lundi 6 octobre 2025 - par guylain chevrier

80 ans de la Sécurité sociale : Contestation du ministre communiste Ambroise Croizat comme « père de la Sécu », le peuple rayé de l’histoire

Il y a 80 ans, l’ordonnance n° 45-2 250 du 4 octobre 1945 instituait en son article 1 « une organisation de la Sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent »1 . Une avancée sociale sans équivalent dans l’histoire du monde du travail, car c’est pour lui, pour le peuple, que la chose a eu et a encore toute son importance. On la doit au programme du Conseil national de la Résistance et à l’influence qu’y exerça le Parti communiste français, qui participa au gouvernement de la République au lendemain de la victoire sur le nazisme, avec Ambroise Croizat comme ministre du Travail, (secrétaire général de la Fédération des métallos CGT), que l’on considère comme le « père de la sécu ». Si l'aspiration au bonheur sur le fondement des Droits de l'homme ressortit de la victoire sur le nazisme qui en avait été la négation, ce qui fut un large mouvement de fond (Rapport Beveridge), le système n'est pas financé en France par l’État comme au Royaume-Uni, mais par une double cotisation, salariale et patronale. Le système se veut par répartition et non par capitalisation, qui avait déjà ruiné la retraite d'une partie des travailleurs avant la guerre dans un contexte de crise financière et bancaire : les cotisations sont redistribuées immédiatement aux assurés qui en ont besoin. Sa gestion est définie comme nulle part ailleurs sur le fondement de la démocratie sociale : les délégués des caisses sont élus, et donc indépendants de l’État (jusqu'en 1967, puis, les élus sont remplacés par des représentants choisis par les partenaires sociaux, avec une voix des salariés affaiblie).

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Ambroise Croizat, ministre communiste du Travail en 1945, n’aurait été que la petite main au regard de Pierre Laroque, grand commis de l’Etat, dans cette conquête sociale. Les opposer n’est pas jouer !

Du côté du journal Le Monde, pour cet anniversaire de la Sécu, pourtant dont le sens est si important en ces temps de remise en cause, on y est allé d'un grincement de dent. On n'a rien trouvé de mieux que commettre un article prenant pour cause d’en contester la paternité au Parti communiste  : Qui a créé la Sécurité sociale ? Quatre-vingts ans après, une paternité toujours disputée2. Ceci, avec la volonté de rejouer la lutte des classes en la tournant en dérision, en prenant à témoin certains travaux d'universitaires alimentant la polémique. On parle d’un « mythe », parce qu'Ambroise Croizat n’entra au gouvernement officiellement que le 21 novembre 1945. « Le véritable père de la Sécurité sociale, c’est Pierre Laroque » dit-on. Grand commis de l’État, il a été de nombreux ministères, dont celui de Croizat. Profondément attaché à la question sociale, ce qu’on ne lui retirera pas, il a participé à en marquer l'histoire. Il restera au service du gouvernement au titre de cette fonction, après qu’on en aura chassé les ministres communistes en mai 1947, au sein du ministère du Travail, puis, dans ce prolongement, sera président de la Caisse nationale de Sécurité sociale de 1953 à 1967.

