mardi 13 mars - par Morologue

Approcher « la Philosophie »

« Quand tu philosophes, tu planes, à te poser trop plein de questions abstraites, spéculatives et inutiles. C'est (du) délire. Tu fais totalement ce que tu veux. » Voilà, à peu près, le genre de propos sur lequel voudrait revenir cet article.

 

« La Philosophie »  : un bien trop grand mot, certes utile

Déjà, dire « la » « Philosophie » est beaucoup dire. Y en a-t-il bien une, de philosophie, et non plusieurs ? Et puis, la Philosophie se présente-t-elle comme un tout ? ... Pas vraiment. Est-ce un problème ? ... Pas vraiment non plus.

En effet dans la vie, il y a différents arts & métiers, différents goûts & loisirs. Qui cela dérange-t-il ? ... Et pourtant, tout cela est rangé sous les catégories vie professionnelle et vie personnelle. C'est-à-dire que la philosophie est un terme ayant ce degré de généralité.

Personne n'est capable d'envisager l'ensemble de la vie professionnelle ni a fortiori des vies personnelles. Où donc, « la Philosophie », c'est pareil. Pourquoi ? ... Tout simplement parce que « la Philosophie » peut raisonner sur tout. Or, comme « tout, c'est très vaste », vous avez la raison pour laquelle ...

  1. la philosophie semble floue : en fait, elle est aussi floue que si vous cherchiez à penser à tout en même temps : personne n'est capable d'une telle attention en dehors d'un esprit cosmique, s'il existe seulement (un dieu, par exemple) ;
  2. quelques branches de la philosophie s'interrogent sur le tout, telles que la métaphysique (la réflexion sur les principes ultimes, s'il y en a bien quelques uns), l'ontologie (la recherche raisonnée de ce qu'est l'Être, s'il y en un bien un) ou l'épistémologie (la mise en question des connaissances elles-mêmes, connaissance de la connaissance).
  3. certain·es philosophent si témérairement, qu'ils·elles produisent des raisonnements sans teneur, à vous faire une mauvaise réputation à « la Philosophie », voire à entretenir l'idée de « la Philosophie » comme une, se présentant comme un tout.

En fait, « la Philosophie », sous un angle, c'est tout comme « la Science » : pas plus qu'en philosophie, « la Science » ne se présente comme totale et une, même s'il arrive aux médias de présenter des tentatives d'unification. La plupart du temps, d'ailleurs, ces tentatives d'unification concernent un seul domaine, la physique, domaine qui lui-même se divise pourtant en plusieurs (la mécanique et la chimie, par exemples).

En somme ? ... « La Science », ça n'existe pas comme cela, mais bien comme une pluralité de pratiques éclectiques, propres à toutes les équipes de recherche différenciées, réparties tout autour de la planète, selon leur domaine, leur spécialisation de recherche, mais aussi les dynamiques d'équipes.

 

Philosophie contre Science ?

A ce point, les gens trouvent spontanément que « quand même, la Science, c'est plus valable que la Philosophie », mais un tel avis est justement quelque chose qui se discute philosophiquement (en épistémologie, notamment).

Comment cela ? ... Eh bien, cette témérité de trouver « la Science » plus valable que « la Philosophie », elle est déjà une option philosophique en faveur de « la Science » (en plus de prendre « la Science » et « la Philosophie » pour totales et unes, spontanément).

D'ailleurs encore au XIXème (début de notre ère industrielle) l'expression « la Philosophie » servait à désigner l'ensemble des savoirs humains. A la charnière du XVIIIème siècle (siècle des Lumières) et du XIXème siècle, un philosophe aussi impressionnant que Hegel explique que sa philosophie recherche « la Science » (in préface à la Phénoménologie de l'esprit) : pour vous dire comme les notions ne sont pas séparées ! ... Ou bien, notre fameux Descartes (je pense donc je suis), grand mathématicien, estime au XVIIème siècle (Grand Siècle) que les sciences prennent philosophiquement racinent dans la métaphysique, et tout ensemble (la métaphysique et les sciences) forment la philosophie naturelle. Isaac Newton, en clair, était un philosophe naturel, quand il produisit la théorie de la gravité.

« Oui mais », reprennent les gens spontanés, « ce sont des affaires de mot tout ça, et il y a bien une différence entre la Philosophie et la Science ». Malheureusement, on voit mal comment les recherches scientifiques seraient nées des recherches philosophiques, à ce compte ! car elles sont bien nées des recherches philosophiques.

