mercredi 4 février 2009 - par Emile Mourey

Alésia : le serpent de mer est de retour

Frédéric Lusa, producteur d’un documentaire sur Alésia diffusé le 12 décembre sur Canal +, n’est pas resté sans réagir suite au sévère communiqué envoyé par plusieurs scientifiques. « La seule chose que je peux dire, écrit-il, c’est que tout ce qui a été dit dans le documentaire a été vérifié scientifiquement. J’attends que ces scientifiques me disent que le site d’Alise correspond à celui décrit par César. Je veux savoir comment tous les cavaliers qui ont participé à la bataille ont pu tenir sur le plateau. A Chaux-des-Crotenay, nous avons calculé les distances, tout correspond parfaitement. Pourquoi nie-t-on des évidences enfantines ? Le faisceau de présomptions est trop important pour que l’Etat ne vérifie pas ce qui s’est passé à Chaux en lançant de vraies fouilles. Seule la volonté d’un ministre pourra faire changer les choses », a déclaré le producteur.

Constatant l’absence de réponses argumentées de la part des scientifiques interpellés, je me permets de me substituer à eux en rappelant l’argumentation que j’ai déjà donnée en 2006, suite à la critique du site officiel par Madame Danielle Porte (cf. http://www.bibracte.com).

1° Il s’agit de bien traduire et bien interpréter le texte de César

Question : « Pas de collines qui mettent en gorges les deux rivières qui doivent "lécher le pied de la colline" sur deux côtés. » Ma traduction est la suivante : Sur les deux côtés, des cours d’eau baignaient les racines du versant. Cette description est tout à fait en accord avec les versants du mont Auxois d’Alise-Sainte-Reine. Le verbe subluo, de sub (en contrebas) et de luo (baigner) ne suggère pas l’image de vallées encaissées.

 Question : « Pas de plaine encaissée, "en longueur", sur "3000 pas" - soit 4, 5 km - et "devant" l’oppidum. » Ma traduction est la suivante : en avant de cet oppidum, une plaine s’offrait à la vue sur une longueur d’environ 3000 pas. Rien ne permet d’affirmer qu’elle n’ait pas été longue de 3000 pas. En effet, qui peut dire aujourd’hui à quelle distance se trouvait, alors, la lisière de la forêt qui fermait cette plaine ? L’expression intermissam collibus, d’autre part, ne suggère absolument pas l’image d’une plaine encaissée, mais seulement celle d’une plaine s’étalant entre deux versants. Pour désigner la plaine des Laumes d’Alise-Sainte-Reine, César ne pouvait pas être plus clair.

Question : « A Alise, pas de montagne, au nord. » Ma traduction est la suivante : il y avait du côté du nord (septentrionibus : les sept étoiles de la Petite Ourse), un versant que, en raison de sa grande étendue, les nôtres n’avaient pu entourer de retranchements. Cette description est tout à fait dans le style concis de César qui n’a pas l’habitude d’embrouiller ses lecteurs avec des orientations du type nord-ouest ou nord-est. A Alise Sainte-Reine, il faut choisir entre le mont Rhéa et la montagne de Bussy. L’erreur de Napoléon III est d’avoir retenu le mont Rhéa qui, manifestement, ne correspond, ni à cette description, ni à la logique militaire, alors que tout indique la montagne de Bussy.

 Question : « A Alise, on ne trouve pas, à distance raisonnable, la plaine où se déroula le combat de cavalerie qui obligea Vercingétorix à se replier sur Alésia. » En effet, toutes les tentatives, même parmi les plus récentes, pour situer la grande bataille de cavalerie à une journée de marche d’Alésia, n’ont pas permis de retrouver un terrain de manœuvre militairement acceptable. En revanche, si l’on traduit l’expression altero die non pas par le lendemain mais par le surlendemain, la localisation de la bataille s’impose à Noyers. J’ai expliqué dans mes ouvrages et dans mon site internet pourquoi il faut traduire ainsi cette expression et comment s’est déroulée cette étonnante bataille.

 Question : « Alise mesure 97 hectares : 80 000 hommes + une population locale + de nombreux troupeaux + les chevaux de 15 000 cavaliers + les cavaliers eux-mêmes n’y tiennent pas. » Remarquons tout d’abord que César a mis cette information de "80 000 hommes" dans la bouche de ses adversaires, d’abord dans celle de Vercingétorix, puis dans celle de Critognatos. Cette "astuce" lui permettait de rectifier cet effectif à la baisse au cas où ses contradicteurs au Sénat l’auraient contesté. Ce n’est certainement pas sans raison si Asinius Pollion prétend que César a transposé parfois la vérité dans ses Commentaires, soit à dessein, soit par défaut de mémoire (Suétone). Et puis, il faut savoir que s’il est relativement facile de vérifier, à vue, l’effectif d’une petite troupe, cela est beaucoup plus difficile dans le cas d’une armée.

