mardi 14 mai - par Arnold

Abolition de l’esclavage

Abolition de l'esclavage

 

 Le mémorial ACTe ou Centre caribéen d'expressions et de mémoire de la Traite et de l'Esclavage a ouvert en 2015.

 Le 10 mai est la Journée nationale en France des mémoires de la traite de l'esclavage et de leurs abolitions. L'esclavage transatlantique constitue une histoire qui a traversé le destin de nombreux pays francophones. Chacun d'entre eux appréhende la question de la commémoration de l'esclavage de manière différente en fonction de son histoire. Tour d’horizon sur ce traitement mémoriel de la traite des esclaves dans quatre pays : la France, le Sénégal, Haïti et le Canada.

 

France : une longue bataille pour la reconnaissance

La France fait partie des trois nations (avec le Portugal et l'Angleterre) qui ont régné sur la traite transatlantique. Les Antilles françaises étaient constituent derrière le Brésil actuel et les Antilles anglaises un centre important de l'exploitation des esclaves. La colonie de Saint-Domingue, actuel Haïti constituait à la veille de la révolution française un des plus notables centres de production de sucre au monde, basé sur le travail des esclaves. La France révolutionnaire abolit dans un premier temps l'esclavage en février 1794. Cette abolition n'est pas réellement appliquée. Napoléon Bonaparte alors Premier consul rétablit l'esclavage en 1802 mais la révolution haïtienne, première révolution réussie d'esclaves dans le monde moderne met à mal le système esclavagiste dans les Antilles françaises. Le 27 avril 1848 le gouvernement provisoire de la seconde République abolit définitivement l'esclavage par l'intermédiaire de Victor Schœlcher (Un homme politique français. Né le 22 juillet 1804 à Paris et mort le 25 décembre 1893 à Houilles, à 89 ans. Il a beaucoup lutté pour dénoncer l'esclavage. Il obtient l'abolition définitive de l'esclavage en France en 1848 (décret du 27 avril 1848). Il milita aussi contre la peine de mort et défendit les droits civils des femmes. Il grandit dans une famille aisée. Il fait de courtes études au lycée Condorcet, côtoyant les milieux littéraires et artistiques parisiens. Son père, un industriel français dans la porcelaine, envoie Victor en Amérique latine et notamment à Cuba pour faire du commerce entre 1828 et 1830. C'est là qu'il découvre l'esclavage et les conditions de vie des esclaves, cela le révolte. De retour en France, il devient journaliste et adhère à la Société pour la libération des esclaves. Dès lors, il va lutter pour faire abolir l'esclavage en écrivant des articles dans des journaux et des livres. Dans le gouvernement provisoire de 1848, il est nommé sous-secrétaire d'État à la marine et aux colonies et il contribue à faire signer par les membres du gouvernement, un décret pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies le 27 avril 1848. Depuis cette date, l'esclavage est interdit partout en France et Victor Schoelcher est resté un homme très respecté dans les anciennes colonies françaises ainsi que dans toute la France. Il est élu député de Martinique et de Guadeloupe de 1848 à 1851. Dès 1851, il milite dès lors pour l'abolition de la peine de mort, mais le coup d'état de Napoléon III l'oblige à s'exiler en Angleterre et il ne reviendra qu' à la chute du Second Empire en 1870. Il redevient député l'année suivante et sénateur en 1875. Il reprend son combat contre la peine de mort, mais milite également pour l'interdiction des châtiments corporels dans les bagnes. Il est un fervent défenseur du projet de Jules Ferry d'une école laïque et gratuite permettant de faire reculer l'analphabétisme. Le 20 mai 1949 ses cendres ainsi que celles de Félix Eboué sont transférées au Panthéon).

 

La loi du 21 mai 2001 dite loi Taubira, du nom de Christiane Taubira, députée au Parlement français, 1re circonscription de Guyane reconnaît la traite et l'esclavage en comme crime contre l'humanité.