« Non mais, il y a bien une nuance aujourd'hui, entre les résultats de la Science et les rêvasseries de la Philosophie. » ... Non plus. Car, même si la plupart des scientifiques n'ont pas l'impression de philosopher et d'être bien loin de la « la Philosophie », à exercer « une activité sérieuse, enfin rationnelle et concrète, par rapport la Philosophie » ... il se trouve qu'ils répètent les gens spontanés. Pire : ils donnent une sorte de crédit aux gens spontanés, parce que leur métier scientifique procure une notoriété, avec l'aura d'expertise qui va avec. Malheureusement cette expertise, ils ne l'ont pas, en dehors de leurs recherches scientifiques ; pour tout le reste, ils s'expriment spontanément comme les gens.

 

Que font les sciences, au juste ?

Les recherches scientifiques procèdent selon un principe de manipulation concrète : on attend d'elles de pouvoir manipuler concrètement les choses, soit en ouvrant de nouveaux horizons manipulatoires, soit en augmentant des puissances manipulatoires déjà ouvertes. C'est ainsi que du télégraphe, on passe au téléphone, et du téléphone réservé à l'élite, au réseau des télécommunications, puis de ce réseau terrestre au réseau satellite, satellites qui rendent possible la téléphonie cellulaire, avant qu'on transforme nos téléphones cellulaires en micro-ordinateurs interconnectés - par exemple. Bref : on manipule concrètement les possibilités de communiquer, en élargissant leurs horizons et en augmentant leur puissance.

Evidemment, toutes les sciences n'ont pas d'applications aussi rentables : elles souffrent de précarisation autant que le reste. Néanmoins, après une phase de découverte, on escompte des sciences des possibilités manipulatoires concrètes. C'est-à-dire que les sciences systématisent le bricolage et l'artisanat, au point de pouvoir inventer l'industrie - par exemple.

 

La philosophie est-elle inutile, rapport aux sciences ?

Le principe de manipulation concrète qui règne sur les sciences, leur accorde-t-il le monopole de l'utilité ? ... Car c'est une autre objection faite à « la Philosophie » (le procès est permanent). Eh bien non.

En effet, la manipulation concrète, d'une part, est rendue possible par l'empirio-rationalisme - l'empirisme et le rationalisme philosophiques, en philosophie naturelle. C'est-à-dire que les sciences restent la philosophie naturelle de nos jours. Et puis, d'autre part, cette philosophie naturelle centrée sur la manipulation concrète, ne dit absolument rien quant aux choix moraux, sociaux et politiques à opérer alors.

C'est-à-dire que tout progrès scientifique, on le sent, n'est pas automatiquement un progrès moral, ni un progrès social, ni un progrès politique. Tout cela se décide et, en l'occurrence, c'est l'affairisme qui décide. Et ça décide que seules les recherches scientifiques aux applications manipulatoires concrètes rapides, sont des progrès moraux, sociaux et politiques, parce que ces progrès permettent de faire du profit. La planète Mars est riche en fer, aussi gagnera-t-on à en faire des affaires.

Le lucre tient lieu de philosophie morale, sociale et politique, quoiqu'un certain réalisme politique (philosophique lui-même) explique qu'on craigne de voir autrui développer plus rapidement tels horizons et telles puissances. Aussi ne serait-il pas stratégique de rester sur le touche de tels progrès finalement techniques : on se panique dans cet ordre d'idées, et l'on appelle cela « les réalités ».

 

Qu'en déduire quant à la philosophie ?

« La Philosophie » passe pour fermée sur de tels horizons et bien impuissante devant toutes ces « réalités ». Aussi est-elle disqualifiée d'entrée de jeu, encore qu'un·e philosophe prenne parfois place dans certaines comissions et autres comités (think tanks) tels qu'André Comte-Sponville et Cynthia Fleury, sans parler de leurs apparitions médiatiques (Clément Rosset, Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Raphaël Enthoven, Medhi Belhaj Kacem, etc.).

