Autopsie d’une hypocrisie
J'ose espérer que ceux à qui l'on a confié le soin de faire les lois réfléchissent avant d'agir et après avoir pris connaissance des réalités de terrain, comme on dit, des études anciennes ou contemporaines, des pensées des philosophes, des recherches des sociologues, des « découvertes » des psychologues,etc.
J'en doute ; il faudrait toute une vie pour cela !
D'un autre côté, les « moyennes », les courbes, les schémas, les sondages, les chiffres en un mot, qui nous sont brandis comme incontournables parce que tellement vrais, sont autant de leurres, de chimères, utilisés pour enfumer le péquin qui ne voit rien de ce qui se passe autour de lui et qui ne réfléchit pas lui-même.
Dans toute cette histoire de loi sur la famille, d'égalité homme/femme, de genre, manque un acteur pourtant incontournable : la classe sociale !
Il m'apparaît donc que l'on veuille faire des lois pour les classes moyennes, moyennes supérieures et supérieures... et que du reste, on s'en fout.
1.On constate qu'il y a moins de femmes scientifiques que d'hommes. Bien, je n'en doute pas. Que cet état de fait n'est pas génétique ni naturel mais bien enquillé dans la tête des filles depuis le plus jeune âge ; peut-être, sauf qu'au Lycée, les filles s'avèrent bien meilleures en tout que les garçons, sciences comprises, ( en moyenne !!). On oublie de dire que sur une classe de trente élèves, dans les meilleures écoles, même pas un trouvera un boulot de chercheur, d'ingénieur, de « scientifique », en France. Qu'alliés aux bons résultats scolaires il faut, pour aller jusqu'au bout, une passion, une combativité, en engagement total de soi et que ceci étant fait, on finira très certainement aux États-Unis, en Australie, au Canada ou au Qatar. Cela en calme plus d'une. Et je ne parle pas des lycées « ordinaires », ceux où aucune sélection n'a été faite en amont.
Des femmes ambitieuses, j'en connais, leur ambition est en exacte correspondance avec leur classe sociale, poussée par une éducation valorisante, des parents qui « se saignent » aux quatre veines pour que leur fille puisse aller jusqu'au bout d'elle-même dans le domaine qu'elle n'a pas forcément choisi volontairement- comme on veut réaliser un rêve- mais où elle s'est révélée excellente ; que ce soit HEC, Sciences Po, fac de pharmacie, STAPS, médecine, toutes celles que j'ai connues, jouaient à la poupée quand elle avaient cinq ou six ans ; mais aucune ne mettait du rouge à lèvres ou des talons à dix ans.
J'en viens donc à ce paradoxe : on dénonce aujourd'hui « l'hyper sexualisation » des gamines ( et pas des gamins ?) en même temps qu'on affiche la volonté de gommer les sexes. Mais, s'agit-il des mêmes ? Et comment peut-on prévoir, par une loi, inhiber le pouvoir de la pub, du cinéma, de l'incitation à la consommation ? Comment peut-on imaginer mettre un couvercle sur une marmite en ébullition quand celle-ci incite à la paresse, à l'attente du hasard qui vous choisira pour reine ?
Et, ce paradoxe pas mince lui non plus qui montre un désir d'élévation par l'intelligence dans un pays où la politique ne fait aucune place à la recherche.
On met la charrue avant les bœufs : ouvrons, ouvrons les portes de la science, de la connaissance, de l'enseignement, alors, il y a gros à parier que les filles s'y engouffreront autant que les garçons.
Ne me dîtes pas que nos députés, nos petites ministres ne voient pas cela !
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On nous dit que les femmes gagnent moins que les hommes en moyenne ; ah, la moyenne ! Si on sort de cette moyenne qui mélange les femmes de ménages, les caissières à trois-quart temps, les nounous, les aides-soignantes et les médecins, les profs, les ministres, est-ce si vrai ? Madame Lagarde gagne-t-elle moins que Mr. Strauss-Kahn ? Christine Okrent moins que Jean-Luc Hees ; bref, un prof mâle ou femelle, un instit, un Proviseur, ont le même salaire. Et si, dans le privé, ce n'est pas le cas- à condition de prouver l'exact intitulé du poste- n'est-il pas facile de faire appliquer une loi ?
Dans le même temps, on décrète que le montant de l'assurance automobile doit être le même pour les hommes et pour les femmes ; c'est toujours ça de pris, non ? Qu'il n'y a aucune raison que les femmes bénéficient de quelques avantages pour leur retraite parce qu'elles ont porté et materné des enfants ! De qui se moque-t-on ? On va rendre aussi le congé parental un peu plus égalitaire, plutôt que trois ans, ce sera deux et demi, sauf si le père prend le relais ; cela signifie quoi dans le concret : que la caissière de supermarché a tout intérêt à rester à la maison, si elle le souhaite, pour s'occuper de ses enfants, car tout bien calculé, entre la nounou, les déplacements et les trois quart du SMIC qu'elle touchait, ça ne vaut pas le coup de bosser ; mais le père qui a un plein temps, même au SMIC, prendra-t-il le risque de perdre son boulot pour paterner trois mois ? Laissez-moi rire. Quand on voit l'autorité de l'État sur les patrons, on en doute, non ?
