samedi 24 avril 2010 - par NOUVEL HERMES

Art et Politique

Qui ne connaît désormais Damien Hirst, ce multimillionnaire de l’Art Contemporain dont la gloire consista à choquer en exposant dans le formol une vache coupée en deux ?

En bon boutiquier il n’eut de cesse de répéter à l’infini cette même farce. Rien de bien nouveau. Et voici qu’il investit le Musée Océanographique de Monaco, ce qui lui vaut une demi-page dans Le Monde du 20 avril avec cette extraordinaire conclusion de Harry Bellet :

« L’exposition pose des questions rares (sic !) dans l’art d’aujourd’hui. La mort bien sûr. L’argent parfois. L’Humain, sa foi sublime opposée à son état ridicule et son destin, beau et tragique, toujours. Alors, oui, Damien Hirst est un artiste considérable »
L’avantage d’un texte sur l’art contemporain c’est qu’il peut dire n’importe quoi. La recette étant toujours la même, il suffit seulement de remplacer le nom de l’artiste. Mais ici la bêtise atteint des sommets. Mais qu’importe, et, puisqu’il s’agit d’art, de provocation, de scandale et de blasphème - donc tout ce qui fait qu’une œuvre d’art est désormais une œuvre d’art - intéressons-nous à cet autre « artiste » dont l’œuvre fut exposée à la FNAC de Nice.

Il s’agit là encore d’une blague ridicule de potache mais tout aussi « artistique » que La Grenouille crucifiée de Markin Kippenberger.

Et comme le Ministère de la Justice envisage une action contre le photographe, soyons certains que Frédéric Mitterrand, au nom de la liberté et de la grandeur de l’Art, viendra le soutenir…
Il est vrai que le tissus tricolore cache les fesses ce qui n’est pas du meilleur goût. Et il eût été plus subtil de le remplacer par le noir soyeux d’une burqa.

Car ce que cache la burqa…
Sauf qu’on a décidé dans l’un de ces palais au sommet desquels s’agite dans le vent notre beau drapeau, de faire disparaître cette burqa.

Une loi, et, hop, plus de burqa ! Miracle ! Ce n’est plus le régime de vichy, c’est la République de Lourdes !

Soyons donc certains que lorsque dans le sillage de quelque prestigieux émir apparaîtront les princesse voilées qu’aussitôt nos pandores investiront les marbres de l’Hôtel Crillon !

Mais qu’importe puisque art contemporain et politique jouent sur un même registre : le déni de réalité, la peur, les fantasmes, l’étalage des provocations comme seuls messages.

Les mots seront plus forts que la réalité. Il suffit de dire « J’ai dit » pour que la réalité suive… La politique brasse l’illusion comme les couvertures oniriques de la presse people. La crise comme la misère poussent sur le terreau d’un univers magique.

Incapable de gérer le réel, on s’arque boute sur des symboles ; impuissants à saisir le présent, on célèbre le passé, on radote sur la mémoire, le devoir de mémoire quand, aujourd’hui, c’est la Chine et Haïti qui font sens.

On agite les mêmes peurs, l’insécurité, les mauvais fantasmes, les frustrations. On crie, on caricature, on se croit drôle.

Guillon ou Sarkozy ? Et si c’était la même chose ?
 
L’art, la politique… Comment l’un pourrait se grandir sans l’apport de l’autre ? Hélas, quand le discours est faussé, quand ceux qui sont censés lui donner de l’épaisseur amusent la galerie avec des pitreries, on peut comprendre l’angoisse dépressive d’une nation.
 
 


11 réactions


  • LeGus LeGus 24 avril 2010 14:29

    Boarf, il aurait du revêtir l’uniforme l’armée la plus morale du monde, « ont » aurait passé muscade.
    http://www.liberation.fr/monde/0101576075-la-france-humiliee-par-tsahal


    • lesdiguières lesdiguières 26 avril 2010 10:21

      Lettre réponse ouverte au Président du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), elle fait bien plaisir à lire…


       
      Monsieur,
       
       Vous avez organisé récemment, en tant que président du MRAP, un colloque à l’Assemblée nationale intitulé "Du racisme anti-arabe à l’islamophobie".
       

       
       Vous y avez dénoncé, en France, « les mosquées souillées, les discriminations à l’emploi et au logement, les appels au meurtre, les violences et agressions à l’endroit des populations et des lieux de culte musulmans.
       