Ce n'est qu'en 1983 que la question mémorielle est inscrite pour la première fois dans un texte officiel pour la France métropolitaine. Un décret prévoit l'évocation d'une heure d'enseignement de l'histoire de l'esclavage dans les écoles et les lycées français. En 1998, des députés communistes, à l'occasion des 150 ans de l'abolition de 1848, déposent un projet de loi demandant une reconnaissance et une date officielle pour une commémoration nationale. Le texte est rejeté. En 2001 la loi Taubira ( (née le février 1952 à Cayenne (Guyane), est une femme politique française. Elle commence sa carrière politique comme militante indépendantiste, puis participe à la création du parti politique guyanais Walwari. Députée de la première circonscription de la Guyane de 1993 à 2012, elle est à l'origine de la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. Candidate du Parti radical de gauche (PRG) à l'élection présidentielle de 2002, elle arrive en treizième position du premier tour de scrutin, avec 2,32 % des voix. Elle est garde des Sceaux, ministre de la Justice du au , dans les gouvernements Jean-Marc Ayrault I et II, puis Manuel Valls I et II. À ce titre, elle défend au Parlement le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Son travail à la tête du ministère de la Justice est salué par la gauche alors que l'opposition juge sa politique pénale laxiste),du nom de la garde des sceaux, députée de Guyane reconnait enfin "la traite et l'esclavage en tant que crime contre l'humanité". Cette loi fait partie des quatre lois mémorielles en France (reconnaissance du génocide arménien, reconnaissance de la Shoah et la loi mémorielle en faveur des français rapatriés d'Algérie). Jacques Chirac en 2006 choisit le 10 mai comme "journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition".

Les départements d'outre-mer n'ont pas attendu les années 80 pour commémorer l'abolition de l'esclavage. Les dates diffèrent de la journée du 10 mai. Le 27 avril est une date commémorative à Mayotte. Le 27 avril 1846, deux ans avant Victor Schœlcher, le Baron de Mackau décrète la fin de l'esclavage sur l'île. Le décret de l'abolition est signé en France le 27 avril 1848 mais il faut attendre plusieurs semaines avant que celui-ci n’arrive à destination dans les Antilles. Les esclaves martiniquais et guadeloupéens s’impatientent. Pendant ce temps en Martinique, les esclaves s’impatientent devant la lenteur de l’arrivée du décret sur l’île. Des révoltes sporadiques éclatent çà et là. Le 22 mai 1848, une violente rébellion embrase la ville de Saint-Pierre. De peur d’une insurrection généralisée, le gouverneur de la Martinique, Claude Rostoland, proclame l’abolition le 23 mai. L’impatience gagne également la Guadeloupe. Cependant, échaudé par les événements de Martinique, le gouverneur de la Guadeloupe, Jean-François Layrle (Marie Jean François Layrle, né le 6 mai 1791 à Port-Louis (Morbihan) et mort le 2 février 1881 dans le 8e arrondissement de Paris, était un administrateur colonial et marin français. Fils d'un chef de bataillon d'infanterie, il s'engage dans la marine d'État comme mousse à 10 ans et est nommé aspirant en 1804. Sa carrière ne prend un véritable élan qu'après la chute du Premier Empire. Il est successivement promu enseigne de vaisseau en 1816, lieutenant de vaisseau en 1825, capitaine de corvette en 1837, et enfin capitaine de vaisseau le 6 septembre 1842. À l'issue de sa carrière à la mer, il succède au capitaine de vaisseau Charmasson comme gouverneur de la Guyane française de 1843 à 1845, puis est appelé à remplacer le contre-amiral Gourbeyre, décédé, en qualité de gouverneur de la Guadeloupe de 1845 à 1848. Dans cette fonction, c'est à lui que revient le rôle historique d'y proclamer l'émancipation des esclaves le 27 mai 1848. Contraint par les événements et prenant en compte la forte tension sociale qui agitait la colonie, il prit sur lui d'anticiper ainsi de quelques jours l'arrivée officielle du décret d'abolition dont était porteur son successeur Adolphe Ambroise Alexandre Gatine, débarqué le 5 juin suivant. À son retour en métropole, le capitaine de vaisseau Layrle quitte le service actif et occupe, de janvier 1849 à sa mise en retraite en 1863, le poste stratégique de directeur du personnel du Ministère de la Marine et des colonies, où il sert huit ministres successifs), décide de prendre les devants. Il promulgue l’abolition de l’esclavage le 27 mai 1848. Quant au décret officiel d’abolition du 27 avril, il arrivera sur l’île, à Basse-Terre, le 5 juin. Si l’on suit le texte à la lettre, l’esclavage aurait dû être aboli en Guadeloupe deux mois après l’arrivée du commissaire général porteur du décret, soit le 5 août 1848. L’abolition de l’esclavage va bouleverser l’équilibre socio-économique de la Guadeloupe. A part l’indemnisation des colons, aucun projet n’est prévu, aucune réforme agraire ou foncière, cruciale pour l’avenir des nouveaux hommes et femmes libres. L’émancipation concerne plus de 87.000 personnes, sur une population totale de près de 130.000 habitants à l’époque. L’un des problèmes du commissaire général Gatine sera notamment d’organiser la dénomination des anciens esclaves, qui n’ont pas de patronymes, contrairement aux Blancs (environ 10.000) et aux affranchis, qui permet aux familles guadeloupéennes et martiniquaises de retrouver des prénoms, matricules et autres renseignements sur leurs ancêtres éventuellement esclaves avant 1848). Les planteurs ont besoin de nouveaux travailleurs, de préférence docile. Les tentatives de recrutement de « petits Blancs » venus d’Europe sous contrat échouent. Les colons se tournent alors principalement vers l’Inde et ses nombreux comptoirs français. Le premier contingent d’engagés indiens, environ 300 personnes, arrive en Guadeloupe en décembre 1854 à bord du bateau ​« l’Aurélie ». Entre 1854 et 1889, plus de 42.000 travailleurs indiens accostèrent en Guadeloupe. On estime que plus de la moitié n’y survivra pas, à cause des dures conditions de travail et des mauvais traitements. Et des milliers d’entre eux choisirent de repartir en Inde.
 

