mardi 3 avril 2007 - par Bernard Dugué

1987-2007, sombre vide face à l’abîme ?

Il est des jours errants où l’âme ne peut se fixer sur une tâche définie et se met à vaciller sous l’écume des incertitudes face au présent, lourd du passé, chargé d’avenir. On pressent quelques maléfices hanter le futur parce que ce futur semble, non pas programmé, mais ressemblant par certains traits au passé. Aussi étrange que cela puisse paraître on admettra que le passé puisse susciter quelques angoisses ou inquiétudes alors que la raison empirique nous persuade que rien du passé ne peut revenir. Mais la raison anticipatrice conduit à penser que l’histoire se répète souvent, avec des tragédies récurrentes revenant sous des formes inédites. Et puis l’inconnu suscite également la crainte. Qui nous dit que des choses insupportables aux contours nouveaux ne nous sont pas promises par quelques égarements de la machine humaine que l’on sait fonctionner avec la figure de Janus, aux deux faces, le bien et le mal ? Et pourquoi la face du mal accapare-t-elle nos (mes) pensées alors que rares sont ceux qui imaginent un futur radieux ?

 

 

Quelque part, on se demandera si le déclin des idéologies n’a pas accompagné le désenchantement récent, ici en France ou ailleurs. Mais plus en France qu’ailleurs car nous sommes le pays où les débats d’idées sont les plus intenses. Certes, les anciennes oppositions entre libéraux et antilibéraux persiste, sans revêtir le même sens qu’il y a trente ans. Ce qui paraît assez net, c’est l’absence d’innovations dans le champ idéologique. La critique est devenue conventionnelle, ordinaire, avec des figures intellectuelles usées à force d’être labourées sans semences originales.

 

 

Le monde change, se transforme, les villes prennent des allures apparemment conviviales, avec les centres-villes reconquis par la gent piétonnière mais parfois perçus à juste titre comme des bunkers de villégiature aux ordres de riverains bourgeois et friqués. Les technologies, notamment dans le numérique, ont favorisé comme jamais auparavant la diffusion et le partage des textes, images et sons. Avec la Bourse, la croissance économique et l’immobilier, les écarts de revenus et de patrimoine se sont accrus. Les automobiles sont devenus des systèmes hautement régulés par de l’électronique insérée, comme d’ailleurs beaucoup d’autres appareils. Les implants calculateurs sont omniprésents. Les machines utilisent la force mécanique tout en étant dotées d’un système nerveux artificiels. Et pourtant...

 

 

Et pourtant rien se semble tourner rond. Disons que depuis trente ans, il ne s’est pratiquement rien passé dans le champ intellectuel, rien qui mérite le qualificatif d’innovation. La modernité s’est tue ! Pourtant on n’a jamais autant publié d’ouvrages que des dernières décennies. La quantité n’est pas de même essence que la qualité. La personne vaut plus que la masse. La pensée profonde est un acte singulier, le bavardage l’activité du grand nombre. La pensée singulière prend de la hauteur mais les gens de la masse se complaisent dans l’étendue et la puissance du bavardage.

 

 

Que les idéologies anciennes soient révolues n’est pas une mauvaise nouvelle ! C’était trop simple de croire qu’avec quelques mesures et principes on pourrait faire advenir le paradis. C’était aussi dangereux qu’une caste impose le bonheur et l’émancipation à partir de ces mêmes principes appliqués et donc dévoyés avec l’usage de la technique. Ce n’est pas pour autant qu’on doive renoncer à ce très moderne principe ; que l’aujourd’hui soit mieux que le passé et moins bien que le futur. Dans le monde matériel, le passé est obsolète, le présent actuel, le futur plus performant. Mais ce n’est pas pour cette raison qu’il fera mieux vivre dans l’avenir. On confond progrès matériel et progrès spirituel.

 

 

Depuis trente ans, il n’y a eu pratiquement aucun progrès dans le domaine des sciences de la nature et des sciences humaines. Les biologistes n’ont pas varié dans leur compréhension mécaniste et génétique de la Vie. Depuis trente ou disons vingt ans, rien n’a été découvert en métaphysique, en philosophie, en psychologie, en sociologie, en science du cerveau, en cancérologie, en physique des particules, en cosmologie. Les mêmes visions du monde sont véhiculées par la science officielle. La tradition est riche de pensées ayant encore cours et sens pour comprendre l’aventure humaine. Quelques dérives sectaires tentent de s’imposer. Le créationnisme, le millénarisme, l’ésotérisme de pacotille.

 

 

1987-2007 ou presque rien, bien que l’Empire soviétique se soit effondré et malgré les deux guerres en Irak. J’aurais envie de dire que ces deux guerres, y compris les attentats du 11 septembre, reposent sur l’absence de progrès spirituel et culturel en Occident, alors que la technique suit son cours. Cinéma, musique, littérature, peinture, rien de nouveau mais quand même quelques belles œuvres.

 

 

Il existe un déficit immense entre le degré de technicité atteint par la civilisation et le niveau requis de compréhension de l’homme, un décalage. Ou du moins, un effet assez spécial que la connaissance parvient à mettre à jour. D’un côté se produit une convergence entre la technicité des choses naturelles et artificielles et la technicité des sciences humaines, soumises au calculable, psychisme, comportement, gestion politique, statistique. L’homme rejoint ainsi son second paradigme naturaliste, néoprométhéen. La « nature technique » comme modèle. Mais l’homme diverge ce faisant de son accomplissement spirituel. La littérature, la musique, l’éveil spirituel sont des combats perdus d’avance pour ce monde qui de succès techniques en prouesses sportives et technologiques, n’ira pas vers son naufrage, comme l’Allemagne nazie en 1930, mais vers une décadence stabilisée dans une routine de productions culturelles et de divertissements. Le marché aime les âmes dociles et réciproquement.