Car les philosophies et recherches philosophiques idoines, éparses et variées ont belles et bien lieu, avec intérêt. Au-delà de certains cafés-philo parfois trop légers ou prétentieux, au-delà de certains forums parfois trop festivaliers ou internautiques, au-delà de certains rayons de développement personnel, psycho, philo-pratique et même ésotérisme ... il y a des vies philosophiques - vies intelligentes, sagaces et factives, plus ou moins cohérentes, plus ou moins prégnantes, plus ou moins mûries. Et, parfois, ça fait un·e philosophe notoire, voire original·e, avec une philosophie conséquente.

Mais, couramment, la philosophie permet de devenir vivement quelqu'un·e, donc de pouvoir vivre plus judicieusement. Vivre judicieusement  : quelque chose de rare ? ... En tout cas, pour soi-même, il n'y a que chacun·e pour le savoir, l'amplifier ou s'en détourner.

Comme disait Epicure : « Il ne faut pas faire semblant de philosopher mais philosopher réellement. Car ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de paraître en bonne santé, mais d’être réellement en bonne santé. »

Mal' - LibertéPhilo

 



57 réactions


  • JC_Lavau JC_Lavau 13 mars 13:16

    Sur gogovox, aux moins deux gonzes se proclament « philosophes ». Quelqu’un pourrait-il en exhiber un qui ne soit imposteur ?

    Merci d’avance.

    • Morologue Mal’ 13 mars 14:14

      @JC_Lavau Si seulement je m’étais proclamé tel.


    • Morologue Mal’ 13 mars 15:44

      @JC_Lavau Par ailleurs, qu’est-ce qu’« un philosophe » selon vous, cher JC_Lavau ?


    • JC_Lavau JC_Lavau 13 mars 18:29

      @Mal’. Jusqu’à présent, à trois exceptions près, je n’ai rencontré ou lu que des incompétents qui se la pètent.

      Les trois exceptions près :
      Mario Bunge, qui est aussi docteur en physique, fondateur des universités populaires à Buenos Ayres, qui a écrit « Philosophie de la physique », traduit au Seuil. Il est particulièrement haï des copenhaguistes, par exemple de Franck Laloë, pour avoir écrit qu’une théorie physique doit avoir, entre autres, des axiomes sémantiques. Il a raison plus souvent qu’à son tour...
      Karl Popper,
      Gaston Bachelard, du moins à mes yeux quand je l’ai lu quand j’avais 19 ans.

    • Morologue Mal’ 14 mars 12:18

      @JC_Lavau Si vous voulez, mais ça fait beaucoup de morts, et vous ne répondez pas à ma question. Mais je vais vous épargner cette peine : il n’y a pas exactement de critère. Entre les dialogues de Platon, l’écriture more geometrico de Spinoza, les fragments de Nietzsche ou les traités de Bachelard, les points communs ne sont que de « le sentir consensuellement », rapport à une communauté d’intelligences. Vous, vous êtes idiosyncratique et agressif depuis vos idiosyncrasies.


  • Je reviens toujours à Hermès qui est lié au chiffre 8. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Joindre le matériel au spirituel. 


  • C’est un point assuré plein d’admiration,
    Que le haut & le bas n’est qu’une même chose :
    Pour faire d’une seule en tout le monde enclose,
    Des effets merveilleux par adaptation.

    D’un seul en a tout fait la méditation,
    Et pour parents, matrice, & nourrice, on lui pose,
    Phœbus, Diane, l’air, & la terre, où repose,
    Cette chose en qui gît toute perfection.

    Si on la mue en terre elle a sa force entière :
    Séparant par grand art, mais facile manière,
    Le subtil de l’épais, & la terre du feu.

    De la terre elle monte au ciel, & puis en terre,
    Du Ciel elle descend, recevant peu à peu,
    Les vertus de tous deux qu’en son ventre elle enserre. 


  • Gwynplaine Clark Joseph Kent 13 mars 13:31

    Avec seulement dix citations, vous allez pouvoir briller en société :

    Socrate : “Ce que je sais, c’est que je ne sais rien”

    Nietzsche : “Deviens ce que tu es”

    Locke : “La connaissance de l’homme ne peut pas s’étendre au-delà de son expérience propre”

    Marx : “Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, nous avons maintenant à le transformer”

    Épicure : “La mort n’est rien pour nous“

    Sartre : “L’homme est condamné à être libre”

    Pascal : “L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible des roseaux, mais c’est un roseau pensant”

    Leibniz : “Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?”

    Machiavel : “Tout n’est pas politique, mais la politique s’intéresse à tout”

    Epictète : “N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites ; décide de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux”

    Il y a largement de quoi tenir pendant tout un dîner, et même emballer certaines gonzesses !


