90 milliards pour les beaux yeux de l’Ukraine
Soyez heureux, Français ! Vous participez de plein pied, à hauteur d’environ 13 à 15 milliards d’euros, au prêt européen de 90 milliards destiné à l’Ukraine.[i] Une somme colossale engagée en votre nom, sans véritable consultation.
Et contrairement au discours officiel centré sur la reconstruction et la paix… la réalité est loin d’être une colombe qui plane.
Le déblocage
Le déblocage du prêt de 90 milliards d’euros par l’Union européenne en faveur de l’Ukraine, validé le 23 avril 2026, a deux raisons principales : l’intense lobbying de Volodymyr Zelensky,[ii] mais aussi la levée du veto hongrois. Depuis des mois, la Hongrie bloquait le versement de ce prêt, indispensable à l’Ukraine pour poursuivre sa guerre contre la Russie, tant que les livraisons de pétrole russe, transitant par l’Ukraine, ne reprendraient pas. « Pas de pétrole, pas d’argent », le résumait l’ancien Premier ministre Viktor Orbán.[iii]
Il faut souligner que c’est un prêt et non un don, garanti par le budget de l’UE, que l’Ukraine devra rembourser. Quant au remboursement, il sera en grande partie financé par les intérêts des avoirs russes gelés ou de futures réparations de guerre imposées à la Russie.
Ainsi, cette piste de financement repose sur les intérêts des avoirs russes gelés. Ils ne sont pas confisqués, mais leurs revenus pourraient être utilisés pour financer. Cette pratique pose un problème : elle touche au principe de sécurité des réserves souveraines. Cela peut fragiliser la confiance dans le système bancaire international si ce type de mesure est utilisé.
Ce prêt apparaît surtout comme une solution d’urgence. Mais derrière, rien ne garantit le désendettement. Si les mécanismes prévus échouent ou si la situation se dégrade, le risque de non-remboursement par l’Ukraine devient bien réel.
Répartition du pactole
Quelque 60 milliards d’euros seraient consacrés à l’effort de guerre, pour des achats d’armes, de munitions et le soutien à l’industrie militaire, contre environ 30 milliards pour maintenir l’État ukrainien à flot : salaires, services publics, fonctionnement de base, selon des estimations relayées par la presse.[iv]
Objectif assumé : permettre à l’Ukraine de tenir dans la durée face à la Russie.
Une ligne politique fluctuante, volontariste
D’un côté, des dirigeants européens, Macron en tête, qui parlent de paix, de diplomatie et de reconstruction ; de l’autre, un financement massif pour la poursuite du conflit.
Ne surtout pas voir cela comme une contradiction : c’est un choix stratégique. Celui de prolonger un rapport de force militaire avec la Russie. Quant aux populations…
Pendant ce temps, la guerre continue : les soldats meurent, les mères sont éplorées et les enfants sont orphelins. Dans chaque camp, ukrainien comme russe, ce sont des milliers de morts supplémentaires, une génération durablement traumatisée et des blessés qu’il faudra soigner durant des décennies.
Pour les peuples d’Europe, une question demeure : à quel moment les citoyens du continent ont-ils été consultés sur ces engagements humains, financiers et stratégiques ?
Car au-delà des discours, une réalité demeure : ce conflit se prolonge grâce à de l’argent public, ce qui rend les nations, et donc leurs citoyens, complices indirects de ce que certains appellent communément un « hachoir à viande », où les jeunesses des deux pays sont soit recrutées de force, soit contraintes à une désertion non désirée.
Une question reste en suspens : pourquoi des leaders européens se plient-ils aux doléances d’un Zelensky.
Parlons du « président » Zelensky
Le cas de Zelensky cristallise aujourd’hui une série d’interrogations politiques en Europe. Son mandat aurait dû, en théorie, arriver à échéance en 2024. Mais la guerre et la loi martiale en vigueur en Ukraine ont conduit à la suspension des élections, rendant impossible l’organisation d’un scrutin dans les conditions normales. Nonobstant ces obstacles, Volodymyr a pris son bâton de pèlerin et s’est rendu à Chypre le 23 avril 2026 pour assister à un sommet européen,[v] et a maintenu une pression constante sur les dirigeants. Il faudrait se poser une question : quel genre de pression peut-il bien maintenir ?
Malgré une cote de popularité restée stable,[vi] mais entachée par des relations d’amis peu en adéquation d’un temps de guerre. Prenons par exemple son proche ami, Rinat Akhmetov, un milliardaire propriétaire d’un yacht d’un demi-milliard.[vii] Il a aussi acquis la villa « Les Cèdres » à Saint-Jean-Cap-Ferrat, sur la Côte d’Azur, pour environ 200 millions d’euros.[viii] Et pour bien montrer sa fortune, il vient d’acquérir l’appartement répertorié comme le plus cher du monde à Monaco pour 550 millions.[ix]
Pour ceux qui ne sont pas dans le secret des dieux, il reste une réalité difficile à ignorer et à expliquer : le président ukrainien Volodymyr Zelensky semble occuper une place centrale dans les décisions de soutien occidental à l’Ukraine. Par ses interventions et ses requêtes réitérées auprès des capitales européennes, il a contribué à maintenir et à renforcer des dispositifs financiers d’une ampleur inédite, dont ce dernier paquet de 90 milliards d’euros. Sans disposer d’un pouvoir formel sur les institutions européennes, il incarne pourtant un acteur clé d’un rapport de force diplomatique où la demande ukrainienne et la réponse européenne s’alimentent mutuellement dans la durée… sur le dos des contribuables.
