lundi 19 février - par Emile Mourey

A la recherche de l’illustre Orbandale...


Le premier nom duquel fut honoré notre Ville de Chalon fut celui d'Orbandale : car bien que les titres et que les auteurs qui le témoignent ... Français, on vous ment, Chalonnais, on vous ment ! Le ministère de la Culture vous ment ! ce ne sont pas les rois mages de l'évangile qui, à Autun, viennent adorer l'enfant Jésus, ce sont les tétrarques romains et l'enfant est le futur empereur romain !...ne soient pas des plus anciens, il ne faut pas tenir pour cela leurs autorités suspectes. Le sieur de Saint-Julien, qui fut autrefois doyen et chanoine dans l'illustre Chapitre de Saint Vincent, parle avec éloge de cette Orbandale. Il dit que ni la furie du tyran Attila, ni la fureur des Hongres et des roturiers n'ont pu effacer les monuments et les caractères de cette fameuse Orbandale tant prisée par l'ancienne poésie et que les premières histoires de nos Français ont élevée au plus haut degré de la gloire... Les trois cercles de briques dorées desquels les murailles étaient bandées se montraient encore dans les murs que le vulgaire appelle sarrazins... et afin de perpétuer honorablement ces trois cercles d'or, la Ville a encore aujourd'hui conservé ces trois cercles d'or dans ses armoiries, qui sont comme le glorieux langage de son antiquité... (Extraits de "L'illustre Orbandale ou l'histoire ancienne et moderne de la Ville et Cité de Chalon-sur-Saône" par le père Berthaut,1662                                         

Mon affaire se noue dans les années 1992-1993. En décembre 1992, je publiais mon premier ouvrage "Histoire de Bibracte, le bouclier éduen" dans lequel je m'interrogeais sur l'emplacement de l'oppidum chalonnais qui, dans mon esprit d'ancien militaire, ne pouvait se trouver que sur un point haut dominant la ville en contrebas. Très pris par les travaux de restauration de la propriété que j'avais achetée, château et tour de Taisey, j'ignorais alors l'existence d'un ouvrage que la société d'histoire et d'archéologie de la ville projetait de publier en 1994 ; auteurs : Bernard Trémeau et Max Josserand. Dans cet ouvrage, les auteurs excluaient toute naissance de la ville ou d'une citadelle avant et en dehors de la ville des bords de Saône.

Le 30 janvier 1993, à la demande du bureau, je donnais une conférence devant les membres de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon. Méfiant, je faisais le choix de dénoncer l'erreur de localisation de Bibracte. Bien qu'applaudi par l'auditoire mais non par les membres du bureau, interdit quelque temps après de faire état de membre de la société, je la quittais pour aller en Auvergne.

« Un franc-tireur dans la bataille de Gergovie : un lieutenant-colonel de Zouaves à la retraite soutient que c’est au Crest, à l’extrémité de la montagne de la Serre qu’il faut situer l’oppidum gaulois défendu par Vercingétorix. Dans son livre « Histoire de Gergovie », il avance également l’hypothèse que Gergovie serait l’Atlantide terrestre... L’auteur ne se revendique ni historien ni archéologue, mais poète » (Journal « La Montagne » du 9.12.1993).

Aucun succés ! Mes soi-disant thèses ne sont pas prises au sérieux, tellement elles dérangent.

En avril 1995, je publie mon "Histoire de Bibracte, l'épée flamboyante". J'y mets en évidence l'importance des trois sceaux de Guillaume des Barres, comte de Chalon, de 1177, 1200, 1246 et l'identification de la tour centrale avec la tour de Taisey, seul vestige subsistant, les enceintes ayant disparues mais en laissant leur trace dans une parcelle cadastrale ainsi que celle d'un fossé.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes. Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps ; Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes ressemblent la plupart à ceux des pélicans (Alfred de Musset).

          La population de Chalon aux pieds de son Christ (cathédrale de Chalon, IIIème siècle)

                                                                               Encore enchaîné aux croyances païennes, mais auréolé, les bras croisés, assis sur la tour de Taisey, les pieds sur un pont dormant à trois arches, le christ de Chalon ; l'ange d'Autun, debout sur sa ville fortifiée, l'appelle à se libérer. Tout en haut, à droite, la tour de Taisey. (cathédrale d'Autun au temps de Constance Chlore, IVème siècle).

