Octave Lebel
21 novembre 2025 14:09
La personne de Pétain est trop utilisée dans les propagandes en prenant évidemment souvent trop de place et en nous éloignant de sujets plus gênants. Qu’a tenté d’autre ce pauvre Zemmour et compagnie avec l’aide d’un Bolloré ?
Il y a bien eu malheureusement en France un fascisme d’état avec son appareil. Un fascisme de seconde main. La création de l’Etat Français se substituant à la République. Avec des lois scélérates, un encadrement de la population avec intimidation et persécution des récalcitrants, une tentative de prise en main idéologique de la jeunesse, un racisme assumé, affiché, mis en pratique, le culte de la personne et de la soumission. La suppression de la liberté de la presse, une propagande intensive, la surveillance et le contrôle de l’opinion publique avec un encouragement à la délation. La création d’une Légion Française des combattants devenue la Milice, fer de lance de la Révolution Nationale. Des français travaillant ou faisant la guerre sous l’uniforme allemand. Des collusions de l’administration, de la police, de la justice avec l’occupant. Des élites économiques et culturelles se faisant les complices tacites ou porte-voix de cette pauvre idéologie. Une pègre opportuniste et pécuniairement intéressée au service de la violence politique. Une hiérarchie catholique vacillante dans ses convictions chrétiennes, le général remettant au pape en 1945, en audience au Vatican, une liste d’évêques devenus indésirables dans leur fonction. Mais, chez nous, ce fut un fascisme de seconde main, de déjà lâches et soumis. Celui de nos élites qui disaient « plutôt Hitler que le Front Populaire » en pensant à leurs intérêts matériels quand il fallait réfléchir et préparer l’avenir d’un pays. Un fascisme de perdants, d’opportunistes et de suiveurs, venus au pouvoir à l’ombre d’une armée d’occupation faute d’avoir voulu se préparer à temps pour la guerre. Incapables de la mener, de résister puis de prendre leurs responsabilités dans un gouvernement d’exil. En s’appuyant comme le signalait le général de Gaulle dans son Appel sur les forces de l’empire français de l’époque et ses alliés. Avec la double chance historique pour nous d’avoir eu encore une droite authentiquement républicaine dans la personne d’un De Gaulle inscrit dans la lignée d’un Clemenceau, intelligente, honnête, courageuse et patriote. Et un peuple de gauche tout aussi républicain et patriote, attaché à la liberté et à la justice sociale. Les deux composantes étant en réalité peu nombreuses mais tellement déterminées et courageuses qu’elles firent la différence, chèrement payée, en nous mettant du bon côté de l’histoire. Par la restauration de la République sous l’autorité d’un De Gaulle alors qu’un Roosevelt avait songé à une occupation de la France en recherchant une connivence avec l’Etat Français et qu’un Truman, réclamant la libération de Pétain proposa de lui accorder l’asile politique aux États-Unis en 1946. Après le débarquement, Eisenhower salua l’action décisive de la Résistance d’avoir paralysé pour l’essentiel les mouvements de troupes allemandes par les sabotages des voies de communication. Elle fut amalgamée ensuite (50 000 combattants) avec des troupes venues des colonies pour participer sous l’autorité de De Gaulle à la victoire finale, nous valant une zone d’occupation en Allemagne et une place au Conseil de sécurité de l’ONU. Un fascisme caché en réalité sous le crêpe gris de la nécessité de remettre sans délai au travail un pays et un peuple afin qu’il se reconstruise une fierté et un avenir autonome dans un monde dangereux en bouleversement.
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