On insiste sur le fait qu’il est "l'un de ces hauts fonctionnaires qui ont joué un rôle politique central sans être engagés dans un parti politique". C’est tout le sujet ! Lorsque le PCF défend la paternité de la Sécurité sociale, c’est comme représentant alors des intérêts de la classe ouvrière et des laborieux, à moindre égard, du monde paysan, comme premier parti de France. Ambroise Croizat est président de la commission du travail et des affaires sociales de l’Assemblée consultative provisoire lorsque la Sécurité sociale voit le jour, un rôle capital, et c’est grâce à l’importance indispensable des voix communistes que fut approuvé en août 1945 le projet d’ordonnances. On ne saurait confondre ici le grand commis de l’État, technicien de haut vol attaché à la question sociale, qui participe de la traduction dans la vie des décisions politiques, y compris qu’il partage, et le rapport de force de ces femmes et ces hommes qui le font, de la rue à l’usine et au champ, pour que la reconnaissance de ce droit à protection, en lieu et place de la charité, s’impose. On dit que le patronat ne broncha pas, pour tenter de faire admettre que ce fut une sorte de non-événement… Pas étonnant, il tremblait alors devant cette avancée sociale, qui fut arrachée devant l’histoire dans un mouvement qui ne tient pas qu’aux simples circonstances du temps, mais appartient à cet élan d’un combat pour des conquêtes sociales comme celles du Front populaire (1936) dont le PCF est historiquement incontestablement indissociable, et dont sa force représentait le levier. Des conquêtes sociales qui ont tiré un trait sur le malheur ouvrier de la Révolution industrielle du XIXe siècle sans pitié pour des travailleurs sans droit, et exploités avec une violence inouïe, ce qu’on cherche à faire oublier. La première grande loi sociale de prise en charge par l’employeur des accidents du travail n’arrivera qu’en 1898, et un jour de repos hebdomadaire obligatoire seulement en 1906 !

Pas de conquête sociale sans que le peuple s’en mêle 

La Sécu a été mise sur les rails avec la locomotive communiste, sous les « adages humanistes » et populaires d’Ambroise Croizat – « Je cotise selon mes moyens, je reçois selon mes besoins » ou « La retraite n’est pas l’antichambre de la mort mais une nouvelle étape de la vie », ce qui en fera pour le monde du travail une référence sacrée. Comme on le rappelle, dès la fin des années 1940, il est déjà question d’une « maîtrise des dépenses de santé ». Le patronat, avec sa toute nouvelle organisation, le Conseil national du patronat français (CNPF) créé dès 1945 (depuis 1998 le MEDEF), commencera à renâcler contre la hausse des cotisations requalifiées « charges sociales ».

La Sécurité sociale, fruit d’une histoire bien française des avancées sociales, a fait son chemin depuis les premiers pas du mouvement révolutionnaire français, illustrés par le programme du Parti ouvrier français de Jules Guesde de 1880, qui revendiquait dans son programme : Mise à la charge de la société des vieillards et des invalides du travail ; Suppression de toute immixtion des employeurs dans l’administration des caisses ouvrières de secours mutuels, prévoyance, etc., restituées à la gestion exclusive des ouvriers. Mais aussi : Repos d'un jour par semaine ou interdiction légale de faire travailler plus de six jours sur sept. Réduction légale de la journée de travail à huit heures pour les adultes. Interdiction du travail des enfants dans les ateliers privés au-dessous de quatorze ans… Et encore, Suppression du budget des cultes, conscient que ces derniers servent des intérêts loin de ceux, universels, de la Nation, et des travailleurs en lutte qui rejettent toute tutelle, a fortiori religieuse, parfois utilisée contre eux. Moins d’un siècle plus tard, les rêves de protections collectives qui y affleurent entreront dans la réalité, évidemment, pas sans luttes, et une certaine suite dans les idées.

Le PCF, un parti dont l’histoire a été fidèle, par-delà les vicissitudes du temps, au bien du peuple3 

Oui ! Le PCF est bien le père de la Sécu et Ambroise Croizat avec lui, à qui Pierre Laroque à ses côtés apporta sa volonté et ses convictions, ses compétences, sa largeur d'épaule, qu’on ne saurait ainsi opposer, bien au contraire. Ce fut une rencontre essentielle entre un militant et responsable communiste obsédé par le bien du peuple, et un de ces très haut-fonctionnaires appartenant à l'encadrement supérieur de l’État, qui en ont un sens aigu dans ce qu’il représente de meilleur.