D’autre part, si l’on attribue le fossé creusé en avant de l’oppidum aux Gaulois - comme César l’a écrit - et non aux Romains comme les archéologues de Napoléon III l’ont fait, on devine que le dispositif de Vercingétorix s’étendait depuis ce fossé, en avant et en contrebas du mont Auxois, ainsi que sur les flancs du mont jusqu’aux cours d’eau. Ceci est beaucoup plus conforme à la logique militaire et cela augmente notablement l’espace occupé et défendu par les assiégés. Quant à la cavalerie, il est possible qu’elle ait stationné dans la plaine avant que Vercingétorix ne la renvoie.

Enfin, tout ce que l’on peut dire au sujet des nombreuses têtes de bétail que les Mandubiens avaient rassemblées, c’est qu’elles ont été réparties par Vercingétorix au sein de ses unités, dès la mise en place de son dispositif.

 Question : « Pas de citadelle mentionnée pourtant plusieurs fois dans les textes. » En effet. Si l’on identifie l’oppidum à l’ensemble du plateau, rien ne permet, quoi qu’on dise, de localiser un murus gallicus sur le pourtour, ni une citadelle. En revanche, si l’on prend en considération les vestiges observés par l’avocat Garenne, dans les années 1867, à la pointe du mont Auxois, on est tout naturellement amené à situer l’oppidum murus gallicus dans les fondations en ovale qu’il a repérées et la citadelle au centre de cet ovale. Contrairement aux traductions classiques, l’expression oppidum Alesia in colle summo admodum edito loco ne doit pas se traduire par : l’oppidum était au sommet d’une montagne de haute altitude mais par : l’oppidum d’Alésia, en haut du versant, à l’endroit qui ressort tout à fait. Cela correspond à la pointe du mont Auxois, là où se dresse la statue de Vercingétorix.

Et ceci nous amène à distinguer l’oppidum - un oppidum de 60 ares seulement - de la ville/urbs dont César a reconnu la position sur le plateau, dès son arrivée. Ces vestiges de ville ont bien été mis au jour, mais, curieusement, on les fait remonter à l’époque gallo-romaine !!!

 Question : « Pas de crêtes alentour sur lesquelles disposer 23 postes fortifiés. » Rien ne permet de dire que ces postes aient été installés sur des lignes de crête.

 Question : « Pas de ces "abrupts" qu’escaladeront les Gaulois au cours du siège. » Si ! Il s’agit des pentes du mont Rhéa.

  Question : « Pas de sources. » Si ! Il existe une source à La Croix Saint-Charles. Il y a des puits et il y avait aussi la possibilité de s’approvisionner dans les cours d’eaux, de préférence de nuit, en trompant la vigilance des guetteurs romains.

Question : « Pas de vestiges religieux. » Si ! A condition d’attribuer les vestiges religieux retrouvés sur le site aux Gaulois de l’indépendance et non aux Gallo-Romains d’après la conquête.

 « Cum Caesar in Sequanos per extremos Lingonum fines iter faceret... » Voici, pour terminer, la phrase clef des Commentaires. Je la traduis ainsi : comme César faisait route par les confins extrêmes des Lingons pour aller chez les Séquanes. C’est en faisant ce mouvement qu’il l’a interrompu pour assiéger Alésia... Alise-Sainte-Reine. Les Séquanes dont il s’agit sont ceux de Dijon ; j’en ai apporté la preuve dans mes écrits. Cette voie sur laquelle César s’est engagé, c’était la voie du fleuve Sequanas, alias via dubis, vallée de l’Armançon en partie, si riche en documents archéologiques, ancienne voie de l’étain que contrôlaient les Séquanes. En situant l’action chez les Séquanes, Plutarque et Dion Cassius n’avaient pas entièrement tort et leurs explications ne sont pas en contradiction avec celles des Commentaires.

 2° Bien traduire et bien interpréter les autres auteurs qui ont cité Alésia

 Dès lors que la parfaite concordance entre les vestiges archéologiques et les Commentaires de César est établie - à condition évidemment d’accepter ma nouvelle traduction - on peut s’interroger sur les textes des autres auteurs.

