mercredi 4 novembre - par Golden Théo

Après les Midterms : Bilan et Perspectives de MAGA

Guerre en Iran, inflation, scandales : les Américains ont sévèrement puni Donald Trump. Devenu « canard boîteux », il fera face à une inévitable procédure d’« impeachment ». La campagne présidentielle de 2028 vient de commencer. L’occasion de dresser un bilan de son action : au-delà de la guerre de tranchées des deux prochaines années entre Congrès et Président, qu’est-ce que les Américains retiendront de Trump ?

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The Good, the Bad and the Ugly

(« Le Bon, la Brute et le Truand  » en français)
Le premier succès de Donald Trump est d’avoir accompli ce pour quoi il avait été élu : mettre fin l’immigration clandestine en provenance de la frontière mexicaine. Elle avait explosé sous la politique de frontière ouverte de Joe Biden (jusqu’à 250 000 interpellations d’immigrés clandestins par mois), avec son cortège de bidonvilles et de gangs ; les interpellations sont tombées à 10 000 par mois en moyenne depuis l’arrivée de Donald Trump et les bidonvilles ont disparu. Si la politique de renvoi par ICE des immigrés déjà présents sur le territoire suscite une forte opposition, la reprise de contrôle de la frontière est aujourd’hui saluée par tous, et les Démocrates ont été contraints de faire leur mea culpa.

Donald Trump avait également été élu pour lutter contre le « wokisme », notamment :

- la politique de « Diversity, Equity and Inclusion » (DEI), dont l’aspect le plus notable est la discrimination positive qui règne, entre autres, dans les universités et dans la fonction publique, et qui détermine les critères d’admission en fonction du sexe et de la race du candidat, à l’exclusion de son mérite. Ces pratiques sont désormais interdites ; cela ne signifie pas qu’elles ne se poursuivent pas « sous le manteau », la bataille est loin d’être gagnée.


- l’obsession de « l’identité de genre », qui autorisait des athlètes masculins qui « s’identifient comme femmes » à participer aux compétitions sportives féminines (qu’ils remportaient haut la main, sans surprise). Par ailleurs, les transsexuels étaient, le cas échéant, incarcérés dans des prisons pour femmes (enfermer un violeur « identifié comme femme » avec des femmes, douteuse initiative). Des écoles encourageaient les jeunes adolescents à prendre des hormones pour retarder indéfiniment leur puberté, voire à entreprendre des mastectomies, avec des dégâts irrémédiables sur leur développement physique, psychique et sexuel. L’administration fédérale a mis fin à ces abus : pas d’hommes biologiques dans les compétitions sportives féminines, pas de transsexuels dans les prisons (fédérales) pour femmes, pas d’opérations chirurgicales sur les adolescents. Quant au reste, que chacun vive comme bon lui semble.

Joe Biden avait érigé le « suprémacisme blanc » comme cible prioritaire du FBI, son Administration voyant partout repousser les tentacules du Ku Klux Klan. Donald Trump a, quant à lui, préféré mettre l’accent sur le crime. Aujourd’hui, on ignore si le fantôme du suprémacisme blanc fait toujours cliqueter ses chaînes dans quelque coin reculé des Etats-Unis, mais on sait que la criminalité a enregistré une baisse historique en 2025 et que le taux d’homicide est retombé à son niveau le plus bas depuis 1900, ce dont, incidemment, les Noirs sont les premiers bénéficiaires. Avec des frontières mieux contrôlées, le trafic de drogue s’est asséché : le nombre d’overdoses était en 2025 le plus faible depuis 10 ans. Autres priorités, autres résultats.

