92% des Français déclarent avoir une bonne image des agriculteurs. Mais tous la méritent-ils ?
92% des Français déclarent avoir une bonne image des agriculteurs.
Mais tous la méritent-ils ?
Je reproduis un article du « Canard enchaîné », du 15 avril 2026, titré « Creuse : un tour de cochon sur le lac ». Je pense qu'ils ne m'en voudront pas. Trois personnes sont nommés dans l'article dont j'ai changé les noms.
Un paradis pour les baigneurs, pêcheurs, randonneurs. Le lac de Vassivière, dans le sud de la Creuse, est un des plus grands lacs artificiels du pays : 1000 ha, 45 km de rivages, cinq sites de baignades avec une eau d'excellente qualité, dixit le ministre de la Santé, le tout entouré de landes, de forêts et de zones humides, en plein cœur du parc naturel régional de Millevaches en Limousin.
Oui, mais voilà, à 2 km à vol d'oiseau, deux frères éleveurs, réunis dans le groupement agricole d'exploitation en commun du Villard, appuyés par la coopérative d'éleveurs du Cirhyo (480 adhérents, 368 millions d’euros de chiffre d’affaires), envisagent de construire un bâtiment de 1000 m2 pour y élever sur caillebotis 1200 porcs. Objectifs : diversifier leur activité et créer un emploi à temps partiel. (Note personnelle : vive la qualité de la viande française !)
Qui dit cochons dit lisier. Et là, 1380 m3 par an d'effluents seront étalés sur 232 ha de terres, au nord et à l'est du lac. L'agence de santé est donc saisie.
Le 7 mars 2025 elle rend son avis : « L'épandage régulier de lisier de porcs pourrait engendrer une augmentation des apports en phosphore et en azote favorisant le développement de cyanobactéries, notamment de genre toxinogène. » Elle recommande donc de « réaliser une étude d'impact ».
Les riverains, eux, sont vent debout : « Campings, restaurants, locations saisonnières, des centaines d'emplois dépendent du lac et de la qualité de son eau, c'est la seule économie du secteur, notre vitrine touristique et ils veulent la saccager pour un emploi à temps partiel ? » peste un habitant. Un collectif, « Non à la porcherie du lac », se monte. Réunions, manifs, pétition (70 000 signatures). Les maires des trois communes concernées par le plan d'épandage (Faux-la-Montagne, Gentioux-Pigerolles, Royère-de-Vassivière), le parc naturel régional, le syndicat mixte qui gère le lac ou la commission locale de l'eau, tous émettent un avis défavorable.
Le 27 mars, la préfecture prend un arrêté pour faire basculer le dossier en procédure d’autorisation environnementale, avec, donc, une étude d'impact à la clé.
Le 22 juillet les deux frères jettent l'éponge. Les opposants respirent.
Pas longtemps. Le 17 décembre, les éleveurs reviennent à la charge et déposent un nouveau dossier.
Cette fois-ci, ils ont pris soin de faire appel à un cabinet d'études, Sol Hydro Environnement, pour qu'il réalise une étude hydrogéologique afin de répondre aux préconisations de l'ARS. Deux parcelles d'épandage qui pouvaient « présenter un risque élevé de ruissellement en conditions pluvieuses » sont retirées du dossier. Désormais « le risque d’entraînement de l'azote et du phosphore est modéré ».
Philomène Tournesol, ingénieur hydrogéologique, fondateur d'Aqua Gestion, un labo indépendant spécialisé dans les cyanobactéries, agréé par le ministère de la santé s'insurge. Pour lui, « il est faux et intellectuellement malhonnête d'affirmer que de tels élevages n'ont aucun impact sur la qualité de l'eau en absence d'analyses de cyanobactéries et benthiques sur les milieux aquatiques récepteurs ». Et de prévenir : « lorsque le lac sera contaminé par un excès de phosphore, il le sera de manière définitive et irrémédiable. Aucun retour en arrière possible. »
Ce qui n'a pas empêcher l'ARS de s’appuyer sur le rapport de Sol Hydro Environnement pour rendre un nouvel avis cette fois positif, le 26 janvier 2026.
Après une consultation du public qui s'est tenue du 2 au 30 mars en pleine période d'élections municipales, la balle est désormais dans le camp du préfet Charles-Édouard Condé, qui doit prendre position avant le 17 mai.
Mais visiblement , il a déjà un avis sur la question. « J'ai confirmé que l'instruction de ce dossier était en cours et que, pour le moment, les feux étaient au vert », indique-t-il au « Canard ».
Pour René Pioche, le président de la FDSEA de la Creuse, l'autorisation est dans la poche. Ou presque : « Si tous les agriculteurs sont dans les clous et si tous les feux sont au vert, alors le préfet doit donner son accord. Sinon ça veut dire qu'on est plus chez nous. »
Ils veulent mettre le feu au lac ? (Trait d'humour final, habituel, du journaliste du Canard)
Comment un préfet peut-il dire que « pour le moment, les feux étaient au vert » quand tous les habitants et les organisations de l'endroit concernées sont unanimement opposés à ce projet, et pire encore, en sachant que si « le risque d’entraînement de l'azote et du phosphore est modéré », il existe bien et que la contamination serait définitive ?
Quant au président de la FDSEA, comment peut-il déplorer que « le préfet doit donner son accord. Sinon ça veut dire qu'on est plus chez nous ? »
Et si le préfet donne son accord alors tous les autres ne seront plus dans le chez nous qu'ils aimaient.
Mais ça il s'en moque cet agriculteur réputé avoir une bonne image .
Ça hume la collusion gouvernants responsables FNSEA.
Les « agriculteurs, éleveurs » de l'agro-industriel intensif, des giga fermes usines, ceux qui utilisent massivement des intrants, engrais azoté, pesticides, herbicides, antifongiques qui tuent les sols, polluent l'environnement, provoquent des maladies ; qui par les fumier, lisier, résidus de récolte, rejettent dans l’atmosphère du protoxyde d'azote qui produit de l'ammoniac, cause d'acidification, émetteur de particules fines et du méthane au pouvoir 25 à 28 fois plus réchauffant que le C02 ; qui ont l'outrecuidance de dénoncer l'écologie punitive : ceux-là aussi ils ont une bonne image, mais alors une bonne image floue !
Les producteurs de pommes de terre et céréaliers grands utilisateurs d'engrais phosphatés (400 000 tonnes utilisées par années) qui exposent les français au cadnium, 4 fois plus que dans les pays voisins, ils ont une bonne image aussi ?
Certains français sont lucides.
Prenez le sénateur Laurent Duplomb celui de la loi qui autorise la réintroduction de l'acétamipride qui se présente comme un « petit paysan » bénéficiaire quand même d'un million d'euros d'aides publiques en cinq ans pour son exploitation laitière de 180 ha (130 vaches), qui cultivent 10 ha de lentilles vertes, 40 ha de céréales dont 10 ha de seigle pour son usine de méthanisation, 40 ha de maïs irrigué, 300 bovins (Le Canard enchaîné, 25/2/2026 citant le site bonpote.com), lui est lucide.
Il a dénoncé sur le site Politis.fr le 26 mai 2025 les agriculteurs dont le chiffre d'affaires est inférieur à 25 000 euros par an en ces termes : « Ceux-là, ce ne sont pas des agriculteurs, ils vivent des aides. »