 

 

La civilisation technicienne est achevée. Nul progrès n’est à escompter. Que des jeux et des concurrences économiques. Le paradigme est le club sportif. Il faut savoir doper et entraîner les individus pour une économie plus performante. Et comme l’homme partage avec le cheval la sauvage liberté, il faut mettre à l’homme des œillères mentales pour le diriger vers cet holocauste technologique. Mais l’homme est indomptable. Et donc le conflit entre tyrannie économique et liberté individuelle persiste. Mais rien de neuf ne se crée, que du réchauffé. Pour l’instant, de Ludd aux altermondialistes.

 

 

1987-2007, la connaissance n’a pas progressé. Mais les gens sont devenus plus habiles à maîtriser les outils technologiques et se former aux demandes d’employabilité du système. D’autres sont très doués pour dominer, influencer, s’accaparer les meilleures positions. Le savoir des managers a augmenté en efficacité. Ce savoir est de l’instinctif plaqué sur du rationnel qui, pour s’exercer avec la puissance optimale, doit être relayé par les spécialistes en formation humaine. Quand ce dispositif éprouve les capacités physiologiques de l’homme, il en résulte quelques suicides, comme chez Renault il y a peu. Le système est embarrassé. Non pas parce que des employés se sont suicidés, ils s’en foutent, car les pièces humaines sont interchangeables, mais parce que l’image de la société en prend un coup.

 

 

1987-2007, il ne s’est rien passé. Rien que de la routine. Une ignorance se répand dans la société mais on n’a pas tort de voir cela sous un autre point de vue. L’homme est un âne savant et bien formé, apte à se servir d’une console de jeu, de se connecter sur Internet ou d’envoyer des SMS. Les plus nobles de ces ânes instruits disposent d’un GPS dans leur véhicule. Mais question culture et spiritualité, où en est la société ?

 

 

1987-2007, le vide face à l’abîme est bel et bien présent. Mes inquiétudes sont avérées si l’on observe le cours du monde, les supporters, les travailleurs, les syndicalistes, les politiciens, les agités, les profiteurs, les connecteurs, tout ce monde de connivence qui n’augure rien de bien réjouissant.

 

 

Quel drôle de billet ! Est-ce mon propre « naufrage » que je transpose dans la société ou bien un réel déclin spirituel qui, en une réaction d’alchimie spirituelle, déteint sur mon âme inquiète en l’inclinant vers ces maussades spéculations sur le passé récent et donc l’avenir ?

 

 

Toujours est-il que cette atmosphère ici décrite dépeint à mon avis la teneur de cette campagne électorale dont on peut pressentir l’abîme derrière la machine médiatique dont le rôle est de produire des représentations percutantes d’une vie politique qui n’a plus aucune substance.

 

 

 



17 réactions


  • erdal (---.---.242.88) 3 avril 2007 12:05

    Bonjour,

    J’ai du mal à vous suivre car peut être suis-je un âne évolué.

    Sinon, pour revenir à l’article, il est évident que la quête spirituelle pour une personne pragmatique n’a que pour résultat une impasse qui est sans nul doute le néant (ou l’âbime).

    Pour ce qui est du déclin ou régression, j’opterais plutôt pour une stagnation car les limites scientifiques sont maintenant connues et immuable. Donc lorsque l’on dépasse les limites métaphysiques, nous sommes belle et bien dans l’imaginaire. Dans tous les cas, il se peut que nous sommes limités par l’imaginaire car complètement institutionalisés par notre environnement et donc il n’y a pas moyen de savoir au-delà de l’imagination, comme il est difficile d’imaginer le néant.

    Pour avancer dans la reflexion, je vous invite à voir la théorie de cordes :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_th%C3%A9orie_des_cordes

    En ce qui me concerne, la théorie des cordes fermées est vraiment intéressante.

    cordialement

    erdal


  • jm coulomb (---.---.91.133) 3 avril 2007 12:21

    Indiscutablement, « votre naufrage » comme vous le dîtes se réflète dans vos propos, même si vous avez raison.

    Permettez-moi de faire quelques commentaires :

    - Ces temps-ci, la méditation est extrêmement révélatrice. Il y a indicustablement un appel qui est lancé vers l’intérieur, comme en préparation d’un changement qui va être brutal et douloureux. Je passe d’ailleurs de plus en plus de temps à méditer pour absorber le plus possible.

    - Lorsque je lis les articles d’Agoravox, pour prendre un point de répère, ils me semblent tous au niveau du bavardage et du relativisme. Le votre n’ y échappe pas, mais « votre douleur » et « votre naufrage » vous prédispose, et c’est une chance, à ce retour vers l’intérieur.

    - Je vois les hommes politiques, à l’heure actuelle et en tant que facteurs de changement, comme « irrelevant » comme diraient les anglais. Pourquoi ? Parce que les archétypes du saltimbanque et du marchand (bonne définition de nos hommes politiques n’est-ce pas ?) ont déjà été dégradés au plan supérieur (on le « voit » très nettement dans les méditations) et que les archétypes dominants sont maintenant ceux du guerrier et du chamane. L’archétype du « guerrier spirituel » est désormais, une fois encore, l’archétype suprême des mois et des années à venir.

    - Si Nicolas Hulot a renoncé à sa candidature, en dépit de ses qualités c’est à cause de sa connection trop forte avec les archétypes du saltimbanque et du marchand. Il ne pourra revenir sur le devant de la scène pour être efficace qu’en devenant un guerrier spirituel, ce qui implique l’alignement total sur l’Absolu, c’est à dire la Loi ou les Principes et donc en particulier il devra rompre sa relation avec TF1 aussi bien professionnelle que financière (je ne sais pas où il en est).