Rien de mieux que le « war business »
Les 90 milliards ne sont pas inclus. Ainsi, depuis 2022, on estime que l’Europe a dépensé plus ou moins 200 milliards. La France, quant à elle, de 3 à 5 milliards € directs et jusqu’à 15 milliards avec l’UE. 70 milliards est l’estimation pour l’aide militaire.
Et les Américains ? Eux ont performé, par des dons d’aide totale de 175 à 188 milliards $. L’aide non remboursable à hauteur de 15 à 25 %.
En résumé : l’Europe structure une partie de son aide comme une dette future pour l’Ukraine. Les États-Unis fonctionnent davantage comme une aide militaire directe non remboursable, avec un mais… La récupération indirecte : les armes envoyées sont souvent remplacées par de nouvelles commandes. L’argent public américain revient donc vers les entreprises (Lockheed Martin, Raytheon, etc.). Il y a aussi l’énergie. L’Europe a réduit ses achats de gaz russe, a augmenté ses importations de GNL américain, faisant que les États-Unis ont gagné des parts de marché importantes. Sans oublier l’influence géopolitique avec le renforcement de l’OTAN, la dépendance accrue de l’Europe aux équipements américains et une position dominante dans l’industrie militaire occidentale.[x]
Nous n’arrivons pas à lire la stratégie ?
Au-delà des stratégies et des chiffres, une question reste entière : celle du consentement des peuples. Les décisions sont prises à l’échelle des élites, non élues comme celles de la Commission européenne, du Parlement qui est consultatif, et les citoyens de l’Union (450 millions tout de même) qui se sentent être la vache à lait d’un système hors sol, qui finance une guerre dont la majeure partie d’entre nous est contre. À signaler l’attitude ambivalente du président français qui un jour prône la paix pour le lendemain provoquer des réunions qui ont pour but de pousser à la guerre.
Au final,
Derrière les chiffres, les prêts, les dons et les discours de paix, une réalité s’impose : l’Europe s’est engagée dans un mécanisme financier et politique massif dont les contours échappent largement aux peuples. Entre dette future, intérêts d’avoir gelés, industrie de l’armement et dépendances énergétiques, chacun y trouve un intérêt, mais rarement les citoyens qui financent.
Ce qui est présenté comme un soutien à l’Ukraine ressemble aussi à un système durable de transfert d’argent public, dans un conflit qui s’installe dans le temps sans perspective claire de sortie. Et pendant que les décisions se prennent au sommet, la facture, elle, reste supportée en bas, par ceux dont l’opinion ne compte pas…
Il n’y a pas si longtemps, avec un tel contexte on faisait des révolutions !
Georges ZETER/avril 2026
Vidéo : 90 milliards débloqués pour l'Ukraine : plus que le Plan Marshall !
[i] https://www.tf1info.fr/international/guerre-ukraine-russie-europe-union-europeenne-un-message-clair-a-vladimir-poutine-l-ue-debloque-90-milliards-d-euros-en-faveur-de-kiev-2413756.html
[ii] https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/24/a-chypre-volodymyr-zelensky-plaide-pour-l-adhesion-de-l-ukraine-a-l-union-europeenne_6682998_3210.html
[iii] https://www.nouvelobs.com/monde/20260422.OBS114384/apres-la-levee-du-veto-hongrois-l-ue-approuve-un-pret-de-90-milliards-d-euros-a-l-ukraine.html
[iv] https://www.bfmtv.com/economie/international/londres-fera-partie-des-exceptions-les-60-milliards-d-euros-prevus-dans-le-cadre-du-pret-de-l-ue-a-l-ukraine-pourront-aussi-permettre-de-fournir-des-armes-britanniques_AD-202602040772.html
[v] https://www.lemonde.fr/international/video/2026/04/23/pret-de-90-milliards-a-l-ukraine-volodymyr-zelensky-et-l-ue-appellent-a-une-mise-en-uvre-rapide_6682844_3210.html# : :text=vid%C3%A9o%20Apr%C3%A8s%20le%20retrait%20du%20veto%20hongrois,le%20pr%C3%AAt%20de%2090%20milliards%20d'euros%20accord%C3%A9
[vi] https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/04/24/les-pressions-russes-et-americaines-renforcent-la-popularite-de-volodymyr-zelensky_6599636_3232.html
[vii] https://www.nicematin.com/societe/vie-locale/c-est-quoi-ce-yacht-a-un-demi-milliard-de-dollars-au-mouillage-a-saint-jean-cap-ferrat-10677244
[viii] https://www.ouest-france.fr/europe/ukraine/ce-milliardaire-ukrainien-vient-de-se-payer-la-maison-la-plus-chere-de-france-6710920