« Strabon écrit que la bataille a eu lieu à Alésia, cité des Mandubiens, peuple limitrophe des Arvernes (Géographie, IV, 2, 3) ». C’est exact, à condition de placer le mont Beuvray et toute sa région sous domination arverne, avant la conquête de César.

« Alésia est une très ancienne cité, que Diodore ( 4,19) prétend fondée par Hercule ». Exact, à condition de comprendre que Diodore ne désigne pas l’Alésia des Mandubiens mais une autre Alésia, autrement plus importante et beaucoup mieux fortifiée. Alésia est un nom commun, utilisé, bien avant l’arrivée de César en Gaule, pour désigner une localité fortifiée, fondée sur une hauteur par Héraclès, au cours de sa course errante.

 « Alésia est, selon Diodore (5, 24), le foyer et la métropole religieuse de toute la Celtique. »  Même remarque que ci-dessus.

 « Alésia est entourée, selon Plutarque (César, 21) de remparts formidables. » Plutarque confond l’Alésia des Mandubiens avec l’Alésia de Diodore, etc... etc...

 3° l’Alesia de la bataille est donc bien Alise-Sainte-Reine, et ce fut une des plus grandes batailles de l’Antiquité

Mais il faut expliquer le déroulement des combats autrement qu’on le fait depuis Napoléon III, autrement que l’interprétation officielle. En cherchant à faire coller sa traduction de 1926 à la thèse napoléonienne - traduction qui fait toujours référence - le professeur Constans a commis des erreurs impardonnables, j’en ai apporté la preuve. Ce sont des erreurs de traduction qui sont, principalement, à l’origine du doute sur l’emplacement d’Alésia, mais aussi de la fausse idée que l’on se fait de la Gaule. 

Sur quels arguments, sur quels témoignages, sur quels documents, la communauté scientifique s’appuie-t-elle pour refuser à la Gaule indépendante la place capitale qu’elle tenait dans le monde connu de cette époque ? La mode actuelle, pseudo-scientifique, typiquement française, plus portée au dénigrement de notre histoire et de nos personnages historiques qu’au respect des textes anciens, est inacceptable. Un exemple : rien ne permet d’affirmer que César ait inventé les discours de Vercingétorix, et pourtant, je cite le livre de Michel Reddé : "Les discours que Vercingétorix prononce sont inventés par César".

Bref, tout prouve qu’Alésia fut une des plus grandes batailles de l’Antiquité... une bataille qui a changé le cours de l’Histoire... beaucoup, pas beaucoup, en bien, en mal ? Sur ce point, on peut encore s’interroger.

Emile Mourey
ancien officier de carrière,
franc-comtois d’origine, bourguignon d’adoption.



36 réactions


  • ObjectifObjectif 4 février 2009 22:08

    Un ton aussi péremptoire est surprenant : pourquoi tant de haine ?

    Je ne saurais dire où était Alésia, mais la visite de Chaux-des-Crotenay est sauvage et magnifique, avec le livre de Danielle Porte à la main (L’imposture d’Alésia), loin du bruit de l’autoroute...

    Les vestiges trouvés sur place n’ayant aucun risque de provenir d’Alésia, il n’ y a aucun risque non plus à laisser des fouilles s’organiser sur place, pourquoi tant de résistances ?

    Une page plus équilibrée sur Alésia...


    • Emile Mourey Emile Mourey 4 février 2009 22:36

      Vous faites erreur. Il n’y a pas de haine dans mon propos mais seulement une argumentation en réponse à une question souhaitée par M. Lusa.


    • ObjectifObjectif 5 février 2009 00:40

      "Vous faites erreur." J’exprimais juste ce que je ressens en vous lisant, l’expression "pourquoi tant de haine" étant bien sûr une boutade. Disons que la probabilité que je sache ce que je ressens est grande, même si je peux me tromper sur les mots...

      L’important est que je ne comprend pas l’attitude de refus de fouilles officielles à
      Chaux-des-Crotenay.

      Je veux bien croire que Alesia est ailleurs, même si les argumentations sur les traductions m’ont toujours laissé dubitatifs, comme les discours politiques, qui n’engagent que ceux qui y croient, ce qui se vérifie au quotidien.

      Mais j’ai constaté sur place qu’il y a des artefacts très anciens, une configuration géographique intéressante sur un site de grande taille. Si ce n’est pas Alésia, c’est autre chose, et je suis surpris que des archéologues/historiens ne soient pas curieux de savoir ce qu’il y avait à cet endroit.

      Et des fouilles intensives sont la seule solution pour savoir...


