mercredi 17 août 2022 - par il faudrait

Une rentrée scolaire en 1958

 

Caméléon

 

 Premier jour de classe. Mes parents m’ont envoyé dans un collège catholique de la région, je suis nouveau, au milieu d’une centaine de jeunes du pays, des nouveaux et des anciens qui se connaissaient. Beaucoup d’entre eux venaient des villages voisins et se rencontraient souvent les dimanches ou pendant les vacances sur les terrains de foot. Ils avaient l’habitude aussi, le soir après l’école, de se rassembler à plusieurs, parfois avec des filles, et de batifoler, ou de marauder au temps des cerises. J’ai mis du temps à m’habituer à eux, au début j’étais un peu timide et certains en profitaient pour me taquiner, mais après quelques semaines de classe certains camarades, épatés par mes succès scolaires, recherchaient ma compagnie.

 Le jour de la rentrée, c’est le professeur principal de sixième qui nous a accueillis. Il s’appelait Gérard, et nous enseignera le français et le latin[1]. Puis ce fut au tour de chaque élève de se présenter. Comme j’étais au premier rang, Gérard a commencé par moi : « Quel est ton nom ? --- Léon --- Léon comment ? --- Kamel --- Je cherche sur ma liste... Ah ! j’ai trouvé : Kamel Léon ! » Eclat de rire général dans la classe : « cââméléon ! cââméléon ! cââméléon !…. » « SILENCE ! ». Obéissants et respectueux, les élèves se calmèrent, et chacun à son tour se présenta en indiquant aussi son village d’origine.

 A la fin de l’appel, Gérard profita de l’incident pour nous faire une petite leçon de morale et d’onomastique, appelant les élèves à se respecter les uns les autres, à comprendre et à supporter les différences de cultures et d’habitudes. Il nous a appris ainsi que dans d’autres pays le prénom s’appelait ‘first name’ en Angleterre, donc ‘premier nom’, ou ‘Vorname’ en Allemagne, et, rappelant une règle de formation des mots dérivés, Gérard profita de l’occasion pour donner quelques exemples de mots ayant pour préfixe pré-, avec le sens de ‘ce qui précède’ : la préretraite, la prévision, la préméditation. Très pédagogue, il nous demanda de chercher pour la prochaine heure de français une dizaine de mots formés de la même façon.

 Précisons que, dans tous les actes officiels en France, un individu lambda est présenté dans l’ordre « nom, prénom », alors qu’il ne viendrait à l’idée de personne de parler du célèbre écrivain Hugo Victor ou du président Mitterrand François. En revanche, pour se présenter dans un cadre privé n’ayant aucun rapport avec l’administration, on énonce d’abord son prénom avant le nom de famille.

 Récréation, nous sortons tous dans la cour pour un petit quart d’heure, il se forma d’emblée des petits groupes de garçons[2] qui se connaissaient depuis des années. Je ne suis pas resté seul très longtemps, car la curiosité poussa quelques-uns, plus dégourdis à me demander d’où je venais, où j’allais à l’école l’année dernière, que faisaient mes parents, si j’avais des frères, un autre, un peu plus espiègle, si je n’avais pas une jolie petite sœur. Bref, j’ai eu le sentiment que cette année, on ne s’ennuierait pas.

 La cloche sonna pour la reprise. C’est encore Gérard qui nous précéda dans la salle de classe, et nous annonça solennellement que ce sera notre première heure de latin. Il nous distribua à chacun un manuel d’exercices de latin. A ma question « parlerons-nous le latin à la fin de l’année ? » il répondit avec un sourire que nous n’en serons probablement pas encore à ce niveau. Et c’est parti, avec la première déclinaison, rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosā. Ça paraît facile, c’est même agréable à l’oreille. 

 Une première série d’exercices consistait à apprendre du vocabulaire de noms de la première déclinaison, à leur associer des adjectifs et à traduire des phrases élémentaires, comme "pulchra est rosa", la rose est belle, ou "la jeune fille contemple une rose" traduite en "puella rosam spectat", avec en prime un exemple de verbe du premier groupe, l’utilisation du féminin des adjectifs et la structure d’une phrase latine. Le latin étant nouveau pour nous, il nous fallut apprendre, tout au long de l’année scolaire, des listes de vocabulaire, des noms avec leur déclinaison, et des verbes avec leurs temps primitifs.

 L’usage autrefois était de donner aux élèves, chaque jour, du travail pour la semaine suivante, soit un travail écrit, soit une leçon à mémoriser. Les exigences étaient variables selon les professeurs. Le plus exigeant était le professeur de mathématiques, qui contrôlait non seulement les cahiers de devoir, mais aussi les cahiers de brouillon qu’il était nécessaire de remplir avant de porter au propre les solutions des problèmes.

