samedi 2 mars - par C’est Nabum

La pimbêche de l’air

 

Elle aime se faire tirer l'oreille.

 

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Qui pense qu'un voyage intérieur en avion pour se rendre en Corse n'est que de tout repos, se trompe lourdement. Les aléas sont nombreux, la météo peut se mêler de la partie tandis que les impondérables ont bonne mine. Vous pensez gagner en temps et en fatigue et voilà que la mécanique s'emballe pour transformer votre voyage en une pénible aventure.

Comme il est recommandé de se présenter trois heures avant l'embarquement, vous respectez stupidement une consigne qui ne tient naturellement pas compte des quatre heures moins quelques minutes (pour éviter le remboursement) que vous aurez à faire le pied de grue sans vous envoler. Les oiseaux sont sur ce point moins embarrassés que nous !

À l'heure du premier départ supposé, une annonce précise qu'un problème technique a laissé l'avion prévu en rade sur l'aéroport de Bastia. La nouvelle peut surprendre car un tel événement ne se constate pas à moins d'une heure du départ d'Orly. La consternation se lit déjà dans les visages des candidats passagers …

Les annonces se succèdent, il est question d'un autre vol à remplir, d'une possibilité plus tardive pour ceux qui ne seront pas les heureux élus de la sélection. Au fil de l'attente, des noms sont appelés pour venir quérir un billet pour un autre vol qu'il convient de remplir. C'est assez drôle, au début il n'y a que des noms à consonance insulaire et chacun se dit qu'il y a là une préférence territoriale qui n'a rien de scandaleuse finalement …

Puis la liste s'allonge et devient fort importante. Plus de Quatre vingts passagers changent ainsi en dernière minute de vol et le doute s'installe dans les esprits retors à hélice. Si l'avion est resté à terre, ne serait-ce pas une mesure d'économie, compte tenu de la possibilité de remplir les deux vols suivants qui ne sont pas surchargés ? Des voyageurs partis de Toulouse et qui font escale ici pour se rendre à Bastia nous disent qu'ils n'étaient que vingt dans la carlingue.

L'attente se fait interminable dans cet aéroport qui tient du coupe gorge pour les prix pratiqués pour une restauration de survie. Le mieux est de jeûner pour ne pas accroître le coup carbone de la plaisanterie. Enfin, le départ suivant se profile et les heureux bénéficiaires du tirage au sort rejoignent les passagers du vol suivant.

Installés dans un appareil bourré à craquer, nous patientons. L'heure initialement prévue est largement dépassée car un nouvel incident est à déplorer. Un passager ne s'est pas présenté à l'embarquement alors que son bagage est en soute. Il convient d'envoyer une équipe de bagagistes déminer la situation dans la soute. C'est donc avec un nouveau retard conséquent que l'appareil prend enfin ses ailes à son cou.

Le voyage se passe sans encombre si ce n'est qu'une passagère semble solliciter exagérément le personnel. Les aller et retour vers la jeune dame sont nombreux. Voilà sans doute quelqu'un qui aime à être au centre des préoccupations. La suite attestera cette hypothèse. À l’atterrissage, il convient de patienter afin que les passerelles avant et arrière soient installées.

Le temps une nouvelle fois file un mauvais nuage cotonneux. Les passagers en quête de liberté et souvent chargés d'un retard conséquent piaffent dans une allée centrale totalement surchargée. Parmi cette foule, un bébé de moins d'un an pleure à chaudes larmes. Placée à l’arrière, la petite fille espère l'ouverture de la porte arrière qui ne parviendra pas à se réaliser. La loi des séries ….

C'est l'encombrement et les pleurs de l'enfant résonnent. J'interviens en demandant aux occupants du couloir de vouloir bien laisser passer les parents, hélas, c'est à cet instant que la pimbêche se lève et prend ses affaires dans le coffre de la cabine. Elle prend tout son temps, fait bouchon et même obstacle. Des passagers lui demandent de s'écarter pour laisser la petite passer. C'est le drame, la dame en question souffre des oreilles et les pleurs de la gamine lui font souffrir le martyr. Consternation des passagers devant pareille mauvaise foi.

Des cris, une bousculade et c'est le drame. L’IPad de la donzelle se retrouve à terre et la grand-mère qui voulait s'infiltrer dans la brèche aurait mis le pied dessus. Le centre du monde se révolte, appelle le personnel de vol. Elle refuse de bouger, exigeant des excuses et même réparation. La tension monte et les hurlements ne sont plus l'exclusivité de la petite.

La future hôtesse de l'air car c'est ainsi que se présente cette calamiteuse passagère fait de nouveau blocage devant le commandant de bord pour exprimer sa réprobation devant les souffrances que ses pauvres tympans ont dû endurer à cause de passagers qui lui crient après. Pire, des gens placés plus en avant ont donné raison à la plaignante pour la plus grande consternation de ceux qui ont assisté à la scène.