    - Il en va de même de la société française, qui ne pourra se débloquer et avancer vers la création d’un « nouveau » futur (en particulier celui de la « mutation écologique » de Nicolas Hulot) que si elle revisite son héritage révolutionnaire de 1789 et que si elle questionne l’idéal des lumières (selon lequel tous les problèmes vont trouver une solution par le biais du libre exercice de la raison et qui est souvent évoqué pour faire face à la crise actuelle). Les scientifiques qui, à juste titre, utilisent les découvertes de la science pour nous avertir des dangers auxquels la terre fait face, font fausse route et se condamnent à l’impuissance si ils se contentent d’invoquer la « raison » pour trouver une voie de passage. Celle-ci sera trouvée uniquement si nous cherchons les réponses à un certain nombre de questions qui ne sont pas scientifiques mais plus du domaine du discernement spirituel, pour lequel la méditation est le véhicule suprême. Je dis cela sans aucune arrière pensée royaliste ou autre, juste comme quelque chose qui apparaît de façon très nette dans les méditations.

    Vous voyez, l’heure est grave, mais les potentialités sont aussi gigantesques si on est capable d’ éliminer les contradictions qui nous éloignent de l’alignement total sur les principes.


  • GRL (---.---.28.166) 3 avril 2007 12:25

    Bonjour mr Dugué.

    je suis assez touché par votre billet qui dépeint une vision de ce monde quelque peu cyclique, pas vraiment positive à vrai dire , et qui présage de l’abîme , l’abîme...

    En fait je vous sens quelque peu déprimé , saisi de cet espece de vague à l’âme qui nous pousse peut etre , un un moment de notre vie à se demander quelle utilité , quels desseins dans le fait de notre présence dans ce monde , ce sentiment qui si je devais l’imager , est une conscience du monde qui grandit , proprtionnellement au poids qu’elle repartit sur des épaules devenant vite ... trop petites pour le soutenir ... des épaules d’homme.

    Mr Dugué, rassurez vous, car vous touchez l’essence, parce que vous interrogez directement ... le superorganisme qui nous contient. Ce sentiment semble etre celui auquel le croyant répondra par la prière.

    Alors oui , ce superorganisme, la période électorale nous le fait ressentir plus pressement en ce moment, en dessine plus précisément les contours et nous invite, comme vous le faites à en evaluer l’évolution , à nous le représenter en pleine conscience.

    Et premier point positif, regardez vous , regardez nous, le monde bouge, évolue, il grandit. Il est même peut etre en train de préparer le terrain de la construction de sa future conscience qu’il voudra collective, car nous la voulons collective , et ce au travers des prémices connectiques d’un néo cerveau dont nous initions peut etre les premiers neurones. Ceci Mr Dugué , ceci est un vrai changement , une véritable évolution, et aussi, un pari.

    Mais alors, quel est le poids d’un homme , de ses rêves , lorsqu’il prend tout à coup conscience qu’il est connecté à des millions d’autres hommes , et qu’il fait partie d’une lente entité qui à la maniere d’un arbre , évolue sur des echelles qui se comptent en vies d’hommes ? Oui , lorsque la vision consciente de notre rôle, durant notre existence, devient plus ressentie que notre propre vie d’homme, à l’interieur de notre propre corps, ne sommes nous pas saisis de cette lourdeur qui chuchote à nos oreilles que tous nos rêves nous étaient soufflés pour servir une grande communauté, voire, une espece, mais qu’ils ne nous ont que peu servi personnellement, si ce n’est à catalyser notre energie pour agir ? Et lorsque des années durant , nous avons oeuvré à l’accomplissement de notre « mission » et que l’on sent que l’on a bientot tout donné, mais qu’en réaction , tout a tres peu changé au fond des choses, n’avons nous pas des raisons honnetes de dire , « mais à quoi bon ? ».

    Je voudrais juste vous rassurer au passage, à la lecture de votre billet. Le monde évolue lentement , à une echelle de croissance dans laquelle nos existences s’inscrivent comme de toutes petites étincelles , et même si celà vient contrer le farouche désir que l’on a de vouloir voir changer les choses durant nos vies, nous ne serons plus là pour comprendre si nos gestes ont été inscrits durablement pour ceux qui suivront , mais de vous à moi , je suis persuadé que oui. Et je vous dis celà sans connaitre votre vie mais rien que par le fait de notre présence sur ces nouveaux lieux publics de la conscience que sont nos sites , et plus principalement , notre site favori , ici même.

    Nous travaillons tous à l’élaboration de ce monde , à ses changements , comme des cellules dans un corps immense et nous nous renouvelons sans cesse , nos etres s’en vont , mais nos rôles subsistent et les grands projets de l’humanité continuent.

    ALors , même si la conscience d’un travail inachevé nous reste , gardons espoir pour la suite , même si l’on doit passer par de sombres périodes . L’humanité se relevera de ses erreurs , le monde peut lui , survivre , même à une folie nucléaire , la terre est beaucoup plus solide qu’il n’y parait , ou du moins , que l’on le dit lorsqu’on parle d’écologie , mais de fait , nous sommes , vous etes ici dans un rôle de médiateur , de médiateur de conscience . Vous écrivez , vous donnez les fragments de ce que nous sommes en partage à la communauté , et tout ceci , Mr Dugué , n’aura pas été vain , j’en suis absolument persuadé , et quelque soit la nature de ce que vous ayez donné .

    La seule abîme , mr Dugué , est peut etre la mort cellulaire qui nous emporte tous , individuellement dans l’indifférence totale d’un superorganisme qui n’arrete pas une seconde sa course . Mais il vit grace à nous , et notre présence, nos désirs , nos actes , nos idées , en modèlent ses contours.

    C’est là , la beauté de la vie qui nous est donnée , j’espere que sa contemplation vous ravira encore et surtout , que vous pourrez mettre espoir et confiance en l’avenir , quoi qu’il nous arrive durant le temps qu’il nous est donné à vivre. N’ayons pas peur de passer , et de partir.

    GRL.