 La plupart de nos professeurs étaient sérieux et compétents. Certains, plus sévères, étaient écoutés attentivement malgré, parfois, des enseignements moins intéressants, d’autres au contraire nous permettaient, par leur excès d’indulgence, d’organiser d’innocents petits chahuts qui feront longtemps l’objet de nos souvenirs racontés des années plus tard lors de rencontres d’anciens camarades de classe.

 

[1] Dans un collège privé, on pouvait enseigner le latin, comme dans les lycées des villes.

[2] A cette époque les garçons et les filles ne fréquentaient pas les mêmes écoles, collèges ou lycées.



36 réactions


  • jacques 17 août 2022 11:13

    C’est exactement ce que j’ai vécu, merci pour ces souvenirs.


  • Gégène Gégène 17 août 2022 11:17

    « Dans un collège privé, on pouvait enseigner le latin, comme dans les lycées des villes »

    j’étais en collège public en 6° en 1966, et on y apprenais le latin et deux langues vivantes . . .


  • xana 17 août 2022 11:23

    J’ai commencé ma scolarité plus tôt (en 1953) dans un collège catholique.

    Il ne serait pas venu à l’idée d’un professeur de se présenter par son prénom, ni alors ni en 1958. Quant au latin, on ne commençait à l’apprendre que plus tard, vers la sixième, en même temps que le grec d’ailleurs.

    Il est possible qu’il ait existé des différences entre établissements, mais pour moi ces « souvenirs » sonnent faux.


    • jacques 17 août 2022 11:27

      @xana
      Ils sonnent faux, un peu car ils oublient les châtiments parfois très cruels.


    • sirocco sirocco 17 août 2022 18:02

      @jacques
      « ...ils oublient les châtiments parfois très cruels. »

      Ces châtiments pouvaient exister à l’école primaire. Mais au collège et au lycée, c’était surtout des heures de colle.


    • Fergus Fergus 17 août 2022 19:06

      Bonjour, jacques

      « ils oublient les châtiments parfois très cruels »

      En effet, et j’en ai subis dans divers établissements publics et privés. Il est vrai que j’ai eu la chance d’en fréquenter 9 durant ma scolarité, ce qui a été pour moi une mine très riche d’observations.

      C’est quand même un internat religieux qui a décroché la palme en termes de sévices. J’ai raconté cela dans ce texte de 2010 :
      Au bon vieux temps des châtiments corporels dans l’enseignement catholique.


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 17 août 2022 19:50

      @Fergus
       
      ’’« ils oublient les châtiments parfois très cruels »
      En effet, et j’en ai subis dans divers établissements publics et privés.’’

      Je n’ai jamais entendu personne évoquer des châtiments corporels à l’école publique.


    • Fergus Fergus 17 août 2022 22:09

      Bonsoir, Francis, agnotologue

      Jacques parlait de « châtiments » sans mentionner « corporels » !

      Cela dit, dans l’enseignement public, j’ai aussi eu droit à des coups de règle, des gifles ou à des stations à genoux sur une règle carrée d’un centimètre de section : essayez donc ce supplice et vous me direz s’il s’agit ou pas d’un « châtiment corporel » !


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 18 août 2022 07:35

      @Fergus
       
      ’’Jacques parlait de « châtiments » sans mentionner « corporels » ! ’’
       
      Et vous de châtiments parfois très cruels. Des faits extrêmement rares dans le public et sans commune mesure avec ce qui se faisait dans le privé.


    • Fergus Fergus 18 août 2022 09:21

      Bonjour, Francis, agnotologue

      Je n’ai pas dit le contraire. 


    • Aristide Aristide 18 août 2022 10:31

      @Fergus

      Il me semble que vous présentez des violences comme ordinaires alors qu’elles étaient des exceptions. Réelles mais exceptionnelles.


    • xana 18 août 2022 11:49

      @ZXSpect
      Tout à fait. Ca sent l’invention à plein nez. Mais dans quel but ?


    • Fergus Fergus 18 août 2022 12:00

      @ Aristide

      « vous présentez des violences comme ordinaires alors qu’elles étaient des exceptions »

      Pas du tout ! J’ailleurs écrit « divers établissements », ce qui suppose à juste titre que ce n’était pas le cas dans les autres, fort heureusement.


    • Fergus Fergus 18 août 2022 12:06

      Bonjour, xana

      « dans quel but ? »
      En effet ! pourquoi aurais-je eu besoin d’inventer cela ?
      Dans le texte que j’ai mis en lien, je cite d’ailleurs le nom du « préfet de discipline » irlandais incriminé. Nul doute que ceux qui ont fréquenté cet internat catho de Picardie auront reconnu la personne en question !


    • Aristide Aristide 18 août 2022 12:39

      @Fergus

      Vous avez échappé à la gégène ....