La grande résistante Madeleine Riffaud saluait Ambroise Croizat dans le contexte de son enterrement, et de l'immense manifestation à laquelle il donna lieu le samedi 17 février 1951, par ces mots : « L’œuvre magnifique d’Ambroise Croizat est la preuve de ce qu’un ministre peut obtenir quand tout un peuple uni crie par sa bouche. » Le peuple n’est pas un mythe, vis-à-vis duquel d’ailleurs tout est fait pour qu’on l’entende le moins possible aujourd’hui, alors que la Sécurité sociale est l’objet de nombreuses attaques au nom de réduire les dépenses de l’État, censé être au service du grand nombre. Et ce, sous la pression d’un libéralisme effréné, auquel seul un rapport de force populaire peut mettre des limites et satisfaire l’intérêt général. C’est bien le peuple, organisé, qui a joué dans notre histoire contemporaine le rôle principal pour que nous disposions des grandes conquêtes sociales qui sont les nôtres, qu’il faut saluer. Ne laissons pas certains vouloir nous le faire oublier. Vive la République sociale !

Notes :

1-Le réseau Vigilance Travail Social a organisé un webinaire pour cet anniversaire, entre retour sur l'histoire et enjeux sociaux d'actualité. Avec : Gilles Kounowski, ancien directeur des relations internationales de la CNAF ; Nathalie Audin, directrice de centre social ; Guylain Chevrier, docteur en histoire, formateur et chargé d’enseignement à l’université. Animateur, Paul Alexandre Voisin, co-fondateur du réseau* https://www.youtube.com/watch?v=tCRSTO9nZPs

2-https://www.lemonde.fr/histoire/article/2025/10/03/qui-a-cree-la-securite-sociale-quatre-vingt-ans-apres-une-paternite-toujours-disputee_6644149_4655323.html

3- https://www.cinearchives.org/catalogue-parti-qui-vous-est-fidele-le-1104-383-1-0.html

* [email protected] et www.vigilancetravailsocial.wordpress.com



22 réactions


  • CHALOT CHALOT 6 octobre 2025 12:57

    C’est un rappel historique fort et nécessaire car si on peut critique à raison la politique du PCF de l’époque, il y avait une liaison forte avec le mouvement ouvrier et le PCF comme la CGT réunifiée ont joué un rôle important dans la construction de la Sécurité sociale


  • beo111 beo111 6 octobre 2025 13:58

    Pas de conquête sociale sans que le peuple s’en mêle

     Ouais d’accord, mais pour que la conquête persiste il faut que le peuple reste vigilent. J’étais hier à une manif pour les 80 ans de la Sécu avec mes camarades de République Souveraine. Force est de constater que la Sécu est attaquée de toutes part, notamment au niveau de son financement souverain.

    Mais aussi au niveau des dépenses de santé qui ne sont pas toujours au profit de la santé des Français, mais des labos étrangers. La soit-disant action « Octobre rose » en est un des exemples les plus gerbants.

    https://www.youtube.com/watch?v=BjSTY0mmWJ4


  • guylain chevrier guylain chevrier 6 octobre 2025 14:17

    Oui, il faut toujours regarder la courbe générale des choses et le PCF a joué ici un rôle essentiel, malgré être alors englué dans le stalinisme. Et le combat pour conserver les avancées sociales conquises de haute lutte aujourd’hui n’est pas une mince affaire. Car, pour mobiliser des forces vives qui pourraient jouer dans le bon sens, plutôt à gauche sur ce sujet, on se confronte à la démobilisation que crée le désenchantement du politique, en raison des nombreuses trahisons des engagements pris par ceux qui sont censés représenter ce courant politique. 


  • La Bête du Gévaudan 6 octobre 2025 17:54

    La Sécu n’est pas tellement le fruit d’une vaillante lutte romantique, mais le fruit d’une redéfinition du périmètre de l’état dans le cadre du libéralisme (préservation du mécanisme des prix) qui remonte à des décennies en amont. Cela a notamment été synthétisé entre-deux-guerres dans les instances néo-libérales telles que le Colloque Lippmann... Cette généralisation en Occident après 1945 ne doit donc rien au hasard.

    Cela concernait 5 pôles parfaitement identifiés : santé, chômage-retraite, instruction, énergie, infrastructures, à quoi l’on pouvait adjoindre la recherche fondamentale. Et ça correspond aux politiques qui vont être menées droite-gauche après-guerre dans tout l’Occident avec quelques nuances. 