Sur le plan économique, la ligne directrice du Trumpisme est « l’accélérationisme » (recherche prioritaire de la croissance). Seule la croissance permettra aux Etats-Unis de rivaliser avec la Chine et de résoudre le problème de la dette ; « décroissance » est un mot tabou. Les Démocrates entendent soumettre le développement de l’Intelligence Artificielle (IA) à un contrôle étroit ; l’Administration Trump lui lâche la bride. Avec la « Mission Genesis  », il réorganise la recherche scientifique autour de l’IA. Et comme l’IA réclame de l’énergie, beaucoup d’énergie, Trump a engagé une renaissance de l’énergie nucléaire, qui était en panne depuis 45 ans (accident de la centrale Three Miles Island en 1979). Avions supersoniques, pharmacie : dans tous les domaines, il dérèglemente afin de stimuler l’innovation. Enfin, n’oublions pas cet entrepreneur génial et controversé qui est une politique industrielle à lui tout seul : espace, automobile, intelligence artificielle, neuroscience, infrastructure de transport… Les Démocrates rêvent d’emprisonner ou, au minimum, de ruiner Elon Musk. Tim Walz, ex-colistier de Kamala Harris, exultait quand une campagne de vandalisme et d’incendies contre les concessions et les automobiles de Tesla faisait chuter son cours de bourse. Donald Trump encourage au contraire Elon Musk à poursuivre ses rêves de voiture volante et de conquête de Mars. Détruire ou bâtir : à chacun ses rêves. Economiquement et technologiquement, le gouffre se creuse entre une Amérique optimiste et conquérante et une Europe neurasthénique qui s’étiole (reconnaissons que la tendance est antérieure à Donald Trump). Au troisième trimestre 2026, le taux de croissance américain a atteint 3,4% en rythme annuel, dopé par le boom de l’investissement. Le taux de pauvreté a atteint en 2025 son plus bas niveau depuis qu’il est mesuré (1959). Dans une parfaite symétrie, il a atteint en France en 2024 (la dernière année mesurée) son niveau le plus élevé depuis qu’il est mesuré (1996). Aux Etats-Unis, le taux de chômage, 4,2%, frôle le plein-emploi. En France, 4,2% de chômage, c’était en 1976 ; Claude François chantait « Cette année là » et Air France inaugurait le Concorde...

Dans l’éducation, une révolution s’opère, plus discrète parce qu’initiée « d’en bas » par les Etats (en premier lieu par les Etats Républicains), avec le soutien de l’Administration fédérale : les chèques-éducation s’attaquent à la prépondérance de l’école publique, encouragent la concurrence et replacent les parents au coeur du système éducatif. Ecole à la maison, « micro-écoles  », écoles « à charte », écoles religieuses : les méthodes éducatives se multiplient pour refléter la diversité de ce pays immense. Selon les tests PISA, les Etats-Unis font légèrement mieux que la moyenne de l’OCDE (et nettement mieux que la France, écrasée par le « mammouth » éducatif). Passé le « bac » (S.A.T. aux Etats-Unis), les Etats-Unis promeuvent les alternatives à l’Université. Au niveau fédéral comme dans un nombre croissant d’Etats, le talent et les compétences acquises priment désormais sur les diplômes universitaires, coûteux, souvent obsolètes et inutiles à l’ère de l’IA. Les entreprises de la tech, telles que IBM, Google ou Tesla, emboîtent le pas. Désormais, sur la plateforme Indeed, une majorité de postes proposés n’exigent plus de « college degree ». La France se dirige, sous la pression de la rue, du « Bac pour tous » vers « l’Université pour tous » et, bientôt, vers « Bac+5 pour tous » : « +5 » quoi, précisément ? Bah, ils verront bien quand ils chercheront un emploi. Pendant ce temps, les Etats-Unis font le pari inverse de la remise en cause du modèle universitaire.

La réforme de l’Etat fédéral avait été entamée sur des chapeaux de roue par le projet DOGE, mené par Elon Musk. Celui-ci s’est vite cassé les dents sur la résistance bureaucratique. Cependant, la cure d’amaigrissement de l’Etat a continué après DOGE. Depuis l’inauguration de Donald Trump, le nombre de fonctionnaires fédéraux a baissé de 300 000, soit 11% des effectifs initiaux. Jamais depuis 1939 le nombre de fonctionnaires fédéraux civils n’avait été aussi faible, en pourcentage de la population active (1,7%).