Sénégal : une première sur le continent

Le littoral du Sénégal a été un des principaux lieux du commerce des esclaves. Les centres concentrationnaires des esclaves africains en partance pour l'Amérique se situaient surtout à Saint-Louis. Mais l'île de Gorée, face à Dakar a joué un rôle non-négligeable dans la traite. Au XVIIIème siècle, elle était un haut lieu de "captiveries" françaises, ces grands bâtiments dans lesquels les esclaves étaient enfermés avant d'être expédiés vers les colonies. La Maison des Esclaves, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco est devenu un symbole de la mémoire de l'esclavage. Le lieu est devenu un endroit pour le tourisme mémoriel.

Monument commémorant la libération de l'esclavage offert par la Guadeloupe sur l'île de Gorée. L'île, classée patrimoine mondial de l'UNESCO, est un haut lieu de la mémoire de l'esclavage.

 

En 2015, Dakar décide de commémorer pour la première fois l'abolition de l'esclave dans les colonies françaises. Le Sénégal choisit alors pour date symbolique le 27 avril date à laquelle, en 1848, le gouvernement provisoire de la République française a adopté le décret abolissant l’esclavage. C'est une première sur le continent, elle a du mal à prendre : le choix d'une date calquée sur l'histoire de l'ancienne puissance colonisatrice pose question. L'écrivain franco-ivoirien Serge Bilé regrette ainsi que le Sénégal n'ait pas choisi une "date africaine" pour commémorer l'abolition de l'esclavage dans une tribune pour Jeune Afrique. L'édition 2017 a même été un temps annulée par la mairie de Dakar.

 

Haïti : une liberté conquise

 

