jeudi 12 mars - par Desmaretz Gérard

Armes : mines marines dans le détroit d’Ormuz

Le nombre de 6 000 mines sous-marines avancé par les chaînes d'informations a été fourni par les Nord-Coréens lors de la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong Un, et nombre correspond à celui des livraisons à l'Iran sur 15 ans ! Ces mêmes chaînes omettent de préciser que les sous-marins iraniens classe Kilo peuvent emporter 24 mines, et ceux de la Ghadir 8, et Nahang 16 mines. L’Iran dispose également de mines russes et chinoises (EM-52) et disposerait de sa propre chaîne de fabrication de mines électroniques sophistiquées. La pose de mines a été largement utilisé pendant la guerre des Six-jours et lors du conflit Iran-Irak (minages des eaux dans le golfe Persique, golfe d’Oman et détroit d'Ormuz. En 1984 une vingtaine de navires avaient heurté une mine dans le canal de Suez.

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Les mines marines sont de formes et de dimensions variables, mais toutes comprennent : un dispositif de mise à feu comprenant l'allumeur et le détonateur - une charge explosive composée d'une charge primaire et secondaire - un dispositif de sécurité particulier à chaque type de mine. La mine à contact se compose d'un flotteur contenant entre une vingtaine et plusieurs centaines de kilogrammes d'explosif immergé quelques mètres sous la surface et relié au fond par un orin (câble) à un « crapaud » (corps mort). Dès la mine lancée, l'orin commence à se dévider pendant qu'une ligne de sonde lestée suspendue sous le « crapaud » va toucher le fond, bloquer l'orin et d'entraîner la mine quelques mètres sous la surface (invention française de 1876). Selon le type de mine, le choc brise une ampoule de verre contenant du bichromate qui se déverse sur des cellules de carbone et de zinc générant un courant électrique, ou l'ampoule en verre placée dans une corne en plomb (déformable) se brise au choc et déverse son contenu sur du chlorate de potassium (réaction chimique exothermique). Les « cornes » peuvent être comprimées à l'intérieur de la mine et emprisonnées par un bouchon de sel. Après dissolution de celui-ci, les cornes sont libérées à l'extérieur. Sur l'ancienne mine française Sauter Harle, c'est l'orin qui libérait les cornes et armait la mine.

La mine à traction ou filet est immergée entre deux eaux et reliée à un filet anti sous-marin. Dès qu'un sous-marin heurte le filet de défense, la mine explose et l'onde de choc suffit à atteindre le bâtiment et à y occasionner une voie d'eau. La quantité d'eau s'infiltrant à l'intérieur du bâtiment dépend de l'aire de la rupture et de la pression de la colonne d'eau au-dessus du submersible. ment.

La mine à traînard comprend deux fils de cuivre qui se terminent par d'un petit flotteur affleurant en surface et reliés au corps de mine déposé sur le fond (prendre en compte le courant et les hauteurs des marées). Le filin en cuivre établit le contact électrique entre la coque du navire et un relais.

La mine dérivante (interdite par le droit international) à contact est déportée par les courants (bouteille à la mer) jusqu'à venir heurter un navire ou un obstacle côtier avant d'exploser. Elle peut, soit flotter en surface (flottabilité positive), soit être équilibrée (flottabilité neutre ou ludion) pour une faible profondeur. L'absence de contrôle horizontal en réserve l'utilisation sur une courte période de temps. Elle est supposée se désarmer ou s'autodétruire au-delà du délai fixé.

La mine côtière ou anti-débarquement est disposée au centre d'un dispositif de piquets reliés entre eux et à la mine par des fils, dès qu'une traction est appliquée sur l'un des fils ou qu'un événement déséquilibre le support, la mine explose. Le maillage (densité de mines) peut être lâche ou serré.