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 mars 13:50

      @Clark Joseph Kent Bonjour.Z’avez oublié Picrate qui disait :« si ma tante en avait je l’appellerais mon oncle ».


    • Cadoudal Cadoudal 13 mars 13:52

      @Clark Joseph Kent
      "Il y a largement de quoi tenir pendant tout un dîner, et même emballer certaines gonzesses !"

      Moi, j’ai arrêté la philo, ça marche impec avec les bimbos...

      https://madame.lefigaro.fr/societe/donald-trump-ses-pires-declarations-sur-les-femmes-101016-117218


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 mars 14:10

      Nietzsche : “Deviens ce que tu es”
      ...........................................................
      @Clark Joseph Kent
      Il me semble que vous prêtez à l’illuminé de Sils-Maria une formule qu’on doit à un poète grec, cinq siècles avant notre ère, et qu’il s’était contenté de paraphraser. Rendons à Pindare ce qui est Pindare !


    • Morologue Mal’ 13 mars 14:16

      @Clark Joseph Kent Si c’est judicieux.


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 mars 14:18

      Pascal : “L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible des roseaux, mais c’est un roseau pensant”
      ...................................................................... ...............
      @Clark Joseph Kent
      Non pas « le plus faible des roseaux », mais « le plus faible de la nature ».

      Vous auriez pu aussi attribuer au petit Blaise cette phrase où il est question d’un « univers dont le centre est partout et la circonférence nulle part », mais ce que la plupart des gens ignorent, même ceux qui fabriquent des manuels scolaires, c’est que cette image se trouve déjà, plus de deux siècles plus tôt, dans l’oeuvre de Nicolas de Cues.


    • JL JL 13 mars 14:22

      @Clark Joseph Kent
       
      vous disiez sous le fil d’un auto-proclamé philosophe qui m’a sans avertissement supprimé le droit de réagir sous ses articles (*), ceci : 
       
      ’’intelligence artificielle : antonyme (parfois synonyme) : bêtise naturelle’’
       
       Antonyme ou synonyme ?
       
       Conformément à la règle « moins par moins ça fait plus », je dirai que, pour moi il y a deux antonymes possibles : la bêtise artificielle et l’intelligence naturelle ; et un synonyme : la bêtise naturelle.
       
      (*) Prouvant par là que, selon mes critères énoncés dans mon post précédent (ci-dessous) et pour répondre à JC_Lavau ci-dessus : c’est un imposteur. CQFD


    • Gwynplaine Clark Joseph Kent 13 mars 14:28

      @JL

      tout ça, c’est synagogue !

    • JC_Lavau JC_Lavau 13 mars 19:37

      @Clark Joseph Kent. Pff ! Sinapisme !


  • JL JL 13 mars 14:13

    En fait, pour moi, d’un point de vue scientifique, la philosophie est l’art de penser au plus profond des choses. Je m’explique : Dans la Marine à voile, il y existe un dicton qui énonce : « Une main pour toi, une main pour le bateau. »
     
    Penser à ce qu’il peut faire pour lui est à la portée du premier venu. En revanche, penser à ce qu’il peut faire pour le bateau (métaphore ici qui désigne autrui), est plus difficile.
     
     En psychanalyse, Freud a énoncé deux principes complémentaires auquel sont confrontés les êtres vivants : le principe de plaisir et le principe de réalité. Le premier pourrait aussi bien s’appeler principe de non désagrément. Le second, à ne pas confondre avec la réalité, c’est ce qui mobilise ce que Freud désignait par les énergies liées.
     
     « Liaison-déliaison Psychan.  »Couple conceptuel désignant la manière dont se fixe, circule et se décharge l’énergie psychique. On parle de déliaison lorsque que l’énergie circule librement avec pour but la satisfaction des pulsions et le plaisir, comme c’est le cas lors des rêves. L’énergie liée voit son mouvement vers la décharge, contrôlée, notamment par le Moi. Tandis que les énergies déliées se meuvent selon un principe direct de plaisir, les énergies liées subissent les pressions des processus secondaires de réalité."
     
     La pensée perverse, selon PC Racamier est toute faite de déliaisons. Ainsi, on peut dire que de la pensée perverse que si elle n’est pas dans le déni de réalité, en revanche elle est toujours dans le déni du principe de réalité.
     