    Cela provenait d’une prise en compte du fait que les structures sociales évoluaient. Autrefois, les gens vivaient en auto-gestion familiale et communautaire dans les campagnes, la médecine était rudimentaire et l’instruction aussi. Les gens ont migré vers les villes et vécu de manière plus individualiste. Il fallait pourvoir à la prévoyance, à l’instruction, etc. 

    Dans un premier temps, cela s’est fait de bric et de broc, avec de nombreuses caisses de prévoyance. La Sécu est venue essentiellement unifier et homogénéiser ces caisses de prévoyance qui existaient déjà dans les diverses branches d’activité avant-guerre. 


    • La Bête du Gévaudan 6 octobre 2025 18:23

      Le choix initial de caisses autogérées par les cotisants me semble intéressant. Simplement l’unification dans un système national obligatoire a perverti la chose : on a confondu la « mutualité ouvrière » et la « solidarité nationale ». Cela a pris un aspect « organiciste » et « national-socialisant » douteux...

      L’erreur a continué avec la fiction des cotisations « salariales » et « patronales ». Avec cette idée de « faire payer le capital ». Un slogan marxiste qui ne correspond à rien dans la réalité économique. En vérité, le coût des cotisations est intégralement imputé dans le coût du travail par n’importe quel employeur. Les cotisations sont en réalité entièrement salariales. Cela joue uniquement au plan de l’assiette fiscale (puisqu’une partie des cotisations est imputée dans l’assiette fiscale de l’employeur). Mais cela a eu un contre-coup négatif : inviter les patrons dans la gestions des caisses de prévoyance ouvrières. Là encore je vais vous donner des leçons d’ouvriérisme ! Et tout cela a contribué à renvoyer la Sécu dans le giron de l’influence de l’état.

      Là-dessus se sont greffés la voracité des labos (auxquels on consent des prix de remboursements exorbitants) et à l’incurie des fonctionnaires (tant médicaux que gestionnaires). Sans compter parfois une certaine confusion entre « charité publique » (relevant de l’état ou de fondations charitables) et « mutualisme ouvrier » (réservé aux cotisants). Aujourd’hui, la Sécu est devenue un « machin » dans l’esprit des gens. Chacun cherche à en tirer le maximum et à y cotiser le minimum. C’est délétère ! 


    • La Bête du Gévaudan 6 octobre 2025 18:52

      Sur la question répartition ou capitalisation, on a des postures « marxistes » ou « libertariennes » qui sont d’autant plus outrées qu’elles sont fictives. La répartition fonctionnait bien dans une France prospère et féconde démographiquement... aujourd’hui, elle fait peser sur les actifs un poids croissant, sans qu’eux-mêmes aient une garantie pour leur vieillesse vu le déclin démographique. 

      Il se pose aussi la question de savoir si l’on doit avoir une caisse nationale unique ou plusieurs caisses autogérées autonomes. Se pose aussi la question de savoir si la drogue, la malbouffe et les comportements à risques sont considérés comme des « choix de vie » ou des maladies qu’il faut limiter. On ne peut pas indéfiniment faire payer les gens pour les maladies chroniques de certains qui ont choisi de « niker la société » tout en réclamant de se faire soigner aux frais des autres. Relèvent-ils de la cotisation ou de la charité ? 

      Quant à la capitalisation, elle est présentée comme « infernale »... c’est abusif. Elle a l’avantage de corréler le montant des pensions à la prospérité de l’économie. C’est une autre forme de solidarité intergénérationnelle, puisque les retraités ont donc un intérêt palpable à ce que l’économie nationale se porte bien. Ils sont donc moins indifférents au sort des actifs. Et cela permet également d’avoir des fonds (souverains ou privés) aptes à investir dans l’économie nationale.


