A droite toute !
Les dernières élections en Pologne constituent une singularité qui a tendance à se répandre peu ou prou dans toute la communauté européenne : le recul de la Social-démocratie.
La Gauche qui était déjà très rose pâle en Pologne n'a plus un seul représentant à la diète. Pour une Berezina, c'est une Berezina, ça tombe bien c'est là tout près.
On fera remarquer à juste titre que la Pologne présente un ensemble de caractéristiques qui la rendent peu propice à l'épanouissement d'une idéologie progressiste : cette dernière paie le prix de décennies de proconsulat communiste et est d'autre part engluée dans les pesanteurs culturelles due au poids d'un catholicisme rétrograde à faire pâlir d'envie certains régimes islamiques et auquel le pontificat de Jean-Paul II a donné une influence qui confine en matière de culte de personnalité à l'idolâtrie.
Mais enfin chez nous en matière de Droites, nous ne sommes pas mal lotis non plus : Il y a la Droite extrême sous ses différentes déclinaisons, il y a la Droite dite républicaine, la Droite du centre et enfin il y a la Droite dite progressiste, thuriféraire du Socialisme dit moderne qui habille la doxa libérale avec de vagues oripeaux écarlates, en fait on a une sorte de marais qui recouvre à quelques nuances près la majeure partie du PS et d'autres forces de la Droite classique plutôt ouvertes dans le domaine sociétal.
D'une certaine manière, dans le domaine économique, et sans que l'électeur l'ait réellement voulu, on a une sorte de chambre bleu horizon. Mêmes options de base, mêmes recettes appliquées avec plus ou moins de vigueur et, en l'occurrence, il y a aujourd'hui plus d'intégrisme néo-libéral chez Hollande qu'il n'y en eut chez Sarkozy plus prudent, d'aucuns diront pusillanime.
Cette Gauche moderne est moderne en ce sens qu'elle ne se situe plus à Gauche que par les conventions journalistiques et la configuration de l'hémicycle.
Donc, dans les faits, chez nous aussi la Gauche est réduite à la portion congrue.
Le corpus social penche indubitablement vers la Droite et préfère manifestement les jeux stériles de l'alternance à de vraies alternatives.
Que le système marche cul par-dessus chemise et que sa logique conduise à l'implosion ne semble pas un facteur suffisamment intériorisé par le plus grand nombre pour que vraiment se mette en place une réflexion de rupture.
Ce n'est plus tant le facteur d'innovation qui accroît la capitalisation boursière des entreprises que la perspective de les voir procéder à des dégraissages massifs : on pourrait même s'aventurer à croire que l'esprit d'innovation est parfois plutôt reçu avec méfiance
La voracité des actionnaires ne se contente donc plus des gains de productivité ( l'idéal serait une automation totale réduisant le salariat au statut d'opérateur et l'aristocratie ouvrière à la maintenance robotique ), il faut comprimer le coût du travail, donc semer les germes de la déflation salariale (que le prélèvement soit directement prélevé dans la poche du travailleur par une baisse du salaire ou par une augmentation des contributions sociales voire une combinaison des deux ( cf Air France et tant d'autres qui ont déjà expérimenté les acrifices salariaux...).
Où le serpent se mord la queue, c'est quand, ajoutant au marasme destructeur d'une hyper-concurrence internationale, les travailleurs deviennent aussi des consommateurs impécunieux.
Forcés de discriminer entre le nécessaire et l'accessoire qui donne du sel à la vie, ils n'assurent plus l'écoulement harmonieux de la production manufacturière, agricole ou culturelle.
D'où aussi ces pathétiques appels à favoriser la production locale ; généralisés partout, ils enfoncent un coin dans la mystique mondialiste.