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 03:58

      Que La Chaux de Crotenay recèle des traces d’occupation très anciennes, cela est très possible étant donné l’avantage de sa position. Quant à y faire des fouilles, cela ne dépend pas de moi, n’étant pas en odeur de sainteté auprès du ministère de la Culture. Si j’avais un avis à donner à ce ministère, je lui dirais, par respect pour le contribuable, de commencer par fermer son très coûteux chantier de fouilles du mont Beuvray qui n’a rien donné de plus que celles du Second empire et, à l’avenir, de réfléchir un peu plus et un peu mieux.


    • dalat-1945 5 février 2009 09:35

      @ l’auteuyr,

      Votre article est très intéressant . Il y a longtemps que je veux allé à Alésia, pour voir§ Je suis très intéressé par l’Archéologie.
      J’ai eu la chance (très jeune) de pouvoir faire des fouilles dans mon village à Bellerive dans l’Allier (près de Vichy) où un site de potier gallo-romain existait dans le pré d’un de mes copains d’enfance. Quel bonheur de pouvoir gratter dans la terre et de trouver des choses de près de 2000 ans d’âge. Ve que nous avons trouvé est maintenant "perdu" (j’espère pas à jamais) dans les caves du Château de SAint Germauin en Laye. Ce potier en question devait avoir une franchise du potier plus connu ’CINNAMUS3, car nous avons trouvé des morceaux de moules portant ce nom .

      Pour changer de site, que pensez-vous de Gergovie et des recherches de Napoléon III qui y a fait construire ce monument que l’on voit de très loin sur la route ? Mon professeur de dessin d’art M. EYCHAR, lorsque j’étais en classe prépa aux Grandes Ecoles au lycée Blaise Pascal à Clermont Ferrand, nous disait que Gergovie se situait plutôt sur le plateau de Chanturgue siur les hauteurs de Clermont Ferrant (on y fait du vin actuellement !). Il a fait de nombreuses recherches sur ce site et écrit plusieurs livres. Il n’aimait pas du tout Napoléon III qu’il tratait de faussaire ?

      Un autre sujet très intéressant, le site de Glozel dans la motagne bourbonnaise près de Vichy ? Ce site est bien plus ancien. On parle de plusieurs millers d’années avant Jésus Christ. Je connais assez bien la famille de paysans dans le champ de laquelle, Emile Fradin avec son grand père avait trouvé tous les objets exposés dans sa ferme. Ce sujet me passionne et a divisé beaucoup les historiens. Il serait peut être temps de reprendre les fouilles là bas, car l’intérêt pour moi y est au moins aussi grand que pour Gergovie ou Alésia. Seulement les ministres de la Culture successifs depuis des décades ont toujours fait tout ce qu’ils pouvaient pour ne pas réouvrir le dossier ! Sauf peut être Jacques LANG qui a fini comme les autres par ne rien faire, à cause de conflits d’intérêts stupides entre les archéologues (notamment le musée de Saint Germain qui veut tout centralisqer !

      Merci de me répondre si vous trouvez le sujet intéressant .


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 10:55

      @ dalat-1945 							 														 (IP:xxx.x43.8.86)

      Votre commentaire est, non seulement intéressant, mais constructif.

      La marque de potier
      CINNAMUS est bien connue. Il s’agit du célèbre centre de poteries arverne de Lezoux, au pied de Gergovie. Votre découverte de jeunesse prouve, une fois de plus, le lien qui existait entre Vichy et la capitale arverne. En effet, dans mon interprétation de la carte de Peutinger, c’est à Vichy que je voie la station thermale d’Aquae calidae, sources chaudes miraculeuses car guérisseuses. Chaque capitale gauloise se devait d’avoir ses sources, à la fois sacrées, divines et touristiques. C’était une question de prestige mais aussi une source de revenus. Vichy était la ville d’eau de Gergovie. Elle ne doit pas sa fondation aux Romains mais aux Arvernes.

      M. Paul Eychart, décédé, avait tout à fait raison de réfuter le site officiel de Gergovie à Merdogne. C’est une position tactique indéfendable face à un adversaire qui l’aborderait par derrière, c’est-à-dire par l’ouest. Malheureusement, sa thèse des Côtes de Clermont ne vaut guère mieux. Comme un certain nombre de commentateurs d’Agoravox commencent à le reconnaître, il n’y a que la position du Crest qui satisfait au texte de César et à la logique miltaire. D’ailleurs, les vestiges sont encore là comme l’a montré Gasty ; il suffit d’ouvrir les yeux.