    • Jean Keim Jean Keim 7 octobre 2025 07:02

      @La Bête du Gévaudan

      Ce qui est délétère est le pouvoir exorbitant de l’argent devenu l’argent fric, et pourtant quasiment personne n’envisage ne serait-ce que de le supprimer.


    • Jean Keim Jean Keim 7 octobre 2025 07:07

      @La Bête du Gévaudan

      Faire cohabiter le public et le privé est un leurre, dans une société où le fric est roi, le privé finit par bouffer le public.


    • guylain chevrier guylain chevrier 7 octobre 2025 10:58

      @La Bête du Gévaudan
      L’universalisation des protections collectives à laquelle a donné lieu la création de la Sécurité sociale a été un progrès considérable vis-à-vis des systèmes passés, dont la capitalisation qui ruinait les épargnant (l’exemple des Etats-Unis lors de la crise des subprimes), qui a été remplacé par la répartition/redistribution. N’oublions pas que la Sécurité sociale est aussi inscrite dans le préambule de la Constitution de la IV e République qu’a repris la Ve, ce qui la protège malgré tout, mais pas contre certaines attaques comme le recul de l’âge de la retraite, les déremboursements de médicaments par exemple, ou la réduction de la prise en charge des affections de longue durée (ALD), comme récemment. Elle reste un combat !

      Les trois principes fondamentaux de l’Ordonnance de la Sécurité sociale :

      -la généralisation progressive de la Sécurité Sociale à l’ensemble de la population : celle-ci étant financée par une double cotisation à la charge des employeurs et des salariés ; (il ne s’agit pas d’une assurance individualiste, chacun étant protégé selon son niveau de cotisation, mais chacun cotise à proportion de ses moyens et reçoit selon ses besoins. C’est un engagement réciproque).

      -l’unité des Institutions et l’universalité des risques : un régime unique doit être mis en place et des caisses à compétence générale sont chargées d’appliquer les législations sociales ; (Ceci, dans le prolongement de l’esprit d’indivisibilité de la République, avec pour principe l’application d’une même règle à tous).

      -la démocratie sociale :  les organismes de sécurité sociale étant des organismes de droit privé dotés d’une autonomie de gestion et gérés par des Conseils d’Administration composés de représentants de salariés et d’employeurs ; (ce sont ceux qui cotisent qui en sont responsables, à travers leurs représentants. Ce qui protège la nouvelle institution des vicissitudes de l’Etat). Qui a reculé malheureusement, depuis 1967, ou cette véritable démocratie sociale a été remplacée par un système de paritarisme avec des représentants choisis par les syndicats des salariés et des employeurs, représentants des mouvements familiaux, personnalités désignées. Ce n’est pas rien, cela maintient une certaine indépendance vis-à-vis de l’Etat, et du système du tout financement part l’impôt, mais bien moins efficace pour les intérêts des assurées.


    • tonimarus45 7 octobre 2025 11:26

      @guylain chevrier-Ne perdez pas votre temps avec ce « facho »


    • Aristide Aristide 7 octobre 2025 12:08

      @guylain chevrier

      la réduction de la prise en charge des affections de longue durée (ALD)

      Non, il s’agit de lé réduction de la prise en charge pour les médicaments non lié à l’ALD. Ce qui est d’ailleurs une bêtise, de nombreux malades d’ALD souffrent d’une ou plusieurs maladies invalidantes. Toute autre pathologie, hors ALD, a une influence incontestable sur la santé de la personne, souvent en situation précaire pour s’en défendre comme tout autre patient. 


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 12 octobre 2025 13:51

      @Jean Keim
      « Un renard libre dans un poulailler libre »


  • Jean Keim Jean Keim 7 octobre 2025 06:56

    Ce qui pourrit tout le système est que l’argent s’est transformé en argent-fric lequel est devenu tellement prégnant que certains tueraient père et mère pour en avoir plus.