Jean-Jacques Dessalines, père de la nation haïtienne

En Haïti, aucune date abolitionniste n'est réellement commémorée. Les esclaves, armes à la main ont conquis leur liberté. La révolution haïtienne constitue la première révolte d'esclaves réussie dans l'histoire du monde moderne. Elle débute en 1791 et établit en 1804 après avoir défait les armées françaises la première république noire libre du monde succédant à la colonie française de Saint-Domingue. Le nouvel an est un jour férié en car le jour de la déclaration de l'indépendance par Jean-Jacques Dessalines (Empereur d'Haïti (1804-1806), né vers 1758, en Afrique (actuelle Guinée), mort le 17 octobre 1806 à Pont-Rouge, près de Port-au-Prince. Originaire d'Afrique de l'Ouest, Jean-Jacques Dessalines est déporté dans la colonie française de Saint-Domingue (Haïti). Il travaille comme esclave dans les champs pour un maître noir jusqu'en 1791, avant de rejoindre la rébellion noire qui éclate dans la colonie à la faveur des mouvements d'émancipation provoqués par la Révolution française. Au cours des dix années suivantes, il se distingue en tant que lieutenant du leader noirToussaint Louverture, promu gouverneur général par la France révolutionnaire. Quand Toussaint est déposée en 1802 par une expédition française envoyée par Napoléon pour reconquérir la colonie, Jean-Jacques Dessalines se soumet au nouveau régime. Bonaparte déclare son intention de rétablir l'esclavage (aboli par la Convention depuis 1794), provoquant une révolte de Jean-Jacques Dessalines et d'autres leaders noirs et mulâtres. Avec l'aide des Britanniques, ils chassent les Français de Saint-Domingue, et le 1er janvier 1804, Jean-Jacques Dessalines, alors gouverneur général, proclame l'indépendance de toute l'île d'Hispaniola sous son nom arawak, Haïti. En septembre, il adopte le titre d'empereur et prend le nom de Jacques Ier.), père de la nation haïtienne. Le 18 novembre est également une date commémorative, celle de la victoire définitive des esclaves révoltés sur les forces françaises. L'ancienne colonie française devient le premier État noir des Temps modernes et le deuxième État indépendant des Amériques après les États-Unis. Elle adopte pour l'occasion le nom que lui donnaient les IndiensTaïnos avant l'arrivée de Christophe Colomb : Haïti. Cruelles déconvenues, Toussaint Louverture, le héros de la guerre de libération, ayant été fait prisonnier par traîtrise et envoyé au fort de Joux, dans le Jura français, c'est l'un de ses lieutenants, un ancien esclave noir du nom de Jean-Jacques Dessalines, qui prend le pays en main. L'indépendance est proclamée sur la place d'armes des Gonaïves, en présence d'une immense foule en costumes chatoyants. Dans la foulée, Jean-Jacques Dessalines reçoit de ses lieutenants le titre de gouverneur général à vie que portait Toussaint Louverture avant sa capture. Quelques mois plus tard, le 22 septembre 1804, il se désigne empereur sous le nom de Jacques 1er mais son gouvernement dégénère en une épouvantable tyrannie. Il fait périr les derniers Blancs restés sur l'île et suscite contre lui la rébellion de ses anciens lieutenants. Dans un ultime sursaut, il projette de nationaliser les terres et de les répartir entre tous les citoyens ! Il est tué dans une embuscade le 17 octobre 1806. C'est le début d'une lutte d'influence qui ne va plus cesser jusqu' à nos jours entre la minorité mulâtre et la majorité noire. Les mulâtres descendent des anciens affranchis, les « libres de couleur », mal aimés des esclaves noirs comme des propriétaires blancs établis dans les villes, ils possèdent ce qui reste de richesses sur l'île et se flattent de parler français. Les Noirs descendent des anciens esclaves. Beaucoup sont arrivés dans les dernières décennies du XVIIIe siècle. Ils parlent créole et pratiquent le culte vaudou.

 

Canada : l'Ontario pionnier de l'abolition

Le Canada n'a pas été une grande nation esclavagiste comparable aux Etats-Unis. L'esclavage y existait, mais dans des proportions moindres, principalement en raison de l'absence de grandes plantations de cannes à sucre. Le Haut-Canada, actuel province de l'Ontario, a même fait figure de pionnier. En 1793, le gouverneur John Graves Simcoe (officier militaire, lieutenant-gouverneur du Haut-Canada né le 25 février 1752 à Cotterstock, Angleterre ; décédé le 26 octobre 1806 à Exeter, Angleterre. Simcoe a été officier de l’armée britannique pendant la Révolution américaine, mais il est mieux connu au Canada en tant que premier lieutenant-gouverneur de la nouvelle colonie britannique du Haut-Canada, qui deviendra plus tard l’Ontario. Plus remarquablement, le 9 juillet 1793, John Simcoe fait adopter l’Act Against Slavery, qui vise à empêcher des Canadiens de vendre des esclaves aux Américains. La loi libère aussi les esclaves qui entrent au Haut-Canada en provenance des États-Unis, mais ne libère pas les esclaves adultes qui s’y trouvent déjà. Cette loi arrive 40 ans avant la loi de l’Abolition de l’esclavage, qui rendra plus tard l’esclavage illégal dans la plus grande partie de l’Empire britannique) défie la monarchie britannique et fait adopter une loi sur l'abolition de l'esclavage, un an avant l'abolition décrétée par la France révolutionnaire. Une jurisprudence voit le jour et les tribunaux tendent à protéger les Africains au Canada.

 Loi visant à prévenir à l'avenir l'entrée d'esclaves et à limiter la durée du contrat de servitude, le 9 juillet 1793. Archives de l'état de l'Ontario. Domaine Public

Le pays devient une base abolitionniste importante et il n'existe pratiquement plus aucun esclave africain au Canada lorsque la couronne britannique décide d'abolir l'esclavage en 1833. Le pays devient un havre pour les Afro-américains fuyant l'esclavage du sud des Etats-Unis. Plus de quelques 30 000 Noirs trouvent refuge en Amérique du Nord Britannique entre 1800 et 1865. En 2008, le gouvernement fédéral a commémoré le 175ème anniversaire de la Loi portant sur l'abolition de l'esclavage dans les colonies britanniques. Mais aucune loi mémorielle comparable à celle votée en France, ne qualifie l'esclavage dans son histoire de crime contre l'humanité. Une ville comme Montréal commémore de son côté la fin de l'esclavage le premier août en référence au premier août 1834, date du décret mettant en place la loi abolitionniste de 1833.