    A l’opposé de la pensée perverse, non seulement la pensée du philosophe doit respecter le principe de réalité et se garder de penser dans la déliaison, mais de plus ; elle doit être capable pour mériter ce titre, de penser contre elle-même : cf. Nietzsche, Sartre,
     
     Edwy Plenel : ’’ il nous faut accepter de traiter ce qui nous dérange, nous bouscule ou nous choque, ne pas déformer ou omettre des faits selon nos intimes convictions, éviter de mêler des phrases de commentaires à la relation des faits. Le métier d’informer suppose d’apprendre à penser contre soi- même, ce qui signifie : se méfier de ses préjugés, faire droit au contradictoire, accepter les critiques, varier les approches, multiplier les curiosités, s’intéresser à ce qui a priori nous serait le plus étrange ou le plus étranger. Humilité, ouverture et pluralité sont les mots-clés de cette discipline collective. ’’


    • Morologue Mal’ 13 mars 14:19

      @JL Merci pour votre apport.


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 mars 14:23

      @JL
      Le rapport entre la psychanalyse et la philosophie est à peu près le même qu’entre un bouton de culotte et le cigare que je viens d’allumer.


    • @Christian Labrune


      C’est vrai que la maïeutique et le : Connais-toi toi-même, n’ont rien à voir avec la psychanalyse,...

    • Exprimé sur le ton de,... aucun lien entre la psychanalyse et la philo ????


    • JL JL 13 mars 15:32

      @Christian Labrune
       
       chacun son métier, les vaches seront bien gardées !
       
      Vous ne seriez pas un peu sectaire ?
       
       


    • @Mal’


      Freud, du fait de son origine juive ne pouvait ouvertement lier la philosophie et la religion (ce qu’il a laissé à Jung) autrement, il n’aurait pas réussi a donner un crédit à la psychanalyse durant une époque qui était encore très scientiste. Mais ceux qui ont lu sa biographie savent qu’il haïssait les médecins. Il avait juste besoin de leur « couverture » scientifique,...DOCTOC FREUD, passait mieux que rabin ou cabaliste. Et pourtant, l’un de ses livres s’intitule si je me souviens : Le chaudron de la sorcière.

    • Morologue Mal’ 13 mars 16:33

      @Mélusine ou la Robe de Saphir. Jung estimant qu’anthropologiquement, le praticien n’était pas autre chose qu’un shaman, de fonction sociale (medecine-man).


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 mars 19:04

      C’est vrai que la maïeutique et le : Connais-toi toi-même, n’ont rien à voir avec la psychanalyse,...
      ----------------------------------------------------------
      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Entre le « Connais-toi toi-même » inscrit au fronton du temple d’Ephèse, dont Socrate avait fait sa devise, et le type de connaissance que la psychanalyse prétend pouvoir proposer, de fait, il n’y a aucune espèce de rapport.

      Pas question, pour les Grecs de l’antiquité, et pour Socrate en particulier, de se pencher sur son nombril, de faire une anamnèse pour essayer de comprendre comment ce qu’on a vécu jusque-là pourrait déterminer ce qu’on est et expliquer les états d’âme qu’on ressent actuellement. On est ce qu’on se fait être par une volonté libre, et non pas ce que Papa et Maman ont fait de nous dans notre enfance. Une telle idée aurait beaucoup fait rire les anciens.

      Se connaître, pour un citoyen Grec, c’est avant tout savoir de quoi il sera capable demain dans la cité. Il s’agit de correspondre à un certain idéal fait d’énergie et de courage, de mesure et d’équilibre, qui est au centre même d’un type d’éducation qu’on appelait la paideia, où sont omniprésents les modèles des dieux et des héros. On méprise les lâches et les traîtres, on admire les grande figures de l’histoire, mais ce qui est à craindre par dessus tout, c’est l’inconsistance de ceux qui n’ont pas une connaissance bien claire de leurs limites et tombent assez vite dans cette espèce de démesure qu’on appelle l’hybris et qui est souvent à l’origine des catastrophes individuelles et collectives. Se connaître, c’est donc aller jusqu’au bout de ce dont on se sent capable, mais sans jamais nourrir sur soi-même des illusions calamiteuses. L’objectif de cette connaissance, c’est l’action, et non pas une rêverie narcissique de songe-creux.