    Si une invention pouvait donner un instantané symbolique de ce que pensent les gens, il y aurait notamment à n’en pas douter comme image des tiroirs caisses


  • guylain chevrier guylain chevrier 7 octobre 2025 11:23

    N’oublions pas l’importance du PC comme levier de la classe ouvrière dans la conquête des grands acquis sociaux du XXe siècle, et ce, jusqu’à la retraite à 60 ans et la 5e semaine de congés payés, les nationalisations, revendications inscrites au Programme commun de la gauche initié par les communistes, et que Mitterrand comme président élu en mai 1981 ne pourra pas dénier. Le grand tort du PC, c’est d’avoir, après les trahisons du PS au pouvoir avec le tournant de la rigueur (austérité) de 1983, d’avoir continué, tout en critiquant le parti au pouvoir et en s’éloignant de plus en plus de lui, dont sur l’Europe question capitale, à faire l’Union de la gauche à chaque élection avec lui. Ce fut sa descente aux enfers et sa perte de crédibilité, miné par les mêmes problèmes d’alliance électoraliste que les autres partis. Il est devenu, de parti révolutionnaire un parti comme les autres de ce point de vue, en cessant d’être un vrai recours d’opposition au système capitaliste à tendance ultra-libérale. La constance dans les valeurs est fondamentale en politique, dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit. C’est l’inconstance de tous les partis au regard de ce principe, qui a conduit à cette crise politique que nous vivons, avec un RN en embuscade. 


    • tonimarus45 7 octobre 2025 11:32

      @guylain chevrier-Bien vu en ce qui concerne le PC.Quand a la la trahison du ps en 1983, chevenement ,loin d’etre communiste , parle «  »d’un virage vers le neoliberalisme« , qui a continue avec »jospin , et pire avec hollande


    • Aristide Aristide 7 octobre 2025 12:03

      @guylain chevrier

      • le programme commun de la gauche est mort en 1977 après la rupture des négociations pour la réactualisation.
      • En 1981, Mitterrand est le candidat du PS, il est élu au second tour avec 51,76 % des voix.
      • Georges Marchais est le candidat du PCF, il obtiendra 15,35 % au premier tour et sera absent du second tour.
      • Le programme de Mitterrand est celui des 110 propositions. Pas le programme commun.

    • guylain chevrier guylain chevrier 8 octobre 2025 00:11

      @Aristide
      Je ne sais pas ce que vous voulez prouver, il est un fait que c’est bien cette dynamique populaire du programme commun initiée par les communistes qui a fait la victoire des socialistes en mai 1981. La nomination de ministres communistes au Gouvernement Mauroy, après l’élection de mai 1981, est dans la continuité avec la dynamique enclenchée par le PCF qui est à l’origine du Programme commun signé en juin 1972 par le PCF et le PS que rejoignent les Radicaux de gauche. Le PCF avait déjà publié sur le sujet, pour un programme commun de gouvernement. Après la rupture de 1977 lors de l’étape de sa réactualisation, PCF et PS continueront de défendre chacun de leur côté leur programme commun de gouvernement de la gauche, prétendant qu’il est plus unitaire que l’autre en l’accusant d’être responsable de la rupture, puis le PS volera de ses propres ailes en profitant du courant ascendant. L’erreur du PCF est d’avoir fait passer par ce programme commun le PS d’alors pour révolutionnaire, avec un Mitterrand répétant dans les meetings jusqu’à la veille de son élection qu’il voulait en finir avec le capitalisme. Le PCF passait alors pour moins indispensable. Mais c’est au PCF que l’histoire donnera raison, avec les trahisons du PS qui n’ont cessé ensuite de s’accumuler, pour désenchanter le politique, à quoi l’influence du RN doit beaucoup.


    • Aristide Aristide 8 octobre 2025 10:29

      @guylain chevrier

      il est un fait que c’est bien cette dynamique populaire du programme commun initiée par les communistes qui a fait la victoire des socialistes en mai 1981.

      Il faut se frotter les yeux pour croire à une telle fable ... Le parti communiste ne pèse que 15 % lors de l’élection de 1981 !!!!