On nous déverse une pluie incessante de bonnes idées qu'on ne se donne pas les moyens d'assumer ni même d'appliquer et on s'étonne que les gens râlent ! C'est pire que de l'amateurisme, c'est peut-être même pire que de l'hypocrisie : c'est de la désinvolture affichée, du dédain, car on ne se cache même plus pour papillonner de ci de là , et si on ne fait plus de pédagogie, c'est qu'il n'y a pas à en faire.
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L'égalité des chances. Je déplore qu'on envisage comme seule solution à cette vaste question, dont j'ai dit par ailleurs à quel point je la juge hypocrite, vu le peu de podiums disponibles, l'obligation de mettre les enfants à l'école dès trois ans ; pourquoi pas rendre la crèche obligatoire, et l'internat ? Et si c'est vrai que dans certains cas, le fait de passer du temps hors de la maison, pour un quasi bébé, soit une embellie, dans beaucoup d'autres cas – et tant que l'école sera ce qu'elle est- ce peut être un drame. Et pourquoi, dans le même temps, la scolarité à la maison serait-elle interdite ? Bizarre, non ?
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La loi sur la famille, qui vient d'être ajournée. Qu'y avait-il dedans ?
Ce n'est pas mon job de décortiquer les textes de lois, je m'y endormirais et, comme je ne souffre pas d'insomnie, je n'en ai nul besoin ; j'en sais donc ce que tout le monde en sait.
Donner un statut aux beaux parents : quand j'étais jeune, les couples non mariés, qui étaient plus nombreux qu'aujourd'hui ( plus de confiance en la vie ? Moins d'attaches au matériel comme seule valeur ?) voyaient la femme décrétée chef de famille ; le père avait reconnu l'enfant, mais la femme était maîtresse à bord ; nous avions le statut de filles-mères ! Et parce que nous nous en foutions, nous avons dû concourir à sa banalisation. En cas de séparation, et pour encourager le désir de vengeance d'être tombée sur un mec aussi nul, les avocat(e)s se faisaient fort de défendre les droits – entendre le fric- de la mère. Si celle-ci avait haï sa belle-mère ou, juste pour prouver sa suprématie, interdisait à ces grands-parents-là, la rencontre avec leurs petits-enfants, les pauvres n'avaient rien à dire. Ce n'était quand même pas les cas les plus courants, mais leur statut est resté suspendu au dessus du vide pendant longtemps ; trente ans plus tard, on se penche sur le problème des beaux-parents : le texte exprime : « Ce devait être une des mesures phares du texte. Ce principe de coparentalité consistait à mettre à la disposition des familles recomposées (veuvages, divorces, remariages et/ou adoptions) de nouveaux "outils juridiques" pour reconnaître le rôle joué par des tiers dans l'éducation des enfants. L'idée d'imposer un statut "rigide" des beaux-parents, auquel la Manif pour tous était opposée, semblait écarté. Cependant, la loi aurait permis d'octroyer des droits aux beaux-parents qui participent à l'éducation des enfants de leurs conjoints. Cela aurait pu rendre légaux des "actes usuels" (être parent d'élèves, emmener un enfant chez le médecin), le droit de visite en cas de séparation ou encore la possibilité de léguer ses biens à ses beaux-enfants sans être taxé à 60%. 1,5 million d'enfants mineurs, soit un enfant sur dix, vivaient en 2011 dans 720.000 familles recomposées, selon l'Insee. »
N'est-ce pas là une bonne loi ? Même si elle ne donne pas de solutions aux conflits internes, de jalousie, aucune loi ne peut résoudre cela, de « l'intérieur » ! Et pourquoi avoir fait un « paquet » de toutes ces situations si diverses ?
Donner le droit ( ah ! Toujours des droits, à quand des lois pour les « devoirs » ?) aux couples homos, d'adopter l'enfant fait dans le couple hétéro précédent celui-ci. Mais quid du père ou de la mère laissé(e-s) sur le carreau ? Qui a décidé de la garde ? Quand on sait l'enjeu que représentent les enfants en cas de séparation, on est en droit de se demander si cette loi-ci ne cache pas des effets pervers incalculables !!