      Je connais bien l’affaire de Glozel, même si mes occupations ne m’ont jamais permis de me rendre sur place à l’invitation que m’avait pourtant faite Emile Fradin, aux dernières nouvelles, toujours bon pied bon oeil. J’ai même déchiffré un galet gravé trouvé sur le site dont la signification "magique" ne pouvait s’expliquer qu’aux temps anciens, ce qui exclut totalement une supercherie récente due à un faussaire.

      Le problème, comme vous le dites, c’est ce ministère de la Culture derrière lequel s’abritent des notables qui ne veulent pas se remettre en question et reconnaître leurs erreurs. Dans ces conditions, mieux vaut supprimer ce ministère si, comme c’est le cas, il bloque le débat. 


    • dalat-1945 5 février 2009 11:27

      @ Emile Mourey,

      Merci pour votre cette réponse qui me fait un grand plaisir ! J’apprends qu’Emile Fradin est toujours de ce monde, c’est fantastique. Je vais aller le voir. Il a enchanté toute ma jeunesse, ainsi que le maire de Billy près de Vichy, M. Besson (ancien Procureur Général de la République qui a refusé la condamnation à mort de Salan, Chasles, Jouhaud, Zeller, etc..) qui soutenait Emile Fradin dans la défense dec Glozel !

      Paul Eychart (même si ses affirmations étaient inexactes) était quelqu’un de passionné et très intéressant. Il dérangeait bien sûr beaucoup à l’époque. Il nous a bien distrait pendant ses cours de dessin à Blaise Pascal, avec toutes ses histoires sur le plateau de Chanturgue et la nullité de Napoléon III qui avait absolument voulu que Gergovie soit à l’endroit ou ses archéologues l’avaient decidé. ! Cela nous faisait le plus grand bien, car avec 35 heures de cours de Maths/Physique/Chimie par semaine , on avait besoin d’un peu de fraicheur dans la tête.

      C’est lui qui m’a fait découvrir que j’avais des qualités (tout à fait ignorées de ma part à l’époque), pour dessiner (le portrait de Voltaire et de bien d’autres têtes célèbres de l’Egypte ancienne, Grèce ou Rome.

      Je viens d’apprendre que mon institutrice en classe de 10ème est encore aussi de ce monde (101 ans). Un vrai bonheur aussi !.

      Cordialement et à bientôt peut être sur un auttre sujet !


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 11:41

      Au sujet d’Emile Fradin, j’espère ; mais les années passent et on ne s’en rend pas toujours compte.


    • Antenor Antenor 5 février 2009 13:31

      @ Dalat-1945

      D’après le Docteur Hitz, la langue écrite à Glozel est celtique. Il en a proposé des traductions très crédibles. Si vous en avez l’occasion, je vous recommande aussi d’étudier attentivement les chapiteaux de la basilique de Châtel-Montagne, l’un d’eux est orné de trois paires de feuilles de gui. Le diable se niche dans les détails et Glozel est un vrai symbole du manque d’allant de l’archéologie française.


    • Antenor Antenor 5 février 2009 13:37

      @ Emile

      A 1 kilomètre au nord-ouest de Noyers, il y a un lieu-dit appelé Risquetout...


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 13:56

      L’église de Châtel-Montagne, assez proche de Glozel, est une merveille. Quand je pense que les "spécialistes" en art roman ne voient dans ses sculptures que crapauds et saltimbanques alors qu’il faut voir dans ces personnages recourbés (comme l’animal naissant dans son oeuf) toute une fantasmagorie évoquant la renaissance druidique, difficile de ne pas parler de scandale culturel même si dans les hautes instances, on s’en fout. Merci, Antenor, de nous signaler dans ces chapiteaux la présence de feuilles de gui que je n’avais pas remarquées.

      Depuis le temple de Gergovie, toujours existant, suivons les feuilles de chêne et les feuilles de gui et nous retrouverons la véritable trace de notre pensée druidique antique !


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 14:04

      @ Antenor

      Où peut-on trouver la traduction du docteur Hitz ?


    • dalat-1945 5 février 2009 14:17

      Boujour Antenor,

      Oui, je connais bien Chatel Montagne avec sa magnifique église Romane. J’y allais en Vacances quand l’étais adolescent environ 2 semaines par an, chez les grands parents de mon meilleur copain d’enfance. Mais je n’ai pas mémoire des sculptures que vous mentionnez. Ma prochaine visite là bas sera pour voir ce que vous indiquez.

      Petit détail, derrière et pas loin de l’église, il y a une ferme maintenant transformée en résidence secondaire. Si vous faites 200 à 300 mètres en descendant la montagne (suivre le petit chemin) , vous entrez dans un bois qui était autrefiois à la bonne saison plein de girolles, mais chutt ... ! , ne le dites à personne !

