samedi 5 septembre - par Christophe Cros Houplon

Annulation de tournée : la ligne de défense de Patrick Bruel se précise

Quelques lignes sur Instagram pour annoncer après trois mois de tentatives à concilier vie professionnelle et scandale qu’il jette l’éponge et annule sa tournée. Laquelle, après ses quatre mises en examen de juin et la multiplication exponentielle des plaintes, prenait la voie d’un chemin de croix alors même que nous parlons de concerts censés fêter les trente-cinq ans de la sortie triomphale de son album « Alors regarde ».

A compter des révélations de Flavie Flament, le monde artistique couvrant jusque-là les agissements du présumé innocent Patrick Bruel s’est lentement retourné : que ce dernier attente sexuellement de jeunes inconnues, cela fait partie des mœurs, mais une des nôtres ! Nous avons pu observer le même double mouvement de soutien complice puis de lâchage avec Depardieu et Adèle Haenel : on sait et on se tait parce que dans nos rangs pullulent les brebis galeuses jusqu’au moment où on doit la sacrifier pour maintenir le troupeau tout entier.

Il n’y a en soi rien de choquant qu’un présumé innocent puisse exercer son métier, ce qu’évidemment son contrôle judiciaire lui a autorisé de faire. Bruel n’a pas été jugé. Pas plus que Nicolas Sarkozy ne dut cesser toute activité une fois mis en examen Bruel, qui bénéficie évidemment de droits, peut chanter et faire une tournée. Sauf qu’il a un moment senti que celle-ci allait exciter l’atmosphère et qu’il allait y perdre des plumes. Il a donc je suppose sur le conseil de son avocat joué intelligemment la carte de l’apaisement.

Aux yeux d’une part importante de l’opinion il est devenu le croquemitaine. Lui le prédateur présumé est devenu une cible. La situation s’est retournée médiatiquement à son désavantage et son intérêt immédiat est dorénavant de faire profil discret jusqu’à son procès. Où son avocat plaindra que ses accusatrices ont sabordé sa carrière, aidées par des ligues féministes de l’ultra-gauche.

Homme public depuis quarante ans, Bruel ne peut que se défendre ainsi : en tentant d’imposer un plan média. A la surexposition et aux dénis il oppose donc aujourd’hui un nouveau chapitre : celui de sa propre invisibilisation dans l’espace public. D’où ce statut sur Instagram assez sobre dont tous les mots ont été soupesés. Tactiquement bien joué pour se sortir d’une impasse. Bruel, ne l’oublions pas, est un joueur de poker menteur aguerri, ce qu’on lui reproche dure depuis plus de trente-cinq ans, trente-cinq ans à jouer à cache-cache avec le respect de la loi. Il n’est pas ou plus de notre monde et plus comme nous depuis extrêmement longtemps. En sacrifiant sa tournée il limite la casse sur le plan financier, celle-ci étant produite par sa propre société. Des clauses de rétractations ont dû être incluses dans certains contrats et les projections de pertes possibles effectuées, lesquelles font probablement partie de l’équation.

La ligne de défense de Bruel, pour cynique qu’elle soit, m’apparait limpide : il n’a abusé d’aucune femme étant donné que celles-ci fussent-elles nombreuses étaient toutes consentantes, il regrette qu’elles aient souffert et tout compris de travers, on lui a bousillé sa carrière et sa tournée, il est âgé et foutu, pleurez dans les chaumières.



1 réactions


  • Rinbeau Rinbeau 5 septembre 12:14

    Patrick Bruel annule ses tournantes et jette l’éponge.. Pour faire tourner les serviettes !

     smiley


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