      Si Mitterrand a gagné, c’est en faisant le plein des voix de la gauche socialiste et radicale et peut-être aussi sur le centre gauche. 

      Ce n’est pas à sa gauche avec le PCF qu’il a trouvé de quoi obtenir les 51 % !!!


    • guylain chevrier guylain chevrier 8 octobre 2025 10:58

      @Aristide
      Vous dites : « Si Mitterrand a gagné, c’est en faisant le plein des voix de la gauche socialiste et radicale et peut-être aussi sur le centre gauche. » C’est vraiment ridicule, le PC a appeler à voter au second tout pour Mitterrand qui n’aurait jamais été élu sans les voix communistes du 1er tour. Les spécialistes de la période expliquent comment le PC a vu être récupérées ses voix par le PS, par une imposture certaine, qui a fonctionné, le PC faisant avant 1981 une vingtaine de % depuis la libération. Son tort a été de ne pas présenter de candidat aux élections présidentielles de 1965 avec François Mitterrand candidat unique sans programme et en 1974 bis répétita, après la signature du programme commun. On a habitué les électeurs communistes à voter pour ce personnage dès le premier tour et un PS que l’on a ainsi rougi fort mal à propos. C’est tout de même surprenant ces réécritures de l’histoire, les voix prises au parti communiste était un projet de Mitterrand clairement exprimé lors d’une réunion de l’internationale socialiste quelques années plus tôt. Vous êtes le seul « analyste » à proposer cette vision. C’est la même chose que ce que vous publiez sur le rôle que vous jugez inexistant du PC dans la conquête de la sécu, qui tient à du n’importe quoi. C’est bon, on a compris, vous n’aimez pas le PC, cela ne justifie en rien de telles révisions de l’histoire. Je ne suis personnellement nullement encarté, mais j’ai le soucis du respect de ce qui fut écrit par des hommes en un temps qui ont fait ce que nous sommes, qu’il ne faut pas leur enlever, car c’est comme cela que l’on donne des ouvertures au fascisme.


    • Aristide Aristide 9 octobre 2025 14:05

      @guylain chevrier

      Qui a dit que Mitterrand n’avait pas bénéficié des voix communistes du 1er tour. Relisez ce que j’ai écrit !!!

      Ce n’est pas à sa gauche avec le PCF qu’il a trouvé de quoi obtenir les 51 % !!!

      Une arithmétique assez simple, ses voix 28,32 % + Marchais 15,35 % = 43,67 %. Il manque 8,09 % !!! Même si on ajoute les voix de l’extrême gauche de 3,41 %, il manque toujours 4,68 %.

      Mitterrand les a obtenus par les voix du centre et celle des chiraquiens abhorrant Giscard !!!

      PS : J’ignore les propos tenus par Juquin sur les consignes données par Marchais demandant à voter Giscard ... Cela a pu exister, mais c’est négligeable.


  • Aristide Aristide 7 octobre 2025 11:33

    c’est grâce à l’importance indispensable des voix communistes que fut approuvé en août 1945 le projet d’ordonnances.

    Partis ayant voté POUR : 470 voix

    • MRP (Mouvement Républicain Populaire) : 160 voix
    • Socialistes (SFIO) : 142 voix
    • Communistes (PCF) : 148 voix
    • Divers gauche : 20 voix

    Partis ayant voté CONTRE : 95 voix

    • Radicaux et modérés : 60 voix
    • Divers droite : 35 voix

    La majorité est à 283 voix :

      si les communistes s’abstiennent  : 322 voix pour, 95 contre,

      si les communistes

    votent contre : 322 voix pour, 243 contre.


    Dans le deux cas, les voix communistes n’ont pas été indispensables.


    Peut-être, il ne faut pas ignorer le rôle primordial et indispensable de Pierre Laroque qui a porté ce projet bien avant la guerre, ni le rôle d’Alexandre Parodi, compagnon de la libération. C’est sous son ministère au Travail que les ordonnances créatrices de la Sécurité sociale ont été votés et promulgués.