      Merci pour ces renseignements sur Chatel Montagne.
      J’aime bien aussi l’église de Saint Nectaire, qui est plus connue (et en restauration l’an passé).

      Cordialemlent,


    • ASINUS 5 février 2009 15:10

      pardonnez mon ignorance , voulez vous suggerer que les artistes du roman etaient imprégnés de culture
      et référents celtes et druidiques ou une reutilisation ?les nouvelles religions s appropriants les lieux de cultes anciens gageons que quelques eglise doivent surmonter des autels a Belenos


    • dalat-1945 5 février 2009 15:38

      Merci


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 16:27

      @ Asinus qui est moins Asinus qu’il essaie de paraître.

      Exact. Paroles de saint Grégoire (fin du V ème siècle) : « Lorsque les gens ne souhaitent pas voir leurs temples détruits, écrivait-il, il faut qu’ils abjurent leurs erreurs, qu’ils adorent et reconnaissent le vrai Dieu, et ils pourront se rassembler fraternellement aux endroits auxquels ils sont habitués. Car vouloir extirper tout et en même temps de ces esprits rustres est sans doute une chose impossible. Mais celui qui cherche à s’élever jusqu’au sommet peut le faire aussi bien par étapes, que par un bond.

      Où sont ces temples ? Réponse : ils se cachent dans nos plus anciennes églises romanes. On y trouve encore quelques autels antiques. Quand aux idoles, elles sont toujours là, elles n’ont fait que changer de nom . En Bourgogne, on y suit encore en cortèges la statue de Cybèle... pardon, je voulais dire de saint Vincent... à l’occasion des fêtes de Bachus... pardon encore ! excusez-moi de mon lapsus (mot d’origine latine)... je voulais parler des fêtes de la vigne... bref des vendanges.


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 17:15

      @ Antenor

      Merci pour ces liens que j’ignorais. Je découvre avec plaisir qu’on a beaucoup avancé depuis les années 80, dates auxquelles j’ai écrit mon ouvrage sur Gergovie, et en particulier mon chapitre 15 sur l’écriture de Gergovie où je parle de Glozel.

      Je retiens un passage de votre troisième lien. Rés. d’A. Cet essai de déchiffrement de l’écriture de Glozel prouve l’authenticité des inscriptions trouvées au "Champ des Morts". Grâce à la lecture de deux tablettes inscrites, Glozel pourrait dès à présent être considéré comme un "centre d’initiation à l’astronomie".

      J’ai bien lu "astronomie". Cela va tout à fait dans le sens de mon interprétation d’un galet gravé de la collection (page 190) où j’y voyais un thème astral, ou plutôt une représentation "glozelienne" des constellations du ciel (un peu dans le désordre certes) mais dont les formes correspondaient à des lettres. Ce qui m’avait amené à me demander si les Anciens n’avaient pas fait venir leurs lettres du ciel, hypothèse à laquelle je ne crois plus maintenant... et pourtant, il y a encore les questions... pourquoi ? quand ? comment expliquer cela ?.


  • ASINUS 5 février 2009 07:05

    yep mr Mourey tel Quintilien , toujours a la recherche du lieu du crime !
    quis , quid, ubi,quibus auxiliis , cur quomodo, quando ?







    VALE !


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 09:46

      Vale, Vale !

      Qui (a commis l’acte criminel), quoi (de quoi s’agit-il ?), où, avec quels moyens, pourquoi, comment, quand ? (cf. Internet).

      En fait, dans cette affaire, ce renouveau de la polémique arrange bien les deux antagonistes, même s’il font semblant d’être offusqués. Cela leur fait de la publicité pour leurs sites, notamment pour celui d’Alise-Sainte-Reine qui, comme par hasard, vient d’annoncer sa réouverture.

      Merci de votre commentaire.

      • inventio (« l’invention ») : trouver quoi dire.
      • dispositio (« la disposition ») : savoir organiser ce qu’on va dire.
      • elocutio (« l’élocution ») : choisir la façon pour le dire.
      • actio (« l’action ») : savoir allier la parole et le geste.
      • memoria (« la mémoire ») : retenir ce qu’on doit dire.
      (l’art oratoire selon Quintilien.)

      Je connais mieux Cicéron et surtout César.