 ABOLITION DE L'ESCLAVAGE DANS LE MONDE

1789 Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

1791 Révolte de Saint-Domingue menée par Toussaint Louverture.

1793 Abolition de l'esclavage à Saint-Domingue.

1794 Abolition de l'esclavage dans toutes les colonies françaises.

1802 Rétablissement de l'esclavage dans les colonies françaises.

1808 Interdiction de la traite, par le Congrès des États-Unis d'Amérique.

1813 Abolition de l'esclavage en Argentine.

1833 Abolition de l'esclavage dans les colonies britanniques.

1848 Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

1860 Abolition de l'esclavage dans les colonies hollandaises.

1865 Abolition de l'esclavage dans l'ensemble des États-Unis d'Amérique.

1869 Abolition de l'esclavage dans les colonies portugaises.

1888 Abolition de l'esclavage au Brésil

1919 Pacte de la Société des Nations condamnant la traite et prescrivant l'abolition du travail servile.

1926 Convention de Genève sur l'esclavage, ratifiant les mesures du Pacte de la S.D.N. (Société Des Nations)

1948 Déclaration universelle des droits de l'homme.

L’esclavage des Noirs n’était qu’une des formes de la servitude humaine. Des formes de servitudes ont disparu ; d’autres sont nées qui pèsent lourdement sur l’humanité. Tant il est vrai que le progrès lui-même crée ses servitudes. Fidèle à sa tâche, la France s’évertue encore à vouloir accompagner les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires. Le caractère de ces principes commence dans les conséquences que la Constitution en tire elle-même. Pour la première fois se trouve fixé le processus qui va permettre à des parties de l’Union d’accéder à la personnalité politique. Par ailleurs, il n’est plus de distinction entre les races groupées au sein de cette communauté. Seul, l’homme demeure, avec ses vertus propres. Sous le signe de la liberté, de la fraternité, commence à se fonder la véritable égalité, et chacun prend sa place et ses charges dans l’administration des affaires communes. Le geste de 1946 s’inscrit dans le sillage de celui de 1848. La même audace, la même noblesse s’attache aux deux. Il appartient maintenant aux hommes de bonne volonté d’y rester fidèles dans la pratique, cela demeure un vif espoir car nous savons qu’il en est rien à ce jour. Contre la volonté, il n’est point de fatalité. Tout est accessible à ceux qui rejette la servitude. C’est la leçon exaltante qui se dégage de l’exemple même d’un homme comme Victor SCHOELCHER. C’est celle dont nous, hommes noirs, venant de tous les horizons, voulons nous inspirer sans cesse, car elle nous montre qu’une volonté tenace, mise au service de la raison et d’un haut idéal, est susceptible de changer la face du monde. Essayons !!!

 



48 réactions


  • foufouille foufouille 14 mai 18:06

    c’est pour quand en afric ?


    • Arnold Arnold 14 mai 21:06

      Bonjour @foufouille,
      étant acquis que multitudes d’états Africains calquent les agissements de leur tuteur, certainement qu’en la France daignera véritablement y mettre fin !!


    • foufouille foufouille 15 mai 07:37

      @Arnold
      donc tu prétends que ça n’existait avant les blancs en bonne race supérieure.


    • Jonas Jonas 15 mai 07:52

      @Arnold "étant acquis que multitudes d’états Africains calquent les agissements de leur tuteur, certainement qu’en la France daignera véritablement y mettre fin !!"

      La traite des nègres existait bien avant que la France ne mette les pieds en Afrique, les tribus africaines réduisaient en esclavages d’autres tribus il y a plusieurs siècles déjà.
      Les arabo-musulmans ont industrialisé l’esclavage des nègres à grande échelle (Niger, Nigéria, Somalie, Soudan, Mauritanie,...) bien avant l’arrivée des européens sur le sol africain et continuent encore aujourd’hui d’alimenter des marchés aux esclaves, en particulier vers l’Arabie Saoudite.

      Traite négrière par les arabo-musulmans au XX Siècle :
      https://www.youtube.com/watch?v=p0OOM8SQVxQ
      https://www.youtube.com/watch?v=NNsYc1fyFQE


    • Arnold Arnold 15 mai 08:07

      Bonjour @Jonas, Excellente rh ?torique que j’accueille volontiers. N ?anmoins ici mon article fait mention de la pire forme de traite d’esclaves de l’histoire. J’ai d ?j ? eu l’occasion de faire montre dans un autre sujet que je puis vous inviter ? consulter(On doit en ?tre conscient), l’esclavage existait ult ?rieurement ? celui foment ? ? l’endroit des noirs, qui a subsit ? pendant 400 ans. Et de surcro ?t fait des millions de victimes.