    Il ne s’agit pas d’ignorer le rôle du PCF et du mouvement ouvrier, et encore moins de nier l’importance indispensable de tous les partis qui ont participé à la création de la Sécurité sociale. 


    • guylain chevrier guylain chevrier 7 octobre 2025 23:44

      Dans mon texte, il est question de la commission du travail et des affaires sociales de l’Assemblée consultative provisoire qui a précédé l’adoption de ces ordonnances, et de ce qui s’en suivi, qui n’a rien à voir avec l’information que vous fournissez (Sans source d’ailleurs)


      "L’ordonnance d’organisation de la Sécurité sociale du 4 octobre 1945 a été le fruit d’un travail de plusieurs mois du Gouvernement provisoire de la République française et de son pendant parlementaire, l’Assemblée consultative provisoire (ACP). Le 31 juillet 1945, celle-ci est appelée à se prononcer sur l’avant-projet gouvernemental élaboré par le haut fonctionnaire Pierre Laroque. La majorité de gauche CGT-PCF-SFIO fait bloc : le texte est approuvé par 190 voix, contre une seule à droite. Mais 84 délégués, surtout du centre droit (MRP) et du syndicat chrétien CFTC, choisissent de ne pas prendre part au vote."


      Je renvoie au très bon article sur le sujet du journal L’Humanité :https://www.humanite.fr/histoire/ambroise-croizat/juillet-1945-face-a-la-droite-et-au-clerge-comment-la-gauche-a-impose-la-securite-sociale-pour-tous

      et à la Fondation Gabriel Péri qui en fait le détail,

      https://gabrielperi.fr/expo-securite-sociale/les-travaux-de-lassemblee-consultative-provisoire/

      extrait :

      L’Assemblée consultative provisoire est l’Assemblée représentative de la France libre. Elle réunit les différents mouvements de la Résistance, les partis politiques et les syndicats opposés à la collaboration, sous l’autorité du Comité français de libération nationale (CFLN), qui devient, le 3 juin 1944, le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF). 

      Siégeant à Alger du 3 novembre 1943 au 25 juillet 1944, elle est transférée à Paris à la Libération, du 7 novembre 1944 au 3 août 1945. L’Assemblée consultative provisoire n’a pas l’initiative des lois. En revanche, elle constitue un lieu de délibération original où sont discutés les projets de la Résistance, elle interpelle le Gouvernement provisoire sur les questions qui l’intéressent et doit être consultée sur les projets d’ordonnances, à travers des demandes d’avis. Pour ce faire, elle se dote de commissions. Celle du Travail et des Affaires sociales est présidée, dès son installation à Paris en novembre 1944, par Ambroise Croizat. 

      Au printemps 1945, le processus d’élaboration des ordonnances concernant la Sécurité sociale s’accélère. Les bureaux de la direction générale des Assurances sociales, avec à leur tête Pierre Laroque, mettent au point un projet d’organisation du nouveau système. Mais l’administration n’est pas seule à la manœuvre. 

      Si la commission du Travail et des Affaires sociales devait avant tout rendre un avis sur le texte proposé, elle s’est imposée comme un lieu important de construction d’un consensus politique autour de la Sécurité sociale, grâce à plusieurs spécialistes de ces questions parmi ses membres.

      Le 9 juin, une commission ministérielle, connue sous le nom de la commission Delépine, est chargée d’examiner le projet relatif à l’organisation de la sécurité sociale. Cette commission compte notamment des représentants des syndicats ouvriers. Les conflits entre défenseurs et opposants à ce nouveau régime sont intenses. 

      Dans son discours à l’Assemblée le 31 juillet 1945, Georges Buisson rappelle le rôle de cette commission dans la discussion de ce projet. Il est finalement adopté à 190 voix pour, une seule voix contre (celle du député conservateur Joseph Denais), et 84 abstentions (des démocrates-chrétiens, pour la plupart). C’est donc la majorité composée de la CGT, du PCF et de la SFIO qui a défendu politiquement le projet proposé par le gouvernement, et permis son approbation.


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