       
       Vous avez montré du doigt l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces délits, appelant à « un réveil de l’opinion publique, un sursaut des institutions (Police, Justice, Education nationale, etc.), une mobilisation des grandes consciences intellectuelles. Vous avez raison ! De plus en plus de Français sont racistes. De plus en plus en ont par-dessus la tête de ce qu’ils appellent (à tort) l’invasion islamo-maghrébine. De cet afflux de populations inassimilables qu’ils croient (à tort) être le ressort principal de la délinquance et de la criminalité.
       
        De plus en plus sont épouvantés (à tort) par l’afflux de populations qui, ayant chassé l’occupant raciste des territoires qu’il exploitait, ont rendu ces terres à l’heureux état de nature mais sont contraintes de chercher, auprès de l’ancien colonisateur raciste, les remèdes à la misère provoquée par la décolonisation.
       

       
       De plus en plus de racistes ont (à tort) des idées de violence en entendant sur les radios les poésies du groupe afro-maghrébin Sniper qui chante, par exemple : « La France nous ronge, le seul moyen de se faire entendre est de brûler des voitures. La France est une garce. On nique la France. »
       

       
       Oui, Monsieur Aounit, la triste vérité est là : les racistes n’entendent rien à la rude poésie des cités et ils en ont par-dessus la tête d’entendre des hexagonoïdes chanter qu’ils niquent la France, et qu’ils baisent leurs mères.
       *

       
       C’est sûr qu’il y a quelque racisme à ne pas accepter ces coutumes de baiser notre mère et de niquer notre pays, mais c’est ainsi, Monsieur Aounit : les racistes ne sont pas tolérants.
       
       Et ils ont tort. Vous avez raison !
       

       
       Mais comment ces petits blancs arriérés seraient-ils assez évolués, ouverts, libéraux et modernes pour accepter que des populations qu’ils ont accueillies, nourries, soignées et enseignées leur crachent leur haine et leur mépris à la figure ?
       

       
       Vous faites bien de dénoncer ce racisme-là en France dans la Chambre des députés de cette République qui vous a fait tant de mal. La dignité de l’endroit ajoute à la force de votre réquisitoire.
       

       
       Mais vous feriez mieux encore en allant le prononcer là-bas, au bled.
       
       C’est sur place, chez eux, alors qu’ils sont encore libres, qu’il faut alerter les milliers d’Afro-musulmans et d’islamo-maghrébins qui s’apprêtent à céder au mirage du RMI, de la Sécu, des allocs, et à basculer dans le piège affreux que leur tendent les racistes français.
       

       
       Monsieur Aounit, dites-le à vos frères, à vos cousins, à vos femmes, à vos enfants, à vos voisins, à tous ceux du bled et de la brousse  : la France raciste ne veut pas d’eux parce que dans son aveuglement raciste, elle les regarde (à tort) comme des envahisseurs et des prédateurs.
       

       
       Dites simplement cette sinistre vérité aux vôtres Monsieur Aounit. Ne les laissez pas se jeter dans la gueule du loup. Il est de votre devoir de protéger ces malheureux contre cette effrayante menace. Les laisser venir, serait se rendre coupable de non-assistance à personnes en danger.
       

       
       D’ailleurs vous-même, Monsieur Aounit, vous et tous ceux qui comme vous, êtes condamnés à vivre dans cet abominable pays raciste, n’hésitez pas : brisez vos chaînes, secouez la poussière de vos sandales et quittez cet enfer.
       

       
       Ne faites pas plus longtemps aux racistes le cadeau de votre enrichissante présence.
       

       
       Ne soyez plus le gibier de ces chasseurs impitoyables qui attaquent vos mères dans le métro, violent vos filles dans les caves, pillent vos supermarchés, brûlent vos voitures dans vos cités, vendent de la drogue à vos enfants.
       

       
       Ne leur laissez aucun homme à discriminer, aucune femme à insulter, aucun enfant à battre, aucune mosquée à souiller.
       
       N’hésitez pas : vengez toutes ces années de terreur, de souffrance, d’humiliation, d’exploitation qu’ils vous ont infligée : privez-les de la chance que vous représentez.
       
        Et puis, pourquoi vous gêner ? En partant, emmenez vos amis. Les grandes consciences intellectuelles, les militants immigrationnistes, les journalistes amis, les dirigeants socialistes, communistes, trotskistes et autres.
       

       
       D’abord cela leur épargnera l’insupportable peine de vivre sans vous, ensuite cela privera la France raciste de la formidable force intellectuelle qui fait son rayonnement dans le monde entier.
       
       Ils seront bien punis, les racistes !
       