    • LeMerou 18 août 2022 17:09

      @xana
      Je plussoie à votre commentaire, nous appelions les professeurs Monsieur à partir de certaines classes, avant c’était maître ou maîtresse.

      Ce fil, aurait du s’appeler « De la qualité de l’enseignement » ou est-ce une fiction totale afin d’obtenir une morale ?


  • Clark Kent Philippulus 17 août 2022 12:07

    «  d’autres au contraire nous permettaient, par leur excès d’indulgence, d’organiser d’innocents petits chahuts »… ou des gros bordels !

    Les gamins n’étaient pas faits autrement hier qu’aujourd’hui ! Si tu t’imposes pas, ils te bouffent !


    • Fergus Fergus 17 août 2022 19:32

      Bonsoir, Philippulus

      Et parfois, plus les enseignants étaient vaches plus ils s’exposaient à des représailles, à l’image de cette action mise sur pied par les élèves de première et de terminale dans un internat de curés que j’ai fréquenté.
      Le supérieur étant ce que l’on nommait naguère « une peau de vache » mais que l’on qualifierait de nos jours plus sobrement de « connard », ces élèves s’étaient cotisés pour payer une prostituée afin de monter un traquenard.

      Les curés enseignants et le supérieur logeaient à un étage de l’internat constitué d’une succession de chambres donnant sur un couloir.
      Lorsque tous ces bons apôtres eurent regagné leur piaule sans verrouiller leur porte comme le voulait l’usage, la prostituée se dévêtit dans l’escalier au bout du couloir et, en petite culotte et seins nus, se porta devant la porte du supérieur.
      Lorsqu’elle fut prête, un élève, caché avec ses camarades dans l’escalier, agita vigoureusement une cloche dont le groupe des vengeurs s’était muni. Jamais il n’y avait eu un tel barouf en ce lieu. 
      Presqu’aussitôt les portes s’ouvrirent. Et les profs ensoutannés virent avec stupeur surgir de la chambre du supérieur la prostituée presque nue qui venait d’y entrer l’instant d’avant et qui s’enfuyait vers l’escalier d’où elle était venue.

      Le scandale ne fut toutefois pas à la hauteur des attentes : nulle plainte de fut déposée, et les nos enseignants calotins prirent le parti, rarissime, de passer l’éponge par crainte que l’affaire ne soit ébruitée.
      Il en reste un excellent souvenir chez ceux qui ont organisé ce traquenard. Hélas ! trop jeune, je n’en étais pas.


    • Rincevent Rincevent 17 août 2022 19:51

      @Fergus

      ‘’… passer l’éponge…’’. Peut-être aussi parce qu’elle avait eu l’occasion de les connaitre ? Après tout, l’exemple était venu de haut… https://www.youtube.com/watch?v=IMNDVI4Z_pg


    • Aristide Aristide 18 août 2022 10:37

      @Philippulus

      Je crois que vous oubliez, peut-être que l’éducation est une construction, ce que vous dites est tout à fait exact pour les « sauvageons », pour beaucoup d’autres qui ont pu bénéficier de l’éducation de parents attentifs, il me semble que votre jugement est assez injuste.


    • Clark Kent Philippulus 18 août 2022 18:16

      @Aristide

      Je suis lucide, peut-être cynique, mais pas injuste.

      Mes propres petits-enfants sont corrects avec moi parce qu’ils savent où est « la ligne rouge ». Ils sont odieux avec leur grand-mère, ma femme, qui a tellement peur qu’ils ne l’aiment pas qu’elle les« achète » avec des cadeaux et cède à leurs caprices, ce qui aboutit à ce qu’ils la manipulent et ne la respectent pas. Et ça la rend triste, et plus elle en fait, plus elle s’enfonce. Et elle finit par pleurer.

      Or, ils ont les mêmes parents avec elle qu’avec moi, nos propres enfants pour la moitié de chaque couple.


    • Aristide Aristide 19 août 2022 11:40

      @Philippulus

      Je parle d’injustice quand vous essentialiser ce «  Si tu t’imposes pas, ils te bouffent ! ».

      Pour mes enfants et mes petits enfants, j’ai essayé, pas toujours réussi complètement, à établir un un équilibre entre complicité et autorité. Je reconnais que c’est difficile, mais sur le long terme on s’aperçoit que cela marche. Ils ne sont pas parfaits mais en aucun cas des « sauvageons » qui à mon sens sont les premières victimes de ce manque d’éducation, ou comme vous le dites du manque d’autorité.

      Or, ils ont les mêmes parents avec elle qu’avec moi, nos propres enfants pour la moitié de chaque couple.

      C’est assez logique quand vous décrivez l’éducation reçue, entre autorité et laxisme, il me semble qu’il existe un équilibre ...