  • aquad69 (---.---.33.228) 3 avril 2007 12:35

    Bonjour Bernard,

    un des paradoxes remarquables du point de vue moderne, c’est d’avoir, par la force des choses, fondé sa réalisation sur l’héritage de nos ancêtres, mais d’avoir refusé les principes qui guidaient leur vie , présentés comme ignorance, brutalité et sauvagerie.

    Le modernisme prétend avoir « inventé » des valeurs, et avoir « créé » de la richesse.

    En fait de créations de richesses, il n’a fait que dilapider l’héritage de milliers d’années, d’abord le sien, puis celui des peuples qu’il avait conquis.

    Et en fait de valeurs, les seules qu’il ait jamais pu créer sont les « anti-valeurs » des lumières, qui n’ont pu rester présentables qu’aussi longtemps qu’elles servaient de machines de guerre contre l’ancienne société ; elles ne se justifiaient que par la résistance rencontrée...

    Mai 68 n’a été formidable que parce qu’il y avait encore des « valeurs bourgeoises » à casser. Mais aujourd’hui, maintenant que nous sommes tous totalement « libres », égaux, émancipés, conscients et au summum de l’évolution, maintenant que nous avons nettoyé la République de toutes les superstitions qui l’encombraient, maintenant, eh bien qu’allons-nous faire ?

    La société moderne est l’incarnation même du déséquilibre : elle ne peut subsister qu’en faisant en permanence la guerre à quelque chose ou quelqu’un, dans une folle et perpétuelle fuite en avant. Mais, à partir du moment où elle a tout « liquidé » autour d’elle, où il ne reste plus rien à casser, elle risquerait alors de se révéler à elle-même pour ce qu’elle est réellement : un montage parfaîtement creux, une simple illusion.

    De là peut-être l’invention d’un certain terrorisme, qui parait de plus en plus être une sorte de « faux ennemi » suscité par l’Institution même, ultime justification de l’Etat, et dernière « guerre sainte » susceptible de fournir un semblant d’idéologie qui puisse encore camoufler la totale vacuité du « projet » moderne.

    Et aussi un rythme de travail de plus en plus fou, grâce à cette invention tout à fait géniale qu’est le principe de concurrence : ainsi, occupée en permanence à sa survie, et pendant ses rares temps morts abreuvée aux médias les plus abrutissants, la masse n’a plus le loisir ni l’envie de la réflexion la plus élémentaire...

    Cordialement Thierry


  • ZEN zen 3 avril 2007 14:23

    @Bernard

    «  » Est-ce mon propre « naufrage » que je transpose dans la société ou bien un réel déclin spirituel qui, en une réaction d’alchimie spirituelle, déteint sur mon âme inquiète en l’inclinant vers ces maussades spéculations sur le passé récent et donc l’avenir ?"

    C’est bien possible, Bernard...C’est ce que je me dis aussi parfois , quand je passe par des moments psychologiques semblables aux tiens. Une phase nouvelle de l’histoire, plus positive,se prépare peut-être, par une lente germination, sous les décombres des référentiels habituels.Et d’autres modes de pensée surgiront, que l’on ne peut entrevoir. En tous cas ,j’essaie d’y croire,sans en être sûr, juste pour conserver un espoir sans lequel on ne peut plus rien entreprendre ni espérer...

    Mais plus la peine d’attendre un sens métaphysique quelconque. Kant là-dessus a définitivement démontré que son objet était fantasmatique. Ce qui n’interdit pas d’ autres voies possibles pour la philosophie, plus modestes...

    Bien à toi.


    • aquad69 (---.---.33.228) 3 avril 2007 14:35

      Bonjour Zen,

      « Kant a définitivement démontré... » Mon pauvre ami !

      Il n’y a que vous et vos collègues qui puissent s’assombrir les idées avec des niaiseries pareilles !

      Quand à la Nature et au Monde, ils n’ont certainement pas eu l’ineffable chance de lire Kant, et ils existent encore, toujours aussi magnifiques et miraculeux qu’au début des temps...