L'efficacité d'un explosif est lié à sa composition, sa densité de charge, sa granulométrie, mais dépend surtout de sa vitesse de transformation (brisance). Un explosif à grande vitesse (plusieurs milliers de mètres par seconde) provoque une onde choc plus puissante du fait qu'il se décompose en un temps très court et qu'il délivre un volume de gaz plus important sur une brève période (pic). La pression lors de la phase de décomposition peut atteindre 250 Kbars (250.000 Kg/cm2), l'expansion des gaz générer 1.000 litres de gaz par kg d'explosif, la température atteindre 1.000 à 3.000°C. En général, la masse d'explosif est exprimé en poids de TNT, si on utilise un explosif différent, il faut appliquer un coefficient correcteur ou l'équivalent TNT (4,520 Kj/kg, 3.000°C, densité 1,65, V 6.000 m/sec), le Torpex, par exemple, est 50 % plus puissant que le TNT à masse égale. Particularité du TNT ou Tolite, son insolubilité qui le rend dangereux pendant très longtemps ! Une mine de la Première guerre mondiale représente un danger actuel.

La pose de mines marines répond à plusieurs impératifs : détruire la flotte adverse, empêcher son déploiement, assurer un blocus, prévenir un débarquement, protéger des infrastructures : plate-formes pétrolières, météo, radio, etc. Les mines peuvent être « mouillées » depuis un navire, un sous-marin ou aéro-larguées (avion ou hélicoptère). Si les mines sont trop proches les unes des autres, l'explosion d'une seule peut entraîner l'explosion des mines voisines (effet sympathie). L'espace entre chaque mine dépend de son rayon d'activité, du profil bathymétrique, de l'hydrographie (marées et courants), de la longueur, largeur, du tirant d'eau et de la manœuvrabilité des navires ciblés afin qu'il ne puisse les contourner.

Les mines à influence n'explosent plus lors d'un simple contact physique, mais selon une caractéristique propre au navire (signature). Un navire en métal ferromagnétique s'apparente à un aimant dont champ, principalement vertical (inclinaison) vient s'ajouter ou se soustraire au champ magnétique local. Si l'idée en revient au Français Labeuf, c'est l'Amirauté Britannique qui l'a utilisé pour la première fois en 1918. Le capteur reposait sur le déplacement d'une l'aiguille aimantée (boussole) venant fermer un circuit électrique. Les mines modernes sont pourvues d'un magnétomètre. Les nouvelles mines détectent les champs électriques de faibles intensités (1 µV/m à 300 mètres) générés par les courants de corrosion modulés par le propulseur (les documents sont classifiés). L'eau de mer est corrosive et conductrice (salinité), les différences de potentiels entre les métaux (bronze, acier) forment un couple électrolytique.

Les mines multi-influences réunissent une mise à feu combinée, la mine à comptage, par exemple, n'explose qu'après le passage d'un certain nombre de navires de manière à atteindre le milieu du convoi. Ces mines « dormantes », généralement de forme cylindrique ou pseudo-sphérique, voire de la forme d'une roche (mine furtive), reposent sur le fond (plateau continental) et non plus entre deux-eaux (trafic maritime de surface). La mine « pop-up » ou mines projectile reprend le principe de la mine bondissante terrestre, une charge de dépotage propulse l'ogive vers la surface. Sur une mine multi-influences, le champ magnétique généré par le bâtiment arme la mine avant que le son capté par l'hydrophone active la partie acoustique comme le ferait le « vox » d'un magnétophone. Des mines actuelles utilisent l'effet Doppler (variation de la fréquence selon la vitesse), le glissement est faible (ΔF / F = V / C) mais suffisant.

La mine acoustique (passive). Tout navire ou submersible est une source sonore : moteur, pompes, vibrations, hélice, cavitation, écoulement laminaire ou turbulent de l'eau sur la coque (le sillage a un angle d'environ 39°). Dans l'eau, les molécules plus nombreuses et plus proches les unes des autres que dans l'air propagent le son à 1512 m/s (1450 m/s régions polaires), soit un gain d'environ 40 dB par rapport à l'air. La longueur d'onde du « La » qui vaut 0,762 m dans l'air, vaudra 3,47 mètres dans l'eau de mer (1512/435), et le bruit à large bande rayonné (10 Hz à 1 kHz) présente une atténuation négligeable, l'échantillonnage permet la discrimination.

