo-stratégique après la chute de l’URSS est du même acabit. Tout sauf de la démocratie.

- Quel sombre portrait de Verviers. Les technos vont avoir une influence certaine. La confiance en l'argent sera de plus en plus nécessaire que ce soit à Verviers ou à Bruxelles qui est une ville où tout se recentre capitale et Otan et qui pourrait être plus riche si les navetteurs payaient leurs taxes là où ils travaillent et pas où ils dorment. La richesse dépend de paramètres liés à l'environnement, bien sûr. A quoi servirait un million de dollars dans le désert, si ce n'est de repose tête ou pour payer un verre d'eau ? On pourrait parfaitement ne pas utiliser de l'argent. Il suffirait de faire du troc d'un bien matériel en échange d'un service. Cela ne ferait pas l'affaire de l'Etat qui ne percevrait pas sa dîme dans l'échange. Récemment, j'ai revu un bon vieux film de 1970, "Thelma et Louise". Il montre à quel point la routine, les mauvais choix de profession et de conjoint, on finit par foutre tout en l'air, même sa vie.

 Je t'ai dit, il faut choisir son camp entre la jungle ou le zoo. Pas d'autre extrémité. 

 Pas d'autres manières de vivre.

 Le zoo, c'est recevoir à manger par quelqu'un d'autre au travers de barreaux.

 Libertaire, je choisis la jungle, qui me permet de manger ce que j'ai envie et pas ce qu'on me sert sans demander mon avis.

 Ce sont les animaux qui me donnent une preuve que l'on peut vivre entre prédateurs et proies.

 Mais pour cela il faut ce quelque chose de plus pour se défendre qui n'existe pas chez le commun des mortels et qu'on appelle "intelligence" même si elle est opportuniste aux yeux des âmes bien nées. 

 La nature est très bien faite. Elle existe bien avant les hommes et se terminera bien après nous.

- Comme tu le sais, c’est le reproche principal que je te fais régulièrement. Tu affirmes des avis sur maintes sujets que tu ne connais absolument pas.

- J'en conviens. Je répète. A part, le fait qu'à Verviers, il y a eu des repères de terroristes et qu'en juillet 2021, la ville a été le cadre et la victime d'inondations, je ne connais rien de Verviers. J'espérais que tu me donnerais envie de visiter Verviers pour découvrir autre chose. Je suis déçu.- Je ne comprends pas sur quelle base factuelle tu affirmes que Verviers serait si différent de Bruxelles ? Tu ne sais pas quels sont les changements à peine croyables durant ces 30 dernières années. Non, je ne t'invite pas à Verviers en tant que touriste ? Tu vas te retrouver comme à Bruxelles. 

- C'est pourtant, pour donner envie de Verviers que je t'avais invité à en parler. Je resterai sur ma faim puisque je n'ai pas de patrimoine particulier à y trouver.

- Verviers est exactement à l’image des grandes villes, qu'elles soient belges, européennes ou américaines. Les centre villes sont devenus des territoires hyper précarisés, les pauvres belges et étrangers se retrouvent au centre des villes et occupent des quartiers entiers basés sur leur identité communautaire. Les mafias gèrent ces quartiers laissés à l’abandon par les autorités, par exemple, par la police ou la gendarmerie ont été réorganisées et hyper centralisées. Fini les agents de quartiers qui connaissaient parfaitement la réalité et qui étaient connus des habitants. Le rapprochement des villes, des villages et des communes est une suite logique de la diminution des postes de gestion d'une entité citadine pour réduire les postes de management. Les communes ont été fusionnées dans le seul but de faire « des économies ». Le résultat est que la plupart d'entre elles sont en déficit, le contraire du but poursuivi. Donc encore plus de restrictions budgétaires. Que serait-il passé si la rationalisation des postes de management s'était encore multipliée ? Quand on voit que pour gérer une ville comme New York, là où on espère toujours arriver au risque zéro, qu'il y ait un seul maître à bord ? 

- Mêmes situations aux USA. En France et donc en Belgique. L’appauvrissement est généralisé. L’évasion fiscale est la règle, donc les États n’ont plus les moyens d’organiser la vie en société dans la Ville avec un V majuscule.

Le merveilleux…. de ton Bruxelles est identique à Liège, Charleroi et Verviers.

- Mon Bruxelles garde avec des différences essentielles d'être le siège de la communauté européenne et de l'OTAN. Qu'elle est l'endroit qui voit le plus de lobbies transiter pour y faire des affaires. 

- Nous étions à Bruxelles depuis quelques semaines et mon épouse a été agressée dans les escaliers du métro alors qu’elle avait ma fille de 3 ans dans la poussette.

- Cela ne m'étonne pas trop mais je ne peux en parler car je n'utilise pas les métros. 

- L’ouverture des frontières fiscale, économique et financière a provoqué une déferlante de pauvreté que nous n’avions pas connue jusqu’au années 90. 

Si c’est cela ta modernité alors ce n’est vraiment pas la mienne ! 

Et si c’est cela ta diversité alors tu vas t’en régaler dans ton building, tes rues, ton quartier, etc.

