samedi 27 septembre 2025 - par Patrice Bravo

AES : retrait de la CPI et les prochaines étapes

L’Alliance-Confédération des Etats du Sahel en annonçant son retrait immédiat de la prétendue Cour pénale internationale marque une étape supplémentaire de sa rupture avec les vestiges du néocolonialisme. Aussi, l’AES prendra sans aucun doute d’autres mesures prochaines qui ont une très grande importance non seulement pour les pays concernés et le Sahel, mais également pour toute l’Afrique.

L’Alliance-Confédération des Etats du Sahel (AES) a annoncé son retrait immédiat du Statut de Rome qui institue la prétendue Cour pénale internationale (CPI), dénonçant ce mécanisme comme un instrument de répression néocoloniale. A cet égard – le Mali, le Burkina Faso et le Niger souhaitent désormais privilégier des mécanismes régionaux pour la justice et la paix.

L’annonce du retrait de la CPI a été faite au journal télévisé de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) par Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, ministre burkinabè de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, s’appuyant sur un communiqué conjoint signé à Bamako, capitale malienne, par le président de la transition malienne et président en exercice de la Confédération AES, le général d’armée Assimi Goïta.

Les trois pays rappellent avoir ratifié le Statut de Rome respectivement en 2004 pour le Burkina Faso, en 2000 pour le Mali et en 2002 pour le Niger, et avoir coopéré avec la CPI depuis lors. Mais ils affirment désormais que la juridiction internationale est devenue un instrument de répression néocoloniale au service de l’impérialisme, incapable de juger les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, crimes de génocide et crimes d’agression avérés, tout en s’acharnant contre certains acteurs exclus du cercle fermé des bénéficiaires de l’impunité internationale.

Face à ce constat, les gouvernements de l’AES ont décidé de se retirer avec effet immédiat, afin d’affirmer pleinement leur souveraineté et de recourir à des mécanismes endogènes pour la consolidation de la paix et de la justice, tout en assurant la promotion et la protection des droits de l’homme selon leurs valeurs sociétales.

Les trois nations restent toutefois disposées à coopérer dans d’autres cadres internationaux appropriés, notamment au sein des Nations unies, pour la défense des droits humains et le respect de la souveraineté des États. Par ailleurs, cette décision s’inscrit dans la continuité des efforts de consolidation institutionnelle de l’AES. Le 15 septembre 2025, la capitale du Niger – Niamey – a accueilli la deuxième réunion des ministres de la Justice de la Confédération, visant à harmoniser les systèmes judiciaires et pénitentiaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Les discussions ont notamment porté sur la création d’une Cour pénale sahélienne et d’instances spécialisées pour juger les crimes de terrorisme et les crimes contre l’humanité, renforçant l’autonomie régionale et justifiant pleinement le retrait de la CPI.

En termes de perspectives, s’il est aujourd’hui évident que la rupture annoncée de l’AES avec la CPI, avec effet immédiat, constitue une étape très importante et parfaitement logique pour les trois nations sahéliennes résolument tournées vers le Panafricanisme et l’ordre mondial multipolaire, le tout après avoir déjà tourné de manière ferme la page d’une relation nocive avec plusieurs régimes occidentaux et des structures affiliées aux dits régimes, les étapes à venir seront tout aussi importantes.

Et parmi ces prochaines étapes figure indéniablement la sortie du système financier et monétaire néocolonial du franc CFA. Un autre des principaux vestiges du néocolonialisme hexagonal et occidental en terre africaine. Et comme déjà traité dans les analyses précédentes, les responsables et les experts au sein de l’AES travaillent avec détermination afin que cela puisse avoir lieu dans les délais les plus proches.

Une chose est sûre – les orientations stratégiques adoptées par les pays membres de l’Alliance-Confédération des Etats du Sahel, en misant sans ambiguïté sur les véritables valeurs du Panafricanisme et du monde multipolaire – confirment précisément pourquoi nombre de régimes de la minorité planétaire et leurs vassaux cherchent par tous les moyens à faire saboter le projet AES.

Ceci étant dit et face à des leaderships patriotes et souverainistes déterminés, qui possèdent un soutien massif et engagé de leurs populations, et avec une influence en termes d’inspiration et d’espoir pour de nombreux peuples – qui dépassent les frontières du Mali, du Burkina Faso et du Niger, les ennemis de la multipolarité issus de la minorité planétaire occidentale, à travers leurs actions traditionnellement néfastes, y compris en alliance avec les terroristes assumés, ne font qu’accélérer chaque jour un peu plus leur propre chute devenue de-facto irrévocable.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Source : https://pierreduval.substack.com/p/aes-retrait-de-la-cpi-et-les-prochaines



6 réactions


  • sylvain sylvain 28 septembre 2025 18:09

    Ils ont bien dus sortir pour une raison particuliere ?? ca aurait ete interessant d’en parler


    • microf 29 septembre 2025 13:40

      @sylvain

      La raison est dite dans l´article, relisez le vous trouverez la raison ou les raisons pourquoi ces pays quittent la CPI...

      Sarközi par exemple devrait être traduit et jugé par cette CPI si elle était effective, il est l´un des acteur majeur de la destruction de la Lybie qui a entrainée
       l´expension du terrorisme dans le Sahel causant ainsi des centaines de milliers de morts, et ceci, jusqu´á aujourd´ hui.


    • chantecler chantecler 29 septembre 2025 14:03

      @microf
      Oui absolument !
      Et probablement il s’est offert une donation substantielle et illégale de M. Khadafi qu’il nie évidemment , pour financer sa campagne entre autre ,et f^ter sa victoire électorale , puis ensuite , par reconnaissance sans doute il a décidé de l’abattre en lui portant la guerre jusqu’à liquidation dans des conditions dégueulasses démolissant son pays , la Libye au passage . !
      Alors j’ai du mal à le plaindre et à penser que la justice a eu la main trop lourde !

      D’autant qu’en plus NS n’a eu de cesse de réclamer des peines, des sanctions plus lourdes et une surveillance judiciaire de la population à poigne , m^me pour la toute petite délinquance , les petits délits ...
      Un vol à l’étalage dans une grande surface pour une broutille et la police prenait vos empreintes et votre ADN , selon ses décrets !

      Alors pour la répression ce type a obtenu ce qu’il méritait .


    • sylvain sylvain 30 septembre 2025 15:17

      @microf
      Non il n’y a rien de concret a part une sorte de principe general de rejet de l’occident et des fantasmes sur les terroristes. C’est peut etre juste une operation de com, vu la situation ils en ont bien besoin mais je me demandais si il y avait autre chose


  • Com une outre 28 septembre 2025 18:40

    Cela devait arriver, c’est une évidence, parce que les pays africains n’ont aucun intérêt à continuer de subir les pays occidentaux et leurs règles faites pour eux seuls alors que ces mêmes pays occidentaux sont en plein déclin tant économiquement que socialement. L’Afrique est déjà largement tournée vers l’Asie et la Russie, qui représente pour elle un réel espoir de développement économique au profit du continent à l’inverse des occidentaux qui n’ont pas su ni voulu s’adapter au développement africain. C’est grave pour les pays européens en particulier, puisque nos fournisseurs en minéraux et autres ressources naturelles deviennent de plus en plus rares, l’UE étant incapable de gérer sa diplomatie avec intelligence et dans une vision à long terme.


  • Gérard Luçon Gérard Luçon 29 septembre 2025 07:10

    Les instances internationales sont (toutes ?) dans un état de délabrement avancé ... notamment elles ne représentent quasiment plus les intérêts des Etats, mais ceux des mondialistes et d’entreprises privées !


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