lundi 20 mars 2023 - par C’est Nabum

Perdre les pédales

 

Saut de haine

 

Changer de braquet, aller toujours plus loin dans le mépris des plus humbles, sucer les roues des puissants et entraver la vie des simples gens, tel est le spectacle auquel nous assistons depuis deux mandats. L'hideux pouvoir de l'imposteur, les mains en haut du guidon, file en roue libre vers l'abolition du peuple. Afin de dégager la route, des hordes sauvages de robocops, casqués, gantés, caparaçonnés jouent les éclaireurs dans un brouillard artificiel. Gare à qui entend se mettre en travers du freluquet, il subira les foudres et les coups du bras séculier.

Notre prince abandonnant un temps son trône, pour se remettre en selle, roule en danseuse, posture qui lui va si bien, pour filer le nez au vent et prendre la poudre d'escampette dans ses naseaux, loin d'une nation où le peuple occupe les rues. Plus ses escapades sont lointaines, moins il entend la colère qui gronde dans un peloton désormais conscient que son leader n'a jamais roulé pour lui.

Pendant que le grand méprisant parcourt le monde, ses grégari, ses porteurs d'eau qui n'hésitent pas à jouer des coudes pour quelques bras d'honneur et coups de bordure bien sentis, font le ménage dans le troupeau. Ils ont trouvé des ailiers de circonstance chez des adversaires d'hier qui aiment à rouler contre le peuple souverain.

Après avoir joué les facteurs, leurs odieux complices se mettent au service d'une coup tordu pour mettre à terre le peloton. Semant des clous derrière eux, ils attendent mettre à pied les équipiers, les humbles, les travailleurs de l'ombre. Qu'ils crèvent tous sur le chemin, l'essentiel est de laisser filer le cortège des privilégiés.

Désormais, c'est une course contre la montre pour tenter d'arrêter cette infamie. La multitude des anonymes du peloton occupe les routes, tente de mettre à l'arrêt le rouleau compresseur législatif. Lanterne rouge depuis que ce cannibale accumule les bouquets, le peuple se laisse toujours plus distancer au profit de l'échappée belle des privilégiés qui s'en mettent plein les musettes.

Les actionnaires, les grandes fortunes sont les seuls à être sous perfusion pour toujours plus améliorer leurs performances tandis que la pente est de plus en plus raide pour le reste de la population. Le dopage de l'économie se passe aisément des équipiers qui n'ont qu'à se contenter des miettes, des primes et des pauvres poussettes et de quelques coups de pouce misérables.

Le tableau est terrible, la situation de plus en plus dramatique pour ceux qui sont largués depuis si longtemps, abandonnés sur le bas-côté. Ils risquent même d'arriver hors délai même s'ils se regroupent dans cet autobus de la révolte. Les délais du reste ont pris deux ans mais ça risque de n'être pas suffisant pour parvenir jusqu'à la ligne d'arrivée.

Attention cependant, à laisser sur le bord de la route trop de monde, à filer ainsi sans jamais se retourner, l'équipe d'un maillot jaune qui n'a jamais été aussi impopulaire, risque tout simplement de perdre les pédales, de finir par faire un soleil qui les laissera dans le fossé ou le nez sur le bitume. Alors ce sera la curée, personne ne viendra ramasser ceux qui se sont montrés aussi impitoyables.

Des sursauts de haine valent les sauts de chaînes, ils vont enrayer la belle mécanique bien huilée d'un pouvoir qui a aboli le peuple. Contre cette réforme bidon, puisqu'il n'est pas possible de se faire entendre, il conviendra de mettre des bâtons dans les roues. Le coup de pompe peut déclencher la tempête, la pression risque de faire exploser les boyaux.

Comparaison n'est pas raison, le méchant tour à la France n'est certes pas bouclé en dépit des trahisons de ceux qui oublient qu'un jour, il faudra affronter la colère du peuple et mettre pied à terre avant que de n'être poussé dans le fossé.

À contre-roue



23 réactions


Réagir