La PMA ; la PMA pour les lesbiennes. De mon temps, et j'en ai connu un certain nombre, les femmes se mettant en couple avec une autre femmes avaient, souvent, déjà un enfant ; dans le couple homo femmes, il y avait la lesbienne pur sucre, et la lesbienne d'occasion ; celle qui avait été déçue par sa sexualité avec ses hommes. Quand un couple de femmes n'avait pas d'enfants antérieurs et décidait d'en « faire » un, la lesbienne d'occasion passait une annonce pour trouver un père ; quand elle jouait franc-jeu, l'homme qui répondait à l'annonce savait de quoi il retournait et pour des raisons que je ne connais pas, acceptait ce rôle d'étalon qui ne sera jamais père. Aujourd'hui, il y a un tel dégoût des hommes chez la plupart de mes congénères que cette solution n'est même pas pensable ; il faut donc passer par des laboratoires, des éprouvettes, des blouses blanches, des dossiers sécu, des inséminations artificielles comme pour les vaches et de plus en plus pour les juments ; le sperme est congelé : que de l'amour, que de l'aventure ! Mais la sensualité des femmes se met en berne pour assouvir un instinct beaucoup plus fort : le besoin de maternité. Se faire faire un enfant en faisant le même chemin que se faire refaire les seins, ou plus tristement, se faire soigner d'un cancer ou d'une insuffisance rénale, personnellement, me révulse ; je n'en fais pas une théorie, contre ce ressenti , je ne peux rien.
J'ai bien conscience que la contraception, accueillie avec joie par les femmes, et par moi-même – même si cette « liberté » n'était pas sans incidence sur la santé de celles-ci- a changé la donne ; qu'elle est à l'origine de tout ce qui se passe, ou ne passe pas, en ce moment. Qu'elle a écarté de la nature la procréation : certains couples que j'ai connus, décidaient de faire un enfant, une fois garantie la situation professionnelle, une fois payés les emprunts, bref, une décision, une volonté d'enfant ; il y a forcément, là, un passage à l'acte de ses projections et non plus l'accomplissement naturel d'un instinct de survie de l'espèce. J'ai bien conscience que ce pas est franchi, mais je m'interroge encore sur le pourquoi d'une absence totale de recherche et/ou de propagation de la contraception masculine. Oui, je sais, « on » a baissé le taux de TVA sur les préservatifs ; faut-il être prosaïques pour accepter ce « tablier » quand on s'aime !
La partie spirituelle, la partie la plus belle de l'humanité, celle qui sublime, a laissé sa place à la science ; il n'y a pas que les réactionnaires catholiques pour s'en attrister. Mais si on s'en attriste, on est réactionnaire. J'ai déjà dit que j'assumais. Le vocabulaire va et vient, et il est si flou de nos jours à vouloir effacer les nuances !!...
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Quant à La Gestation Pour Autrui, elle n'est pas dans ce projet ; il est juste question de régulariser le statut d'un enfant né sans mère, à l'étranger. Nous sommes nombreux à dénoncer l'exploitation faites aux femmes d'ailleurs, aux femmes pauvres. Le jour où Najat Vallaud- Belkacem portera l'enfant de ma voisine stérile, je changerai peut-être d'opinion.
Je n'ai pas fait le tour de la question, c'est sûr ; mais je récuse, pour ma part, l'argument massue donné par les adeptes du progrès, comme quoi : qu'est-ce que ça peut vous faire que des gens aient des droits ? Cela ôte-t-il les vôtres ? Non, bien sûr ! Mais je me méfie comme de la peste de cette propension très mode, de jeter par dessus la jambe des changements profonds dans notre qualité d'Homme ; c'est plus confortable, je le suppose, de tout égaliser, de ne donner d'importance à rien, sauf à son pouvoir d'achat, mais je suis attentive aux questions que cela soulève et je maintiens que les changements de société doivent se faire lentement, au rythme des prises de conscience faites par chacun, sous l'injonction de pionniers pionnières et que l'intériorisation de ces évolutions est nécessaire pour ne pas les laisser caduques ou causes de chaos.
Rien de ce qui se passe en ce moment n'est anodin ; la marchandisation des corps, la part de l'Homme, malheureusement prise en charge de manière quasi exclusive par la religion encore aujourd'hui, qui est jetée aux orties sans un regard en arrière ni le moindre regret, me paraît l'annonce d'un monde d'une inégalité aboutie, et l'absence de prise en compte de l'aspect exploiteur/ exploité, qui semble paraître ringard aux adeptes du progrès, ne présage rien de bon.
Nous partons vers un monde où, plus que jamais, la liberté des uns s'appuiera sur l'esclavage des autres. Et cela est intolérable.
Le progrès, ce n'est pas cela, et plaquer des lois sur l'intime, non seulement ne résoudra aucun problème, mais entérinera la violence. Penser pour les autres est le privilège que s'octroient les bons élèves élus ou nommés aux commandes de l'État, mais rien ne nous oblige à accepter que l'État regarde dans notre lit ce qui s'y passe, interfère dans l'éducation de nos enfants, nous pousse ou nous retienne dans nos destinées. Ni l'égalité des chances ni la liberté ni la sécurité ne passent par ces fourches caudines là !! La preuve ! Nous n'enregistrons à ce jour aucun résultat positif...



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