    • Jonas Jonas 15 mai 08:12

      @Arnold « N ?anmoins ici mon article fait mention de la pire forme de traite d’esclaves de l’histoire. »

      La traite négrière arabo-musulmane dure depuis 1400 ans, ayant esclavagisé plus de 17 millions de nègres, alors que la traite transatlantique est terminée depuis plus de deux siècles.


    • Arnold Arnold 15 mai 08:37

      Bonjour @foufouille, j’ose croire qu’ ? travers nos diff ?rents ?changes ult ?rieure, il serait r ?ducteur de pr ?sumer que mon article ait pu ?tre exhum ? dans un tel ?tat d’esprit. Loin sans faut, n’omettons pas qu’il existe une journ ?e nationale pour rappeler ces faits, et si tel est le cas alors il convient de croire que quelque chose est survenue. Mon sujet traite cette survenance, rien d’autre. Apr ?s s’il s’agit d’aller plus en avant, voir dans le d ?tail nul doute qu’on peut s’y essayer. Avec des commentaires aussi sournois avec tout le respect qui s’impose, je ne peux ne pas oublier que bien longtemps la France a rejet ? l’idee d’une semblable comm ?moration, pas de journ ?e d’hommage, les faits peuvent ?tre ni ?. Au m ?me titre que le g ?nocide Arm ?nien. Je ne disconvient aucunement que l’escvage ?tait en vigueur post ?rieurement ? la traite transatlantiques des noirs, c’est juste le plus effroyable de l’histoire de l’humanit ?. Les consciences justes, au service de la raison et d ?un haut id ?al, sont susceptibles de changer la face du monde. Essayons !!!


    • Aimable 16 mai 14:15

      @Jonas
       Le moinssage démontre que certains ont la mémoire sélective .
      Toutes formes d’esclavages que cela soit d’hier ou d’ aujourd’hui reste un crime contre l’humanité . ( Ne pas pouvoir vivre décemment du fruit de son travail est une forme de mise en esclavage )


    • Analis 28 mai 14:03

      @Jonas

      Joans, vous ne faites que ressortir là la propagande raciste, propagande à vrai dire grossière, qui vise à banaliser un esclavage européen transatlantique qui n’a pas d’équivalents dans l’histoire, tant par son ampleur que par son côté racialisé. Les chiffres que vous donnez sont très contestables (certains donnent moitié moins), et de toute façon, si vrais, ils seraient équivalents sur quatorze siècles à ceux de la vraie traite négrière sur moins de quatre – il faut savoir que les estimations de 11 à 13 millions pour cette dernière ne sont pas sérieuses (et qu’est-ce que ce serait si on prenait en compte les esclaves américains indigènes et même européens envoyés en Amérique par les Européens d’alors).


      La précision de « vraie traite négrière » au sujet de la transatlantique est pleinement justifiée pour contrer les manœuvres aussi bateaux que malhonnêtes d’essayer de banaliser le terme, qu’il est stupide d’employer dans les deux cas que vous citez, et particulièrement celui de l’esclavage subsaharien. Aussi stupide que de dire que les anciens Grecs et Romains faisaient la traite des Blancs, affirmation qui n’aurait pas le moindre sens (que les esclaves gréco-romains étaient effectivement blancs ne lui en accordant en aucun cas). L’esclavage subsaharien, tout comme d’ailleurs les esclavages arabes et musulmans, n’étant en fait que l’équivalent local de cet esclavage traditionnel gréco-romain, ou de l’esclavage chinois, de l’esclavage indien etc..., tous liés à l’absence de machines performantes dans le monde traditionnel. Aucun d’eux ne visait à vider des régions entières de leurs habitants, afin d’entretenir une machine industrielle à l’autre bout du monde. Et d’ailleurs, la traite négrière a développé en Afrique subsaharienne les réseaux, qui ont ensuite servi au commerce intra-subsaharien et au commerce arabe, alors que la traite y était avant mineure (Zanzibar a ainsi été développée par les Portugais, Français et Britanniques, avant de devoir se reconvertir vers le monde arabe et l’Inde lorsque les pays européens ont interdit les uns après les autres l’esclavage). La traite négrière a été ainsi unique par son ampleur de déstructuration politique et sociale, dont on subit encore les effets aujourd’hui.