      - Thierry


    • jacques (---.---.138.168) 4 avril 2007 08:46

      Réponse à Zen sur Kant :« kant a définitivement démontré » ;le lourd penseur de Koenigsberg n’a rien démontré du tout ,il a prétendu qu’un au delà de la pensée était impensable et fondé la philosophie idéaliste mais les philosophies de l’Être et de l’objectivité de la connaissance sont bien toujours là. Il suffit de lire les critiques de Jolivet,Gilson, Maritain... et la philosophie de Heidegger pour se convaincre du naufrage pour la pensée qu’est le système kantien.Sur la critique d’une telle démarche idéaliste et ses contradictions et absurdités logiques voir ci dessous la démonstration de Jolivet dans « Les sources de l’idéalisme » : " La thèse de l’idéalisme que tout se ramène à la pensée implique une telle somme de difficultés que l’échec aurait pu apparaître d’avance comme certain. 1. Si tout se ramène à la pensée, l’être ou l’exis¬tence autre que celle du sujet pensant, ou plus exac¬tement, de la pensée actuellement pensante, devien¬nent un problème à résoudre. Car il y a autre chose dans l’expérience que le sujet pensant : il y a, en fait, une multiplicité d’êtres, réunis entre eux par des relations diverses, et qui forment ensemble un univers. Ces êtres et cet univers, s’ils ne sont qu’inté¬rieurs à la pensée, il faut expliquer intelligiblement pourquoi et comment nous sommes invinciblement conduits à en faire des êtres et un univers subsistants. L’illusion réaliste doit être réduite, c’est-à-dire expliquée. Or cela, aucune doctrine idéaliste n’a jamais réussi à le faire. 2. L’idéalisme se heurte aussi à la pluralité des consciences, c’est-à-dire des sujets qui s’affirment non seulement en soi, mais Pour soi, et qui, en vertu de ce pour soi, se connaissent et s’affirment libres et responsables de leurs actes. Or, le paradoxe idéa¬liste consiste à dire que le « pour soi » n’est précisé¬ment pas « pour soi », mais uniquement pour moi. Il y a là une telle absurdité qu’elle seule suffirait à mettre en déroute tout l’idéalisme dialectique. Car comment dire que les personnes de l’expérience ne sont que des éléments de mon univers subjectif ? Il arriverait, dans ce cas, que des éléments de cet univers subjectif auraient pour caractère essentiel d’apparaître comme absolument distincts de cet univers, comme s’opposant à lui radicalement 3. D’autre part, comment rendre compte, dans le contexte idéaliste, de la contingence et de la liberté On peut dire de celles-ci qu’elles sont pour l’idéa¬liste, absolument inconcevables. L’idéaliste, rame¬nant tout à la pensée, n’a affaire désormais qu’à un monde de pures essences intemporelles, dont les relations mutuelles ne peuvent souffrir aucune con¬tingence. L’ordre idéaliste aura nécessairement pour type l’ordre mathématique ou géométrique. Depuis Descartes, et conformément à l’évidence, l’ordre géométrique apparaît comme le corollaire inévitable de la conception idéaliste. Mais qu’est-ce qu’un pareil schématisme abstrait conserve de commun avec l’expérience, qui est le lieu de la contingence ? Le singulier et l’individuel feront toujours figures d’inexplicables paradoxes dans une telle conception. Ce qui suffirait à la condamner. Car il n’y a que l’individu qui soit réel et jamais on ne réussira, en combinant les universaux, à faire un individu. Universalia, quocumque modo aggregentur, nunquam ex eis flet singulare 1.2 4. L’idéalisme échoue particulièrement à rendre compte de cette contingence globale et radicale que constitue l’univers. Si tout se ramène à la pensée, il faut trouver dans la pensée, comme telle, le prin¬cipe adéquat de l’univers. Or une telle genèse ne pourra être, bien entendu, que nécessaire, parce que, dans la pensée, comme telle, il n’y a aucune contingence. Celle-ci ne peut naître que du hasard, - ou de la liberté, c’est-à-dire d’une volonté. Or le hasard ne peut être donné dans la pure pensée, puisqu’il signifie mécanisme et matière. Et quant à la volonté, elle ne peut avoir pour l’idéaliste aucun sens au principe des choses, car attribuer l’univers à une vo¬lonté créatrice, ce serait poser du réel hors de la pensée. D’où le panthéisme émanatiste vers lequel fatalement s’oriente l’idéalisme, tentant de tout expliquer par un vaste argument ontologique, tel que, des essences d’abord données, surgirait le monde des « existences ». 5. Par là, l’idéalisme se trouve rejeté à une diffi¬culté nouvelle et très grave, à la difficulté qui, préci¬sément, juge un système, en l’acculant à la contra¬diction pure et simple. En effet, s’il est vrai que les pures essences sont premières, et non pas fondées sur une existence ou sur un Être qui, les contenant toutes comme autant de possibles en son essence infinie, peut choisir librement d’appeler celles qu’il veut à l’existence, - il suit que ce sont les possibles qui précèdent l’être absolument, et que l’être sort de ce néant objectif. L’être vient donc du néant par génération spontanée, ce qui suppose qu’il est avant d’être et qu’il agit avant d’exister. Nous sommes en pleine absurdité. 6. On a peine à concevoir, on l’avouera, qu’une doctrine qui accumule tant de disgrâces logiques, puisse s’imposer durablement aux philosophes. On comprend plutôt que sa carrière se limite au temps strictement nécessaire pour faire apparaître en pleine lumière toutes les contradictions où elle se met avec les données de l’expérience et les réclama¬tions de la logique. Mais l’idéalisme souffre d’un embarras peut-être plus visible, qui est de n’avoir jamais réussi à acqué¬rir autre chose qu’une ombre d’existence. L’idéa¬lisme, en effet, n’est qu’une fiction, car il ne vit que par ce réalisme qu’il est censé éliminer et remplacer. Alors qu’il ne devrait connaître qu’en donnant il a perpétuellement recours à l’arbitrage du donné. Alors qu’il ne devrait admettre que du nécessaire, il ne cesse de faire appel au contingent. Et il est réduit, d’autre part, à accepter, sans les comprendre ni les expliquer, les « chocs » de l’expérience.* Il aboutit ainsi au réalisme brut le moins intelligible, puisqu’il pose malgré lui du réel extérieur à l’esprit, dont il se rend incapable de dire ce qu’il est, d’où il vient et ce qu’il signifie. L’idéalisme s’achève en réalisme grossier, en matérialisme pur et simple. Ordonné par essence à tout ramener au droit, il ne sait plus, en fin de compte, que subir la servitude du fait.

      1.. I Sent., d. 36, q. I, a. i. - Cf. A. FOREST, Du consentement à l’être : « Lorsque la pensée se laisse aller à la séduction de l’incom¬plet, d’une abstraction qui ne signifierait pas d’abord tout le réel et n’aurait pas à progresser vers lui, elle ne pourra plus reve¬nir à ce concret qu’elle possédait primitivement, sinon en droit, du moins en fait, elle pourra beaucoup moins s’élever à l’absolu. Elle reste prise dans l’indéterminé. A partir d’une loi abstraite, nous n’obtiendrons jamais une réalité qui conserverait le même caractère... La forme abstraite du tout ne suffit pas à donner par elle seule l’être dont sans doute sont privés les éléments, les termes de l’analyse, les concepts » (p. 78-79). 2. Des Universaux, de quelque mode qu’on les assemble, il ne sortira jamais du singulier.

