vendredi 6 janvier - par C’est Nabum

Petites coupures et four à bois

 

Le nez dans le pétrin

 

La baguette s'inscrit au patrimoine mondial d'une humanité qui mange à sa faim tandis que l'autre moitié semble assez indifférente au sujet. C'est bien là la preuve qu'il est d'abord plus utile de se préoccuper des choses futiles plutôt que de combattre les inégalités les plus criantes sur cette Planète. L'Unesco n'est pas avare de classements qui bouleversent la face du monde dans un périmètre des plus restreints. La politique doit être ainsi faite de mesurettes pour enfariner les citoyens, ils aiment tant ça avec la complicité de quelques facétieux de la ruralité.

Mais revenons à nos héros du moment, les boulangers et leur fameuse baguette qui va leur permettre de produire de sinistres roulements de tambours au moment de mettre la clef sous la porte de leur laboratoire. Dans son immense cohérence, le gouvernement qui s'est réjouit de sa promotion, assène à la profession un coup de poignard dans le dos, ou plus exactement une facture d'électricité indigeste.

Les plus mesquins iront prétendre que les mitrons n'ont qu'à utiliser le four à bois pour lutter contre la flambée des prix de l'électricité. On mesure la mesquinerie du propos quand l’interdiction de la combustion au bois attend son heure, étant déjà dans les projets d'un pouvoir qui n'entend favoriser que le nucléaire si cher à leurs réacteurs.

En attendant, le fil électrique à la pâte à moins que ce ne soit à la patte, la baguette en voit de toutes les couleurs d'autant plus que la farine, parait-il, nous vient d'Ukraine. Il ne faut pas avoir la Beauce de l'économie pour rapporter pareille sornette, mais c'est bien là, l'art de gouverner que de faire passer des vessies pour des citernes ou des silos à blés.

Le boulanger doit choisir : se geler les miches et celles de ses clients pour cuire sa baguette et faire un four. À moins que cette proposition soit aussi absurde que la situation actuelle pour cette profession encensée et endettée dans le même instant. On sait ce qu'on peut faire avec la farine, même bourrée de gluten quand elle provient d'une agriculture extensive plus soucieuse de rentabilité que de la santé des gens.

Il faut avoir un grain pour continuer ainsi dans ce domaine comme dans tant d'autres quand dans le même temps, on laisse mourir à petit feu (pour les économies d'énergie sans doute) l'hôpital public. Toujours plus de produits qui agressent l'organisme et toujours moins de soignants, une logique libérale qui entend nous mettre le nez dans le pétrin.

Nos amis boulangers et boulangères se rendront compte bien vite que le classement à l'Unesco ce n'est pas la cerise sur la galette ni même le pompon qui revient après avoir honteusement tromper la Pomponnette. Le chat est maigre et il ne restera bientôt que des miettes dans les boutiques condamnées à fermer après coupure du jus.

Comment payer en petites coupures les factures astronomiques des fournisseurs d'énergie qui s'engraissent sur la bête, font leur beurre quand le mitron ne peut plus mettre de margarine dans ses desserts ? La question ne se pose du reste pas, le prélèvement au compteur ou à la source profite à un choix européen qui a voulu privatiser à tout va ce qui fonctionnait admirablement. Il en va ainsi dans de nombreux secteurs avec l'assentiment des peuples qui aiment à se laisser leurrer.

Le drame dans cette affaire est que nos malheureux boulangers criblés de dettes, finiront en prison et ne pourront même pas se mettre au régime du pain sec et de l'eau. Les mêmes canailles qui assassinent la boulange ont le projet de s'accaparer l'eau, d'en faire un bien commercial et de faire toujours plus de profits tout en asséchant les ressources.

Avant qu'il ne soit trop tard, cassons la croûte, la gangue libérale qui gangrène le Monde. La baguette en main, sus à l'ennemi qu'ont oublié de terrasser nos présidents complices : la finance ! Le peuple doit péter enfin les plombs pour se sortir de cet inextricable pétrin.

À contre-mie

 



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