Autre initiative économique, plus contestable, de Donald Trump : la mise en place de droits de douane massifs lors du « Liberation Day » d’avril 2025. Compréhensible, pour des raisons géo-politiques, vis-à-vis de la Chine (« découplage »), elle l’est moins vis-à-vis des autres pays, qui ne sont pas des rivaux stratégiques des Etats-Unis. Donald Trump est mercantiliste : si un pays étranger enregistre un excédent commercial avec les Etats-Unis, cela signifie que ce pays lui « vole » ses richesses. Ces droits de douane n’ont certes pas entraîné l’effondrement du commerce et de la croissance mondiale que certains économistes redoutaient. Conjugués à une guerre en Iran impopulaire et incomprise, ils ont cependant eu un effet inflationniste, que les Américains ont lourdement sanctionné.

En 2020, le Covid fut le motif (prétexte ?) à un bouleversement des procédures de vote, tout au moins dans les Etats Démocrates (chaque Etat définit ses propres procédures). Les boîtes aux lettres furent inondées de bulletins de vote par correspondance, les vérifications d’identité furent supprimées, des urnes ouvertes furent installées dans les parkings et dans les centres commerciaux pendant les deux mois précédant l’élection, les militants furent incités à aller de porte à porte pour « récolter » les bulletins de vote, foin du secret de l’isoloir. Pratiques inconcevables dans n’importe quelle autre démocratie occidentale (essayez de voter en France sans preuve d’identité et sans inscription préalable !). L’effet de sidération consécutif à l’émeute du 6 janvier 2021 permit de censurer toute mise en cause de la manière dont la victoire de Joe Biden fut obtenue, sur le fil du rasoir (43000 voix dans trois Etats ont fait la différence, grâce à des urnes pleines de votes pro-Biden arrivées à point nommé au milieu de la nuit, qui ont inversé le pronostic initial d’une victoire de Donald Trump). En Californie, bastion Démocrate, le dépouillement des votes peut prendre un mois, de nouvelles urnes arrivant au fil des jours qui suivent les élections. Hyperpuissance technologique, élections bananières. Les réseaux sociaux, totalement imbriqués avec les agences de renseignement sous l’Administration Biden (le « complexe de censure industrielle »), ont ostracisé tous ceux qui dérogeaient au « narrative » que celle-ci avait déterminé, notamment par rapport à l’élection de 2020. Il fallut attendre le rachat de Twitter par Elon Musk en 2022 pour lever la chape de plomb qui s’était abattue sur le débat public. Les questions relatives aux modalités du vote purent de nouveau être discutées. Les Démocrates et les Républicains s’accusent mutuellement de truquer les élections. La contre-attaque juridique, Etat par Etat, avec le soutien de l’Etat fédéral, est désormais enclenchée pour restaurer les principes élémentaires d’intégrité du vote. Comme la femme de César, les élections se doivent d’être insoupçonnables.

Donald Trump et son équipe était bien mieux préparés en 2024 qu’en 2016. Leur ardeur réformatrice ne trouve d’équivalent que chez Franklin Roosevelt en 1933. Un bémol cependant : le processus législatif américain est encalminé. Il faut l’improbable assentiment d’une majorité de la Chambre des Représentants, d’une supermajorité du Sénat (60 Sénateurs sur 100) et du Président pour passer une loi. Donald Trump gouverne donc par décrets (« executive orders »). Or, ce qu’un Président décide, son successeur peut tout aussi bien le défaire…

 