La mines à dépression. La flottabilité d'un navire dépend de sa masse et du volume d'eau déplacé (principe d'Archimède). Quand un navire approche de l’aplomb d’une mine de fond mouillée à faible profondeur, côtes, estuaires, port, la pression d’eau sous la quille augmente progressivement, puis décroît pendant la durée du passage du navire, générant des oscillations amorties. L’amplitude de la variation de pression hydrostatique dépend de : la profondeur, du volume d'eau déplacé, du tirant d’eau et vitesse du navire. Pour éviter qu’une forte houle ne suffise à provoquer la mise à feu de la mine, son système de mise à feu à dépression est combiné avec un système magnétique ou acoustique qui sert de commutateur au système à dépression. L'énergie cinétique du sillage est d'autant plus rapide que la vitesse de déplacement (écoulement laminaire) du navire est grande, tandis que l'énergie potentielle augmente avec la pression. Si la vitesse augmente, la pression diminue et réciproquement. L’échouage du Queen Elizabeth II (600.000 tonnes, tirant d'eau 10 mètres) en 1992 illustre l'effet Venturi, (contraction veineuse), principe à l'origine des mines à dépression. Le navire naviguait à 25 nœuds dans un chenal étroit et peu profond. La vitesse de la masse d'eau d'étrave a vu sa célérité augmenter le long des œuvres vives (partie de la coque immergée) amplifiant la vitesse d'écoulement ce qui eu pour effet d'entraîner une dépression sous la coque et le navire de se « sur-enfoncer » d'environ 3,5 mètres avant de s'échouer dans la vase !

Une explosion sous la surface présente des particularités, l'eau est 870 fois plus dense que l'air et quasiment incompressible ce qui en fait un excellent conducteur de l'onde de choc (effet de bourrage). Les effets d'une explosion sous-marine dépendent de la masse et de la nature de l'explosif, du type de mine, distance de l'explosion, hauteur de la colonne d'eau au-dessus de la mine et de celle en dessous du navire, du profil sous-marin (réflexion), de la résistance de la coque du bâtiment (matériau et raidissement), du tirant d'eau, de l'endroit atteint, de la matière transportée. La pression est proportionnelle à la masse d'explosif et au carré de la vitesse de détonation, et l'énergie décroît selon le cube de la distance (inertie liquidienne). Autre particularité, la bulle de gaz se dilate jusqu'à atteindre la pression hydrostatique dont la détente provoque l'onde de choc (blast), la bulle semble « pulser » (oscillations verticales) entraînant l'apparition d'ondes de pression secondaires. L'onde de choc primaire représente 54 %, l'onde de choc secondaire 46 %, et l'énergie disponible passe à 1 % à la quatrième pulsation (travaux de R.H Cole).

Aucun accord international n'interdit le recours aux mines marines, et les États sont autorisés à poser des mines marines dans leurs propres eaux pour se protéger des attaques à condition que celles-ci soivent pourvues d'un système de désactivation en cas de leur désarrimage afin de ne pas dériver dans les eaux internationales. Les commandants sont confrontés à d'autres menaces, celle des drones sous-marins et à la guerre électronique. Tous les bâtiments se trouvant dans les parages du détroit d'Ormouz sont confronté au brouillage des systèmes GPS, GNSS et de l’AIS, (incertitude de la position) contribuant au blocage du détroit. Ces pratiques peuvent être imputables à des Etats ou grandes villes (Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Etats-Unis, Iran, Israel, Oman, Qatar) soucieuses de se protéger de missiles guidés par GPS. Ces actes de guerre électronique affectent également les vols civils et commerciaux (les centrales inertielles ont été déposées depuis belle lurette)... Une correction, une précision, une remarque ?

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9 réactions


  • juan 13 mars 07:04

    Voilà où nous a mené l’attitude faussement humaniste de nos dirigeant occidentaux se planquant derrière cette attitude pour camoufler leur veulerie. Si, à la création de cette connerie d’Europe mal ficelée et reniant sa culture judéo-chrétienne, la France avait simplement indiquée au monde que l’histoire occidentale s’est façonnée sur ce socle culturel, les musulmans ne se seraient pas fait des idées de conquêtes et l’Iran serait restée moins impétrée avec cette clique de Mollah corrompus et cruels devant leur déception de ne pas arriver à leurs fins. 

    Ces abrutis, s’ils avaient eu la bombe, ils s’en seraient servi, sans aucun scrupule. Un gouvernement qui massacre son peuple du simple fait qu’il veut être libre de ne pas se voiler le visage, est un gouvernement islamique de dégénérés. (Chassez le naturel il revient au galop) Là refont surface les sourates mortifères qui furent rajoutées dans un désir de vengeance contre les mecquois, après qu’ils aient chassé Mahomet qui les gênait dans le commerce.