- Je m'en régale déjà. Mais ce sont d'autres impératifs qui m'attirent dans une ville qui ne sont pas liés à l'usage de moyen de transport. Tout est à proximité avec un cadi si besoin pour transporter mes victuailles. On prend vite des habitudes de vie liées à l'usage de la voiture. Rien ne se produit et se construit sans argent. La tendance actuelle est de supprimer tous les avantages extra-légaux comme la voiture de société, les tickets restaurants et tous ces avantages pour éviter les sauts de taxes. Les navetteurs vers Bruxelles devront trouver d'autres moyens de locomotions en partageant la route quand les transports en commun seraient en grève ou que les transits entre eux ne permettraient pas de passer de l'un à l'autre. 

- Ton affirmation d’avoir « choisi » de vivre à Bruxelles me semble quelque peu péremptoire. 

- Elle existe aussi en suivant une raison de confort qui est basée sur les déplacements minimaux. Les trains, les transports en commun sont écologiques mais ne partent pas de la base d'où on part ni n'arrivent pas à destination voulue. Il faut sauter de l'un à l'autre en espérant que les horaires soient respectés et que les grèves ne fassent pas prendre des vacances forcés.

- On choisit très rarement de naître quelque part. C’est l’histoire de sa vie qui fait que nous habitons où nous habitons. 

- Tout à fait. Le rythme de vie en est influencé.

- On peut choisir de changer de ville, de pays ou de quartier. On ne choisit pas l’endroit de vie de ses parents. Il ne s’agit pas de reproche. Il faut seulement apprendre, étudier, comprendre et ensuite expliquer et affirmer ce que l’on a compris. 

- Je ne peux parler que pour l'endroit où je vis et cela peut suffire dans la majorité des cas. Verviers était donc la ville de la laine. Elle ne l'est plus. On y parle plusieurs langues mais on se comprend plus. A Bruxelles, pas question de penser trouver un emploi décent sans une connaissance succincte en trois langues. La laine sert à lier et à tisser. J'espère avoir quelques bouts de laine en image pour agrémenter ce billet.

Samedi matin, j'ai continué la préparation de ce billet pour prouver que Bruxelles est différente. Le photographe qui présentait les gares dans ses photos disait qu'il aimait Bruxelles. Il aime préserver son patrimoine caché dans les gares. J'ai enfourché mon vélo sans électricité ni moteur sous le capot et je suis allé dans le centre de la ville. Là où normalement les touristes ne vont pas. C'est à l'endroit de sa naissance à la rue Haute et les Marolles dont j'avais déjà parlé dans "Le bazar kitch marollien avec Arno" quand j'avais été à la rue Blaes parallèle où tout se vend, tout s'achète, tout se troque sur la place du Jeu de Balles. Un peu moins de monde à certains endroits. Des touristes bien sûr. Des antiquaires pour riches et des magasins de seconde main pour pauvres et des cafés tous bondés. Cafés de rencontre sur tous les sujets à tous les coins. Ils se partagent leur patrimoine personnel et personne ne semble mal dans sa peau. La semaine dernière, je parlais de l'expo de Joost Fonteyn qui disait aimer Bruxelles et voulait en conserver son patrimoine historique. J'ai mitraillé avec mon appareil les magasins et ce qu'on appelle le "Street art" dont j'avais déjà eu l'occasion de montrer par deux manières différentes mais qui surtout doivent montrer quelques différences avec Verviers : BDs sur les murs de Bruxelles et Du tag au tact. Puis, je suis passé une nouvelle fois au Mont-de-Piété pour voir la nouvelle expo. Un artiste avait fait des assemblages de villes belges sous l'angle du futur. Puis, ce fut la statue de Jacques Brel qui rappelait toutes ses chansons à ses pieds. Enfin, je suis redescendu jusqu'à l'enclos de Manneken Pis qui faisait le plein de touristes autour de lui. Et je suis revenu dans mes pénates. 

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Des images actuelles de Verviers manquent pour compléter ce billet. Je n'en ai pas reçu de photos personnelles de Verviers.

Comment peut-on parler de sa ville sans apporter de photos ni de faits divers ?

Google m'en donne ce panorama mais tellement figé.

Wikipédia m'en donne la photo d'un autre siècle.

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Il faut peut-être lire autre chose que du Monde diplomatique. Du belge, une fois, ce serait pas mal. Le magazine Wilfried se lit comme un roman avec le sous-titre "Belgium, a history of violence" pour trouver des faits divers plus intéressants que cette opposition entre deux visions belges. 

Le rédacteur en chef de Wilfried était interrogé ce mardi matin pour rappeler ce que sont nos faits diverspodcast

Le cactus de mardi parlait de l'exode des Bruxellois vers la Flandre et la Wallonie"podcast

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Alors, je vais prendre mon bâton de pèlerin dans un relais de voyageur qui voit sa ville par un petit bout de sa vie quotidienne. 

"Le voyageur voit ce qu'il voit, le touriste voit ce qu'il est venu voir" écrivait G.K.Chesterton

Photos de Bruxelles prises ce samed( lien).

Allusion



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