      * L’expression est d’un idéaliste, L.Brunschvicg.(note de J.C.) Extrait de « Les sources de l’idéalisme » Régis Jolivet DDB 1936." Bien cordialement Jacques


  • ZEN zen 3 avril 2007 14:52

    @Aqua 69, bonjour

    « Ami » ? j’espère,« pauvre » ?c’est moins certain...

    « Niaiseries » : un peu court comme démonstration. J’aurais pu aussi évoquer Nietzsche, sur un autre registre..

    « Quant à la nature... » : vous confondez le langage et les choses, la réflexion sur la réalité et la réalité elle-même...La poésie n’est pas la philosophie...

    Un recyclage ou une initiation serait bienvenu...


    • aquad69 (---.---.33.228) 3 avril 2007 17:59

      re-bonjour Zen,

      ami, j’espère aussi ; pauvre...pardonnez-moi de l’avoir pris d’un peu haut ; j’ai horreur de Kant, et des goût et des couleurs on ne discute pas, n’est-ce pas ? Mais mon propos les concerne à peu près tous.

      Ce que je voulais exprimer, sans en avoir le temps évidemment car celà pourrait meubler de longues soirées de discussions, c’est que je suis d’avis que ceux que nous appelons nos « philosophes » modernes ont voulu développer des réflexions dans une perspective qu’ils voulaient universelle mais qui ne pouvait rester qu’individuelle et limitée parce que seulement basée sur le rationnel.

      En celà ils n’ont fait que développer des « systèmes de pensées », clos sur leur logique propre, comme s’ils voulaient chacun faire rentrer toute la réalité dans leur petite bouteille personnelle.

      Ici je rejoint ce que vous me disiez à propos du langage et des choses, car c’est justement là le sujet :

      A faire passer le langage avant la chose, la réflexion avant la réalité elle-même, on ne parle plus de « vérité » mais de « théories de la vérité » ; et c’est précisément ce que je leur reproche, car à force de vouloir fermer ainsi toutes les portes, on finirait par prouver, non seulement que la vérité est définitivement inconnaissable, mais même qu’elle n’existe pas.

      Or l’intérêt même de la vérité, c’est que non seulement elle est réelle, mais qu’elle est aussi la seule chose qui soit réelle, tout le reste n’étant qu’illusion, bien sûr.

      Et que la seule chose qui vaille en matière de connaissance, ce qui permet réellement de comprendre et qui ait valeur de preuve, c’est de goûter à la chose, d’en faire l’expérience : vous pouvez faire un livre sur le principe rationnel de ce qu’est une montagne, tant que vous ne l’aurez pas vue vous ne saurez pas ce que c’est.

      Or l’expérience est par nature intransmissible : on peut à la limite vous prendre par la main pour vous montrer les choses, mais le contact que vous en aurez sera purement personnel.

      Il ne s’agit pas là de poésie, mais du fondement même de la connaissance chez l’humain : c’est dans l’incommunicable que se tient le plus profond de la réalité des choses et de leur connaissance.

      A vouloir méconnaître celà, on obtient un point de vue complètement fait de superficiel et d’apparences, et une vision du Monde et de la nature humaine fermée et repliée sur elle-même : c’est exactement à ce résultat que sont arrivés nos grands « philosophes ».

      Et par voie de conséquence, ce sont là les caractères prédominants et les plus caractéristiques de la « pensée » moderne, et donc de la société qui s’est développée autour d’elle : une société faite toute de superficialité, basée sur le spectaculaire et sur la puissance, crispée sur l’apparent et le matériel,mais définitivement impuissante à être vraiment utile et à apporter des réponses réelle aux questions posées.

      C’est à dire un système qui ne peut que martyriser et rendre de plus en plus malheureux l’humain, en le détruisant.

      C’est bien à celà que l’on assiste aujourd’hui.

      Cordialement Thierry


    • ZEN zen 3 avril 2007 18:15

      @ Aqua

      « Or l’expérience est par nature intransmissible : on peut à la limite vous prendre par la main pour vous montrer les choses, mais le contact que vous en aurez sera purement personnel. »

      Vous êtes bien dans l’indicible, où la pensée rationnelle ne peut exister= première leçon de Socrate...

      Kant, Spinoza,etc... ne sont pas affaire de « goût et de couleur », mais de réflexion, sinon vous êtes dans l’espace où« toutes les vaches sont grises »(Hegel). Le réel ne prend sens que par le langage humain.Il n’existe aucun accès direct aux choses elles-mêmes.Là, c’est l’ABCD de la philosophie. Même l’intuition du temps, Bergson, la formule philosophiquement...


  • Hub. Hub 3 avril 2007 15:16

    Ca fait vraiment du bien en cette période préélectorale d’un mercantilisme rarement atteint de se poser des questions fondamentales sur le devenir de l’être dans toute ses dimensions. Merci donc pour cet article de remise en perspective de nos fondamentaux existentiels ravagés par un matérialisme qui altère notre paradigme et fait de nous les pièces d’un immense puzzle dont on a toujours pas cerné l’image finale, faute de modèle.

    Je rebondis sur le commentaire de « jm coulomb » en ce qui concerne la dimention spirituelle du positionnement écologique de N. Hulot, ou dumoins la dimention universelle que l’on prétend donner à cette lutte contre le réchauffement d’abord et la sauvegarde de notre planète ensuite. Il y là je crois, peut-être inconsciemment, une démarche universaliste qui aspire au consensus. Quoi de plus fédérateur en effet que de vouloir sauver notre bateau commun d’un naufrage annoncé.

    Comme toute nouvelle idéologie ou croyance, l’écologie dans sa dimention salutaire ne peut fonctionner qu’en s’appuyant sur des dogmes forts échappant à l’analyse pragmatique et rationnelle. C’est exactement ce à quoi l’on assiste en ce moment, à la naissance d’une nouvelle spiritualité universelle, hermétique au débat contradictoire, s’appuyant sur des convictions plus que sur des raisonnements.