      La famille n’est pas le seul lieu de l’éducation, mon fils, le petit dernier, a été au cathé. On y tenait pour qu’ils entendent un autre discours. Nous ne sommes pas vraiment des cathos pratiquants. Mais tout de même. Lors de la rentrée scolaire, je ne sais plus mais c’était au collège, lors de la rencontre parents professeurs j’ai eu droit à des félicitations que je ne méritais pas, mon fils et un autre enfant avait été les seuls à se lever à l’entrée du principal dans la classe. N’ayant jamais eu l’occasion de lui apprendre cette règle, il m’a expliqué que c’était au cathé qu’on lui avait expliqué pas seulement la règle mais les raisons...

      Voilà, le plus important est à mon sens, et au votre le crois, de reconnaitre la nécessité de l’autorité, après pour le dosage, chacun fait comme il veut ou comme il peut ...




  • Fergus Fergus 17 août 2022 19:13

    Bonsoir, il faudrait

    N’ayant jamais fait de latin durant mon parcours chaotique jusqu’au cul-de-sac de seconde, je ne connais bien de cette langue que les locutions latines qui figuraient dans les pages roses du Larousse dont je me nourrissais durant mes fréquentes et longues heures de colle.

    Du moins lorsque je n’avais pas à disserter en 8 pages imposées (sans recours à des gros caractères) sur le thème « décrivez une boule de billard blanche » ou bien encore « montrez qu’il est plus facile de se laver les dents dans un verre à pieds que les pieds dans un verre à dents ».


    • Rincevent Rincevent 17 août 2022 19:36

      @Fergus

      Bonsoir Fergus

      Pour ce qui est du deuxième pensum, c’était super, non ? Une invitation à rentrer dans le cercle des amis de Pierre Dac ! Bon, apparemment vous ne l’avez pas pris comme ça…


    • Fergus Fergus 17 août 2022 19:46

      @ Rincevent*

      Je me suis éclaté avec les deux. Mais paradoxalement surtout avec le premier. Grâce à mes lectures de l’époque  notamment des bouquins de la collection Marabout  je me suis lancé dans de grands délires sur l’abattage des arbres en Afrique de l’ouest, le convoyage des billes de bois jusque dans les ports français, leur débit et leur façonnage, le tout avec moult descriptions, y compris des hommes en charge de ces taches. Un excellent exercice. smiley


    • Aristide Aristide 18 août 2022 10:33

      @Fergus

      Vous n’y croyez pas vous même à ces sujets de colle ?


    • Fergus Fergus 18 août 2022 12:09

      @ Aristide

      Pourquoi n’y croirais-je pas ? Je les ai subis, infligés par des personnes qui ne les ont sans doute pas inventés eux-mêmes.
      Ces deux-là parmi d’autres que j’ai oubliés. Il est vrai que j’étais très souvent collé et ciblé avec gourmandise par le personnel répressif. 


    • LeMerou 18 août 2022 17:11

      @Fergus

      Et vous êtes devenu Menuisier ?


    • Fergus Fergus 18 août 2022 19:33

      Bonsoir, LeMerou

      Pas du tout. Mais j’ai toujours bien apprécié le travail du bois, bien qu’étant un piètre manuel.


  • xana 18 août 2022 11:58

    Les commentaires dérivent sur « les violences physiques », appliquées aux élèves.

    Quelles violences ? Je me souviens particulièrement bien des violences ENTRE élèves, mais depuis les profs ou l’administration ?

    J’ai vraiment l’impression que beaucoup de commentateurs fabulent (et l’auteur de l’article le premier).

    J’ai connu aussi de près l’enseignement public, le constat était le même.

    Et au moins on avait confiance dans le savoir des enseignants, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, et avec raison.


    • Fergus Fergus 18 août 2022 12:10

      @ xana

      Ben voyons ! Vous n’avez pas dû fréquenter beaucoup d’établissements scolaires, ni beaucoup d’enseignants et de pions !


    • Fergus Fergus 18 août 2022 12:14

      N’oubliez pas que l’on parle de la fin des années 50 et du début des années 60 !!!
      A cette époque, les parents eux-mêmes soutenaient très souvent les punitions sévères et les gifles, à l’image des miens. Par la suite, les choses ont bien changé.


    • Rincevent Rincevent 18 août 2022 17:34

      @Fergus

      Oh que oui ! Quand j’avais ’’ramassé’’ à l’école, je n’avais pas intérêt à me plaindre en rentrant sinon je prenais la même...


    • Fergus Fergus 18 août 2022 19:40

      Bonsoir, Rincevent

      Il y avait donc deux familles adeptes du même modèle éducatif. smiley
      En réalité, j’en ai connu pas mal d’autres, et pas seulement dans ma parentèle au sens large.
      Même mon fils, pourtant très bon élève, a pris un jour une claque de son instituteur dans les années 80. Mon épouse et moi avons approuvé ce monsieur, un excellent enseignant d’origine malienne qui avait répondu ainsi à une succession d’impertinences.


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