    • @Christian Labrune


      c’est votre point vue que je ne partage évidemment pas. La Caverne de Platon développe parfaitement le sujet de la projection et de l’illusion. Mais le premier psychanalyste reste pour moi Hermès. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Le conscient et l’inconscient. De nombreux livres ont été écrit sur le sujet. Donc,je ne développerai pas,...

    • JL JL 13 mars 20:25

      @Christian Labrune
       
      ’’Entre le « Connais-toi toi-même » inscrit au fronton du temple d’Ephèse, dont Socrate avait fait sa devise, et le type de connaissance que la psychanalyse prétend pouvoir proposer, de fait, il n’y a aucune espèce de rapport.’’
       
       Et la « chose » dont ça parle, l’« objet » dont il est question, c’est pas un rapport peut-être ?


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 mars 21:30

      c’est votre point vue que je ne partage évidemment pas.
      ...................................................................... ..
      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Ce n’est pas « mon » point de vue. C’est ce que vous expliquera n’importe quel spécialiste de la Grèce antique. Lisez Paideia de Jaeger, lisez la longue suite des bouquins de Jacqueline de Romilly, et surtout les dialogues de Platon, La guerre du Péloponnèse de Thucydide, la Cyropédie de Xénophon. Cela vous donnera une idée un peu précise de ce que c’est, pour un Grec, que « se connaître », et vous verrez que cela n’a rien à voir avec l’introspection psychanalytique.

      Vous trouverez à cette page un article de Wikipedia qui fait sommairement le point sur cette question, et qui va dans le sens de ce que je vous expliquais, mais il s’en trouvera probablement bien d’autres un peu plus précis.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Gnothi_seauton


    • Christian Labrune Christian Labrune 13 mars 21:38

      ADDENDUM

      Dans le blog philosophique dont je donne la référence en bas de page, on trouve un paragraphe qui comporte une mise en garde pour ainsi dire automatique pour qui connaît l’antiquité grecque, concernant toute confusion qui serait faite entre le « Connais-toi toi-même » de Socrate et la psychanalyse. Je le recopie ci-dessous.

      "Cette phrase prend ici la forme d’un commandement : il s’agit bien d’un devoir, comme s’il fallait, à tout homme qui se veut être véritablement homme, entreprendre de se connaître. Seulement, cette connaissance de soi se distingue du sens que nous lui donnons aujourd’hui, influencés que nous sommes par l’analyse psychanalytique. Ce n’est pas l’individu qu’il faut connaître, mais bien ce qui fait de nous un homme en tant qu’homme. C’est cette quête qui va distinguer l’homme de l’animal : la conscience, en tant que capacité de mettre les choses à distance, de les penser, est ce qui permet à l’homme d’agir, non pas seulement avec passion, mais aussi et surtout en raisonnant, et par la même occasion, d’agir en être libre contrairement à l’animal qui agit d’abord par instinct."

      http://philocite.blogspot.fr/2013/06/connais-toi-toi-meme.html


    • JL JL 14 mars 09:03

      @Christian Labrune
       
       Ce n’est pas moi qui ai introduit une confusion ici mais vous. Votre histoire de poisson cycliste est rigolote mais votre comparaison est fausse : et je vous répondrai qu’il n’y a pas moins de rapport entre la psychanalyse et la philosophie qu’entre la cardiologie et l’angiologie.

      Je n’ai fait qu’user de mots qui appartiennent à la psychanalyse, pour signifier que la philosophie ne doit pas se prostituer au service des intérêts narcissiques, sociaux et matériels du philosophe, comme le faisaient et font encore la sophistique, la casuistique et toutes ces philosophies dévoyées.
       
      Mais je rend hommage à votre sens aigu de l’inessentiel.


    • JL JL 14 mars 09:10

      @Christian Labrune,
       
       dans le lien que vous donnez je lis : ’’Seulement, cette connaissance de soi se distingue du sens que nous lui donnons aujourd’hui, influencés que nous sommes par l’analyse psychanalytique. ’’
       
      Vous pourriez soutenir cette assertion ? Parce que, si j’ai bien compris, dans le contexte le blogueur exprimait une différence, non pas entre l’homme et l’analysant, mais entre l’homme et l’animal.