Apocalypse Now

Dernier Livre du Nouveau Testament, l’Apocalypse est celui du Dévoilement, de la Vérité Révélée. Pour les Américains, les 10 années depuis la première élection de Donald Trump ont été celles pendant lesquelles la face sombre des institutions auxquelles ils faisaient jusque là confiance (bureaucratie fédérale, agences de renseignement, media, universités) a été révélée : Russiagate (affabulations concoctées par la campagne d’Hillary Clinton sur la base de prostituées micturiantes, visant à faire accroire que Donald Trump était un agent russe), « laptop from hell  » (opération de désinformation coordonnée entre le Parti Démocrate, les agences de renseignement, les grands media et les réseaux sociaux pour étouffer, avant l’élection de 2020, les révélations intempestives sur les trafics d’influence de la famille Biden, en prétendant qu’ils relevaient de la propagande russe), lawfare (entreprise de destruction de Donald Trump et de ses proches par des procès partisans) : consumées par leur jihad contre l’Imposteur Orange, les élites ont tellement menti, tellement triché et tellement trahi qu’elles ont rompu le contrat de confiance avec le peuple qu’elles prétendent gouverner.
Après avoir tenté de « vendre » aux Américains Joe Biden comme un sémillant jeune homme, puis Kamala Harris comme un Phare de la Pensée, le Parti Démocrate a perdu tout crédit moral et intellectuel, ce qui l’a mené à sa défaite en 2024.

Donald Trump aurait pu se maintenir sur le piédestal victimaire que ses adversaires lui avaient érigé. Il est malheureusement tombé, lui aussi, dans la fange. Les trafics d’influence de la famille Biden ? La famille Trump les pratique au centuple. L’intimidation juridique des adversaires politiques ? Le Monte Cristo de la Maison Blanche rend (ou, tout au moins, tente de rendre) la pareille, coup pour coup. Donald Trump tient à enrichir sa famille et à se venger des injustices qu’il a subies, et il se fiche de ce que vous en pensez.

Le crédit moral de Donald Trump est donc aujourd’hui aussi épuisé que celui de ses persécuteurs. Une différence majeure cependant : dans un cas, la corruption d’un homme et de sa famille. Dans l’autre cas, le dévoiement de tout un système institutionnel, en faveur du Parti Démocrate. Donald Trump étant appelé à se retirer de la scène dans deux ans, c’est à son successeur, qu’il soit Républicain ou Démocrate, qu’il incombera de restaurer la probité de la vie publique.

 

Et maintenant ?

L’attention se tourne désormais vers la désignation du successeur de Donald Trump. Côté Républicain, JD Vance et Marco Rubio dominent leurs rivaux. Leur défi sera de rétablir une pratique plus « normale » du pouvoir, tout en gardant le zèle réformateur et populiste de MAGA. Côté Démocrate, l’Establishment vieillissant appelle à la Restauration, et rêve que les institutions sur lesquelles il s’appuie retrouvent, à défaut de légitimité, leur pouvoir de coercition, d’intimidation et de censure : mieux vaut être craint qu’être aimé. Il est dépassé sur sa gauche par les Democratic Socialists of America (DSA), qui enflamment la Génération Z et veulent renverser l’ordre constitutionnel et économique des Etats-Unis. Entre les deux, Kamala Harris, dont le programme est : « Je suis une Femme Noire ».

L’élection de 2028 sera donc cruciale pour l’avenir des Etats-Unis. Donald Trump va s’effacer mais la vie politique américaine continuera à être tumultueuse.



4 réactions


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 4 novembre 09:48

    Le mec qui n’a toujours pas compris l’escroquerie Trump. Contrairement aux électeurs américains, pour dire le niveau...


  • sylvain sylvain 4 novembre 10:56

    Ouf, les democrates reviennent ! Le monde va enfin rentrer dans l’ordre, on se fera des papouilles et on fondera le grand occident . 

    L’affaire epstein est passee, en fait c’etait trump ! on continuera la guerre parce que quand meme il y a des mechants et israel a le droit de se defendre. ON arretera celles qui marchent pas, c’etait trump ! on continuera celles qui promettent et on se liguera conte la chine 


  • amiaplacidus amiaplacidus 4 novembre 11:21

    @l’auteur

    Je parie à 1 contre 100 que vous n’avez aucune idée de ce que mot anglais « woke » veut dire.

    Il est temps de vous réveiller !


  • pasglop 4 novembre 11:58

    Oh my God, pile le jour où Groland jette l’éponge ! Encore un signe du ciel !


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