      Quant à la persistance de pratiques d’esclavage, dites "d’esclavage moderne", dans les pays arabes du Golfe Persique, elle est indéniable, mais elle est à rapprocher de pratiques semblables dans les pays occidentaux. Il est cependant certain que le maintien d’une mentalité archaïque chez nombre d’aristocrates arabes (on l’a encore vu avec l’affaire de la princesse séoudienne qui s’est enfuie de Paris après avoir rudoyé un employé) favorise de tels agissements.


    • Arnold Arnold 28 mai 17:19

      @Analis Je ne peux que m’incliner devant une aussi ?clatante d ?monstration. Concis, clair et haute en d ?tail. Merci


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 18:23

    Et pas un mot sur les autres traites , dont certaines perdurent encore aujourd’hui. Je sais , pour l’intersectionnalite (sic) des luttes c’est pas top .


    • Arnold Arnold 14 mai 21:17

      Bonjour @Aita Pea Pea,
      s’agissant des autres traitres et, notamment contemporaine je me suis fendu d’un article que je puis recommander (https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=198787). Et il serait à ma petite échelle, ardu en une chronique de faire état de la pluralité de l’esclavage. Sachez néanmoins que je m’autoriserai à en développer d’autres.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 21:24

      @Arnold

      Bonsoir. Dont acte .


    • Arnold Arnold 14 mai 21:32

      @Aita Pea Pea
      Si je puis me permettre de vous soumettre cet écho https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=214219


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 21:42

      @Arnold

      Le lien ne s’ouvre pas ...


    • Arnold Arnold 14 mai 21:52

      @Aita Pea Pea
      Procédons autrement, peut-être pouvez-vous rallier le menu tous les articles d’Arnold ???


    • Arnold Arnold 14 mai 21:58

      @Aita Pea Pea
      Sinon dans la rubrique « tribune libre » allez à l’article « ON DOIT EN ÊTRE CONSCIENTS » paru le 13 avril


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 22:01

      @Arnold

      Ok . Noté. J’ai mis un post-it et irais vous lire .merci.


    • Arnold Arnold 14 mai 22:16

      @Aita Pea Pea Merci à vous, faite moi un retour après lecture, je serai ravi de recueillir votre sentiment Bien à vous


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 22:17

      @Aita Pea Pea

      Lu en diagonal...toujours pas de trace des traites arabes ...sinon très intéressant.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 22:20

      @Aita Pea Pea

      J’y retournerai bien sur .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 22:31

      @Aita Pea Pea

      Un bouquin qui remet les choses en place sur l’Afrique et son histoire : « le rhinocéros d’or » ...Folio histoire. Pas encore lu pour ma part mais l’émission qui lui était consacrée sur France Culture il y a 2 ou 3 ans m’a passionné. J’avais oublié et àcause de vous vais claquer quelques euros .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 22:33

      @Aita Pea Pea

      Le rhinocéros d’or...


    • Arnold Arnold 14 mai 22:36

      @Aita Pea Pea Est-ce un bouquin que vous me commander de lire ???


    • Arnold Arnold 14 mai 22:40

      @Aita Pea Pea
      J’avoue n’avoir encore rien pondu s’agissant de la traite arabes, faut dire que je n’ai pas fait de recherches sur le sujet. Actuellement je suis plongé dans « Civilisations ou Barbarie » de l’inimitable, l’érudit Cheick Anta Diop


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 22:46

      @Arnold

      Je ne vous commande rien ...lol .Mais c’est un bouquin qui dit ce que vous dites sur l’Afrique et son histoire . Là cela part des échanges qu’une partie de l’Afrique de l’est faisait avec la Chine vers 1200 -1300 , longtemps avant l’Europe.


    • Arnold Arnold 14 mai 22:50

      @Aita Pea Pea
      J’ai parcouru rapidement le résumé, il me renvoie immanquablement et dans une moindre mesure à « Civilisations ou Barbarie » qui demeure sans nul doute la plus grande production scientifique sur les survenances historiques de la civilisation Africaine. Je me réserve le droit de le dépouiller. 


    • Arnold Arnold 14 mai 22:58

      @Aita Pea Pea
      Je suis plus que ravi de contribuer à ce que vous dépensiez ces quelques euros dans un cadre culturelle. Seul ces dépenses me semblent incontournables lol


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 23:12

      @Arnold

      J’ai noté .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 mai 23:58

      @Arnold

      J’ai retrouvé l’ émission...en fait 2013 .les lundis de l’histoire par ce grand Monsieur qu’était Jacques le Goff. Bref tapez France culture , les lundis de l’histoire, l’ Afrique médiévale. Bonne écoute.