  • Francis Francis 13 mars 09:31

    ’’Le nombre de 6 000 mines sous-marines avancé par les chaînes d’informations a été fourni par les Nord-Coréens lors de la rencontre entre Donald Trump et Kim Jong Un, et nombre correspond à celui des livraisons à l’Iran sur 15 ans ! ’’

    >

    Voilà que nos chaînes d’ ’’informations’’ relaient des messages nord-coréens en les prenant à leur compte !!!

     

     Ce qui bloque les bateaux ce ne sont pas les mines, réelles ou fantasmées, mais la les assureurs qui refusent d’assurer des navires dont les armateurs prendraient le risque de les envoyer par le fond imprudemment.


  • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 13 mars 09:59

    Mettre des mines dans le détroit, c’est très con a commencer par les Iraniens eux mêmes.

    C’est s’auto condamner a ne rien exporter, ne rien pêcher, et bloquer son propre commerce.

    Les 1ers touchés seront le peuple dont ces ordures ne savent que tuer a des grues, lapider les femmes et tyraniser socialement dans chaque famile musulmane de colbets « haram » venus d’une religion amenée par un abruti moyenageux, esclavagiste, pédophile et tyran. 

    Juste l’envie de nuire a tous les autres. Et en 1er a son propre peuple !

    Ils sont tarés.

    Vite que ces connards de Mollah que les gauchistes ont plébicité et applaudis a leur mise en place dégagent.


    • Francis Francis 13 mars 10:05

      @Spartacus Lequidam
       
      ’’ Mettre des mines dans le détroit, c’est très con a commencer par les Iraniens eux mêmes. C’est s’auto condamner a ne rien exporter, ne rien pêcher, et bloquer son propre commerce. ... Ils sont tarés’’
      >
       ben sûr, les Iraniens sont très tarés : ils ont posé des mines comme ça, au hasard et n’ont pas pensé à en noter les positions. Et bien sûr, ils ne seront pas capables de déminer la zone.
       
      Pfff ! Y a des baffes qui se perdent.


    • Com une outre 13 mars 10:44

      @Spartacus Lequidam
      Il est tellement mieux de tuer son peuple en le piquant contre de fausses maladies avec de faux vaccins, c’est plus discret avec un résultat bien supérieur. Et en plus vos chers oligarques s’enrichissent. Merci l’Occident chrétien.


    • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 13 mars 14:33

      @Francis

      Non, ils sont tarés !
      Des ordures qui tyranisent les femmes au point de les faire vivre bachées toute la journée, ce sont des tarés !
      Ils tirent sur les pays arabes qui les entourent.Des gens qui de la même religin pouraient avoir compassion pour eux.
      Poser des mines dans sa propre mer c’est être débile.
      Cela tuera plus d’Iraniens que des autres. 

      Et dire qu’il ya des anes qui adorent les ordures pareilles.


    • Francis Francis 13 mars 15:23

      @Spartacus Lequidam

       ’’Non, ils sont tarés ! ’’
      >
      Mais oui, c’est ce que j’ai dit !
       smiley
       te fatigues pas Toto, t’es pas crédible ici.


  • Eric F Eric F 13 mars 11:27

    Merci pour les informations techniques sur le sujet.

    Les responsables iraniens ont déclaré qu’ils n’avaient pas miné le détroit, et qu’ils autorisaient le passage pour les navires « amis », ceci étant il peut y avoir des dispositifs à déclenchement commandé (sinon, il suffirait de tracer les navires autorisés).

    Pour l’instant ce sont des drones aériens ou roquettes qui ont atteint les navires attaqués par les iraniens, il est possible qu’ils aient aussi des drones sous marins à pilotage automatique.


  • Mustik 19 mars 09:55

    Depuis des siècles, chaque guerre prépare la suivante...

    Pour se consoler :

    des séismes « modérés » peuvent être préférables à une irruption volcanique généralisée, qui sait ?

    Quoiqu’il en soit, le sort de la race humaine est bien sinistre sur la continuité quels que soient les progrès de la Médecine...

    Faites des enfants !


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