  • Étirév 13 mars 15:26

    Science, Philosophie et Religion sont des mots qui prétendent tous les trois avoir la même signification ; tous trois veulent être l’expression de la vérité.
    Cependant une grande différence existe entre eux.
    La science affirme ; la philosophie cherche ; la Religion impose
    Or, comme il n’y a qu’une vérité et qu’elle ne peut être que dans la science, qui affirme, pourquoi la chercher dans la philosophie ? Pourquoi les religions de l’antiquité qui imposaient ce que la science affirmait n’ont-elles pas suffi aux hommes ? Pourquoi ont-ils institué cette nouvelle méthode de recherche : la philosophie.
    Il faudrait, pour répondre à cette question, faire toute l’histoire de l’esprit humain, montrer comment l’homme, doué dans son enfance phylogénique d’un esprit droit et d’une raison juste qui lui permettaient de comprendre les lois de la Nature perdit peu à peu ces facultés primitives.
    Aussi, pendant que cette évolution décroissante de ses facultés s’accomplissait, son esprit inquiet de cette dégénérescence cherchait à retrouver les connaissances primitives de ses aïeux. Cette science perdue existait en germe dans son esprit, c’était un lot de l’héritage ancestral, mais elle y était voilée. Il travailla à lui rendre une forme, un corps, à la formuler.
    Semblable à celui qui s’éveille après un rêve qui l’a vivement impressionné et qui fait des efforts de mémoire pour en ressaisir le fil qui lui échappe, ainsi, l’homme chercha à retrouver les vérités premières, mais sa raison perdait de jour en jour sa droiture primitive, et, comme c’est en elle, seulement, qu’il cherchait la cause des choses, il s’enfonçait de plus en plus dans les profondeurs d’une obscurité qui devait, pendant tant de siècles, tenir la place de la science.
    La philosophie n’a jamais été que l’expression de cette défaillance de l’esprit de l’homme, elle répond à un besoin qui s’est imposé en l’absence de la science, mais qui disparaît en face de la certitude, en face des faits démontrés.
    La philosophie a une autre faiblesse. C’est d’être exclusivement spéculative. Elle n’aspire à connaitre la vérité que pour le bonheur de la posséder, elle ne la traduit pas, dans le domaine des faits, en lois religieuses ou sociales pour guider l’humanité dans les nations. Or, la mission de la science est, au contraire, de rechercher la vérité pour l’appliquer à la vie matérielle et morale de l’homme, pour en tirer des règles de conduite. Elle est aussi active que la philosophie est passive.
    Cordialement.


    • @Étirév


      Si les dites sciences politiques avaient jamais réussi à améliorer l’évolution de nos civilisation, cela se saurait et se vérifierait depuis longtemps. L’histoire du monde est faites de cycles. Sommet, déclin. Depuis la Nuit des Temps.

    • Morologue Mal’ 13 mars 15:39

      @Étirév Vous êtes trop sommaires. L’article contestait, peut-être pas assez fort, « la Philosophie », « la Science », « la Religion ». Il y a des philosophies, des sciences, des religions, et certainement des philosophies religieuses, des religions philosophiques, des philosophies scientifiques, des sciences philosophiques, des sciences religieuses, mais moins certainement il est vrai, des religions scientifiques, encore qu’on puisse se faire de science religion (scientisme). De plus, votre vision de l’Histoire de même, est sommaire.


  • bob14 bob14 14 mars 09:26

    Stephen Hawking le « philosophe » des étoiles est mort...il à rejoint sa mère nourricière...l’Univers.....RIP.


    • Morologue Mal’ 14 mars 12:20

      @bob14 Sous l’angle de cet article, c’était un philosophe expérimental (empirio-rationaliste), oui. RIP.


    • JC_Lavau JC_Lavau 14 mars 17:07

      @bob14. Mhouais...

      Citation de
      « The grand design », by Hawkind and Mlodinow :
      I am just inhaling « The Grand Design » and am stuck in the chapter on the « buckyballs » double slit experiment.

      The authors say that in case of the experiment, a particle may take any possible way (« 

      perhaps to Jupiter and back »), which then Feynman depicts as adding vectors to a result vector (as I understand).

      However, I wonder how this can be real, as the buckyball (or photon) has a definite speed s (or c) on the result vector path. But in case the particle takes the path to « Jupiter and back » the length of the path it has taken cannot fit the speed of the particle on the result vector, resulting in the (presumably false) supposition, that it had a speed greater than s (or c).


      Un électron réel ou un neutron réel ont des propriétés bien plus contraignantes que celles postulées par ce genre d’auteurs.

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