    • Arnold Arnold 15 mai 00:03

      @Aita Pea Pea merci de contribuer à parfaire ma culture, je manquerai d’écouter


  • sls0 sls0 14 mai 20:36

    La canne à sucre chez moi.

    Localement l’endroit de production s’appelle un batey.

    Le salaire minimum si on est légal est de 356 pesos ou 6,20€/jour. Si on est haïtien ce n’est pas un salaire guaranti.

    Le logement ce peut être le patron si on est pas du coin ainsi que la nouriture. Le système ardoise qui accumule les dettes.

    Si le travailleur est malade il se démerde et n’est pas payé. Si ça dure on le vire avec sa famille ou plus simple on appelle l’immigration pour les sans papiers.

    Quand je regarde leur conditions de vie, il auraient à minima le code noir en couverture sociale ças’améliorerait peut être.

    Avant l’esclave était corvéable mais le maitre avait des devoirs. Maintenant c’est toujours corvéable mais les devoirs du maitre ont disparu, c’est plus rentable.

    Il y a un contremaitre qui s’est fait viré. Non pas parce qu’il avait couper la main d’un ouvrier mais ce con avait mis la vidéo sur youtube.


  • Arnold Arnold 14 mai 21:29

    Je conviens ici que l’esclavage moderne perdure un peu partout sur la planète,même dans des recoins insoupçonnés. Il est bien plus dévastateur que celui dont toute conscience se souvient. Et cela en l’espèce nous renvoie immanquablement à la servitude de l’homme par l’homme. Parcourez si vous le souhaitez cet article https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=214219


  • zygzornifle zygzornifle 15 mai 09:07

    Petit a petit l’UE nous rend esclaves ....


  • Raymond75 15 mai 17:21

    Je pense que de nos jour aucun Français ne porte un jugement positif sur l’esclavage, qui fut une pratique répandue dans le monde entier, y compris en Europe par les Grecs, les Romains, et jusqu’à l’aube du moyen âge, où lors de chaque guerre les prisonniers (blancs) devenaient captifs, puis esclaves.

    Ce passé historique ne justifie en rien cette pratique, ni ne l’excuse, et il est maintenant officiellement classé comme crime contre l’humanité.

    Mais je suis assez lassé d’entendre sans arrêt dénoncer la traite transatlantique, organisée par les Européens, plus rarement la traite arabe, qui a fait autant de victimes mais sur une période plus longue ; et JAMAIS la traite transafricaine ! Car ce sont bien les Africains des empires centraux qui capturaient les esclaves et venaient les vendre dans les ports de la côte atlantique aux Européens.

    Ce fut bien la traite transafricaine qui a permit le commerce triangulaire : des régions entières (comme les régions nantaise et bordelaise) fabriquaient des objets (outils, meubles, miroirs, vêtements, bijoux) qui étaient échangés en Afrique contre des esclaves, avant que ceux ci ne soient déportés en Amérique. Après la vente, le bateau revenait à son port d’origine chargé d’épices et autres produits ’exotiques’ vendus à prix d’or. Un aller-retour suffisait à rentabiliser la construction du navire et la paie de l’équipage.

    La traite transafricaine était donc une part essentielle, et primordiale, de la traite transatlantique. Elle ne l’excuse pas, mais on a pas à l’excuser.


  • sls0 sls0 15 mai 21:06

    L’esclavage triangulaire Europe/Afrique/Caraïbes a marqué le début du capitalisme.


    • Cadoudal Cadoudal 15 mai 22:42

      @sls0
      Selon le sociologue Max Weber, le développement du capitalisme au XVIIIe siècle s’explique notamment par la propagation des idées calvinistes et donc de la notion de prédestination. Selon celle-ci, Dieu aurait choisi ceux qui seront damnés et ceux qui seront sauvés, sans que l’individu ne puisse rien y faire. Cette prédestination serait déchiffrable au cours de la vie terrestre par des signes tels que la réussite économique, incitant ainsi au capitalisme.

      Chacun ses curés et chacun son bréviaire...


    • Ruut Ruut 16 mai 07:50

      @sls0
      L’esclavage c’est le carburant du libéralisme et du mondialisme.
      Celui que veut nous imposer Macron et l’UE.


  • Xenozoid 15 mai 21:44

    un concour de bites,c’est terrible 

    il y avais un truc.c’est pas moi c’est ma soeur qui a construit la machine a vapeur


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