Sous le ciel éduen, de la tour de Taisey à celle de Bourbon-Lancy, assis sur les genoux de sa mère Hélène, le futur empereur Constantin reçoit l'hommage des tétrarques couronnés, suivant l'annonce de l'Evangile (Autun).

Les pieds posés sur la ville en triangle de Chalon, assis sur la tour de Taisey, le Christ éduen exorcise de ses deux doigts joints d'un seul Dieu de la terre et du ciel, la ville de Rome perchée sur le Colisée aux dieux du ciel et de la terre séparés. Derrière lui, debout sur le pont, l'ange de service avec son torchon pour faire le ménage. (Autun)

Emile Mourey, 18 février 2024, extraits mis à jour de mon "Histoire de Bibracte, Dieu rayonnant, dépôt légal septembre 1995" ; photos, droits d'auteur ?



5 réactions


  • Emile Mourey Emile Mourey 19 février 16:35

     Français, on vous ment, Chalonnais, on vous ment ! Le ministère de la Culture vous ment ! ce ne sont pas les rois mages de l’évangile qui, dans la cathédrale d’Autun, viennent adorer l’enfant Jésus, ce sont les tétrarques romains, reconnaissables à leurs couronnes, et l’enfant sauveur à venir est Constantin.

    C’est le paragraphe, qu’en désespoir de cause, j’ai rajouté à l’article juste avant sa publication. Cette situation est absolument insensée. J’espère que le présent article convaincra les hésitants, les responsables de la Culture... mais aussi M. le Maire de Chalon et Mme la Maire de Saint-Rémy qui se refusent toujours à reconnaître l’importance de l’antique vestige qu’est la tour de Taisey.


  • Emile Mourey Emile Mourey 20 février 07:30

    dernières lignes, lire : Derrière lui, debout sur le pont de la Saône, l’ange de service avec son torchon pour faire le ménage. (chapiteau d’Autun)


  • Antenor Antenor 20 février 21:14

    L’association du chapiteau de l’Ange visitant Simon-Pierre en prison avec celui du « Diable » sur le Colisée fait penser à l’Ostrogoth arien Théodoric, maître de l’Italie qui a fait incarcéré le Pape Jean 1er suite à l’échec de sa mission à Constantinople. Le roi burgonde Sigismond passe justement de l’Arianisme au Nicéisme à la même période. Le « Joseph » du chapiteau de « la fuite en Egypte » à Autun représenterait alors Gondebaud ralliant ou soumettant les villes du Sud-Est de la Gaule. Les trois rois mages seraient les trois frères de Gondebaud reconnaissant Sigismond comme héritier légitime.


  • Emile Mourey Emile Mourey 21 février 05:56

    A l’époque ou j’e suis entré à la Société d’Histoire, non seulement le souvenir de cette illustre Orbandale était perdu mais c’était presque un sacrilège de penser qu’elle ait pu exister ; les sceaux de Guillaume des Barres, comte de Chalon étaient pourtant connus mais on les interprétait comme des châteaux forts du Moyen-âge avec un donjon au centre. En fait, la logique militaire nous conduit à penser que la haute tour assurant la protection avant, les deux plus petites tours assuraient la protection arrière.


    • Antenor Antenor 24 février 13:45

      Monnaie de Postumus au Temple d’Hercules : triple cercle sur le fronton. Le temple s’effondre ! Frappe de mauvaise qualité ou déformation volontaire ? Hercules se transforme alors en Samson. Juda se voyait déjà attribué les travaux d’Hercules dans un texte appelé le Testament des Douze Patriarches retrouvé à Qumran. Orbandale était peut-être l’ancien nom de Chalon avant que les Ardyens ne deviennent les Eduens.

      Un autre temple apparaît sur les monnaies de Postumus. Je propose de l’identifier à la basilique Saint-Gereon de Cologne et son grand dôme. Ce dôme précédé des deux grandes tours sont bien dans l’esprit du triple cercle chalonnais et du sceau de Guillaume de Barres.


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