    • ASINUS 5 février 2009 15:18

      je retiens la leçon c est une langue que ma passion pour l histoire m oblige à decouvrir , j utilise des grammaires simple ; internet que je croyais la panacée ne m offre que des phrases toutes faites , hors contexte et verrouillées


  • Fergus fergus 5 février 2009 09:25

    Personnellement, je n’attache pas plus d’importance à la véritable localisation d’Alésia qu’à celle de Gergovie (au coeur de ma région d’origine), elle aussi contestée. Plus important me semble être la vérité historique concernant les rapports entre la population gauloise et les romains, leurs apport s culturels respectifs et la vraie nature des relations César-Vercingétorix.


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 09:57

      @ Fergus

      Les deux points de vue sont liés et indissociables. Le meilleur exemple est le mont Beuvray, fausse Bibracte selon moi, le plus grand chantier de fouilles d’Europe, où les archéologues se font une idée de la Gaule complètement erronée à partir de ce qu’ils trouvent, à savoir une assez misérable agglomération de fortune hâtivement édifiée sur un site, certes stratégique, mais certainement pas capitale/forteresse du pays éduen (arx selon le terme de Strabon).


    • Fergus fergus 5 février 2009 11:23

      Vu sous l’angle des fouilles, vous avez incontestablement raison.


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 12:19

      Ce qui me surprend est qu’Arte ait réalisé et diffusé son documentaire un peu comme "la fleur au fusil". M. Lusa a-t-il essayé d’entrer en contact avec des responsables culturels avant de lancer son boulet ? S’est-il imaginé, comme Laurent Cabrol - Europe 1, 26/7/08 - qu’on voulait lui cacher quelque chose d’inavouable ?

      Il est vrai que cette contestation d’Alésia arrange bien les tenants de l’archéologie officielle et les responsables de la Culture qui les protègent, car en focalisant l’attention du public sur cette polémique où il n’y a aucun risque pour eux de déstabilisation, cela leur permet de ne pas répondre aux questions autrement plus importantes concernant la localisation de nos anciennes capitales gauloises, Bibracte et Gergovie.

      Cela leur permet de mettre dans le même sac de l’opprobe les contestataires d’Alésia et les autres dont je suis (Christian Goudineau : « ...l’on n’éprouve que compassion à l’égard de ceux qui, aujourd’hui encore, chevauchent sur des chimères dépenaillées. »). Cela leur permet de refuser tout débat (Vincent Guichard : on ne va pas recommencer pour Gergovie la même polémique que pour Alésia).

      Et ainsi va le monde.


    • dalat-1945 5 février 2009 12:56

      @ Emile Mourey,

      Cela veut -il dire que le site actuel de Gergovie (Napoléon III) , ne sera jamais remis en question ? C’est triste ! Existe t’il une association d’archéologue pour rétablir la vérité sur ce site. Une ami ed’enfance est toujours en relation avec le fils de Paul Eychart, peut être pourrions-nous faire une action commune avec lui ? Je pourrais si vous le souhaitez vous mettre en contact avec lui .

      Pour Glozel, je m’attendais avec le procédé Danois de datation des terres cuites par le phénomène de "thermoluminescence", que le problème de l’authenticité allait enfin être définitivement réglé.Je vais aller voir la famille FRADIN sur place. Ne manquez pas d’y aller si vous passer par là, c’est passionnant. Le champ dans lequel Emile FRADIN et son grand père ont trouvé tous ces objets au début du 20ème, s’appelle le "champ des morts" - un nom prédestiné !

      Cordialement

      Michel DELAUNE




    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 13:37

      Laissons les morts dormir tranquilles ! et gardez le bon souvenir que vous avez de Paul Eychart avec lequel, d’ailleurs, je n’ai jamais eu à polémiquer puisque notre objectif à tous deux était de dénoncer le faux site de Merdogne.

      Quant à Emile Fradin, je trouve toujours aussi scandaleux la conduite à son égard du ministère de la Culture. Je n’ai pas changé d’avis.


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 14:25

      dont je suis et ceux qui me soutiennent.


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 14:42

      ... ceux qui me soutiennent... en espérant qu’Agoravox ne les exclue pas comme on l’a fait pour Egdicius Rex, un latiniste comme il n’en existe plus dans la technocratie culturelle actuelle.


    • Fergus fergus 5 février 2009 16:08

      Il semble bien en effet qu’il existe une archéologie officielle comme il a, naguère, existé une sculpture et une peinture officielle, cette dernière ayant provoqué la création du Salon des Indépendants, un salon auquel je fais allusion dans un article, encore en modération, consacré à la supercherie Boronali.

      Quoi qu’il en soit, félicitations pour vos écrits : ils sont passionnants, y compris pour des béotiens comme moi.


