Attaque de licornes contre Sébastien Chenu
Le député du Rassemblement national Sébastien Chenu s’est fait, dans le cadre d’un échange sur la réforme des retraites ce lundi 13 février, le défenseur d’une politique nataliste chère à son parti. Un discours qui, sur le fond comme sur la forme, a agacé plusieurs figures de gauche.
À défaut de manifester, le Rassemblement national a choisi l’Assemblée nationale pour montrer son opposition au projet du gouvernement. Le groupe de Marine Le Pen a déposé un peu plus de 200 amendements, dont certains portent sur la natalité. Mais au-delà de la question de la pérennité du régime de retraites, le RN espère surtout « assurer la perpétuité de la civilisation et de la population française ». « Moi je préfère qu’on fabrique des travailleurs français plutôt qu’on les importe », a déclaré Sébastien Chenu.
Fabriquer des travailleurs français, Dieu du ciel, que n’a t-il dit, le malheureux ! On a à peine repris après deux jours de grève consécutifs le chemin de l’école que déjà ça se chamaille dans les travées à nos frais.
Scandale au royaume de France - pardon, dans le petit cénacle hors-sol de nos élus. Un de plus, en attendant celui du lendemain. Tandis que l'obstruction faite par la Nupes avec sa kyrielle d'amendements conduit nos chers députés à risquer de ne pas avoir à se prononcer sur le fameux article 7 (et donc sur le recul de l'âge du départ en retraite) et qu'en coulisses le gouvernement agite le 47.1 pour mettre fin à cette parodie de démocratie, une nouvelle polémique agite le petit landernau. Sébastien Chenu, cet infect fasciste xénophobe raciste antisémite transphobe vient de lâcher un mot qui a fait se dresser les poils des aisselles de toutes les Sardine Rousseau de France. " Fabriquer des travailleurs ", rendez-vous compte le scandale, quel cuistre, quel malotrus, quel goujat qu'ainsi sous-entendre que les "femmes" seraient réduites à pondre ! Au secours, Pétain revient !
« Le RN se sert du débat sur la réforme des retraites pour mettre en avant sa politique nataliste au fondement identitaire et raciste », a ainsi fustigé l’eurodéputée Manon Aubry sur son fil Twitter.
« Les citoyennes sont réduites à des pondeuses : procréer pour ’fabriquer’ des travailleurs », s’indigne la députée écologiste Sandra Regol.
« Nos ventres ne sont pas à la disposition du système économique. Nos ventres ne sont pas les variables d’ajustement des retraites », abonde sa collègue l’impayable Sandrine Rousseau.
« Pour l’extrême droite, la naissance d’un enfant n’est pas l’arrivée d’un futur citoyen de la République, mais la fabrication d’un travailleur. Selon eux, les gens ne sont pas des personnes, mais des marchandises qu’on fabrique ou qu’on importe », renchérit l’insoumis Bastien Lachaud, ponctuant son tweet d’un hashtag « immonde ».
And so on …
On le voit, le mot pas forcément très heureux mais pas outrancier pour un sou du père Chenu à ouvert la boite de Pandorre : à défaut d’avoir trouvé la martingale pour fabriquer à la chaîne des gosses, il a enclenché sans le savoir la fabrique à crétins.
Cette gauche hors-sol continue de plus belle à se parer des plumes du ridicule. Pas un jour sans que de leurs rangs ne sorte une nouvelle énormité, laquelle sert bien évidemment les intérêts du RN, qui n'en demandait pas tant et s'en amuse. Lorsqu'on n'a aucune prise sur le réel, on passe sa vie à se palucher sur l'utilisation de certains mots, et de prendre des grands airs effarouchés avec un missel de bien-pensance dans les mains. Jésus Marie Joseph, que ces mots-là sont vils, vite, de l'eau bénite pour mes chastes oreilles !
On en est arrivé à ce que la simple évocation d’une politique encourageant la natalité, qui sauf à ce qu’on me dise le contraire ne peut guère sauf à la marge nous dit-on qu’éclore dans les ventres maternels multi-culturels de femmes françaises, fasse scandale. Quel verbe eût-on dû employer pour passer sous les fourches caudines de la sempiternelle accusation de xénophobie ? Je n’ai pas entendu que le sieur Chenu ne s’adressait qu’aux blanches colombes : nos futures mères françaises d’origine maghrébines avaient-elles été exclues de sa proposition ?
Quant à cette éruptive admonestation quant à l’utilisation du mot « travailleur » en lieu et place d’« enfant », là encore, qu’on m’explique en quoi l’approche humaniste de ces Dames se combine avec le réel dont elles se disent être les vertueuses messagères : hormis ces enfants rentiers qu’elles disent exécrer, connaissent-elles en ce monde quelque adorable bambin qui n’ait pour unique horizon de travailler ? Auraient-elles pour ambition de transformer notre monde en un immense jardin d’acclimatation peuplé de licornes pétant des paillettes ?
Cette gogoche est vraiment devenue le nouveau clergé, celui qui distribue osties et fessées dans un confessionnal imaginaire. Un clergé composé de précieuses ridicules. Ruffin ou David Guiraud de LFI, qui tous deux font sur le terrain et dans l'hémicycle un excellent travail d'opposition, doivent passer leur temps à hausser les épaules devant les provocations débiles émanant de leur propre camp. Lesquelles provocations sont comme une bénédiction pour le parti à la flamme de Marine Le Pen. Parti auquel à chaque fois qu'elle ouvre le bec cette gourgandine de Sardine fait la courte échelle.