       
       Songez-y, Monsieur Aounit : ils auront l’air de quoi les Le Pen, les Gollnisch, les militants du FN et les électeurs de tout ce monde quand, le dernier bateau ayant franchi la ligne d’horizon, l’ultime avion s’étant évanoui dans l’azur, la dernière camionnette étant passée de l’autre côté de la frontière, ils découvriront qu’ils sont désormais
        

       
       
        Entre racistes. 
        Tout seuls.
        Ah, on voudrait voir ça ! Rien que pour le plaisir.
       
        
        Cette lettre circulait par EMail dans un petit circuit, maintenant osons la diffuser largement.
        Cordialement


  • elec 42 elec 42 24 avril 2010 17:19

    et si on prenait la meme photo avec un drapeau algérien,quels seront les réactions ?


  • brieli67 24 avril 2010 17:35

    C’est bien cette photo des news qui présente quelques qualités « juridiques » ?


    Sa diffusion ne pose/cause pas quelques problèmes ? même en cas de lien/link indirect ?



  • Pierre 24 avril 2010 18:24

    Une anecdote concernant Damien Hirst :

    Cinq jours après l’attaque sur les tours jumelles de New York le onze septembre 2001, Karl-Heinz Stockhausen, compositeur de musique avant-gardiste (il fait même de la musique avec des hélicoptères, cool non ?), s’est distingué en proclamant, lors d’une conférence de presse donnée à Hambourg, les attentats du onze septembre de « plus grande œuvre d’art qui soit dans l’univers tout entier » (« das grösste Kunstwerk, was es überhaupt gibt für den ganzen Kosmos »), une déclaration dont les ondes de choc firent trembler la presse internationale.

    Une année plus tard. le bad boy Damien Hirst, un des poulains de la prétendue nouvelle sculpture britannique, eut l’idée fort originale de remettre cela en déclarant sur les ondes de la BBC que les attentats du onze constituaient « de leur propre chef une œuvre d’art visuellement renversante » (« a visually stunning artwork in its own right », The Guardian, 19 septembre 2002). Etant donnée la chute vertigineuse de la cote des œuvres de notre génie sur le marché de l’art que ces propos faisaient redouter au propriétaire de sa galerie, notre avant-gardiste professionnel fut forcé de présenter des rétractations dans un communiqué de presse une semaine plus tard. Le marché oblige…


  • AlbatrosE AlbatrosE 24 avril 2010 19:13

    Vous appelez ça de l’art ? Ce sont de minables faux intellectuels puants embauchés par le milliardaire évadé fiscal François PINAULT ! Des bobos dégénérés qui ne méritent que notre mépris. Ce qui aurait été politiquement incorrect, c’était de se torcher avec leur employeur. Je l’ai fait à leur place. Rejoignez ce groupe facebook :
    http://www.facebook.com/pages/Je-me-torche-avec-la-FNAC/113226425378266?v=info&ref=ts


  • Pie 3,14 24 avril 2010 20:42

    Toujours les mêmes idioties à propos d’art contemporain.

    La définition de l’art est simple : une idée forte exprimée de manière plastique.

    Quand Hirst découpe en lamelles des vaches exposées à travers des vitres, en pleine crise de la vache folle, il ne fait rien d’autre que d’exprimer l’angoisse du moment .

    Cette photo est drôle et provocatrice, elle n’aurait fait aucun scandale il y a 30 ans, mais depuis les délires sur « l’identité nationale » et la montée du populisme, se torcher avec le drapeau est devenu un objet de scandale.

    J’aime bien cette photo, c’est une réponse radicale et potache au nationalisme crétin.


    • AlbatrosE AlbatrosE 24 avril 2010 21:24

      Ils n’avaient qu’à essayer avec le drapeau de l’Algérie... Ils auraient déjà eu une grosse bombe dans leurs sales gueules et quelques frais à retrancher de leurs bénéfices de sales porcs capitalistes... Il y a des peuples qui, heureusement, ne se laissent pas encore marcher sur la gueule sans rien dire comme nous.


    • Pie 3,14 24 avril 2010 22:18

      Quel rapport avec l’Algérie ?

      Vos obsessions identitaires ne sont pas les miennes.


    • AlbatrosE AlbatrosE 24 avril 2010 22:33

      Le rapport avec l’Algérie, c’est qu’ils n’auraient pas osé le faire avec ce drapeau, parce que c’était plus risqué. Ils savent bien que les Français sont débonnaires (trop bon trop con), c’est pourquoi ils se sont torché avec notre drapeau.


    • Pie 3,14 25 avril 2010 10:41

      C’est surtout que les protagonistes l’ont fait avec leur drapeau national. Faire cela avec le drapeau d’un pays étranger n’aurait plus du tout le même sens et rien de drôle.


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