    Est-ce notre inconscient collectif, notre instinct de survie qui nous guide vers une réflexion métaphysique sur la fragilité de nos êtres, notre vulnérabilité face à cette matière dont la fin est programmée mais qui nous gouverne plus que jamais aujourd’hui ? « Sauver la planète » serait donc le moyen de penser autrement notre destin commun, de nous donner le temps de retrouver nos esprits.

    Du sommet de Kyoto, en passant par le GIEC tout converge aujourd’hui vers l’élaboration de cette réflexion nouvelle sur notre devenir, et ce, au-delà de l’aspect purement carbonique du débat, sujet à polémiques. Car finalement peu importe la coquille, le support, qu’il soit vérifié ou non, l’essentiel étant cette dynamique vers un idéal commun qui peut être salutaire, à condition qu’elle sache se préserver de toute forme de fanatisme et d’intégrisme.

    Nous savons que nous allons dans le mûr tant nous nous savons imparfaits, tiraillés que nous sommes entre ce corps mortel et jouisseur dont l’appétit féroce est proportionnel à la rapidité de sa décrépitude, et ce besoin impalpable de nous prolonger d’une manière ou d’une autre. La prise de conscience de notre vulnérabilité face à la planète menacée peut être l’amorce d’une pensée nouvelle et donc d’un monde pensé autrement.


  • mos (---.---.31.59) 3 avril 2007 16:37

    « 1987-2007, sombre vide face à l’abîme ? » Non, momentanément surement, car pour le reste :

    « nous sommes dans l’inconcevable avec des repères éblouissants » R Char

    Amicalement.

    Salut fraternel.


  • levoisin (---.---.84.11) 3 avril 2007 17:47

    Enfin !! Ni Dieu ni Maître !! Mais tous esclaves...


  • herbe herbe 3 avril 2007 21:57

    Merci pour cet article un peu sombre. Je vais cependant tenter de positiver.

    Avec votre lucidité comme tant d’autres on va finir par faire le lien avec tous les problèmes qui touchent tous les systèmes complexes (santé physique et mentale pour les organismes (humains, animaux, végétal, abeilles etc) , les grands équilibres à l’oeuvre dans l’environnement, les phénomènes climatiques etc).

    j’ai la profonde intuition que tout est lié.

    Sinon au fait, il parait que l’homme est différent de l’âne car ce dernier fait rarement deux fois la même erreur au contraire de l’homme qui y montre une étonnante qualité de persévérance smiley J’en connais même qui fréquentent aussi cette agora et bien sur je reconnais que ça m’arrive aussi ... c’est là où quand je m’en aperçois , je souhaite être un âne ...


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 3 avril 2007 22:50

    bonsoir et merci pour la qualité de vos commentaires sur ce texte écrit dans un contexte plus littéraire que journalistique. Presque en écriture automatique. Les réactions sont contrastées mais elles restent dans la tonalité du contenu et je me réjouis d’avoir été compris. C’est là l’essentiel.

    alors rien à ajouter de plus, simplement dire merci


  • Mohammed (---.---.135.126) 6 avril 2007 17:05

    Consigne de vote De Pépé le Sorcier !

