jeudi 8 janvier - par Omraam

2026 : acte de décès de l’ordre mondial de 1945

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Cadre théorique et références conceptuelles - Lire l’agression de Caracas du 2 janvier 2026

Le 2 janvier 2026, à Caracas, l’ordre international né en 1945 a cessé d’exister autrement que comme fiction. L’opération Absolute Resolve, menée contre la République bolivarienne du Venezuela et son président Nicolás Maduro, révèle la normalisation d’une violence impériale assumée par les États-Unis d’Amérique du nord : capture du pouvoir, prédation des ressources, coercition financière et effacement du multilatéralisme. Ce texte analyse cet événement comme un basculement historique, signe du retour des doctrines de domination et de la déchéance irréversible de l’ONU.

1. Impérialisme contemporain et coercition systémique

L’opération Absolute Resolve conduite à Caracas par des Forces dites Spéciales des Etats Unis d’Amérique du nord s’inscrit pleinement dans la tradition critique de l’impérialisme telle que formulée par Lénine, puis réactualisée par les théories de l’impérialisme tardif. Il ne s’agit plus d’une domination coloniale directe, mais d’une coercition multidimensionnelle combinant force militaire, droit pénal extraterritorial, sanctions économiques et contrôle financier.
Dans cette perspective, la capture ou la neutralisation d’un dirigeant comme Nicolás Maduro ne relève pas d’un accident, mais d’un mécanisme de discipline impériale, comparable aux pratiques analysées par Samir Amin lorsqu’il décrit la “gestion violente de la périphérie” par le centre capitaliste.

2. Système-monde et hiérarchie des souverainetés

L’analyse de Immanuel Wallerstein permet de comprendre pourquoi la République bolivarienne du Venezuela est ciblée : dans le système-monde capitaliste, les États périphériques détenteurs de ressources stratégiques ne sont tolérés qu’à condition d’accepter leur rôle subordonné. Toute tentative de réarticulation souveraine, notamment via une convergence avec les BRICS, constitue une rupture intolérable pour le centre hégémonique.
Caracas 2026 révèle ainsi une vérité structurelle : la souveraineté n’est pas un droit universel, mais une prérogative conditionnelle, accordée ou retirée selon l’alignement géopolitique.

3. Réalisme offensif et usage préventif de la force

Du point de vue du réalisme offensif (John J. Mearsheimer), l’action des États-Unis s’explique par la logique froide de la survie hégémonique. Une puissance dominante cherche non seulement à préserver son statut, mais à éliminer préventivement toute menace émergente.
Dans ce cadre, le Venezuela n’est pas puni pour un acte précis, mais pour son potentiel stratégique futur : pétrole, alliances alternatives, remise en cause du dollar. Absolute Resolve apparaît alors comme une guerre préventive non déclarée, menée hors des cadres classiques du droit de la guerre.

4. Droit international critique : de la norme à la fiction

Les approches critiques du droit international (TWAIL - Third World Approaches to International Law) éclairent la déchéance de l’ONU. La Charte de 1945 n’a jamais été un instrument neutre ; elle a institutionnalisé une hiérarchie juridique entre puissances nucléaires et reste du monde.
La passivité de l’ONU face à l’enlèvement d’un chef d’État, au blocus économique et à la prédation des ressources confirme ce diagnostic : le droit international fonctionne comme un langage de légitimation, mobilisé par les forts et invoqué en vain par les faibles. La légalité cède devant l’effectivité de la force.

5. Économie politique de la monnaie et guerre financière

Les travaux de Susan Strange et de l’économie politique internationale permettent d’insister sur un point central : la guerre contre le Venezuela est aussi une guerre monétaire. Le contrôle du pétrole est indissociable du contrôle de sa facturation, de ses circuits financiers et de sa convertibilité.
Toute tentative de sortie du dollar remet en cause l’architecture financière mondiale. Les sanctions et la violence militaire ne sont alors que les instruments ultimes de la défense du privilège monétaire américain.

6. Retour doctrinal : Monroe comme matrice impériale

Enfin, l’explicitation contemporaine de la Doctrine de Monroe sous la présidence de Donald J. Trump confirme l’analyse postcoloniale : les empires ne disparaissent pas, ils changent de langage.
Caracas 2026 marque le moment où la domination cesse d’être euphémisée par le multilatéralisme et redevient frontale, assumée et territoriale, avec l’identification explicite d’États cibles comme Cuba et la Colombie.

Synthèse

Caracas 2026 doit être lu comme :

-un acte impérial rationnel (réalisme offensif),

-une opération de discipline du système-monde (Wallerstein),

-une guerre économique et monétaire (Strange),

-et la confirmation de la faillite structurelle du droit international universel (TWAIL).