Finalement, le bouchon d'oreille saute et la queue de la file peut enfin accéder à la passerelle avant. Je pense en avoir fini de l'algarade quand je retrouve le centre du monde saisir des représentants des autorités portuaires. Avec une autre passagère nous venons relativiser les plaintes de cette malheureuse outragée dans sa dignité de reine des cieux.

La chose se reproduira peu de temps après la récupération des bagages. L'insupportable greluche a fait appel à des policiers pour qu'ils verbalisent les deux accompagnateurs de la petite qui ayant retrouvé sa poussette, dort profondément. Les vociférations de la grand-mère attestent que nous sommes arrivés en territoire méridional.

Devant la tournure de la chose, je me présente devant les policiers pour exprimer mon indignation devant le comportement de cette femme insupportable. Une fois encore, elle hurle son mécontentent, le calvaire qu'elle a subi à cause de la petite et de tous ceux qui ont pris la défense de l'enfant trop bruyante. Devant pareil mauvaise foi, je préfère tourner les talons, ce que feront peu de temps après les représentants de l'ordre qui ont mieux à faire que de prendre en compte les récriminations d'une pimbêche de l'air.

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16 réactions


  • Clocel Clocel 2 mars 10:23

    Quelle vie trépidante vous avez si loin des langueurs de la Loire...

    Le fleuve ne vous a donc rien appris ?


  • Brutus S. Lampion 2 mars 10:36

    Il existe aussi des passagères prévenantes, serviables et sympathiques, qui font même tout pour faciliter le travail de l’équipage.

    Moi, sur un vol Orly-Bastia, justement, j’ai entendu un commandant faire son annonce en disant :

    • Mesdames et messieurs, nous avons atteint notre altitude de croisière qui est de 12 000 m. La température extérieure est de -60 degrés, et notre vitesse est de Mach1.

    Et puis, il a dû oublier de déconnecter le micro, et il a dit au pilote :

    • Bon, ben moi, je vais aller pisser un coup, et pis j’vais m’faire faire une tite pipe par la nouvelle hôtesse...

    Alors, l’hôtesse en question qui était à l’arrière de la cabine est devenue toute rouge et s’est précipitée vers le cockpit pour dire au commandant d’éteindre le micro. Mais au milieu de l’allée, une vieille dame l’a arrêtée en disant :

    • Pas la peinde de vous précipiter, vous avez le temps, il a dit qu’il allait d’abord aux toilettes !

    Vous voyez, il ne faut pas mettre toutes les passagères dans le même panier.


  • juluch juluch 2 mars 11:10

    Il y a des jours....on ferai mieux de rester au lit !!!


  • Seth 2 mars 12:47

    Un passager ne s’est pas présenté à l’embarquement alors que son bagage est en soute. Il convient d’envoyer une équipe de bagagistes déminer la situation dans la soute.

    Ne vous plaignez pas, on pourrait vous imposer une reconnaissance bagage, auquel cas tout le beau monde descendrait sur la piste, on déchargerait tous les bagages en les étalant et on ferait venir chacun pour reconnaître les siens afin qu’on les recharge. Après quoi on vous ferait remonter pour éviter d’avoir à ré-équiper l’avion et là pas de chance, créneau raté et if faut attendre qu’on puisse en accorder un autre.

    (Mémoires d’un ancien employé « passagers » dans l’aérien avant de changer totalement de métier).

    Et avez vous connu un retard de plus de 36 heures parce qu’il n’y a pas d’avion disponible, même en location pour assurer le transport ? smiley
    Ou encore le cas d’un avion qui décolle alors que le personnel au sol sait très bien qu’il sera dérouté pour telle ou telle raison et atterrira ailleurs avec transport en bus à la clef et qu’on n’a rien dit aux clients ? smiley

    L’aérien a des surprises désagréables à l’infini. smiley


    • Seth 2 mars 12:53

      @Seth

      Et zavez pas vu des passagers après une troisième mi-temps courir en pleine nuit à l’enregistrement, à poil la zigounette à l’air ?

      Et un avion affrété plein de viande saoule ne décollant pas parce que quelques uns ont eu la bonne idée de tester des gilets gonflables, l’avion n’étant plus sécurisé et le cdb refusant de transporter de tels inconscients ?

      etc, etc... On en ferait des livres. smiley


    • C'est Nabum C’est Nabum 2 mars 13:30

      @Seth

      Le même incident se renouvelle au retour
      Décidément j’ai l’ochju
      Ne vous tracassez pas, tout ça m’amuse et m’inspire


    • Seth 2 mars 13:47

      @C’est Nabum

      Mieux vaut le prendre ainsi. De toute façon on vous donnera toujours une mauvaise « excellente raison technique » pour justifier la situation et vous l’aurez dans le ... smiley

      Et depuis la dérèglementation, les anciennes règles IATA en faveur du cochon de payant ont été mises au rebut.


    • C'est Nabum C’est Nabum 2 mars 16:35

      @Seth

      et ça a recommencé au retour


  • zygzornifle zygzornifle 2 mars 14:52

    Heureusement que la Caravelle a été détruite par un tir de l’armée ....


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