    Mes chers compatriotes indécis il est bien vrai que la source des innovations est tarie ! Mais laissez moi m’emporter et vous cracher à la figure ceci : Je ne peux trahir mon amour et ma fierté pour cette Nation ardente ; cette Nation indépendante synonyme de justice et de paix sociales ; cette voix qui s’élève jusqu’au ciel pour affirmer ses valeurs républicaines ; cette Unique Voie de l’innovation qui tient toujours le premier rang et trône seule au sommet du Monde ; cet exemple de justice, de progrès et de grandeur à tout point de vue ; cette Patrie qui mène le vrai combat ; le beau combat pour l’unité et la cohésion entre nous ; cette richesse dans toute sa diversité qui assure notre avenir et garantit notre modèle social acceptant toujours les réformes nécessaires en allant vers l’innovation et en encourageant l’esprit d’entreprise ; cette France, mes chers compatriotes ignorants qui est radicalement différente des autres pays pour avoir une Histoire qui accapare les Valeurs universelles dans le but de prôner là où il le faut la tolérance, le dialogue qui nous donne toujours raison et bien sûr le respect que l’on nous doit, pesant ainsi de tout son acabit au sein des arènes faussement internationales qui ne regroupent en vérité que nous autres du Monde intelligent ; cette Nation enfin qui vante sa croissance d’enfer s’appuyant sur une Recherche tout azimut, une industrie agro-alimentaire du tonnerre et une avance plus que rassurante dans le domaine réservé du nucléaire pouvant ainsi faire à son aise des choix stratégiques usant si nécessaire du privilège du veto, de la dissuasion et pourquoi pas du droit au débarquement franchement armé pour sauver des indigènes accablés par les dictatures locales en leur apportant une Démocratie providentielle et des quotas de droits humains chaudement français, toute cette politique mes très chers compatriotes éberlués étant naturellement menée par le cœur et par l’esprit de cette France magnifique qui étonnera toujours les esprits engourdis, Amen ! Alors les Ingrats, pour qui donneriez vous le relais ? C’est la Question ! La France a l’habitude des questions sans réponse ! Rappelez-vous « La Question coloniale », « La Question indigène », « La Question « K »...Mais c’était l’ancien Monde n’est-ce pas ? A la manière de Shakespeare et de notre méthodique René, le Grand Charles avait trouvé des réponses expéditives ! Mais voilà le boumerang ! Aujourd’hui, les choses sont différentes et il faut admettre que “To be or not to be”, is not the question, it is a simple observation ! C’est un simple constat mes chers compatriotes philosophes outre et intra Manche ! Cette expression qui avait fait saliver le Monde intelligent pendant des siècles dans le gluant Hamlet ne répond plus à notre exigence ! Ni même la réponse hardie de notre minutieux René dans son vigoureux Latin : « cogito ergo sum », « Je cogite donc je suis » : « I think, therefore I am ». Le Monde d’aujourd’hui, celui des grandes tragédies orientales et des incertitudes occidentales exige de poser des questions plus précises, surtout complètes et de leur apporter naturellement des réponses adéquates qui survivront au temps ! Exister comme un fragment anonyme dans un Monde en ébullition, est-ce suffisant ? Même le vieux chêne d’une lointaine prairie et même une vulgaire racine d’un peuplier existent, oui tout existe. Ce qui a donné des nausées à Jean Paul, comme vous le savez, mes chers compatriotes existentialistes ! Shakespeare dirait volontiers : “To be or not to be is not my choice ; I think therefore I am, but do I live ?”. Notre René avouera que : “ « Etre ou ne pas être dépasse le sujet ; je pense donc je suis, est-ce que je vis ? ». It is really the big question, la grande question, mes chers compatriotes révolutionnaires ! Et qui répondra à vos préoccupations légitimes, hein ? Ces Candides candidats de la candidature qui me chassent au Karcher ? Savez-vous qu’un Pays à la portée de n’importe quel individu signifie la décadence certaine ? Alors que durant ma longue carrière politique, j’avais pris le soin de ménager la susceptibilité indigène et ne pas ébranler les consciences pour assurer durablement les intérêts de la France d’où, comme vous le savez le Sanctuaire Musée du quai Branly où est figé l’art premier de ceux qui n’évoluent pas, alors que je me suis efforcé de serrer des mains de Dunkerque à Bab-El Oued pour perpétuer le jeu de paumes, ne voilà t-il pas que Minus le Tartarin des Banlieues qui met la pagaille dans notre immigration utile, qui encourage nos sujets à retrouver leur nationalité perdue, qui veut officialiser le Ministère des Colonies...Et quoi encore ! Je ne suis pas Napoléon mais je vous assure que quand les Indigènes se réveilleront, la France tremblera ! Je vous recommande de ne pas lui accorder un seul bulletin de vote, cet individu est dangereux ! Et ce cobra Royal qui sort de nulle part, qui écarte le premier chameau théoriquement et logiquement présidentiable, fait fuir les grosses bêtes et vous charme comme fait un serpent devant une colonie de grenouilles ! Ainsi on malmène comme on peut le Dictionnaire, on vante même sa bravitude au service de la Nation ! C’est une bravade à mon égard ! Mais naturellement je lui interdit une quelconque bravache ! Mon attitude n’est pas bravable et nul ne peut impunément braver ma réelle bravoure ! On se permet même de remettre en question les fondements de la République ! La sororité ! Avez-vous déjà vu un tabouret à quatre pieds ? Quelle idée, quelle sornette celle-là ! Et enfin ce vulgaire pléonasme politique ! « La démocratie participative » ! Comme si la Démocratie n’est pas la participation du peuple à la gestion du pays ? Quelle époque, mes chers compatriotes ! Un programme socialiste avec une garde-robe qui rendrait jalouse Madame Pinochet ? On promet des lois contre nature qui autorisent l’adoption des bébés crocodiles tout cela pour s’assurer l’afflux des voix ! Je vous en conjure, détournez-vous de son regard ensorceleur et laissez sa boite vide aux prochaines élections car la France mérite mieux ! Entre temps relisez utilement le grand Nietzsche et vous comprendrez bien ce qu’est l’ambition du pouvoir au féminin politique ! L’ère bourdieusarde est révolue, enfin ! Ceux du Béarn qui veulent ancrer dans nos esprits une sociologie tribale en auront pour leur compte ! La République n’est pas synonyme d’anarchie ! Comprenez que le pendule qui oscille n’est ni à Gauche ni à Droite, tout est relatif. Imperturbable, il indique les intérêts de la France suivant la rotation de la Terre un point c’est tout ! Quelle idée de vouloir l’immobiliser au Centre de la Mappemonde sous la Coupole ! Vous n’allez pas voter pour l’immobilisme, je veux dire pour l’inertie ! Voulez-vous instaurer une société ingouvernable ? Moi je vous dis que des Candidats comme eux il y’en a treize à la douzaine ! J’ai promis de peser de tout mon poids dans cette maudite campagne qui n’en finit pas et même après ! Douze coureurs plus Moi cela fait treize et je jure que je voterai bulletin nul ! Moi Grand Maître, Locataire de la Grande Loge je ne part pas, je vous le dis ! De la troupe, il ne reste donc qu’un seul vrai prétendant, LE PEN. Pour les autres je me demande vraiment pourquoi et comment ils arrivent à persister à chaque scrutin ! Tous ces demi pour cent dans les suffrages, à quoi bon ? Etant un candidat virtuel au nom des nouvelles technologies que j’ai réussi à développer chez nous, vous ne pourrez pas me reconduire sur le tabouret que je refuse de quitter ! Alors pour alléger ma conscience et réparer la faute de 2002, votez généreusement pour Monsieur LE PEN afin de le rétablir dans sa légitimité, seul homme politique d’ailleurs qui rendra sa vitalité à la Nation française. Il est de loin le moins raciste parmi nous en affirmant son courage d’aimer les Etrangers chez, même le Pape n’a pas osé ce niveau de chrétienté ! C’est ma recommandation, c’est ma consigne de vote ! Trêve de racisme, d’esclavage moderne soyons donc plus humains ! Rendons la Nation française aux Français ! Je dis cela en vous assurant de ma présence effective dans la prochaine République. Regardez comme j’ai semé mes éléments dans l’échiquier administratif qui survivra à la transition... Vive Moi, vive la Nation française ! Le 06 Avril 2007 Je vous ai compris ! PS/ Pour toute quête spirituelle je vous recommande « L’EPISTEMOLOGIE » de Mohammed : Août 2001.


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