Que Conclure ?
Ce n’est pas l’ordre de 1945 qui a échoué : c’est sa prétention à l’universalité qui s’effondre. Le Venezuela révèle ce que beaucoup savaient déjà : le droit international n’est effectif que lorsqu’il ne contredit pas l’empire.

 



7 réactions


  • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 8 janvier 09:12

    Salut, il y a environ 12800 ans la civilisation avancée techniquement du moment mentalement ca avait comme nous foire , était quasiment eradique, sur la planete, ce que la fausse histoire veut cacher ...la aussi ca ressort..

    pourquoi est facile a voir...

    nous suivons le meme chemin en ayant refait les memes choix donc conneries..

    cette decheance fut signalee par des gens comme Solon, Platon, Thot hermes quelque soit ce personnage ..etc

    Dommage vivre est le miracle mais on n en veut pas..au pretexte fallacieux que nqitre = mourir...cause apparente seulement, 

    l humain voit du veni vidi vici la ou il n y a que du alea jacta est..

    mes respects


    • Eric F Eric F 8 janvier 18:50

      @Julian Dalrimple-sikes
      Je ne connaissais pas cette théorie d’une telle civilisation.
      En cherchant, c’est très hypothétique et il n’y a pas de traces, alors que des civilisations de la fin du paléolithique de la même époque en ont laissé. Même si le site avait été détruit par exemple par météorite, une civilisation très avancée aurait diffusé des artefacts qu’on trouverait dans les sites ailleurs.
      L’important changement climatique (réchauffement-fin de glaciations) du mésolithique expliquerait l’avènement de l’agriculture peu après.
      Et il a fallu plusieurs millénaires ensuite avant l’âge des grandes constructions et des métaux.


  • Eric F Eric F 8 janvier 18:30

    En réalité il y a toujours eu des entorses à l’ordre juridique mondial (droit international), par des interventions militaires ou des coups de force par un état puissant ou une coalition sur un état plus faible, et parfois entre états voisins de rapport de force équivalent. 

    Disons que cet état de fait semble s’accentuer ces derniers temps où les tensions augmentent. 


    • Et hop ! Et hop ! 10 janvier 01:37

      @Eric F : «  En réalité il y a toujours eu des entorses à l’ordre juridique mondial (droit international), par des interventions militaires ou des coups de force par un état puissant ou une coalition sur un état plus faible, et parfois entre états voisins de rapport de force équivalent. »

      Je dirai même mieux, depuis 1945, les USA ont toujours organisé des coups d’États, des invasions, des blocus, des bombardements, de la corruption, de la propagande, de la fausse monnaie, des révolutions, des trafics de drogue et d’armes, des fraudes électorales, des pillages, de la piraterie, des faux attentats terroristes, des assassinats pour changer des régimes, les Américains ont toujours été des gangsters.

      Ce qui est nouveau, c’est pas qu’ils violent le droit international et le doit de la guerre, c’est que tout le monde le voit à cause de la multiplication des films et des photos avec iPhones, la facilité de publication par internet et des réseaux sociaux.
      Ce qui est nouveau, c’est qu’ils ne contrôlent plus l’information.


  • Zolko Zolko 9 janvier 08:33

    c’est en 2003 avec l’invasion de l’Irak justifié par des mensonges que l’ordre mondial établi en 1948 — et pas 1945 — a été détruit. Ont suivi le sauvetage du système financier en 2008, l’Ukraine en 2014, la Syrie et la Libye ... la coup d’état au Vénézuela par Trump en 2026 n’est qu’une étape de plus. 


    • Et hop ! Et hop ! 10 janvier 01:54

      @Zolko

      Les USA ont toujours violés les règles qu’ils ont imposé au monde en 1948.

      Le renversement par la CIA en 1958 de Mossadeg qui avait nationalisé le pétrole pour mettre au pouvoir le Shah,
      l’installation en 1979 de Khomeini à Neaufle-le-Château à la demande de la CIA pour renverser le Shah,
      les attentats terroristes en Italie, en Espagne, en France perpétrés par la CIA,
      l’invasion de l’Afghanistan pour y planter du pavot exploité par la CIA,
      le bombardement en 1990 de Belgrade justifié par des faux charniers de Timisohara, la création du Khosovo pour en faire une base militaire de l’OTAN,...


  • Jelena Jelena 9 janvier 09:22

    >> 2026 : acte de décès de l’ordre mondial

    Contrairement à ces prédécesseurs, Trump n’est pas un adepte de « l’ordre mondial », si bien que l’arrestation de Maduro n’y changera rien.


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