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 16:01

      @ Le Furtif

      La phrase en question est de Madame Danielle Porte. En effet, les traducteurs ont pris l’habitude de traduire le mot "passuum" de César par "pas", ce qui n’est pas faux mais à condition toutefois de préciser qu’il s’agit d’un pas romain qui correspond à un double pas des nôtres. Quand César dit que la plaine avait "environ trois mille pas de long "... millia passuum III in longitudinem, il n’y a pas dambigüité. De tout temps, il a toujours été admis que mille "pas romains" correspondaient à 1482 mètres et je ne vois pas comment on pourrait remettre en question cette interprétation tellement elle paraît évidente à la lecture des textes.

      Admettons donc que le pas romain de César correspond à un petit double pas .


  • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 16:35

    							Rappel

    par ASINUS
    							 														 (IP:xxx.x18.33.228) le 5 février 2009 à 15H10 							 							
    							

    															
    							
    								pardonnez mon ignorance , voulez vous suggerer que les artistes du roman etaient imprégnés de culture
    et référents celtes et druidiques ou une reutilisation ?les nouvelles religions s appropriants les lieux de cultes anciens gageons que quelques eglise doivent surmonter des autels a Belenos
    							


    @ Asinus qui est moins Asinus qu’il essaie de paraître.

    Exact. Paroles de saint Grégoire (fin du V ème siècle) : « Lorsque les gens ne souhaitent pas voir leurs temples détruits, écrivait-il, il faut qu’ils abjurent leurs erreurs, qu’ils adorent et reconnaissent le vrai Dieu, et ils pourront se rassembler fraternellement aux endroits auxquels ils sont habitués. Car vouloir extirper tout et en même temps de ces esprits rustres est sans doute une chose impossible. Mais celui qui cherche à s’élever jusqu’au sommet peut le faire aussi bien par étapes, que par un bond.

    Où sont ces temples ? Réponse : ils se cachent dans nos plus anciennes églises romanes. On y trouve encore quelques autels antiques. Quand aux idoles, elles sont toujours là, elles n’ont fait que changer de nom . En Bourgogne, on y suit encore en cortèges la statue de Cybèle... pardon, je voulais dire de saint Vincent... à l’occasion des fêtes de Bachus... pardon encore ! excusez-moi de mon lapsus (mot d’origine latine)... je voulais parler des fêtes de la vigne... bref des vendanges.

  • Webes Webes 5 février 2009 17:31

    N importe quoi. Alesia n existe pas !!! C est Asterix qui l a dit.


  • Fergus fergus 5 février 2009 17:32

    A propos de temple, connaissez-vous celui, très curieux (et unique en Bretagne), de Lanleff dans les Côtes d’Armor ? De forme circulaire et formé de colonnes et de voûtes romanes, il date du XIe sècle et aurait été bâti sur le modèle du Saint-Sépulcre de Jérusalem.

    Son origine palestinienne ne fait guère de doute, mais certains érudits locaux persistent à lui voir une origine celtique. C’est sans doute faux, mais cela alimente les débats et leur donne un contenu plus mystérieux...


    • Emile Mourey Emile Mourey 5 février 2009 18:17

      @ Fergus

      Je ne connais pas ce monument qui ne me dit pas grand chose. Il ne s’apparente pas au style des monuments dont je parle dans mes écrits. Apparemment, d’après les photos que j’ai pu voir sur le web, même si la pierre est dure, les sculptures des chapiteaux me semblent malhabiles et ne s’intègrent pas dans une iconographie celtique ou romane.


  • labienus 12 juin 2009 23:15

    je ne suis pas sûr que le contribuable accepte que l’état français laisse faire des fouilles sur la cinquantaine d’Alésia potentiels actuels... de plus, je pense que l’on peut en trouver d’autres  : des rivières entourant un promontoire avec deux lits en eau, une plaine et d’autres monts à proximité sont légions en France et à l’étranger.... Soyons sérieux, à Alésia, les archéologues ont des fortifications romaines, avec des militaria du Ier. s. av. correspondant à d’autres sites de batailles du milieu du Ier s av, une balle de fronde avec l’inscription de labienus (légat de césar), ah j’oubliais une inscription gallo-romaine trouvée sur la ville romaine ou il est inscrit Alisii, que faut il d’autre pour clore le débat ? Faire des fouilles sur des sites ou même l’archéologie aérienne ne trouve de vestiges fossoyés ressemblant à des foritifications ? et ainsi dépenser des dizaines voire centaines de milliers d’euros par sites potentiels ?


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